La loi n’interdit pas le burkini, l’arrêté visant sa prohibition est «disproportionné »

Burkini interdit à Cannes: «On ne peut pas instaurer une police vestimentaire au nom de la laïcité»


Le 28 juillet, le maire de Cannes, David Lisnard (Les Républicains), a pris un arrêté interdisant l’accès aux plages de la commune ainsi que la baignade des personnes n’ayant pas une « tenue respectueuse de la laïcité ». Pour justifier la prise d’une telle décision, la municipalité évoque les récents attentats sur le territoire français revendiqués par l’Etat islamique, notamment ceux de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray.

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Le 11 août, la section Cannes-Grasse de la Ligue des droits de l’homme a dénoncé via un communiqué un « abus de droit », rappelant que la Constitution de 1958 garantit à tout citoyen sa liberté de conscience et le libre exercice du culte. Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) va de son côté saisir la justice en référé-liberté afin de contester l’arrêté.

Peut-on parler d’abus de droit ?

Plusieurs notions ressortent dans l’arrêté, notamment le respect de la laïcité et la prévention des troubles à l’ordre public.

La laïcité est invoquée en référence à la Constitution de 1958 et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC). L’article 10 de la DDHC précise que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». La Constitution garantit par ailleurs le respect des croyances tandis que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 instaure la notion de culte et de respect de celui-ci.

Interpellé sur l’affaire de Cannes par Feïza Ben Mohamed, porte-parole et secrétaire générale de la Fédération des musulmans du Sud (FMS), l’Observatoire de la laïcité a rappelé sur Twitter que la laïcité ne peut servir de base à des restrictions vestimentaires.

@FeizaK @davidlisnard Si des restrictions vestimentaires sont décidées, en l’espèce,elles ne peuvent se fonder sur le principe de la laïcité

— Observatoire Laïcité (@ObservLaicite) 23:22 – 11 Août 2016

En France, une circulaire du 2 mars 2011 relative à la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public interdit le port du voile intégral. C’est la seule mention légale d’une restriction vestimentaire concernant l’espace public, qui englobe les plages dans sa définition. Seuls les écoles, collèges et lycées sont concernés par l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires.

La loi n’interdit donc en rien le port d’une kippa, d’une croix, d’un niqab ou encore d’un burkini à la plage, tant que ceux-ci ne dissimulent pas le visage et n’empêchent pas l’identification de la personne, tout comme elle n’interdit pas le port de t-shirts à manches longues portés par pudeur ou pour se protéger du soleil.

« Disproportionné »

L’autre point soulevé est le problème de la sécurité, à travers l’interdiction de vêtements « de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public (attroupements, échauffourées, etc.) qu’il est nécessaire de prévenir », en référence aux récents attentats qui ont touché la France. La mairie de Cannes, comme celle de n’importe quelle commune française, peut prendre un arrêté visant à interdire un comportement si elle estime que celui-ci peut nuire à l’ordre public.

Pour Nicolas Hervieu, juriste au Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (Credof), utiliser cette notion pour restreindre les libertés est trop vague. « On ne peut pas viser les personnes qui portent un vêtement religieux pour protéger ces mêmes personnes d’un éventuel trouble », résume le juriste, jugeant cette mesure « disproportionnée » du point de vue des motifs soulevés.

Que risque la mairie de Cannes si l’arrêté est contraire à la loi ?

Après la saisine contre l’arrêté par le CCIF, la justice devra mettre en balance les motifs invoqués par la mairie de Cannes avec le respect des libertés fondamentales et l’évaluation des risques. Si le juge des référés fait droit à la demande du collectif, l’arrêté sera suspendu. Une audience publique peut être ordonnée par la suite, lors de laquelle le CCIF et la commune seront entendus.

Une fois la décision rendue, si la justice ordonne la suspension de l’arrêté, ce dernier n’a plus d’effet. « Il y a suspension mais pas condamnation, sauf à payerdes frais de justice, précise Nicolas Hervieu. Passée la décision de suspension, la sanction n’a plus de fondement légal. » Si la justice ordonne la suspension de l’arrêté, la commune de Cannes pourra toutefois faire appel devant le Conseil d’Etat.

Ce genre de cas n’est pas une première. D’après Nice-Matin, la commune de Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, aurait pris un arrêté similaire à celui de la ville de Cannes. En 2014, le collectif avait fait suspendre un arrêté similaire pris par la commune de Wissous dans l’Essonne, interdisant le port de signes religieux lors de la manifestation estivale de la ville.

Le burkini est-il spécifiquement visé par l’arrêté ?

Alors que l’arrêté vise de manière générale le port de tenues « non laïques » à la plage, le burkini est rapidement revenu sur le tapis, quelques jours après la polémique sur la journée spéciale burkini organisée à Marseille puis annuléepour risque de trouble à l’ordre public.

Si le burkini ou un autre vêtement religieux lié à l’islam n’est précisément mentionné dans l’arrêté, la mairie de Cannes a recentré l’attention sur l’extrémisme islamiste. Interrogé par Nice-Matin, David Lisnard avait ainsi déclaré qu’il ne s’agissait pas d’interdire « le voile, ni la kippa, ni les croix » mais« simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrémisme islamiste ». Thierry Migoule, directeur général des services de la ville de Cannes, chargé de l’exécution de l’arrêté, avait également précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’interdire « les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».

Des voix se sont élevées pour dénoncer un arrêté « symptomatique d’une époque », comme le dénonce Feïza Ben Mohamed. Pour la porte-parole de la FMS, cette décision est le symbole d’une problématique qui est en train de se créer autour de la visibilité des musulmans.

« Le maire de Cannes a pris l’arrêté sans se dire qu’il pouvait être inquiété, déplore-t-elle : Aujourd’hui, quand on s’en prend aux musulmans, on n’a pas peur. » Feïza Ben Mohamed s’interroge également sur l’application de l’arrêté : « Est-ce que l’accès aux plages sera aussi interdit aux princesses saoudiennes ? Je ne le crois pas. David Lisnard veut enlever des moments de convivialité à des familles. »

Le Monde

Nadine Morano défend le délégué LR auteur d’un commentaire nazi

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Mercredi, sur Facebook, Jean-Pierre Arbey, délégué LR de la deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle de son état et présenté par comme un soutien de Nadine Morano, publiait un commentaire que l’on peut qualifier de nazi sous une photo représentant une femme en bikini bronzant au premier plan et une femme voilée au second plan.

Que nenni, ce commentaire n’était pas nazi, assure ce vendredi 12 août Nadine Morano. Invitée d’Europe 1, la candidate à la primaire de la droite (en recherche active de parrainages) a défendu Jean-Pierre Arbey, expliquant que les journalistes n’avaient rien compris à son message :

Il est délégué de circonscription. Je le connais très bien. Il n’a jamais parlé de déportation. C’est vous qui faîtes une interprétation qui n’est pas la sienne.

« Nacht und nebel pour le sac poubelle », avait pourtant écrit l’intéressé sous la photo en question. Une référence à la procédure « Nuit et brouillard », en français, qui désigne une procédure de déportation des ennemis ou opposants au régime nazi dans les territoires occupés par ce dernier, durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de directives qui concernent « la poursuite pour infractions contre le Reich ou contre les forces d’occupation dans les territoires occupés », rappelle ainsi Wikipedia.

Europe 1

Arrêté anti-burkini: deux associations vont poursuivre le maire de Cannes

Le Collectif contre l’islamophobie en France et la Ligue des Droits de l’Homme ont annoncé vendredi matin leur intention d’attaquer en justice l’arrêté municipal pris par David Lisnard.

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David Lisnard

Alors que la polémique fait rage depuis l’annonce dans nos colonnes d’un arrêté municipal interdisant sur les plages de Cannes le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse », deux associations ont décidé de contre-attaquer.

Le Collectif contre l’islamophobie en France a annoncé vendredi matin à L’Express son intention de poursuivre le maire de Cannes.

Le président de l’association Marwan Muhammad devrait saisir le tribunal administratif en référé liberté.

« Nous avons été saisis par des citoyennes de Cannes, insiste Marwan Muhammad auprès de l’hebdomadaire, ce qui donne une validité à la procédure. Il y a un caractère urgent, car les effets de ce texte sont importants sur les citoyens« .

Comme elle le laissait entendre dès jeudi, la Ligue des Droits de l’Homme va suivre la même procédure.

En 2014, le CCIF avait saisi la justice et fait par deux fois suspendre un arrêté qui interdisait le port du voile à Wissous-Plage (Essonne). 

Ce vendredi matin, on a appris que le maire de Villeneuve-Loubet Lionnel Luca avait pris des dispositions similaires à celles décidées par David Lisnard.

Nice Matin

Après Cannes, le maire de Villeneuve-Louvet interdit le burkini sur ses plages

Le maire de Villeneuve-Loubet a pris un arrêté dans ce sens la semaine dernière.

Alors que la polémique fait rage depuis l’annonce dans nos colonnes d’un arrêté municipal interdisant sur les plages de Cannes le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse », une autre commune des Alpes-Maritimes a pris une initiative similaire. 

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Par arrêté municipal, « l’accès à la baignade à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d’hygiène et de sécurité adaptées au domaine public maritime » est interdit à Villeneuve-Loubet.

Le député-maire villeneuvois Lionnel Luca a signé cet arrêté le 5 août dernier.

Jeudi, Nice-Matin révélait que le 28 juillet dernier, avant même que la polémique relative à la « journée burkini » (organisée dans un parc aquatique des Bouches du Rhône) n’enfle sur le web, le maire de Cannes David Lisnard avait pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

Une décision qui a notamment provoqué le courroux de la Ligue des Droits de l’Homme, qui dénonce un « abus de droit » et envisage de poursuivre cette décision devant la justice.

Nice Matin

Un cadre LR suggère la déportation d’une femme musulmane

« Nacht und Nebel pour le sac poubelle », c’est ce que nous pouvons lire dans un commentaire signé par le profil Facebook de « Jean-Pierre Arbey », sous une photo d’une femme assise sur une plage et portant un foulard.

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« Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard en français) était le nom de code des « directives sur la poursuite pour infractions contre le Reich ou contre les forces d’occupation dans les territoires occupés ». Elles sont l’application d’un décret datant du 7 décembre 1941, et ordonnant la déportation de tous les ennemis ou opposants du Troisième Reich.

Jean-Pierre Arbey n’est autre que le secrétaire départementale LR de Meurthe-Et-Moselle.

Dans un contexte où toutes sorties islamophobes des personnalités politiques se trouvent dans une impunité médiatique, le CCIF s’alarme de l’explosion de la libération de la parole islamophobe.

Après les déclarations mensongères de Nathalie Kosciusko-Morizet à l’endroit de la mosquée de Longjumeau, le « test de radicalisation » proposé par Geoffroy Didier et les récentes propositions de Nicolas Sarkozy appelant à « lutter contre le terrorisme » en interdisant « le voile à l’université », nous exprimons notre profonde inquiétude quant à la dérive du débat public, en vue des primaires « Les Républicains ».

A ce stade, le parti « Les Républicains » n’a toujours pas pris de sanction contre Jean-Pierre Abey, malgré la gravité manifeste des propos. Cela témoigne de l’acceptabilité relative des propos racistes et islamophobes.

Il est temps que ce parti prenne ses responsabilités, sauf à croire qu’il cautionne ce type de discours.

CCIF

« Elle est de mauvaise foi, elle ne sait pas manager » les proches de Marine le Pen se lâchent

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Marine Le Pen fait campagne pour 2017 avec le slogan « La France apaisée ». Mais au sein de son propre parti, ca balance… sec.

Pour la présidentielle de 2017, Marine Le Pen dont la candidature a été annoncée au JT de 20 heures de TF1 en février dernier fait campagne avec le slogan « La France apaisée« . Pourtant, au sein de son propre parti, on ne peut pas dire que l’ambiance soit vraiment à la sérénité. Dans l’Express, ses « amis » ont balancé plusieurs piques à la fille de Jean-Marie Le Pen. 

L’un de ses proches affirme qu’elle « est d’une mauvaise foi absolue.«  Un ancien proche parlementaire balance quant à lui : « Elle ne sait pas manager et voit toute discussion comme une agression« . Et un autre conclut : « j’ai toujours trouvé que le Front était un vaste bordel ».

Closer

Le maire de Cannes interdit le port du burkini sur les plages

 


Le maire de Cannes a pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

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David Lisnard

Le 28 juillet dernier, avant même que la polémique relative à la « journée burkini » (organisée dans un parc aquatique des Bouches du Rhône) n’enfle sur le web, le maire de Cannes a pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

Dans son article 1, l’arrêté précise: « l’accès aux plages et à la baignade sur la commune de Cannes sont interdits (…) jusqu’au 31 août, à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades. »

Joint par téléphone, David Lisnard, maire de Cannes, répond: « Je n’ai ni le temps, ni l’envie de polémiquer. J’ai pris cet arrêté parmi tant d’autres pour assurer la sécurité de ma ville dans un contexte d’état d’urgence. »

Un arrêté qui n’a pas tardé à faire réagir la twittosphère. Notamment Feiza Ben Mohamed (@FeizaK), porte-parole de la Fédération des musulmans du Sud, qui a d’abord crû à un fake (un faux), puis qui a appelé dans un second temps toutes les femmes à se rendre à la plage vêtues du hijab ou d’une kippa.

Des tweets qui ne font en aucun cas sciller l’édile cannois: « On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrêmisme islamiste. Il faut arrêter de vouloir caricaturer cet arrêté. Nous vivons dans un espace public commun, il y a des règles à respecter. »

Nice Matin

Les nazis américains espèrent très fort une victoire de Donald Trump

Le président de l’American Nazi Party, Rocky Suhayda, estime qu’un succès du candidat républicain à la Maison-Blanche constituerait une véritable «opportunité» pour les «nationalistes blancs».

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Il y a encore des gens qui croient en une possible victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, et même qui s’en réjouissent. Selon un document audio obtenu par BuzzFeed, le président de l’American Nazi Party, Rocky Suhayda, a déclaré lors du programme radio qu’il présente, le mois dernier, qu’une victoire du candidat républicain à la Maison-Blanche constituerait une véritable «opportunité» pour les «nationalistes blancs»:

«Je crois que Trump va gagner l’élection en novembre, pour de nombreuses raisons que je ne veux pas développer à nouveau. […] Donc, si Trump gagne, d’accord, cela constituera une vraie opportunité pour des gens comme les nationalistes blancs, agissant intelligemment pour construire à partir de cela […].»

Comme l’explique BuzzFeed, le même dirigeant avait tenu un discours assez proche en septembre 2015, peu après le lancement de la campagne de Trump:

«Nous avons une merveilleuse OPPORTUNITÉ ici les gars, qui pourrait ne jamais survenir à nouveau, au BON moment. Les déclarations de Donald Trump lors de sa campagne, pour ne parler que d’elles, ont MONTRÉ que notre “vision” n’est PAS aussi “impopulaire” que la foule du Politiquement Correct l’a affirmé partout!»

Comme l’explique le Washington Post, Suhayda est loin d’être le seul suprémaciste blanc à s’être prononcé en faveur de Donald Trump, au point que, comme nous l’expliquions récemment, il fait figure pour certains de «guerrier aryen venu sauver la blanchitude». Le plus célèbre est sans doute David Duke, un ancien dirigeant du Ku Klux Klan qui est actuellement candidat au poste de sénateur de Louisiane et qui a affirmé qu’il était «à 100%» derrière le programme du magnat de l’immobilier. «Donald Trump n’est pas raciste», avait-il expliqué. «La vérité, dans ce pays, c’est que si vous défendez simplement l’héritage des Américains d’origine européenne, alors vous êtes automatiquement qualifié de raciste.»

Créé en 1959, l’American Nazi Party explique sur son site internet, comme le relève le Guardian, être constitué de «nationaux-socialistes, même si nous utilisons l’appellation “nazi”, simplement parce que, à l’instant présent, la plupart des Américains ne comprendraient pas CE QU’EST un national-socialiste, le confondant avec un genre d’idéologie marxiste».

Slate

Chevènement a la tête de la Fondation pour l’Islam : proposer quelqu’un qui n’est pas musulman pose interrogation

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Devant l’association de la presse présidentielle, mardi dernier, François Hollande a plébiscité la candidature de l’ancien ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement pour prendre la direction de la Fondation pour les oeuvres de l’islam de France, censée, à l’automne prochain, contrôler le financement privé des lieux de culte musulman.

À gauche, des critiques s’élèvent

La nomination de Jean-Pierre Chevènement ne semble pas faire l’unanimité dans les rangs de la gauche. Au sein même du gouvernement, une voix s’est élevée pour remettre en cause le choix du président de la République : celle de Laurence Rossignol, ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes. Invitée mercredi à s’exprimer au micro de France Info, elle a décliné les caractéristiques qu’elle souhaitait voir chez le prochain président de la fondation : « Le bon profil, selon moi, c’est d’abord quelqu’un de culture musulmane, qui ait une connaissance de la subtilité humaine de l’islam… »

Plus à gauche sur l’échiquier politique, Esther Benbassa s’est également montrée critique à l’égard de la nomination de Jean-Pierre Chevènement.

Au centre et à droite, la légitimité de Chevènement remise en question

François Bayrou, invité jeudi matin sur le plateau d’i>Télé, s’est montré particulièrement dubitatif : « C’est un choix surprenant et qui pose des questions », explique le président du MoDem. « Proposer, pour prendre la tête de cette organisation, quelqu’un qui n’est pas de culture musulmane, qui n’est pas de sensibilité musulmane et qui n’est pas de culture religieuse, pour moi, c’est une interrogationComment voulez-vous que les musulmans de France aient ce sentiment de responsabilité si on leur dit en fait : C’est de l’extérieur et par des responsables tout à fait estimables – Jean-Pierre Chevènement est dans ce cas-là –, mais qui ne partagent ni votre foi, ni votre culture, ni votre manière de voir, qu’on va régler le problème du financement de vos lieux de culte. »

C’est aux musulmans de choisir le président ou la présidente de #OEIF

Toujours au centre – quoiqu’un tantinet plus à droite –, la parlementaire UDI Nathalie Goulet a, elle aussi, montré son profond désaccord. La sénatrice de Normandie a multiplié les cris du coeur numériques sur Twitter, entre quelques gazouillis sur la guerre américaine en Irak, la taxe halal et Pokémon Go.

Même son de cloche du côté des Républicains, à l’image de Brice Hortefeux au micro de RTL jeudi matin. L’ex-ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy n’a pas compris le choix de François Hollande  : « C’est un choix quand même surprenant puisque [Jean-Pierre Chevènement] est totalement étranger à la religion musulmane. C’est comme si, pour la présidence de la Conférence des évêques de France, on faisait appel à un bouddhiste », a-t-il déclaré.

Le Point

Hauts-de-Seine : la supérette ne vend ni porc ni alcool, la mairie LR veut l’expulser

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Un magnifique rayon fruits et légumes, des épices, légumes secs et semoules à foison, des loukoums, des théières argentées, des horloges avec calligraphies arabes… A l’image de la musique douce diffusée en fond sonore, l’ambiance est orientale à la supérette Good Price de Colombes (Hauts-de-Seine), située dans le quartier populaire des Grèves. Des rayons bien rangés et bien achalandés, mais pas trace ni d’alcool ni de porc. La viande est halal et au rayon charcuterie le jambon comme le salami sont de dinde et les saucisses de bœuf. Quant au rayon boissons, il ne propose que des jus et des sodas.

« Cette supérette est communautariste »

Les locaux appartiennent à Colombes Habitat Public (CHP). Alerté par des habitants, le bailleur social municipal a déposé un recours devant le tribunal de Nanterre afin d’obtenir la résiliation du bail qui court jusqu’en 2019. « Originellement, c’était un Franprix qui vendait de tout, explique le directeur général de CHP, Olivier Virol. Sans arriver au terme du bail, le gérant a cédé à un repreneur, ce qui est tout à fait légal. Mais il faut que la nouvelle enseigne respecte les conditions spécifiques du bail à savoir une alimentation générale. Juste avant que le local n’ouvre au public, une banderole sur le fronton annonçait ici bientôt une boucherie halal. Nous sommes allés voir le notaire pour spécifier que les normes n’étaient pas les mêmes et que le bail prévoyait une alimentation générale. »

Le magasin ouvre sous enseigne Good Price en avril 2015. « Cette supérette est communautariste à cause de ce qu’on n’y trouve pas — porc et alcool — mais aussi à cause de ce qu’on y trouve : de la viande à 95 % halal et des tapis de prière, souligne Olivier Virolle. Malgré les constats d’huissiers sur ordonnance du tribunal effectués depuis 2015, rien n’a changé ou à la marge. Je m’y suis moi-même rendu avec la maire (NDLR : Nicole Gouéta (LR)) pour demander au gérant d’installer un petit rayon d’alcool et de charcuterie pour répondre aux attentes de la population du quartier, vieillissante, et qui ne peut pas forcément se rendre jusqu’au Leclerc. »

« Je fais du commerce »

« Nous aussi nous avons fait appel à un huissier et à un avocat pour faire valoir nos droits », explique Soulemane Yalcin, le responsable de Good Price, qui se défend fermement de tenir un magasin communautaire. « Je fais du commerce, je regarde autour de moi et je cible ce qui peut s’y vendre, affirme le gérant. Le bail prévoit alimentation générale et activités connexes. Tout dépend de la façon dont on interprète les activités connexes. »

Concernant la bière ou le vin, le gérant avance l’argument sécuritaire. « Tous les magasins qui vendent de l’alcool sont confrontés à des problèmes de sécurité ». Et le jambon ou les lardons ? « C’est parce qu’il y a beaucoup de pertes au rayon charcuterie, assure-t-il Nous l’avons vu dans les chiffres de vente du Franprix. En tant que commerçant, on essaie de viser une clientèle de masse. Tant pis si ça déplaît à une petite partie de la population. »

Ce sera à la justice de trancher. L’affaire doit être examinée par le tribunal le 13 octobre prochain.

Les habitants divisés 

« Il n’y a plus de mixité ! s’étranglent Patricia, Eugénie, Annie et Jeanine, qui habitent depuis plus de trente ans dans les gigantesques tours beiges emblématiques de ce quartier populaire. Nous vivons tous ensemble. Il n’est pas normal de ne pouvoir acheter ni alcool, ni porc. Quand on reçoit des amis et qu’on veut une bouteille de vin, on est obligés d’aller jusqu’à l’hypermarché Leclerc alors qu’on a cette supérette de quartier juste en bas de l’immeuble. Pourquoi privilégier une communauté plutôt qu’une autre ? »

« C’est un magasin communautaire. Mais comme l’Hyper Casher l’est aussi. Qu’est-ce ça peut faire ? », réagit pour sa part Mongi, qui fume sa cigarette sur le trottoir pendant que sa femme fait les courses. « Si la précédente supérette a fermé, c’est parce qu’elle ne trouvait pas sa clientèle, renchérit-il. Lui, il répond à la demande. »

Catherine, qui revient du Monoprix du centre, abonde dans ce sens. « J’aurais préféré qu’il vende de tout, mais c’est ce que la population ici recherche. Il y a la queue certains dimanches, constate la retraitée. Personnellement, je n’y allais pas beaucoup avant non plus. Je me dépanne, c’est ouvert 7 J/7 et j’achète les choses lourdes. »

Le Parisien 

« Et ta sœur, elle est cabossée ? » : la fine com du FN de Fréjus

Le chargé de communication de David Rachline, le maire FN de Fréjus, a insulté un internaute qui se plaignait sur Twitter du mauvais état d’une route.

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Au Front national, on ne s’embarrasse pas d’une com trop raffinée. Jeudi 28 juillet, comme l’a remarqué Le Canard enchaîné, un internaute interpelle sur Twitter le maire FN de Fréjus, dans le Var. Il s’agit de David Rachline, élu maire en 2014 avant de devenir sénateur dans la foulée. L’habitant demande des comptes au sujet d’une route abîmée de la commune. Les propos sont, certes, provocateurs, mais pas injurieux : « Dis David Rachline, la rue parallèle à celle du front de mer est bien cabossée. En voiture, c’est Paris-Dakar. Est-ce normal ? #GestionFN ».

 

Médusé, l’internaute, qui se fait appeler « Concupiscence » sur Twitter, va alors recevoir quelques minutes plus tard une réponse haute en couleur du chargé de com de Rachline, un certain Jérôme Cochet : « Et ta sœur ? Elle est cabossée, elle ? » S’ensuit une série de tweets dans laquelle l’internaute réclame des excuses. Il explique que sa mère paie des impôts pour son appartement de Fréjus, et qu’il est inadmissible d’être traité ainsi. Sur le ton de l’humour, le jeune homme ajoute : « Énerver ma mère est super dur, mais Jérôme Cochet et David Rachline l’ont brillamment fait. Elle est prof de russe à la fac. » Et David Rachline d’enfin accorder une réponse : « On tremble. »

Le point

 

Nadine Morano est une « conne », l’humoriste Guy Bedos relaxé en appel

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La cour d’appel de Nancy a relaxé en appel l’humoriste Guy Bedos ce mardi, dans l’affaire qui l’opposait à la députée européenne et ex-ministre Nadine Morano.

La cour d’appel de Nancy a confirmé mardi la relaxe accordée en septembre 2015 à l’humoriste Guy Bedos, poursuivi pour avoir injurié l’ancienne ministre (LR) Nadine Morano en la traitant de « conne » lors d’un spectacle. « Nadine Morano a été élue ici à Toul ? Vous l’avez échappé belle ! On m’avait promis qu’elle serait là… Quelle conne ! » avait notamment lancé l’artiste sur scène, entre autres injures à l’intention de l’élue.

En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que Guy Bedos était « dans son registre habituel » d’humoriste lorsqu’il avait insulté l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy, en octobre 2013 devant 1300 spectateurs, dans son fief électoral de Toul (Meurthe-et-Moselle).Le tribunal avait notamment jugé que l’artiste était resté dans « la loi du genre » en tant que comique, et qu’il n’avait « pas dépassé ses outrances habituelles »

Métro

Erci Ciotti s’oppose au financement public des lieux de culte mais le pratique

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Le député des Alpes Maritimes s’est dit dimanche « opposé au financement de tout lieu de culte ». Il finance pourtant la rénovation de quatre chapelles grâce à sa réserve parlementaire.

Eric Ciotti a-t-il changé d’avis ou est-il pris en flagrant délit d’incohérence? Dimanche, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, s’est dit « opposé au financement des mosquées ou de tout lieu de culte », en réponse à la tribune de Manuel Valls dans le Journal du Dimanche

« Je m’inscris en faux et dénonce avec force cette vision culpabilisatrice du Premier ministre qui, évoquant un pacte avec l’islam de France et ouvrant la voie à un financement public des lieux de culte, auquel je suis totalement opposé, renie à demi-mot la loi de 1905« , écrit-il encore sur son blog.

20 000 euros pour la rénovation de chapelles

Mais visiblement ses propos ne correspondent pas vraiment à la réalité. Un journaliste de Nice Matin s’est replongé dans l’utilisation qu’avait fait Eric Ciotti de sa réserve parlementaire en 2015. Un sujet qu’il avait traité il y a plusieurs mois.

Le député a divisé les 130 000 euros qui lui sont alloués chaque année entre différentes associations niçoises. Et il a notamment versé 20 000 euros pour la rénovation de quatre chapelles de la ville. Les Amis des Pénitents rouges, l’Archiconfrérie des la Sainte-Croix, la Confrérie des pénitents bleus et l’Archiconfrérie de la Miséricorde Pénitents Noirs ont ainsi reçu 5000 euros chacune.

L’Express

Mort d’Adama Traoré : le «New York Times dénonce «l’impunité» de la police française

Adama traoré

Dans un éditorial consacré à la mort du jeune noir à Beaumont-sur-Oise, le quotidien américain fustige le racisme de la police hexagonale et l’indifférence du gouvernement.

«Black Lives Matter in France, Too» : dans un éditorial, qui reprend en titre le nom du mouvement de lutte contre les violences policières né aux Etats-Unis, le New York Times dénonce le comportement de la police française dans l’affaire Adama Traoré – ce jeune Noir décédé le 19 juillet lors de son interpellation à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise).

Le décès de ce jeune homme de 24 ans, dont la mort reste toujours sans explication officielle, alors que deux expertises font état d’une «asphyxie», a entraîné «de violents affrontements entre les minorités en colère et des officiers de police», rappelle le quotidien américain, qui dresse un parallèle avec les émeutes d’octobre 2005 déclenchées après la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois – dossier dans lequel les deux policiers poursuivis ont d’ailleurs été relaxés, rappelle le quotidien.

«Culture d’impunité profondément ancrée»

Depuis, les manifestants ont repris à leur compte le mouvement Black Lives Matter, né de l’autre côté de l’Atlantique, se félicite le New York Times, qui ne s’étonne pas de cette réappropriation : «Il y a des différences importantes entre les histoires des relations interraciales aux Etats-Unis et en France, où le racisme prend racine dans le passé colonial français, explique le quotidien. Cependant, il n’est pas surprenant que le mouvement Black Lives Matter trouve un écho en France : les organisations de défense des droits de l’homme ont fait état ces dernières années d’une culture d’impunité, profondément ancrée au sein de la police française, et donnant lieu à des abus à l’égard des minorités», détaille le quotidien américain, qui cite notamment une étude de 2009 sur le délit de faciès, selon laquelle un Noir ou un Arabe (ou perçu comme tel) à six à huit fois plus de chances de se faire contrôler à Paris.

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Hervé Morin appelle à «israeliser» la société française, les internautes s’indignent

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Arielle François, élue LR, poste une citation qui assimile les musulmans a des chiens

Arielle François musulmnas boudhiste chiens

Arielle François fait scandale sur le réseau social Twitter. Vendredi soir, l’élue compiégnoise a publié la photo d’un moine bouddhiste accompagné de cette citation : «Vous pouvez être plein de gentillesse et d’amour, vous ne pouvez pas dormir à côté d’un chien enragé. Si nous sommes faibles, notre pays deviendra musulman». Une citation pleine de «sagesse» selon l’élue. Sauf que le moine bouddhiste auteur de cette phrase est Ashin Wirathu, un homme condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine contre les musulmans et surnommé le «Hitler de Birmanie».

«Je ne connais pas cet homme, je me suis dit que c’était un sage comme beaucoup de bouddhistes, plaide Arielle François. Je ne savais pas qui il était, mais j’ai aimé cette citation». Cette dernière est en tout cas été dénoncée par la Licra qui «déposera une plainte» et par la ministre Laurence Rossignol. La mairie de Compiègne, elle, n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le Parisien