Etats-Unis : 2 femmes expulsées d’un avion d’American Airlines car musulmanes

« Ne demandez pas un verre d’eau si vous êtes un(e) musulman(e) à bord d’un avion d’American Airlines », a ironisé hier le site d’information Business Insider, qui rapporte l’histoire de deux femmes musulmanes expulsées mercredi matin d’un vol aux Etats-Unis.

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Niala Khalil, une journaliste et productrice de « Voice of America » et son amie se trouvaient à bord d’un vol de la compagnie aérienne américaine mercredi matin au départ de Miami à destination de Washington lorsqu’elles ont été priées de quitter l’avion.

« Après plus de 5 heures de retard, on nous a seulement offert un verre d’eau et un sac de bretzels et on nous a indiqué qu’il n’y aurait plus de repas et de boissons jusqu’à ce que l’avion quitte l’aéroport. On nous a aussi interdit de quitter l’avion pour acheter à manger ou utiliser les toilettes de l’aéroport », raconte l’américaine d’origine pakistanaise sur sa page Facebook.

Son amie, qui travaille pour le gouvernement américain, n’a pas manqué d’exprimer son mécontentement auprès d’un autre voyageur. « Si vous avez un problème, vous pouvez descendre de l’avion », lui aurait rétorqué un membre de l’équipage.

Un commentaire qui n’a pas laissé indifférentes les deux passagères : celles-ci l’auraient pris en photo pour l’identifier auprès d’une hôtesse de l’air afin d’adresser une plainte à American Airlines. Une représentante de la compagnie serait alors montée à bord de l’appareil, invitant les deux femmes à l’accompagner.

Des agents du service fédéral de la police de l’air (Federal Air Marshal Service) et d’autres officiers de la police de Miami les auraient accueillies à l’extérieur, auprès desquels le membre de l’équipage en question se serait plaint de « menaces »adressées par les voyageuses.

Ce n’est pas la première fois qu’American Airlines refoule des individus en raison de leurs origines ou leur religion. En avril dernier, Cenk Uygur, un passager musulman qui se plaignait d’un retard de quatre heures a été expulsé d’un vol. Motif ? Sa présence avait mis « mal à l’aise » le capitaine. En décembre 2015, trois autres musulmans avaient également été expulsés pour la même raison.

Yabiladi

Hauts-de-Seine : la supérette ne vend ni porc ni alcool, la mairie LR veut l’expulser

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Un magnifique rayon fruits et légumes, des épices, légumes secs et semoules à foison, des loukoums, des théières argentées, des horloges avec calligraphies arabes… A l’image de la musique douce diffusée en fond sonore, l’ambiance est orientale à la supérette Good Price de Colombes (Hauts-de-Seine), située dans le quartier populaire des Grèves. Des rayons bien rangés et bien achalandés, mais pas trace ni d’alcool ni de porc. La viande est halal et au rayon charcuterie le jambon comme le salami sont de dinde et les saucisses de bœuf. Quant au rayon boissons, il ne propose que des jus et des sodas.

« Cette supérette est communautariste »

Les locaux appartiennent à Colombes Habitat Public (CHP). Alerté par des habitants, le bailleur social municipal a déposé un recours devant le tribunal de Nanterre afin d’obtenir la résiliation du bail qui court jusqu’en 2019. « Originellement, c’était un Franprix qui vendait de tout, explique le directeur général de CHP, Olivier Virol. Sans arriver au terme du bail, le gérant a cédé à un repreneur, ce qui est tout à fait légal. Mais il faut que la nouvelle enseigne respecte les conditions spécifiques du bail à savoir une alimentation générale. Juste avant que le local n’ouvre au public, une banderole sur le fronton annonçait ici bientôt une boucherie halal. Nous sommes allés voir le notaire pour spécifier que les normes n’étaient pas les mêmes et que le bail prévoyait une alimentation générale. »

Le magasin ouvre sous enseigne Good Price en avril 2015. « Cette supérette est communautariste à cause de ce qu’on n’y trouve pas — porc et alcool — mais aussi à cause de ce qu’on y trouve : de la viande à 95 % halal et des tapis de prière, souligne Olivier Virolle. Malgré les constats d’huissiers sur ordonnance du tribunal effectués depuis 2015, rien n’a changé ou à la marge. Je m’y suis moi-même rendu avec la maire (NDLR : Nicole Gouéta (LR)) pour demander au gérant d’installer un petit rayon d’alcool et de charcuterie pour répondre aux attentes de la population du quartier, vieillissante, et qui ne peut pas forcément se rendre jusqu’au Leclerc. »

« Je fais du commerce »

« Nous aussi nous avons fait appel à un huissier et à un avocat pour faire valoir nos droits », explique Soulemane Yalcin, le responsable de Good Price, qui se défend fermement de tenir un magasin communautaire. « Je fais du commerce, je regarde autour de moi et je cible ce qui peut s’y vendre, affirme le gérant. Le bail prévoit alimentation générale et activités connexes. Tout dépend de la façon dont on interprète les activités connexes. »

Concernant la bière ou le vin, le gérant avance l’argument sécuritaire. « Tous les magasins qui vendent de l’alcool sont confrontés à des problèmes de sécurité ». Et le jambon ou les lardons ? « C’est parce qu’il y a beaucoup de pertes au rayon charcuterie, assure-t-il Nous l’avons vu dans les chiffres de vente du Franprix. En tant que commerçant, on essaie de viser une clientèle de masse. Tant pis si ça déplaît à une petite partie de la population. »

Ce sera à la justice de trancher. L’affaire doit être examinée par le tribunal le 13 octobre prochain.

Les habitants divisés 

« Il n’y a plus de mixité ! s’étranglent Patricia, Eugénie, Annie et Jeanine, qui habitent depuis plus de trente ans dans les gigantesques tours beiges emblématiques de ce quartier populaire. Nous vivons tous ensemble. Il n’est pas normal de ne pouvoir acheter ni alcool, ni porc. Quand on reçoit des amis et qu’on veut une bouteille de vin, on est obligés d’aller jusqu’à l’hypermarché Leclerc alors qu’on a cette supérette de quartier juste en bas de l’immeuble. Pourquoi privilégier une communauté plutôt qu’une autre ? »

« C’est un magasin communautaire. Mais comme l’Hyper Casher l’est aussi. Qu’est-ce ça peut faire ? », réagit pour sa part Mongi, qui fume sa cigarette sur le trottoir pendant que sa femme fait les courses. « Si la précédente supérette a fermé, c’est parce qu’elle ne trouvait pas sa clientèle, renchérit-il. Lui, il répond à la demande. »

Catherine, qui revient du Monoprix du centre, abonde dans ce sens. « J’aurais préféré qu’il vende de tout, mais c’est ce que la population ici recherche. Il y a la queue certains dimanches, constate la retraitée. Personnellement, je n’y allais pas beaucoup avant non plus. Je me dépanne, c’est ouvert 7 J/7 et j’achète les choses lourdes. »

Le Parisien