Éconduit par sa voisine de confession musulmane, il placarde des tracts islamophobes pour se venger

Christian Lavoie avait l’oeil sur sa voisine, jolie Française de confession musulmane. L’intérêt n’était pas réciproque. Le soupirant déçu a décidé d’imprimer des tracts islamophobes et de les coller sur la porte de l’objet de son affection… cinq jours après les attentats à la Grande Mosquée de Québec.

Fâché d’avoir vu ses avances repoussées, Lavoie a commencé par déranger sa voisine en faisant du bruit et en cognant contre les murs. Le propriétaire de l’immeuble a entrepris des démarches pour évincer son locataire déplaisant et la police est venue à quelques reprises pour calmer Lavoie.

Lorsqu’il a su que sa voisine était musulmane, Lavoie a donné une nouvelle couleur à son harcèlement, a expliqué le procureur de la Couronne, Me Michel Fortin. L’homme a notamment offert du jambon au fils de sa voisine, une viande de porc interdite par l’Islam.

Le 3 février, soit cinq jours après l’attentat qui a fait six morts et cinq blessés au Centre islamique de Québec, la voisine a trouvé sur sa porte des tracts islamophobes. «Stop islamisation», «Défend-toi, c’est ici chez toi».

Les policiers de Québec ont procédé à l’arrestation de Christian Lavoie et ont fouillé son logement. Ils ont saisi des piles de tracts fraîchement imprimés, affichant des phrases tirées des sites Web de la présidente du Front national français, Marine Le Pen. 

Les agents ont trouvé chez l’individu un livre intitulé La violence criminelle, avec, surlignés, des passages sur le meurtre et l’infanticide. Ils ont aussi saisi une arbalète, qui contrevenait à une interdiction d’arme imposée à Christian Lavoie dans un autre dossier judiciaire.

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La Couronne réclamait une peine de prison ferme pour l’individu, déjà condamné par le passé pour des voies de fait et des menaces.

Tenant compte du fait que Lavoie a purgé 45 jours en détention provisoire, le juge Garneau a plutôt accepté de surseoir à la peine pour une durée de deux ans.

La Presse

Un restaurateur qui avait violemment refusé de servir 2 femmes voilées condamné

Poursuivi pour avoir refusé de servir deux femmes voilées, un restaurateur de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) a été condamné jeudi à 5000 euros d’amende, dont 3000 avec sursis, par le tribunal correctionnel de Bobigny.

L’homme, âgé de 65 ans, a été reconnu coupable de « discrimination dans la fourniture d’un service en raison de l’appartenance à une religion dans un lieu accueillant du public« , pour avoir demandé le 27 août dernier à ces clientes de quitter son établissement après un échange vif qui avait été filmé par l’une d’elles et posté sur les réseaux sociaux.

Le Dauphiné

Une brève condescendante et raciste du magazine Gala fait polémique

Le champ lexical du mépris y figure presque dans son intégralité. Dans une brève publiée ce mercredi, le magazine Gala, du groupe Prisma Media, souhaitait évoquer la venue du haut-commissaire du Swaziland à Londres pour y rencontrer la reine Elisabeth II.

Voici ce qu’ils écrivent, sous le titre « Un peu de tenue! »: « Ce n’était pourtant pas mardi gras. Mais pour rencontrer Sa Majesté Elisabeth II, à Buckingham Palace, le haut-commissaire du Swaziland, Christian Muzie Nkambule, et son épouse ne se sont pas trop préoccupés de la tenue à adopter. Ils sont venus en pagne wax, tissu typique de leur petit royaume, ancienne colonie britannique. Osé. »

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Comme le souligne un internaute sur Twitter, ce n’est pas la première fois que le groupe Prisma Media publie des propos racistes dans ses pages. Dans l’hebdomadaire people Voici, en 2015, un article concernant la coiffure d’Omar Sy était intitulé « Il frise le ridicule. » « Avec cette boule à la Jackson Five, il devrait faire rire les petits nenfants », détaillait le journaliste, qui jugeait que la coiffure de l’acteur était sans doute une « concession » liée à son travail de comédien.

L’Express

 

J’ai grandi en banlieue, les policiers m’appelaient « bougnoule ». J’ai peur pour mes filles

« Bamboula, c’est à peu près convenable ». Cette phrase prononcée par Luc Poignant, porte-parole du syndicat Unité police SGP-FO, a provoqué un tollé. Beaucoup de Français grandissent entre les insultes et les interpellations abusives et violentes des forces de l’ordre. Une situation que connaît bien Hygie, qui s’est fait traiter de « bougnoule » par la police, à 14 ans.

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J’ai 7 ans, j’habite en banlieue. Pas une banlieue chaude, un quartier tranquille, pavillonnaire. Je joue au foot dans la cour de l’école avec Mickaël et François. Personne ne veut jamais être gardien, tout le monde veut courir. Parfois je me dévoue, mais à condition d’être « gardien volant ». Moi aussi je veux courir. Après s’être brûlé les muscles à la récrée, nous rentrions en classe les joues rouges de nos efforts pour se disputer la première place en mathématiques.

J’ai 14 ans, j’ai déménagé dans une autre ville. Toujours dans un quartier pavillonnaire. Ailleurs dans la commune, des appartements sont empilés par centaines dans de grandes tours entourées de parkings. Mon collège est en zone d’éducation prioritaire (ZEP). J’aime toujours les mathématiques et, maintenant, je cours sur les terrains de basket en rêvant à une classe de sport-études.

Dans ma vie studieuse et sportive, j’ai gardé un peu de ma naïveté d’enfant. Mais j’ai des idéaux d’adolescent et je voue une passion à la devise « liberté, égalité, fraternité ». Je suis peut-être un peu influencé par les fêtes du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Mon père est né en Kabylie et ma mère dans le Béarn (au nord-ouest des Pyrénées, ndlr).

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« Partez d’ici, sales nègres » : la rédactrice en chef du magazine Elle et ses enfants victimes de racisme

La rédactrice en chef du magazine Elle passait ses vacances en Bretagne. Vendredi, ses enfants métis ont été ciblés par des propos racistes dans un hypermarché de Plérin, près de Saint-Brieuc. Nous publions son billet.

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« Partez d’ici, sales nègres ». L’uppercut est donné au Leclerc de Saint Brieuc. Enfin, juste à côté, à Plérin, périphérie urbaine bien connue des sociologues. Je suis Bretonne. J’ai terriblement voulu fuir cette Bretagne que je chéris tant aujourd’hui. M’arracher à la promiscuité. J’ai choisi ma vie, j’ai choisi Paris.

« Partez d’ici, sales nègres ». L’uppercut est donné par un homme d’une soixantaine d’années le 10 février 2017 en France. La même semaine, Théo se faisait violer par un policier. La même semaine, Luc Poignant, membre du syndicat Unité Police SGP-FO, estimait : « Le mot Bamboula, ça reste encore à peu près convenable ».

La même semaine, le magistrat Philippe Bilger tweettait : « On a fait un drame de #bamboula. Me souviens de mes années collège où ce terme était presque affectueux« . La même semaine, Alain Avello, membre du conseil stratégique de campagne de Marine Le Pen, invitait sur Facebook à « essayer la zoophilie » avec Christiane Taubira.

Elle

«Bamboula», un terme «presque affectueux» selon l’ancien juge d’instruction Philippe Bilger

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Après qu’un syndicaliste policier ait qualifié le mot bamboula de « convenable », c’est Philippe Bilger, ancien juge d’instruction qui choque sur ce sujet. « Je me souviens de mes années de collège où ce terme était beaucoup plus sympa, presque affectueux. »

Philippe Bilger refuse de s’excuser

Devant l’indignation suscitée par son tweet, le magistrat a persisté. « Mon tweet est sans équivoque ni indécence. »  Philippe Bilger s’est justifié en expliquant évoquer des « souvenirs anecdotiques » d’une époque ou ce terme raciste aurait été plus toléré.

Cette polémique fait suite à l’interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois. Au cours de l’arrestation, le jeune homme dit avoir subi des insultes racistes de la part des policiers. L’un des quatre agents ayant participé à l’interpellation est inculpé pour viol.

Philippe Bilger, ancien responsable de la Cour d’assises de Paris, avait par le passé soutenu Éric Zemmour lors de son procès pour appel à la discrimination et à la haine raciale. Il s’était aussi opposé à loi Gayssot, qui instituait notamment le délit de négation de crime contre l’humanité.

La Dépêche