J’ai grandi en banlieue, les policiers m’appelaient « bougnoule ». J’ai peur pour mes filles

« Bamboula, c’est à peu près convenable ». Cette phrase prononcée par Luc Poignant, porte-parole du syndicat Unité police SGP-FO, a provoqué un tollé. Beaucoup de Français grandissent entre les insultes et les interpellations abusives et violentes des forces de l’ordre. Une situation que connaît bien Hygie, qui s’est fait traiter de « bougnoule » par la police, à 14 ans.

manifestant-brandit-pancarte-adama-theo-suivant-devant-voiture-police-bordeaux-12-fevrier_0_730_477

J’ai 7 ans, j’habite en banlieue. Pas une banlieue chaude, un quartier tranquille, pavillonnaire. Je joue au foot dans la cour de l’école avec Mickaël et François. Personne ne veut jamais être gardien, tout le monde veut courir. Parfois je me dévoue, mais à condition d’être « gardien volant ». Moi aussi je veux courir. Après s’être brûlé les muscles à la récrée, nous rentrions en classe les joues rouges de nos efforts pour se disputer la première place en mathématiques.

J’ai 14 ans, j’ai déménagé dans une autre ville. Toujours dans un quartier pavillonnaire. Ailleurs dans la commune, des appartements sont empilés par centaines dans de grandes tours entourées de parkings. Mon collège est en zone d’éducation prioritaire (ZEP). J’aime toujours les mathématiques et, maintenant, je cours sur les terrains de basket en rêvant à une classe de sport-études.

Dans ma vie studieuse et sportive, j’ai gardé un peu de ma naïveté d’enfant. Mais j’ai des idéaux d’adolescent et je voue une passion à la devise « liberté, égalité, fraternité ». Je suis peut-être un peu influencé par les fêtes du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Mon père est né en Kabylie et ma mère dans le Béarn (au nord-ouest des Pyrénées, ndlr).

Lire la suite sur l’OBS

« Partez d’ici, sales nègres » : la rédactrice en chef du magazine Elle et ses enfants victimes de racisme

La rédactrice en chef du magazine Elle passait ses vacances en Bretagne. Vendredi, ses enfants métis ont été ciblés par des propos racistes dans un hypermarché de Plérin, près de Saint-Brieuc. Nous publions son billet.

c4ferb5waaav4d0

« Partez d’ici, sales nègres ». L’uppercut est donné au Leclerc de Saint Brieuc. Enfin, juste à côté, à Plérin, périphérie urbaine bien connue des sociologues. Je suis Bretonne. J’ai terriblement voulu fuir cette Bretagne que je chéris tant aujourd’hui. M’arracher à la promiscuité. J’ai choisi ma vie, j’ai choisi Paris.

« Partez d’ici, sales nègres ». L’uppercut est donné par un homme d’une soixantaine d’années le 10 février 2017 en France. La même semaine, Théo se faisait violer par un policier. La même semaine, Luc Poignant, membre du syndicat Unité Police SGP-FO, estimait : « Le mot Bamboula, ça reste encore à peu près convenable ».

La même semaine, le magistrat Philippe Bilger tweettait : « On a fait un drame de #bamboula. Me souviens de mes années collège où ce terme était presque affectueux« . La même semaine, Alain Avello, membre du conseil stratégique de campagne de Marine Le Pen, invitait sur Facebook à « essayer la zoophilie » avec Christiane Taubira.

Elle

«Bamboula», un terme «presque affectueux» selon l’ancien juge d’instruction Philippe Bilger

philippe-bilger-bamboula

Après qu’un syndicaliste policier ait qualifié le mot bamboula de « convenable », c’est Philippe Bilger, ancien juge d’instruction qui choque sur ce sujet. « Je me souviens de mes années de collège où ce terme était beaucoup plus sympa, presque affectueux. »

Philippe Bilger refuse de s’excuser

Devant l’indignation suscitée par son tweet, le magistrat a persisté. « Mon tweet est sans équivoque ni indécence. »  Philippe Bilger s’est justifié en expliquant évoquer des « souvenirs anecdotiques » d’une époque ou ce terme raciste aurait été plus toléré.

Cette polémique fait suite à l’interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois. Au cours de l’arrestation, le jeune homme dit avoir subi des insultes racistes de la part des policiers. L’un des quatre agents ayant participé à l’interpellation est inculpé pour viol.

Philippe Bilger, ancien responsable de la Cour d’assises de Paris, avait par le passé soutenu Éric Zemmour lors de son procès pour appel à la discrimination et à la haine raciale. Il s’était aussi opposé à loi Gayssot, qui instituait notamment le délit de négation de crime contre l’humanité.

La Dépêche

Indigné, Cyril Hanouna répond aux tweets racistes dont a été victime une invitée

hanouna-femme-voilee-tweet-racistes-islamophobes

La semaine dernière dans Touche pas à mon poste, une jeune femme du public a participé à un jeu pour gagner des cadeaux. Cyril Hanouna a eu la désagréable surprise de découvrir par la suite de nombreux messages racistes et islamophobes la visant sur Twitter.

Des dérapages qu’il n’a pas souhaité laisser passer. « Je ne vais même pas lire les tweets. Ca a été vraiment horrible. (…) Je pense surtout à Tania, elle est la bienvenue sur le plateau quand elle veut. Toutes les femmes, quelles qu’elles soient, sont les bienvenues. Le plateau est ouvert à tout le monde« , a tenu à préciser l’animateur.

Yahoo

Il continue alors sur le plateau en s’exprimant, ému : « Le plateau est ouvert à tout le monde. L’émission est ouverte à tout le monde sauf aux cons. Quelle que soit votre couleur, votre sexe, nous on s’en fou de tout ça. On est là pour le dialogue avec tout le monde, on est là pour rigoler, on accepte tout le monde ici, nous on ne fait pas de différence et c’est peut-être ça qui fait la force de l’émission. (…) j’ai été très très peiné par ces tweets, nous on l’aime, on l’aime fort et elle revient quand elle veut sur le plateau. »

Valérie trouve ça « désolant » ainsi que tous les chroniqueurs qui rejoignent son avis. Cyril finit par une parole simple et vraie : « Ce qu’on veut ici c’est du respect sur chacun. »

Next PLZ

USA : Des parents coupent les vivres de leur fille parce que son petit-ami est noir

Une jeune femme s’est vue couper les vivres par ses parents parce qu’elle sort avec un étudiant noir. Pour financer ses études, elle a levé plus de 10.000 dollars sur un site de financement participatif. 

racime-couple-noir-blanche

Pour « dire non au racisme », Allie Dowdle, une Américaine de 18 ans a lancé une campagne de levée de fonds sur GoFundMe. Son but: récolter 10.000 dollars pour financer ses études, rapporte The Independent.

D’après la jeune femme, ses parents ont arrêté de l’aider financièrement après avoir appris qu’elle fréquentait un étudiant noir. Lancée le 11 janvier dernier, la campagne lui a déjà permis de récolter 13.000 dollars.

« Il y a à peu près un an, j’ai dit à mes parents que je commençais à sortir avec un garçon nommé Michael, en leur montrant une photo », explique Allie Dowdle.

« Mon père ne m’a pas laissé le choix: je ne pouvais plus revoir Michael. Simplement à cause de sa couleur de peau. Mes parents m’ont dit que je pouvais mieux faire », poursuit-elle.

Un mois après avoir fait cette annonce, qui est mal passée, les parents de la jeune femme lui coupent ses ressources. Elle précise qu’ils la privent de ses « économies personnelles », ainsi que de sa voiture, son téléphone et du financement de ses études.

De son côté, le père de l’étudiante a assuré à The Independent qu’il ne « préfère pas » que sa fille fréquente un Afro-américain en raison des « problèmes » autour du métissage aux Etats-Unis.

BFM TV