Jean-François Jalkh, président du FN par intérim, défend des thèses négationnistes et est un admirateur du Maréchal Pétain

Sur le plateau du journal télévisé de France 2, Marine Le Pen avait annoncé ce lundi 24 avril se mettre en congé de la présidence du parti.

Comme l’explique Le Figaro, selon l’article 16 des statuts du parti, c’est l’un des vice-présidents du FN, Jean-François Jalkh, qui prend temporairement les rênes du parti, jusqu’à la fin de campagne.

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Le Figaro rappelle que ce proche de Jean-Marie Le Pen a participé en 1991 à la commémoration de la mort de Philippe Pétain à l’église Saint-Nicolas du Chardonnet.

En 2000, tout en rejetant l’étiquette de négationniste, il déclare souscrire à l’affirmation de Robert Faurisson selon laquelle il est « impossible d’utiliser le Zyklon B dans des exterminations de masse ».

La République

Victor Barthélémy, auxiliaire de la rafle du Vél d’Hiv en 1942 puis cofondateur du FN en 1972

Fondation front national fn 1972 fondateurs

(…) Mais les lepénistes, voulant peut-être maladroitement préempter le souvenir gaulliste pour l’entre-deux-tours, rappellent ainsi à notre souvenir un homme-clef de cette période: Victor Barthélémy. Car la rafle du Vél d’Hiv ne fut pas faite que par la police française: cette dernière était aidée, les 16 et 17 juillet 1942, par plusieurs centaines d’hommes du Parti populaire français de Jacques Doriot, PPF dont Barthélémy était alors le numéro 2. Avant de devenir, trente ans plus tard, le numéro deux du Front national. Son trajet est celui d’un siècle.

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Très lié aux néofascistes italiens, Barthélémy est de toutes les tentatives de reconstruction de l’extrême droite radicale à l’échelle européenne. En France, la guerre d’Algérie paraît pouvoir redonner des perspectives: il entre donc au comité directeur du Front national pour l’Algérie Française fondé par Jean-Marie Le Pen en 1960. Ce dernier anime la campagne de Jean-Louis Txier-Vignancour à l’élection présidentielle de 1965, et, là encore, l’ancien du PPF participe à la direction. Face à l’insuccès, Barthélémy s’efface, et ne réapparaît que lorsque le mouvement néo-fasciste Ordre nouveau décide de lancer le FN en octobre 1972.

Slate

Dans son livre consacré aux numéros 2 du parti d’extrême droite, l’historien Nicolas Lebourg (co-auteur avec le documentariste Joseph Beauregard) révèle une autre histoire du FN.

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Vous définissez François Duprat comme « L’inventeur du Front ». Pourtant, Victor Barthelemy l’a structuré avant lui et du point de vue idéologique, même si Duprat a fait de l’immigration un thème prioritaire du discours frontiste, l’extrême droite l’avait déjà employée (Ordre Nouveau est dissous après un meeting sur « l’immigration sauvage » en 1973).

Je définis Victor Barthélémy comme « le passeur » et François Duprat tel « l’inventeur ». En effet, Ordre Nouveau avait usé du thème de l’immigration mais sous un point de vue ethno-racial. Duprat, lui, écrit une note aux militants pour leur interdire toute référence ethnique ou raciale et dire que le seul angle c’est que les immigrés occupent des emplois au détriment des Français. Il le fait en pensant ainsi arracher des voix des classes populaires au Parti communiste français et en assurant que le parti doit d’abord faire ce socle électoral pour pouvoir nouer de vraies alliances avec les droites. Barthélémy lui conçoit le positionnement du FN sur le thème du barrage à l’union de la gauche signée à l’été 1972. Il poursuit son vieux combat anticommuniste. Sur ce créneau, avec des partis de droite puissants, le FN serait demeuré un groupuscule conservateur sans autonomie. Ce qui fait que le FN est le FN, la dénonciation tout ensemble de la droite et de la gauche, c’est le couronnement de la stratégie Duprat.

Les Inrocks

Rappel : Les fondateurs du Front National étaient à Vichy, pas à Londres #veldhiv

La création du Front national, il y a quarante ans, ne doit pas grand-chose à Jean-Marie Le Pen. C’est faute de mieux qu’il est choisi par les cadres d’Ordre nouveau. Il n’en devient pas moins dès 1974 le leader incontournable.

Ils avaient 20 ans, arboraient la croix celtique et maniaient la barre de fer contre les gauchistes. Fascinés par la violence, allergiques à la démocratie, ils défendaient l’Algérie française et rêvaient d’en découdre avec le régime gaulliste. Le nom de leur mouvement se voulait un défi lancé aux fervents de la Chine maoïste et autres émules de l’Est marxiste : Occident. Ils avaient 20 ans et composaient les forces vives de la principale formation d’extrême droite au sein des universités dans les années 1960.

Très vite, les dirigeants de cette jeunesse énervée remisèrent blousons noirs et poings américains. De guerre lasse, ils renoncèrent à renverser la république et reprirent sagement leur place sur les bancs de la faculté de droit d’Assas ou de l’ENA. L’activisme musclé est une chose, l’ambition et les études en sont une autre et le choix fut vite fait après la dissolution d’Occident en octobre 1968. De brillantes carrières à l’enseigne de la droite classique attendaient ces têtes bien faites: Gérard Longuet, Alain Madelin, Claude Goasguen, Patrick Devedjian

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Le petit-fils de Mendes France exhume les courriers antisémites des fans de Le Pen

Réagissant à une affiche diffusée par cette association étudiante frontiste, affirmant que Pierre Mendes France « voterait Front national » de nos jours, Tristan Mendes France s’était indigné que le FN puisse se revendiquer de son aïeul. Et notamment, parce que son fondateur Jean-Marie Le Pen n’avait pas hésité à l’attaquer dans les années 50 par des sous-entendus antisémites.

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Signés « patriotes pur sang » ou « Français pur sang », ces courriers sont explicitement antisémites, barrés des mots « sale juif ». L’un d’entre eux cite nommément les propos de Jean-Marie Le Pen prononcés à l’Assemblée nationale en 1958. « Vous n’ignorez pas que vous cristallisez sur votre personnage un certain nombre de répulsions patriotiques et presque physiques », avait alors adressé le futur cofondateur du FN (qui n’était alors que député poujadiste) à Pierre Mendes France.

Huffington Post

Benoît Loeuillet, patron du FN à Nice, tient des propos négationnistes et vend des livres d’Adolf Hitler dans sa librairie

Benoît Loeuillet, ex-dirigeant identitaire et désormais patron du FN à Nice, tient des propos négationnistes dans un documentaire diffusé ce soir sur C8, tourné pendant deux mois début 2017 dans la fédération FN des Alpes-Maritimes.

Ce documentaire, qui visait au départ à comprendre l’attraction du parti sur les jeunes, a été tourné en caméra cachée par les journalistes, qui affirment s’être vu refuser une autorisation de tournage par le parti. «Il n’y a pas eu de morts de masse comme ça a été dit», déclare notamment à propos de la Shoah Benoît Loeuillet, ex-dirigeant de Nissa Rebela, branche locale du mouvement identitaire et depuis fin 2015 conseiller régional FN en Paca, qui vend des livres d’Adolf Hitler ou du négationniste Robert Faurisson dans la librairie qu’il gère à Nice.

Libération

Quand la France interdisait l’avortement… sauf aux femmes noires

En 1970, un scandale éclata à la Réunion: des milliers de femmes avaient été avortées et stérilisées, souvent sans leur consentement, avec le soutien des pouvoirs publics. Un essai glaçant revient sur ce crime d’Etat oublié.
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Ces femmes étaient noires, et pauvres. Dans la presse, les témoignages se multiplièrent. Citons celui d’une femme enceinte de trois mois, entrée dans cette même clinique pour une douleur au ventre, à laquelle on avait annoncé une opération de l’appendicite, et qui s’était rendue compte au réveil qu’on avait mis fin à sa grossesse et qu’on lui avait ligaturé les trompes. Certaines patientes de la clinique de Saint-Benoît étaient enceintes de six, sept, huit mois.

Bientôt, on évoqua le chiffre de 8000 avortements par an, pour 16.000 naissances annuelles sur toute l’île de la Réunion.

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La politique «antinataliste» conduite à la Réunion reposait sur tout un réseau de médecins rabatteurs, qui allaient chercher les jeunes femmes, et sur des institutions semi-officielles, comme l’Association réunionnaise d’orientation familiale, qui diffusait des tracts où on voyait des Noires pauvres submergées par une misérable marmaille, avec comme seul slogan: «ASSEZ !» Michel Debré recevait des rapports qui décrivaient la population créole comme composée de «femmes débiles, amorales, cyclothymiques» et d’hommes qui ne sont que «paresse, veulerie, éthylisme et violence».

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Enzo Traverso « L’extrême droite reprend les codes de l’antisémitisme des années 1930 »

Dans les Nouveaux Visages du fascisme (1), l’historien analyse les mutations des mouvements d’extrême droite européens issus « de la matrice fasciste ». Selon lui, la gauche doit « redonner des perspectives politiques » pour occuper « l’immense vide » entre le « post-fascisme », qui met au ban des musulmans, et le djihadisme.

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L’islamophobie a remplacé l’antisémitisme comme préoccupation majeure de l’extrême droite, française notamment, même si l’antisémitisme militant n’a pas disparu.

Enzo Traverso De même que les juifs apparaissaient comme une minorité pourrissant la France de l’intérieur, infiltrant l’État, les cercles de pouvoir, les musulmans de France sont présentés comme un corps étranger à la nation qui est en train de la gangrener : l’ennemi intérieur.

C’est de cette façon qu’on présentait le juif dans les années 1930, travaillant de concert avec le bolchevique assaillant extérieur. Aujourd’hui le musulman agit à l’intérieur, disent-ils, et les États islamiques, les puissances d’argent étrangères comme le Qatar veulent s’accaparer la France avec de l’argent. Des années 1930 à aujourd’hui, il faut que l’extrême droite caractérise une menace pour s’y opposer.

L’Humanité