Colonisation et crimes contre l’humanité : une majorité des Français partagent la position d’Emmanuel Macron

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Dans un sondage exclusif commandé par TSA auprès de l’un des principaux instituts de sondage français, l’Ifop, 51% des Français affirment être d’accord avec les déclarations de Macron sur le fait que « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Tandis que 52% des Français interrogés estiment que « le gouvernement français devrait présenter des excuses officielles pour les meurtres et exactions commis durant la colonisation ».

« J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité », déclarait Macron lors d’un entretien accordé à Echourouk News.

TSA Algérie

Benjamin Stora « Il est quasiment interdit d’évoquer tout acte de violence commis par la France pendant la colonisation »

Après les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation qu’il a qualifiée de «crime contre l’humanité», l’historien Benjamin Stora réagit. Il donne raison au candidat. 

Pour illustrer le papier de Rébecca Frasquet : "Benjamin Stora: "Il faut affronter la guerre d'Algérie" ". Algerian born historian and writer Benjamin Stora poses on May 6, 2010 at his home in Asnieres-sur-Seine, a Paris suburb. Stora is one of 12 intellectuals who published a text on yesterday replying to accusations of colonial history "falsifications" in the Franco-Algerian film "Hors-la-loi", by Rachid Bouchareb to be presented at the Cannes Film Festival this month. AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS

La colonisation est-t-elle un crime contre l’humanité ?

BENJAMIN STORA. La définition juridique est très large : elle englobe aussi bien la Shoah que l’esclavage ou la colonisation. Cela fait très longtemps que les historiens ont apporté la preuve de massacres, de crimes, de tortures durant la longue période de la colonisation. En 1959, Michel Rocard publiait un rapport concluant à des déplacements de 2 millions de paysans en Algérie. Mais la France a construit un système juridique qui fait qu’aucune plainte ne peut aboutir et que cette période ne peut être jugée.

C’est-à-dire ?

Il est indispensable, pour qu’un crime contre l’humanité soit reconnu, qu’un Etat ou un particulier dépose plainte. C’est ce qu’avait tenté de faire Rocard en attaquant en 1986 Jean-Marie Le Pen pour torture pendant la guerre d’Algérie. Mais, en raison des lois d’amnistie votées dans les années 1960, aucune plainte ne peut aboutir. Seules des poursuites devant des tribunaux internationaux pourraient débloquer le processus. C’est un problème d’autant plus insoluble qu’en France, dès que l’on prononce les mots « crimes contre l’humanité », le débat se clôt ou se politise.

Il est quasiment interdit d’évoquer tout acte de violence commis par la France pendant la colonisation. On oppose immédiatement l’apport des « Lumières », l’oeuvre civilisatrice de la France… Or, en matière de colonisation, la France a bâti un faux modèle républicain : elle a proclamé le principe d’égalité mais ne l’a que rarement mis en pratique.

Le Parisien

Bougnoule, youpin, négro… les origines des insultes racistes décryptés

Avec Maudit mots (Tohubohu éditions), la linguiste a mené l’enquête. Sérieusement. Avec sa curiosité en guise de lampe-torche, elle est partie explorer la forêt dangereuse des insultes racistes.

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Elle nous éclaire sur les racines du mal, qu’elle exhume avec précaution pour mieux les porter à notre connaissance. « Je m’intéresse aux mots et à ce qu’il y a derrière. Les mots sont le miroir de notre société. Ils apparaissent dans un certain contexte » dit-elle. Son champ exploratoire concerne les mots  outrageants et humiliants, les mots qui blessent, les mots qui tuent.

Voici donc quelques insultes et leurs origines dévoilées.

L’auteure a pris soin, pour chacun de ces mots, de l’illustrer avec des extraits d’ouvrage où l’on trouve les « mots maudits ». Les exemples empruntés relèvent de textes signés parmi les écrivains les plus fameux de la langue française : Maupassant, Cendrars, Céline,  Pérec etc. Marie Treps compartimente ses chapitres avec un catalogue d’insultes adressées aux Allemands, aux Arabes, aux Asiatiques etc.
Nous ne donnons ci-dessous, en guise d’amuse-bouches,  que quelques précisions sommaires.

Bamboula

Terme culturel africain devenu appellation raciste à l’égard des personnes noires, des Africains en particulier. Ka-mombulon, kam-bumbulu, « tambour », emprunté aux langues sarar et bola, parlées en Guinée portugaise, est introduit par

Michel Jajolet La Courbe, de la Compagnie du Sénégal, dans Premier voyage fait par le sieur La Courbe a la coste d’Afrique en 1685. (…) Entre 1914 et 1918, par l’intermédiaire de l’argot militaire des tirailleurs algériens, bamboula en vient à désigner une fête exubérante, notamment dans l’expression faire la bamboula. Il désigne dans un même temps un tirailleur sénégalais

Boucaque

Terme injurieux raciste, récemment apparu. Il est notamment utilisé dans le sud de la France à l’encontre de personnes dont la peau est sombre. Ce mot-valise, association de bougnoul, mot raciste appliqué aux Arabes, et de macaque, mot raciste appliqué aux Noirs, surgit à la fin des années 1990. (…) Toute référence raciale ou culturelle particulière étant gommée, boucaque est une sorte de terme générique, une injure raciste passe-partout.

Youpin, youpine

Désignations injurieuses et racistes appliquées aux personnes juives. C’est dans le Tam Tam, revue créée en 1867 par le caricaturiste Alfred Le Petit, que youpin apparaît en 1878. ainsi vouée d’emblée à un usage dépréciatif, il a été créé par déformation de l’hébreu yëhûdî « Juif », selon certains, de youdi ou de youtre, selon d’autres. Et au moyen du suffixe argotique – pin, que l’on retrouve également dans Auverpin, désignation péjorative de l’Auvergnat.

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