Police des mœurs laïques : une femme verbalisée pour le port d’un simple foulard à Cannes

Femme voilée verbalisée a cannes : « rentrez chez vous » « Ici on est catholiques » Siam a été lynchée par la foule

Mathilde Cusin, journaliste à France 4, est témoin par hasard de ce qui se passe depuis le boulevard du Midi, le long de la plage. Puis elle s’est approchée et a assisté à toute la scène. Notre consœur raconte : « J’ai vu trois policiers en train de regarder la plage. Deux d’entre eux avaient le doigt sur la gâchette de leur bombe lacrymo, sans doute au poivre. Ça m’a interpellée. Puis je les ai vus traverser la plage vers une femme voilée, elle portait un simple hijab sur les cheveux. »

Une policière se baisse à la hauteur de Siam. « Elle m’a dit : ‘Vous êtes au courant qu’il y a un arrêté sur la ville de Cannes ?’ J’ai dit que non, je ne savais pas exactement de quoi il en retournait, je n’avais pas trop suivi la polémique », explique alors la mère de famille.

Siam, sa sœur, sa mère et une amie de cette dernière sont stupéfaites, même si elles commencent à entrevoir que c’est le voile qui est visé : « Qu’est-ce qu’une tenue correcte pour vous ? » demande la jeune femme. Les deux autres policiers, qui ont rejoint leur collègue, lui rétorquent :

Si vous mettez votre foulard sous forme de bandeau autour de la tête, vous pouvez rester sur la plage. »

Dans le climat actuel, vous comprenez, « on est obligés de verbaliser », m’ont-il dit. »

Siam refuse toutefois de se dévêtir ou de quitter la plage.

« Ici, on est catholiques ! »

« Mes enfants étaient en pleurs, témoins de mon humiliation, ainsi que ma famille », raconte Siam. « Moi-même je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Ils nous ont humiliées. »Autour d’elle s’est créé un attroupement. Si certains prennent sa défense, arguant qu’elle ne cause de tort à personne et ne porte pas de « burkini », d’autres se lâchent, les insultent fusent. 

« La parole raciste s’est totalement libérée. J’étais abasourdie », raconte-t-elle. « J’ai entendu des choses que l’on ne m’avait jamais dites en face, comme ‘rentrez chez vous !’ ‘Madame, la loi c’est la loi, on en a marre de ces histoires’, ‘Ici, on est catholiques !' »

« Certains ont carrément applaudi les policiers. D’autres ont traversé la route pour se joindre à la mêlée sur la plage. »

« Les gens lui demandaient de partir ou d’enlever son voile, c’était assez violent« , appuie Mathilde Cusin, « J’ai eu l’impression de voir une meute s’acharner sur une femme assise au sol en pleurs avec sa fillette. Ce qui m’a choquée, c’est que c’était surtout des trentenaires, pas des personnes âgées comme on pourrait l’imaginer. »

Les proches de Siam demandent aux policiers : « Si ce sont les signes religieux ostentatoires qui sont visés, comme vous dites, pourquoi n’allez-vous pas chasser les croix ? » « On ne va pas faire la chasse aux croix », leur répond-on. « Allez sur la route, madame, on vous demande de quitter la plage. »

Crier à l’amalgame et à la stigmatisation n’y fera rien : les policiers lui remettent alors une amende de 11 euros, qu’elle accepte à contrecœur de payer pour rester sur la plage.

« Aujourd’hui, on nous interdit la plage. Demain, la rue ? Après-demain, on nous interdira de pratiquer notre culte chez nous ? » s’insurge la Toulousaine. « Dans le pays des droits de l’homme, je ne vois pas de trace des principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Je suis révoltée que cela puisse se passer en France. »

« C’est vraiment du racisme pur et dur »

« C’est la première fois que je subis une discrimination », souffle Siam avec son accent toulousain. Au départ, elle a beaucoup hésité à parler de ce qui s’est passé, par peur de se mettre en avant.

« J’ai bien réfléchi. Je me suis dit que l’on ne pouvait pas laisser passer ça dans notre pays. Le pire, c’est que je suis un peu ‘Française de souche‘ ! Mes parents sont français, mes grands-parents sont françaisQuand on me dit ‘rentre chez toi’, ça me fait doucement rigoler, c’est vraiment du racisme pur et dur… »

Passé le choc, elle décide de réagir et contacte le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dont elle a découvert l’existence en même temps que celle de la polémique sur le « burkini » à son retour. Soutenue par une juriste pour monter son dossier, elle pense porter plainte contre la mairie de Cannes et l’Etat français.

 

L’Obs


Siam, 34 ans, maman de deux enfants, originaire de Toulouse, qui souhaite garder l’anonymat, se souviendra longtemps de sa petite escapade sur la côte d’Azur. 

Hijab plage mer sable voile foulard burkini voilée

  Ce mardi 16 août, elle est tranquillement assise sur la plage de Cannes La Bocca avec ses enfants et des membres de sa famille, quand trois policiers viennent à son encontre. « Ils m’ont dit que ma tenue n’était pas correcte et que le maire avait pris un arrêté qui leur donnait la possibilité de verbaliser celles et ceux qui ne respectaient pas la loi », dit-elle, toujours abasourdie par une telle décision.

Le 28 juillet dernier,  le maire Les Républicains (LR) de Cannes, David Lisnard, avait pris cet arrêté disposant que « l’accès aux plages et à la baignade sont interdits à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime ». En gros, un arrêté « anti-burkini », du nom de ce costume de bain pour femme couvrant le torse, ainsi qu’une partie des membres et de la tête.

Siam verbalisée à la plage pour son voile

Pourtant, ce jour-là, Siam ne portait pas de burkini, assure-t-elle, mais un « simple hijab sur les cheveux ». « Je ne comptais pas me baigner, j’étais tout habillée« , précise encore cette dernière.

Après quelques vaines protestations, les policiers lui remettent une contravention de 11 euros, mais ne l’oblige pas pour autant à quitter la plage. De « nature discrète », sur le coup, elle hésite à en parler.

Ce n’est que vendredi dernier qu’elle décide à faire connaître sa mésaventure, d’abord sur les réseaux sociaux, puis en contactant des associations de lutte contre l’islamophobie, pas question pour elle d’en rester là.

Le Courrier de l’Atlas

Le maire de Cannes interdit le port du burkini sur les plages

 


Le maire de Cannes a pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

image-quay-31834952-e1470928339802

David Lisnard

Le 28 juillet dernier, avant même que la polémique relative à la « journée burkini » (organisée dans un parc aquatique des Bouches du Rhône) n’enfle sur le web, le maire de Cannes a pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

Dans son article 1, l’arrêté précise: « l’accès aux plages et à la baignade sur la commune de Cannes sont interdits (…) jusqu’au 31 août, à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades. »

Joint par téléphone, David Lisnard, maire de Cannes, répond: « Je n’ai ni le temps, ni l’envie de polémiquer. J’ai pris cet arrêté parmi tant d’autres pour assurer la sécurité de ma ville dans un contexte d’état d’urgence. »

Un arrêté qui n’a pas tardé à faire réagir la twittosphère. Notamment Feiza Ben Mohamed (@FeizaK), porte-parole de la Fédération des musulmans du Sud, qui a d’abord crû à un fake (un faux), puis qui a appelé dans un second temps toutes les femmes à se rendre à la plage vêtues du hijab ou d’une kippa.

Des tweets qui ne font en aucun cas sciller l’édile cannois: « On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrêmisme islamiste. Il faut arrêter de vouloir caricaturer cet arrêté. Nous vivons dans un espace public commun, il y a des règles à respecter. »

Nice Matin

Palme d’Or : le Festival de Cannes récompense « l’anti-israélien » Ken Loach

La Palme d’or du Festival de Cannes a été attribuée dimanche au cinéaste britannique Ken Loach pour « Moi, Daniel Blake ».

XVMbe0b637a-204b-11e6-89ff-2687e38b48df

Six fois primé à Cannes, où il avait reçu la Palme d’or en 2006 pour « Le Vent se lève », Ken Loach, 79 ans, a reçu la Palme des mains de l’acteur Mel Gibson.

En 2009, Ken Loach, « anti-israélien notoirement connu », avait annulé sa venue au Festival du Film International de Melbourne après avoir appris que le gouvernement israélien avait financé le voyage de l’artiste d’animation Tatia Rosenthal.

Le cinéaste britannique est un fervent défenseur du boycott total de l’État juif. « Le boycott c’est la seule chose que nous pouvons faire pour accomplir ce que ni l’ONU ni Obama n’ont réussi à faire, d’amener Israël à rendre les territoires occupés », avait-il déclaré en 2014 dans un entretien accordé au quotidien berlinois Tagesspiegel.

« Israël se présente comme une démocratie occidentale… et en même temps enfreint des accords internationaux et ne respecte pas la Convention de Genève, vole des terres auxquelles il n’a pas droit, emprisonne des enfants et ment à la terre entière par rapport à ses armes nucléaires », avait-il ajouté.

Le Monde Juif

Après la censure d’un film Palestinien, Cannes rajoute à la dernière minute… un film de BHL

Le film Peshmerga de Bernard-Henri Lévy (BHL) sera présenté hors compétition à Cannes le 20 mai en séance spéciale, a annoncé la direction du festival qui a décidé de l’ajouter à sa programmation. Un film pourtant tourné il y a à peine trois mois.

5739fc01c36188ab638b45c1.jpg

«Le Festival de Cannes a décidé d’ajouter à sa sélection officielle le film de Bernard-Henri Levy, Peshmerga», a annoncé le Festival de Cannes le 16 mai dans un communiqué de presse.

«Ce film, que nous venons de découvrir, se tient au plus près des combattants kurdes Peshmergas. Avec une équipe réduite, le réalisateur a remonté 1 000 kilomètres le long de la frontière irakienne, du sud au nord, filmant des situations de guerre, des paysages et des visages d’hommes et de femmes qui sont rarement donnés à voir», poursuit le communiqué.

Pour la troisième fois, BHL est donc invité en sélection officielle, après Bosna en 1994 et Le serment de Tobrouk en 2012.

RT

 

État d’urgence, le préfet condamné par la justice suite a un arrêté abusif contre un imam

214c411f4aa8a30e8aa7c1a362944

Le tribunal administratif de Nice a suspendu l’arrêté préfectoral qui lui interdisait  de fréquenter tout lieu de culte à Cannes et Grasse dans le cadre de l’état d’urgence.Au lendemain de l’audience, le tribunal administratif de Nice a rendu son jugement.

Les documents fournis par la préfecture pour justifier cette interdiction ne permettent pas de conclure que l’imam appartient à une mouvance radicale menaçant la sécurité publique, estime le tribunal dans ses conclusions publiées jeudi.

L’interdiction est donc suspendue et l’État doit verser une somme de 1.000 euros au plaignant, conclut le tribunal.

Pendant l’audience, le jeune imam avait reçu le soutien du recteur de la Grande mosquée de Cannes, Mustapha Dali. Ce dernier s’était  félicité d’avoir employé depuis un an cet homme, qui étudie pour l’obtention d’un doctorat et dont il connaît les professeurs.

France 3