Nicolas Cadène « Chez Marine Le Pen, la laïcité est le masque du racisme »

L’Observatoire de la laïcité s’efforce de rappeler qu’il n’y a qu’une laïcité qui s’applique, celle qui est définie par le droit et qui découle de notre histoire. Cette laïcité, qui n’a pas à être adjectivée, renvoie pour l’essentiel à l’unité d’un peuple libre de toute emprise.

Dès lors, le glissement consistant à user du principe de laïcité pour dresser des Français les uns contre les autres, comme le fait Marine Le Pen, est un non-sens absolu. Il faudra aussi interroger la responsabilité de tous ceux, intellectuels ou politiques, qui ont participé à cette entreprise.

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Aujourd’hui, Marine Le Pen va bien plus loin que les tenants, en 1905, d’une laïcité antireligieuse. Sa « laïcité » constitue le masque trop commode d’un désir de ségrégation indicible, d’un rejet culturel inavouable quand ce n’est pas tout simplement du racisme. Chez elle, la « laïcité » est le paravent acceptable d’un désir profondément réactionnaire.

Elle est devenue l’incarnation jusqu’à l’absurde d’un pseudo « âge d’or » qui n’a évidemment (et heureusement) jamais existé d’une France monoculturelle et monocultuelle, une France sans juifs (voyez ses propos scandaleux sur le Vel’d’hiv’), sans musulmans, sans protestants, sans libre penseurs.

La Croix

Interdiction de la kippa et du voile : la laïcité à géométrie variable de Marine Le Pen

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La dirigeante du parti d’extrême droite s’est notamment engagée, en cas de victoire à la présidentielle, à étendre la laïcité « à l’ensemble de l’espace public », en y interdisant les signes religieux ostentatoires. Une affirmation qui a suscité, depuis, une importante levée de boucliers.

Interrogée en particulier sur le port de la kippa et du voile, Marine Le Pen s’est, dans un premier temps, défendue de cibler un signe religieux en particulier : « La loi est la loi, si je renforce la loi de 2004 [encadrant le port de signes religieux dans les établissements scolaires publics], tout le monde devra s’y soumettre. » Une affirmation qui a aussitôt fait réagir le journaliste Karim Rissouli : « Les croix sont elles aussi concernées ? Petites croix ? Grandes croix ? Où cela s’arrête-t-il ? ».

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Pour Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean-Jaurès, les propositions émises, jeudi 9 février par Marine Le Pen sur France 2, relèvent du « non-sens » et soulèvent de nombreuses questions : « À partir de quand la taille d’un signe religieux est-elle considérée comme ostensible ? Est-ce que c’est le symbole lui-même qui est ostensible ? Qui va faire la police de la kippa ? »

« Je n’admets pas que ce soit les victimes qui voient restreindre leurs libertés pour lutter contre ceux qui sont auteurs des violences, déplore encore le spécialiste du Front national (1), avant de préciser : « C’est totalement inverser la charge du respect de la loi. Pour faire croire aux électeurs qu’elle va résoudre le problème de l’islam radical, Marine Le Pen propose une mesure liberticide, en particulier à l’égard de musulmans qui n’ont aucune velléité de combattre la France. »

La Croix

Donald Trump veut supprimer la loi qui sépare les églises et la politique

Republican presidential candidate, businessman Donald Trump, holds up his bible who was giving to him by his mother as he speaks during the Values Voter Summit, held by the Family Research Council Action, Friday, Sept. 25, 2015, in Washington ( AP Photo/Jose Luis Magana) ORG XMIT: DCJL120

Donald Trump a promis hier d’affranchir les églises d’une loi de 1954 qui leur interdit toute activité politique, une mesure susceptible de donner des gages aux chrétiens évangéliques qui ont contribué à son élection à la Maison-Blanche. Dans un discours à des responsables politiques, des dirigeants religieux ainsi que des invités internationaux, dont le Roi Abdullah de Jordanie, Donald Trump a attaqué la disposition législative qui sépare domaine politique et religieux, instaurée par l’amendement Johnson en 1954.

La loi interdit aux organisations exonérées d’impôt – les églises et autres lieux de culte, les organismes de charité et les établissements d’enseignement – de participer, directement ou indirectement, à des campagnes politiques en faveur (ou en la défaveur) d’un candidat politique. « Je vais me débarrasser de l’amendement Johnson, le détruire totalement et permettre à nos représentants de culte de parler librement et sans crainte des représailles. Je vais le faire, retenez bien ça », a-t-il déclaré.

Le Figaro

Laïcité : Une candidate LR aux législatives veut faire du « mariage religieux le seul mariage valide »

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Après un bon trimestre, le maître récompense les bons élèves. Sens Commun, le mouvement issu de la Manif Pour Tous, avait choisi le bon cheval pendant la primaire de la droite en soutenant François Fillon. Un ralliement qui porte déjà ses fruits. Selon Le Figaro, Sens Commun a réussi à décrocher une investiture des Républicains dans cinq circonscriptions, pour les élections législatives de juin 2017.

Selon les informations du Lab confirmées par Arnaud Le Clere, responsable des fédérations de Sens Commun et membre du bureau politique du mouvement, ces cinq candidats sont : Anne Lorne dans la 1ère circonscription du Rhône, Sébastien Pilard (ancien président de Sens Commun) dans la 2e de Loire-Atlantique, Hayette Hamidi dans la 2e de Seine-Saint-Denis, Charles d’Anjou dans la 10e circonscription de Seine-Maritime et Maxence Henry dans la 2e circonscription du Maine-et-Loire.

Europe 1

Sarthe : un habitant saisit la justice pour faire retirer une croix au nom de la laïcité

En vertu de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, un habitant conteste l’installation de cette croix sur la voie publique. Une croix particulière, à trois bras, dont l’origine serait mystérieuse. Faux, répond celui qui a décidé de saisir le tribunal administratif.

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Jacques Micouin se définit comme un citoyen « laïc ». Pour lui, cette croix plantée au milieu d’une route départementale (domaine du conseil départemental) est une violation de la loi de 1905 dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat : « On a utilisé un espace public pour planter un emblème de la religion catholique… C’est interdit ! La république est laïque, alors pourquoi on privilégierait une religion à une autre ? » Le citoyen, tout comme la fédération sarthois de la Libre Pensée qui soutient sa démarche, brandissent plus particulièrement l’article 28 de cette loi selon lequel « il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

« Un panneau indicateur ? Mensonge ! »

Cette croix « à trois bras » est présente à ce carrefour depuis au moins 1820. Elle a occupé différents emplacements au bord de la route, mais toujours sur une parcelle privée. Jusqu’à ce que l’Association de sauvegarde du patrimoine de Laigné propose à la commune de la refaire à neuf. Et de l’installer au milieu du rond point public. Pour autant, ses membres se disent incapables d’expliquer son origine : « On n’a rien trouvé sur l’origine, ni le caractère religieux de cette croix. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’un panneau indicateur ». Une hypothèse « ridicule » selon Jacques Micouin, qui dénonce un « mensonge » de l’association : « C’est un calvaire référencé sur un plan du cadastre de 1934, cette croix est bien religieuse, ce n’est même pas discutable ! » Son origine, en revanche, ainsi que la signification de ces « trois bras » restent mystérieuses.

La mairie garde le silence

Jacques Micouin a d’abord écrit à la mairie pour avoir une explication sur cette violation de la loi. Faute de réponse, il a écrit à la préfecture, qui n’a pas répondu non plus. « Je voulais au moins qu’on me réponde, qu’on ait une discussion, explique-t-il, mais comme je n’aime pas qu’on prenne les citoyens pour des idiots, eh bien j’irai au bout ! » Il a donc déposé cet été au tribunal administratif de Nantes une requête pour exiger le respect de la loi. Une démarche approuvée par la Libre Pensée : « On se bat pour qu’il n’y ait pas de signes religieux dans l’espace public donc on soutient la démarche du citoyen, explique sa trésorière Mathilde Roux, s’il faut faire une réunion à Laigné-en-Belin pour en discuter, on le fera, et on mettra tout en oeuvre pour que cette croix soit retirée rapidement. »

France Bleu

Laïcité : Le Conseil d’État autorise les crèches de Noël dans les bâtiments publics

Le Conseil d’État a estimé mercredi 9 novembre que des crèches de Noël pouvaient être installées dans des bâtiments publics tels que des mairies, mais seulement sous certaines conditions, selon un communiqué. 

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La plus haute autorité administrative a jugé que « dans les bâtiments publics, sièges d’une collectivité publique ou d’un service public, une crèche de Noël ne peut pas être installée, sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif ». Elle appelle également à vérifier si une telle installation répond ou non à un « usage local ».

Midi Libre

Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies?

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La loi de 1905 n’interdit à aucune famille de reproduire cette magie de Noël, chez elle ou au marché. La question est de savoir s’il faut mimer la naissance de Jésus, sur fonds publics, dans nos maisons communes que sont les Mairies ou les Conseils généraux ? La réponse est non.

La loi de 1905

Même aux Etats-Unis, cette pratique est jugée contraire au « Mur de Séparation ». En France, la loi de 1905 et son article 28 sont très clairs : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics« .

C’est pour défendre cette séparation, notre laïcité commune, que la Libre Pensée a porté plainte contre plusieurs mairies et conseils généraux violant la loi. Un tribunal administratif lui a donné raison contre le Conseil Général de Vendée. Depuis des années, il choisit d’exposer dans son hall, sur fonds publics, deux statues géantes de Jésus et Marie...

Une gifle à la Séparation que l’on doit à Philippe de Villiers, parfait ambassadeur de cette Vendée cléricale et anti-laïque, sauf bien sûr s’il s’agit de guerroyer contre l’Islam. Toujours un peu rétif à accepter la loi des hommes, le vicomte a qualifié le rappel à la loi républicaine de « totalitaire ».

Quant au maire de Béziers, Robert Ménard, il a carrément appelé à la « désobéissance civile » et installé une crèche de Noël dans sa mairie.

Dans ces deux cas, au moins, les choses sont claires. En bafouant la loi de 1905, en traitant la République de dictature anti-chrétienne lorsqu’elle veut faire respecter la Séparation, l’extrême droite et la droite cléricale se dévoilent… Leur conversion tardive à la laïcité n’est qu’un leurre et une conviction uniquement valable pour l’Islam. Autant dire une imposture parfaite.

Mais d’autres citoyens, de bonne foi cette fois, ne voient pas où est le problème. Ceux-là doivent lever leurs yeux des santons et voir plus loin. Car c’est tout l’équilibre de la Séparation que menacent l’ouverture du bal des accommodements. Si on fait une exception pour le petit Jésus, pourquoi ne pas le faire pour d’autres ?

En cédant à la mode sympathique des crèches de Noël, la France risque de mettre le doigt dans un engrenage de revendications et de rivalités communautaires sans fin.

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

En matière d’égalité des religions, il n’existe que deux chemins. Soit vous veillez à ne pas privilégier une religion sur une autre par la Séparation, soit vous les reconnaissez toutes et c’est la course aux dérogations. Ce qu’il nous faut, c’est une règle claire et valable pour tous.

 

Huffington Post