Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies?

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La loi de 1905 n’interdit à aucune famille de reproduire cette magie de Noël, chez elle ou au marché. La question est de savoir s’il faut mimer la naissance de Jésus, sur fonds publics, dans nos maisons communes que sont les Mairies ou les Conseils généraux ? La réponse est non.

La loi de 1905

Même aux Etats-Unis, cette pratique est jugée contraire au « Mur de Séparation ». En France, la loi de 1905 et son article 28 sont très clairs : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics« .

C’est pour défendre cette séparation, notre laïcité commune, que la Libre Pensée a porté plainte contre plusieurs mairies et conseils généraux violant la loi. Un tribunal administratif lui a donné raison contre le Conseil Général de Vendée. Depuis des années, il choisit d’exposer dans son hall, sur fonds publics, deux statues géantes de Jésus et Marie...

Une gifle à la Séparation que l’on doit à Philippe de Villiers, parfait ambassadeur de cette Vendée cléricale et anti-laïque, sauf bien sûr s’il s’agit de guerroyer contre l’Islam. Toujours un peu rétif à accepter la loi des hommes, le vicomte a qualifié le rappel à la loi républicaine de « totalitaire ».

Quant au maire de Béziers, Robert Ménard, il a carrément appelé à la « désobéissance civile » et installé une crèche de Noël dans sa mairie.

Dans ces deux cas, au moins, les choses sont claires. En bafouant la loi de 1905, en traitant la République de dictature anti-chrétienne lorsqu’elle veut faire respecter la Séparation, l’extrême droite et la droite cléricale se dévoilent… Leur conversion tardive à la laïcité n’est qu’un leurre et une conviction uniquement valable pour l’Islam. Autant dire une imposture parfaite.

Mais d’autres citoyens, de bonne foi cette fois, ne voient pas où est le problème. Ceux-là doivent lever leurs yeux des santons et voir plus loin. Car c’est tout l’équilibre de la Séparation que menacent l’ouverture du bal des accommodements. Si on fait une exception pour le petit Jésus, pourquoi ne pas le faire pour d’autres ?

En cédant à la mode sympathique des crèches de Noël, la France risque de mettre le doigt dans un engrenage de revendications et de rivalités communautaires sans fin.

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

En matière d’égalité des religions, il n’existe que deux chemins. Soit vous veillez à ne pas privilégier une religion sur une autre par la Séparation, soit vous les reconnaissez toutes et c’est la course aux dérogations. Ce qu’il nous faut, c’est une règle claire et valable pour tous.

 

Huffington Post

«Vanter le modèle d’intégration portugais est un choix politique pour stigmatiser les maghrébins»

La finale de l’Euro 2016 entre la France et le Portugal aura une résonance particulière dans un pays où vivent plus d’un million de personnes d’origine portugaise. L’éclairage de Victor Pereira, spécialiste de l’émigration portugaise.

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Le Portugal entretient des liens forts avec la France, pays où ont choisi d’émigrer de nombreux Portugais. Avant la finale entre la France et le Portugal, le coeur de cette communauté portugaise, très forte en Île-de-France, balancera forcément. Victor Pereira, maître de Conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, estime que 1,2 million de Portugais ou de Français descendants d’immigrés portugais vivent en France. Entretien avec ce spécialiste de l’émigration portugaise. 

Peut-on s’attendre à ce que la communauté portugaise présente en France supporte le Portugal lors de la finale? 

On parle souvent de « communauté portugaise », alors qu’il y a beaucoup de différences chez les Portugais. Certains ne vont pas suivre le match, d’autres, comme moi, vont considérer qu’ils sont déjà champions, quel que soit le vainqueur. Les plus visibles vont supporter le Portugal de façon ostentatoire: en mettant des maillots ou des écharpes. Ils veulent gagner, car il y a un passif de défaites contre les Français, ou parce que le Portugal n’a jamais gagné l’Euro, à la différence de la France. Mais tout le monde ne va pas avoir le même sentiment. Cela dépend notamment des régions où vous habitez. Si vous êtes dans une ville où la concentration de Portugais est importante, comme Champigny, vous allez plus être enclin à supporter le Portugal par exemple. 

En plus des différences géographiques, y a-t-il un facteur générationnel à prendre en compte? 

Effectivement, la première génération d’immigrés est plus attachée au Portugal. Ils ont émigré dans les années 60- 70, quand le Portugal était un pays pauvre et surtout connu pour sa dictature. Chez leurs enfants ou petits-enfants, beaucoup soutiennent le Portugal par fidélité vis-à-vis de leurs parents. C’est un pays auquel ils sont attachés, où ils vont souvent en vacances. C’est par exemple le cas de Français qui jouent pour la sélection portugaise comme Raphaël Guerreiro ou Anthony Lopes. Parfois les jeunes ont même une image idéalisée du Portugal. Ils y vont en vacances l’été, chez leurs famille. 

Les cas de Guerreiro ou Lopes sont-ils représentatifs de cet attachement des descendants d’immigrés? 

Il faut souligner que Guerreiro a la double nationalité, mais effectivement son cas n’est pas singulier. On peut également parler  de Adrien Silva, un Français. Le Portugal est un fort pays d’émigration et depuis quelques années, la sélection nationale est plus attentive aux performances des fils d’émigrés. D’autres fédérations, comme l’Algérie ou le Sénégal, font d’ailleurs la même chose. La mère de Griezmann avait ainsi été approchée par fédération portugaise quand il était adolescent, en raison de ses origines. Il y a une vraie volonté d’attirer les jeunes talents issus de l’émigration. Ce n’était pas forcément le cas à l’époque de Robert Pires par exemple. 

Quels sont les autres facteurs qui peuvent expliquer cet attachement au Portugal? 

Il y a également des critères économiques à prendre en compte, ainsi que la pression familiale. Mais Guerreiro et Lopes allaient souvent au Portugal dans leur jeunesse. L’idole de Lopes était Vitor Baia, le gardien de la sélection dans les années 90. Il faut également comprendre que quand vous êtes enfant, à l’école on vous renvoie parfois à vos origines portugaises, de façon plus au moins agréable, avec des blagues sur le BTP ou les travaux domestiques. Pires expliquait que même en 1998, en équipe de France, on l’appelait « le Portugais ». Pour les jeunes Portugais, être de la même équipe que Ronaldo, ou Figo avant lui, c’est une source de fierté. Si le Portugal était moins fort au foot, leur attachement à la sélection portugaise serait moins développé. 

Vous faites référence aux blagues sur le BTP, y a-t-il une forme de mépris envers les Portugais en France qui expliquerait cet attachement ? 

Il n’existe pas de racisme contre le Portugais comme il peut y en avoir contre des populations de couleur. Mais il y a bien une forme de mépris social, quand on parle des maçons ou des femmes de ménage. Le même phénomène est arrivé aux Italiens et aux Espagnols. C’est ce que décrivait l’écrivain François Cavanna dans son livre Les Ritals, ou Luis Fernandez dans ses autobiographies. Mais les Portugais sont bien intégrés dans la société français, et ils sont souvent cités comme des exemples. Cependant, il est vrai qu’il existe une vie communautaire portugaise importante, même si tout le monde n’y participe pas. En France, on compte 200 clubs de foot amateurs avec le mot « portugais » dans leur nom. Il y a un entre-soi relativement fort, c’est certain. 

Pourquoi vante-t-on alors autant le modèle d’intégration portugais? 

C’est un choix fait à des fins politiques, pour stigmatiser d’autres populations immigrées. On dit que les Portugais sont discrets, mais c’est parce qu’on décide qu’on ne ne veut pas les voir. En vrai ils sont plutôt visibles, notamment avec leurs drapeaux et leurs maillots. Mais ils bénéficient du paratonnerre maghrébin.

En France les problèmes de société sont focalisés sur les populations maghrébines. Les Portugais peuvent continuer à maintenir un lien avec leur pays, sans être victime de rejets. Parfois la Marseillaise est sifflée lors de matchs France-Portugal, mais personne ne le mentionne, ou si c’est le cas on parle de cas isolés. On n’assiste pas aux mêmes réactions quand la France joue contre des pays du Maghreb.  

L’Express

Manuel Valls : « Il faudrait interdire le voile à l’université »

Manuel Valls se dit « convaincu » de la possibilité de démontrer à une majorité de Français qui en doute la compatibilité de l’islam avec la République, dans une interview à Libération paru  mercredi . Il estime également qu’il « faudrait » interdire le voile à l’université.

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« Aujourd’hui, la laïcité est confrontée à la montée de l’islam radical mais aussi à la place de l’islam dans nos sociétés. Je crois en mon pays, à son message et à ses valeurs universelles. J’aimerais que nous soyons capables de faire la démonstration que l’islam, grande religion dans le monde et deuxième religion de France, est fondamentalement compatible avec la République, la démocratie, nos valeurs, l’égalité entre les hommes et les femmes », affirme le Premier ministre Manuel Valls dans une interview à Libération.

Cette démonstration n’est donc pas faite? « Certains ne veulent pas y croire, une majorité de nos concitoyens en doute, mais moi, je suis convaincu que c’est possible« , répond le chef du gouvernement.

Selon Valls, le voile peut être un asservissement pour la femme

« C’est pour cela qu’il faut protéger -pro-té-ger- nos compatriotes de confession ou de culture musulmane de la stigmatisation, des actes antimusulmans », martèle-t-il.Interrogé sur ses propos sur le voile la semaine dernière, Manuel Valls maintient que le voile est un asservissement pour la femme « dès lors qu’il est revendiqué politiquement de manière militante ».

« Comment ignorer que les femmes subissent dans les quartiers populaires une pression culturelle faite de sexisme et de machisme? » s’interroge-t-il

« Il y a des règles constitutionnelles qui rendent l’interdiction du voile difficile »

Interrogé par Libération sur l’opportunité d’interdire le voile à l’université, Manuel Valls  a estimé qu’ »il faudrait le faire » avant d’ajouter : « Mais il y a des règles constitutionnelles qui rendent cette interdiction difficile. Il faut donc être intraitable sur l’application des règles de la laïcité dans l’enseignement supérieur. »

« Il n’y a pas de problème. Pas de contagion du foulard. Pas besoin d’un texte », a réagi sur RTL le secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon.

En 2013, Manuel Valls avait déjà jugé qu’interdire le voile à l’université était une proposition « digne d’intérêt. »

Le JDD

Com de l’Arabie Saoudite, pub sexiste… quand la businesswoman Badinter contredit la « féministe »

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Philosophe et en même temps femme d’affaires, difficile pour Elisabeth Badinter de rester cohérente à travers ses divers engagements. En témoigne cette contradiction de taille entre son appel au boycott des marques surfant sur « la mode islamique » et la dernière mission attribuée à Publicis dont elle est la principale actionnaire : assurer la communication de l’Arabie Saoudite.

Elle est philosophe, farouche défenseuse de la laïcité, penseuse du féminisme et administratrice d’une grande entreprise française. Elisabeth Badinter, depuis longtemps, porte de nombreuses casquettes… et les contradictions qui vont avec.

http://www.metronews.fr/_internal/gxml!0/r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$7jq7w676f8u6o860xawb73swkuexjhj/Capture-Organigramme-Publicis.jpegPublicis, entreprise fondée par son père, le célèbre publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet. Une agence de communication dont Elisabeth Badinter est aujourd’hui première actionnaire et présidente du conseil de surveillance. L’une de ses filiales, Mediavision, embauche par ailleurs ses deux fils, Simon et Benjamin Badinter.

Roman Abreu. Directeur chez Publicis des affaires publiques, de la communication financière et de la gestion de crise, il est l’interlocuteur privilégié de l’ambassadeur saoudien en France, Dr Khalid Al-Ankari. « Mon rôle est de gérer les relations presse de l’Arabie Saoudite en France, d’assurer sa communication sur les réseaux sociaux et de mettre en contact ses représentants avec diverses personnalités publiques », nous détaille-t-il. « L’idée est de montrer que nous sommes dans une relation de transparence avec ce pays, que ce n’est pas non plus la Syrie. »

Cette nouvelle mission, c’est le magazine Challenges qui la révèle au début du mois d’avril. Une information plutôt passée inaperçue, selon laquelle Publicis serait désormais en charge d’assurer une partie de la communication… de l’Arabie Saoudite. Ce lien, pour le moins inattendu, avec un pays qui n’a accordé le droit de vote aux femmes qu’en 2011, a de quoi interroger.

Et pourtant. Ce n’est guère la première fois que les positions de la philosophe et ses obligations de femme d’affaire entrent en conflit. Plusieurs spots publicitaires produits par Publicis, par le passé ont pu avoir une teneur jugée profondément sexiste. Citons, pêle-mêle, cet homme qui, souhaitant changer de vie, troque sa copine contre une fille en bikini mais garde sa Clio. Ou encore ce petit garçon malade qui attend « le bon geste d’une maman » grâce à la pommade Vaporub.

Mise face à ses contradictions par le site d’information Rue89 en 2010, Elisabeth Badinter ne s’était, une nouvelle fois, fendue d’aucun commentaire. Quarante-septième fortune française, héritière du numéro deux mondial de la publicité, elle préfère se retirer en campagne « pour écrire sur les philosophes des Lumières », selon son attachée de presse.

Métro News

Mode islamique : « Le voile est un asservissement de la femme », lâche Valls

Invité lundi 4 avril d’une table ronde sur l’islamisme et le populisme, Manuel Valls a mis en garde contre une minorité salafiste qui serait « en train de gagner la bataille idéologique » au sein de l’islam de France. Réagissant à la polémique sur la « mode islamique », il a salué l’interview « lumineuse » d’Elisabeth Badinter, qui a appelé samedi dans « Le Monde » au boycott des marques concernées.

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Manuel Valls a par ailleurs salué l’interview « lumineuse » de la philosophe féministe Elisabeth Badinter, qui a appelé samedi dans Le Monde au boycott des marques vendant des tenues islamiques et dénoncé la minorité « influente » des « islamo-gauchistes« . Le Premier ministre a mis en garde « contre le message idéologique qui peut se dissimuler derrière le signe religieux« , lançant :

« Ce que représente le voile pour les femmes, non ce n’est pas un phénomène de mode, non, ce n’est pas une couleur qu’on porte, non : c’est un asservissement de la femme (…) Il faut faire la distinction entre ce qu’est un voile, un fichu porté par les femmes âgées, et la revendication d’un signe politique qui vient confronter la société française ».

Marianne

Quand Pierre Bergé associé a Yves Saint Laurent introduisait le voile dans la mode

Photos tirées de revues de mode des années 70, dont L’OFFICIEL DE LA MODE.

En 1966, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé fondent Saint Laurent rive gauche, le prêt à porter de luxe, selon la formule suivante : modèles dessinés par le créateur, réalisés par un industriel extérieur, et diffusés dans un réseau de boutiques franchisées.

Wikipédia

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