Hongrie: vague d’indignation suite à la décoration d’un journaliste raciste et antisémite

En Hongrie, la décoration d’un journaliste extrémiste suscite l’indignation. Le 20 août dernier, à l’occasion de la fête nationale hongroise, le journaliste Zsolt Bayer était fait chevalier de l’Ordre du mérite par le président de la République hongroise Viktor Orban. C’est l’une des plus hautes distinctions du pays. Or ce journaliste est connu pour ses écrits racistes et antisémites. Indignées, plusieurs personnalités ont rendu leur propre décoration et la liste ne fait que s’allonger…

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Ils sont plus d’une centaine à avoir retourné leur décoration au président de la République, et le nombre augmente tous les jours.

Parmi ces personnalités, le cinéaste Benedek Fliegauf, primé à Locarno et à Berlin et le chef d’orchestre Adam Fischer, qui a dirigé les plus grands orchestres du monde entier, mais aussi des philosophes et des mathématiciens de renom, des doyens d’universités, des anciens dissidents… Tous se disent choqués.

Ils rendent leur Croix de l’ordre du mérite, qui ressemble un peu à la Légion d’honneur française, parce qu’ils ne veulent pas être assimilés au controversé Zsolt Bayer.

Qui est Zsolt Bayer, le journaliste récompensé ?

Zsolt Bayer, 53 ans, est un éditorialiste connu depuis plus de 20 ans pour sa rhétorique raciste.

Des plaintes ont été déposées, mais il n’a jamais été sanctionné par la justice. Il faut dire que Zsolt Bayer n’est pas n’importe qui. Vieil ami de Viktor Orban, il est l’un des fondateurs de son parti. Il a longtemps écrit dans le Magyar Nemzet, le quotidien ultra conservateur du parti au pouvoir.

Aujourd’hui, il intervient dans des médias de tendance d’extrême-droite, qui font partie de l’empire médiatique fondé par Viktor Orban.

Zsolt Bayer a une fonction : attirer les électeurs d’extrême-droite vers le parti d’Orban. Et grâce à son discours de haine, de retenir les électeurs de droite qui pourraient être tentés d’aller vers l’extrême droite.

RFI

Contrairement à ce qu’elle affirme, Caroline Fourest avait bien menti face à Aymeric Caron

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Mais faites votre boulot correctement, les journalistes! Non, Fourest ne disait pas vrai à ONPC et la justice ne vient pas de lui donner raison.

La justice vient, pour une raison technique, d’annuler la procédure qui avait, dans un premier temps, mené à la condamnation de Fourest pour diffamation à l’égard d’une jeune fille voilée qui avait été agressée. La justice vient donc de se prononcer, plus d’un an après le passage de l’essayiste dans le fauteuil d’ONPC. Or que nous disait-elle exactement ce soir-là? Piqûre de rappel:

«- Est-ce que oui ou non vous avez été condamnée pour diffamation pour une chronique sur France Culture?
-Aymeric Caron j’ai gagné mon procès et ce que vous venez de dire est totalement inexact. Non je n’ai jamais été condamnée pour diffamation, j’ai gagné mon procès.
-Comment se fait-il, si vous avez gagné le procès, que toute la presse à ce moment-là a dit que vous l’aviez perdu ?
-Parce que la presse n’a pas corrigé ensuite quand j’ai gagné »

La justice, en se prononçant cette semaine sur un aspect procédural du dossier, vient donc de confirmer que Fourest mentait bien ce soir-là sur le plateau d’ONPC: elle n’avait rien gagné du tout. Or elle allait même jusqu’à se plaindre que « la presse n’ait pas corrigé quand elle avait gagné en appel ».

La chance qui permet à son avocat de s’appuyer sur un aspect technique (un délai de prescription dans le renvoi d’un document par la poste) pour finalement faire annuler la condamnation n’efface rien au mensonge originel.

Journalistes, faites votre boulot!

Aymeric Caron

Marianne collabore avec Robert Redeker, un proche des mouvements d’extrême droite

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Atlantico publie un article raciste de Benoît Rayski en toute tranquillité

L’écrivain Benoît Rayski, collaborateur du site Atlantico et plusieurs fois épinglé pour des propos discriminatoires vient de publier un article d’un racisme époustouflant, où il attaque la militante anti-racisme Sihame Assbague suite à l’ouverture du “camp d’été décolonial” à Reims.

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« Moi parler petit nègre. Pour expier d’avoir stigmatisé les Noirs avec « Y a bon banania ». Voici comment Benoît Rayski, collaborateur du pureplayer Atlantico, introduit « glorieusement » un non moins glorieux article publié jeudi 25 août: « Moi, méchant Blanc, demander pardon à pauvre Noir souffrant ». 

Suite au débat sur l’ouverture d’un « camp d’été décolonial » à Reims (un camp d’été de réflexion sur le racisme d’Etat) et non-mixte (l’entrée est refusée aux personnes non-victimes de ce racisme, « c’est à dire les blancs »). Benoît Rayski, présenté par le site comme « historien, écrivain et journaliste », a cru bon d’éclairer les lecteurs d’Atlantico de sa réflexion sur le sujet.

S’en suivent une quarantaine de lignes où il réhabilite en toute décontraction le style Tintin au CongoUn style qui vient fleurir une opinion non moins rétrograde où racisme et colonialisme sont librement assumés. À tel point qu’on pourrait croire à du second degré. Mais non.

Benoît Rayski attaque personnellement Sihame Assbague, la co-organisatrice de l’événement et militante anti-raciste:

Sihame Assbague vouloir développement séparé des races : en Afrique du Sud on appelait ça apartheid… Moi être pour. Moi aimer. Sihame Assbague pas vouloir de moi ? Mais moi pas vouloir, mais pas du tout, d’elle. (…) Car moi pas vouloir être mélangé à des milliers de Sihame Assbague qui crachent sur moi. Moi être heureux dans mon jardin. À me prélasser dans mon hamac. Moi fumer cigare. Moi lire Tintin au Congo. Moi rêver d’être dans un palanquin porté par des Noirs. Moi peut-être avoir eu un ancêtre négrier. Mais moi pas vouloir le renier ou demander pardon. Moi être fautif quand même d’avoir colonisé l’Afrique. Mais moi y’en avoir marre de baisser la tête pour ça. Moi avoir quitté l’Afrique. Et Sihame Assbague être venue chez moi. Moi vouloir être libre. Libre de Sihame Assbague. Libre de Christiane Taubira. Libre du CRAN.”

Après être restés bouche bée vingt bonnes minutes devant la décomplexions de Benoît Rayski  (lui-même se revendique « islamophobe décomplexé »), on a quand même voulu en savoir plus.

Benoît Rayski n’en est pas à son coup d’essai

Si aucune information ne vient corroborer la qualité d’ »historien » mise en avant par Atlantico, Benoît Rayski est en tous cas écrivain. Auteur de nombreux livres comme Le gauchisme, maladie sénile du communisme, ou L’Enfant juif et l’enfant ukrainien, critique de l’amalgame entre nazisme et stalinismeIl collabore également au site, classé à l’extrême-droite, créé par Robert Ménard Boulevard Voltaire et au magazine Causeur.

Déjà épinglé à de nombreuses reprises pour ses propos racistes, il avait notamment utilisé en octobre 2015 la réédition de Mein Kampf pour publier un article, toujours sur Atlantico, arguant que le pamphlet d’Adolf Hitler était “depuis des années un best-seller dans le monde arabe-musulman”.

Pourquoi Atlantico et Causeur laissent-ils passer ça ?

Une tendance destiné à attirer un lectorat de plus en plus à droite mais qui donne lieu à de nombreux dérapages, dont on ne sait plus s’ils en sont vraiment.

À tel point que leurs collaborateurs commencent à faire défection. L’historien Nicolas Lebourg refuse désormais d’accorder des interviews à Atlantico depuis la publication d’une tribune signée par Benoît Rayski himself, qu’il qualifie « d’effroyablement raciste »

Les Inrocks

Un imam publie une photo de chrétiennes voilées à la plage et sa page Facebook a été bloquée

L’imam de Florence a diffusé une photo de religieuses voilées à la mer, pour montrer que « les racines chrétiennes sont aussi faites de personnes qui se couvrent ».

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Un imam italien – qui a posté vendredi sur son profil Facebook la photo d’un groupe de religieuses en habit et voilées sur une plage – a essuyé une vague de critiques et vu sa page bloquée pendant quelques heures par ce réseau social. En plein cœur de la polémique en France sur le port du burkini qui a gagné l’Italie, Izzedin Ezir, imam de Florence, a diffusé, sans y ajouter de commentaires, la photo de huit religieuses voilées jouant dans les vagues sur une plage. La photo, partagée plus de 2 000 fois, a été inondée de commentaires avant que la page de profil de l’imam ne soit provisoirement bloquée par Facebook, interpellé par des internautes.

En mettant cette photo des religieuses voilées à la mer, l’imam de Florence (qui a retrouvé peu après l’accès à son compte) dit avoir voulu « répondre à ceux qui disent que nos valeurs occidentales sont différentes dans la manière de s’habiller et de se couvrir le corps ». « J’ai voulu dire qu’une partie des valeurs occidentales vient du christianisme […] et qu’on voit que les racines chrétiennes sont aussi faites de personnes qui se couvrent quasi totalement », a poursuivi Izzedin Elzir, interrogé par la chaîne de télévision Sky Tg24.

L’imam, qui est aussi le président de l’Union des communautés islamiques d’Italie (UCOII), dit avoir posté cette photo des religieuses à la plage pour créer un « débat positif » et avoir reçu des messages de remerciement de « très nombreux chrétiens ».

Après les polémiques en France sur le port du burkini, le ministre italien de l’Intérieur avait jugé inadéquate, voire dangereuse, toute mesure d’interdiction de cette tenue couvrant le corps et la tête portée par certaines musulmanes sur les plages.

Le Point

A la télé, non au burkini, oui aux prières de rue

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« FERVEUR POUR L’ASSOMPTION », titre BFMTV. « Une journée du 15 août placée sous le signe du recueillement pour les catholiques, indique le présentateur. A Paris, la procession est en train de s’achever. » « Après une marche de près de deux heures », précise l’envoyé spécial. A l’image, des prêtres parés de leurs vêtements sacerdotaux, dont l’un enfume les passants avec un encensoir, occupent l’espace public pour réciter leurs prières de rue.

Je m’attends à ce que le présentateur, Alain Marshall, reproche cette entorse à la laïcité à son invité, monseigneur Dubost, évêque d’Evry. Mais il fait preuve d’une grande tolérance, et même d’œcuménisme. « On parle beaucoup de l’islam ces temps-ci, on a vu ce qui s’était passé en Corse. Comment vous l’analysez ? Il y a une crispation communautaire aujourd’hui entre les Français catholiques et la religion musulmane ? » En revanche, opposer les « Français catholiques » à la « religion musulmane » n‘est pas du tout le signe d’une vision communautariste ni d’une crispation de la part de BFMTV. Le présentateur s’étonne : « Comment se fait-il qu’on en arrive à parler d’identité en la reliant à la religion ? » Pourtant, BFMTV a tout fait pour l’éviter. « Que pensez-vous de ces maires qui interdisent le burkini ? » Ne devraient-ils pas aussi interdire le port de la soutane sur les plages ?

Alain Marshall questionne encore : « Est-ce que vous dites “attention” à celles et ceux qui auraient l’intention de nous braquer les uns contre les autres ? Et je ne parle pas des terroristes, je parle des salafistes, on en parle beaucoup aujourd’hui dans ce pays. » « On en parle beaucoup », « on en arrive à parler »… Mais qui est ce « on » qui dicte son actualité à BFMTV ? « Est-ce que le mot “salafisme” vous inquiète aujourd’hui dans le pays ? » Ne faudrait-il pas interdire son emploi, comme le port du burkini ?

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Espagne, Italie, USA.. l’interdiction du Burkini vivement critiquée par les médias étrangers

Burkini : la presse étrangère affligée

« Stupide et sexiste », « fanatisme idiot »… La presse anglo-saxonne, qu’elle soit progressiste ou conservatrice, se moque de la polémique française.

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D’autres pays européens se posent également la question. Ainsi, le quotidien El Pais affichait sur sa « une » mardi 16 août : « La polémique du burkini arrive sur les plages espagnoles ».

D’après lui, « la récente interdiction du burkini sur les plages françaises de Cannes et Sisco a rouvert le débat sur le port du voile dans les lieux publics ».

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Une trentaine de municipalités catalanes ont interdit la burqa

Le quotidien explique qu’en Espagne, une trentaine de municipalités catalanes ont voté depuis 2010 l’interdiction du port de la burqa dans les établissements publics. Mais en 2013, la Cour suprême a estimé que les municipalités n’étaient pas compétentes pour restreindre un droit aussi fondamental que la liberté religieuse.

Sur le site d’El Pais, la journaliste et écrivaine Berna Gonzalez Harbour s’en prend aux arguments des maires français qui ont interdit le port de ce vêtement. « Si c’est un problème d’hygiène, comme le justifie si bien le maire (de Villeneuve-Loubet), il faudrait peut-être alors réfléchir à l’interdiction des maillots, des lunettes de plongée et des combinaisons thermiques pour les frileux », ironise-t-elle.

L’écrivaine revient ensuite sur les différents attentats qui ont touché la France. Mais selon elle, « l’inquiétude de la population et les précautions prises par les autorités sont des réactions compréhensibles. Mais de la précaution et des ressources nécessaires à la lutte antiterroriste, à l’intolérance irrationnelle, il y a un pas que la France ne doit pas franchir. »

« Je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée »

En Italie, la Nuova di Venezia revient également sur le sujet. Pour le quotidien local, les édiles de la côte vénitienne, à l’est du pays, « ne semblent pas particulièrement troublés » par le port du burkini sur leurs plages. « Aucun n’a ainsi prévu de prendre des arrêtés », poursuit la Nuova di Venezia.

Interrogé, le maire de Jesolo, Valerio Zoggia, n’estime pas nécessaire d’intervenir sur la question. « Il n’y a pas eu encore de problème, selon lui. Je me soucie de la question de la sécurité dans son ensemble, mais je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée. »

Plus au nord de l’Europe, certains médias anglo-saxons n’hésitent pas à se moquer de la polémique. Le Guardian dresse ainsi « cinq raisons de porter un burkini – et pas seulement pour embêter les Français ».

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« Une attaque islamophobe contre les musulmans »

De son côté, la BBC prévient avec ironie que les autorités françaises « devront distinguer les nageurs en burkini et ceux en combinaison de plongée ».

La chaîne britannique a également demandé à des femmes de confession musulmane ce qu’elles pensaient de l’interdiction du port du burkini sur certaines plages françaises. Pour Aysha Ziauddin, de Norfolk, à l’est de l’Angleterre, ces arrêtés municipaux « sont une attaque islamophobe contre les musulmans ». « Le burkini me donne la liberté de nager et d’aller à la plage sans avoir l’impression de compromettre mes croyances », poursuit-elle.

Le Telegraph se montre également très virulent contre ces arrêtés municipaux. Pour le quotidien conservateur : « Les vrais ennemis de la liberté ne sont pas les femmes qui portent des burkinis, mais les politiques qui veulent les interdire.»

« Comme un régime théocratique, l’interdiction du burkini à Cannes oblige les femmes musulmanes à choisir entre leur religion et leur identité nationale, et suggère pernicieusement que leur choix du vêtement est une déclaration politique, que ce soit le cas ou non. »
« La France désigne la dernière menace pour sa sécurité : le burkini »

Enfin, la polémique sur le burkini a même traversé l’Atlantique. Dans son édition internationale, samedi, le New York Times affichait en « une » : « La France désigne la dernière menace pour sa sécurité : le burkini. »

Pour le quotidien américain, cette interdiction « peut parfois sembler étrange pour les étrangers ». Ainsi « aux Jeux olympiques de Rio, plusieurs femmes musulmanes ont participé à des épreuves avec des vêtements qui couvrent leurs cheveux et leur cou. Des maillots de bain couvrant le visage, portés par des baigneurs inquiets d’une exposition trop forte au soleil, ont également été repérés en Chine et dans d’autres endroits.

Le Monde

Une pétition demande à Google de placer à nouveau la Palestine sur Google Maps

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Si vous tapez le mot Palestine dans Google, vous tombez sur la zone qui correspond à son territoire, mais aucun nom n’est indiqué sur la carte.

Sur Change.org les pétitionnaires accusent Google de prendre parti dans le conflit, de ne pas reconnaître l’Etat palestinien alors que l’Etat d’Israël, lui, est marqué en toutes lettres sur le service de cartographie Google Maps.

Signer la pétition

France Inter

Twitter suspend un compte pour avoir dénoncé un identitaire qui pose avec du Zyklon B

President of French far-right Front National (FN) party Marine Le Pen listens a journalist's question during a press conference, on April 2, 2013 in Paris.  AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Quand un antisémite raciste, islamophobe, nationaliste et pétainiste pris la main dans le sac demande à Twitter France de supprimer le compte qui a publié une photo qui le compromet, l’entreprise s’exécute fissa, sans se demander si elle n’est pas en train de servir les néonazis.

Elle a donc suspendu le compte de @Cabinet_Noir (24.400 abonnés) qui avait, selon elle, violé les conditions d’utilisation de Twitter. Selon ce dernier, la suspension faisait suite à un signalement. @Cabinet_noir avait en effet eu la « malveillance » de produire une photo compromettante de l’intéressé (ci-contre) posant complaisamment devant une bonbonne de gaz rebaptisée « Zyklon B », le gaz qui servait à assassiner industriellement les Juifs dans les camps d’extermination, femmes, bébés, grand-mères, enfants, ados, hommes, grand-pères.

Alors que la photo circule depuis un moment sur le réseau, Twitter n’a pas laissé le choix à Cabinet Noir (de gauche démocrate) : il devait supprimer le twit « incriminé » ou perdre tout accès à son compte. Sans plus d’explication.

Ceci montre qu’il est plus que temps que le législateur impose sa vision de la loi aux réseaux sociaux qui ont trop longtemps bénéficié du droit privé. Ils sont bel et bien devenus des espaces d’expression publics, qui remplacent sans vergogne nos droits fondamentaux par leurs propres conditions générales, comme Facebook qui censure la moindre portion de chair mais laisse courir les vidéos les plus violentes, voire (pro)terroristes.

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Insultes, pressions, menaces… les mairies FN en guerre avec les quotidiens locaux

Cherbourg le 07 avril 2014. Collage contre la venue de Marine Le Pen.

Entre le Front national et la presse, les relations n’ont jamais été au beau fixe. Mécontent de son traitement médiatique, le parti d’extrême droite crie régulièrement à la persécution et ne manque pas une occasion de s’en prendre aux «journalistes militants». Et ces mauvais rapports ne concernent pas que la direction du parti : ils se prolongent dans certaines communes conquises par le FN en mars 2014, et dont les maires sont à couteaux tirés avec la presse locale.

Ces derniers temps, c’est en vain que les lecteurs du quotidien Var-Matin y cherchent les annonces d’état civil concernant la ville de Fréjus : «Par décision de la municipalité FN, ces informations ne nous sont désormais plus communiquées» , a annoncé le journal. Cette hostilité et cette stratégie de la tension sont assumées par le maire, David Rachline, mais aussi par d’autres édiles frontistes. Et les bulletins municipaux se transforment en instruments de combat contre les «médias du système».

Fréjus : «parole confisquée»

Entre David Rachline et Var-Matin, les choses n’avaient pourtant pas si mal commencé. «On n’avait pas encore vu le FN à l’œuvre, alors j’avais demandé à mon journal de ne pas tomber dans la caricature et de traiter ce parti comme les autres , raconte le journaliste Eric Farel, qui couvre l’actualité fréjussienne depuis 2013. Même après son élection, nous avons conservé des relations courtoises.» Mais, vexée du traitement de plusieurs actualités locales, la municipalité a coupé les ponts et Rachline tape avec volupté sur le quotidien. Plusieurs communiqués de la mairie accusent celui-ci de pratiquer un «journalisme aux relents de totalitarisme»,ou encore de relayer la «propagande immigrationniste».

«Il y a toujours eu des problèmes avec certains maires, mais en quarante ans de métier, je n’ai jamais vu cela, poursuit Eric Farel. Sur les réseaux sociaux, nous sommes régulièrement pris à partie par les sympathisants de Rachline, parfois relayés par des élus. Au conseil municipal, nous n’avons plus accès à la table de presse et devons suivre les débats depuis le public. Les élus et les chefs de service ont reçu la consigne de ne plus communiquer avec nous, même si certains le font quand même.» Sur les réseaux sociaux, le maire s’est récemment vanté d’avoir «retourné à l’envoyeur»une palette d’exemplaires du Guide de l’été produit par Var-Matin, adressé à l’office de tourisme de Fréjus et coupable de ne pas assez mentionner la programmation estivale de la ville.

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#AttentatNice : The Sun trouve inapproprié qu’une présentatrice voilée soit devant la caméra

Le tabloïde britannique The Sun s’est interrogé sur la présence à l’écran d’une présentatrice portant un hijab pour parler de l’attentat de Nice sur Channel 4.

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Dans un article accompagné d’un tweet, le journaliste de l’édition Kelvin MacKenzie a demandé aux lecteurs s’ils trouvaient approprié « qu’une femme voilée soit devant la caméra alors qu’un autre massacre était commis par un musulman« . Selon lui, un tel choix revient à « confier la couverture du conflit israélo-palestinien à un juif orthodoxe ».

Les propos du journaliste ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, dont de nombreux utilisateurs les ont qualifiés d' »honteux », « haineux » ou « xénophobes ». Face à l’indignation des internautes, The Sun a finalement supprimé le tweet promouvant l’article controversé.

La présentatrice voilée s’appelle Fatima Manji. Elle travaille pour Channel 4 depuis quatre ans et apparaît régulièrement lors des bulletins d’information.

La chaîne d’information a de son côté réagi en estimant que les propos de Kevin MacKenzie « relevaient de l’incitation à la haine religieuse ».

Sputnik News

Mort d’Adam Traoré: 22 secondes sur TF1/dans le 20h de France 2, l’information n’existe pas

Adama traoré

En regardant les JT hier soir, j’ai crû rêver. Alors j’ai repassé en replay pour être sûre de ce que j’avais entendu et vu, et de ce que je n’avais ni vu ni entendu. Et non, je n’avais pas rêvé. Sur la presse web, sur Twitter, sur Periscope, sur les chaînes d’information aussi, toute la journée de mercredi, cette information était l’une des plus traitées, si ce n’est la plus traitée : la mort d’Adama Traoré.

Ce jeune homme noir de 24 ans originaire de Beaumont-sur-Oise, dans le Val d’Oise, est décédé mardi soir, dans des circonstances encore très troubles, après une interpellation par les gendarmes de Persan, une commune voisine. Selon le procureur de la République, Yves Jannier, Adama Traoré a été arrêté après être “allé au contact” des gendarmes qui procédaient à l’arrestation de son grand frère Baguy Traoré dans le cadre d’une affaire “d’extorsion de fonds et d’agression à domicile”. Pourtant dans les éditions de 20h des deux grands JT de TF1 et de France 2, soit le sujet n’a purement et simplement pas existé, soit il s’est transformé en une banale brève de faits divers. Circulez, y a rien à voir.

Lorsque je me branche sur TF1, j’espère et je m’attends à un traitement journalistique conséquent. D’abord, parce que la veille, après l’annonce du décès d’Adama Traoré, des échauffourées ont éclaté à Beaumont-sur-Oise. Les images de voitures qui brûlent, la télé adore ça. Ca n’a pas raté : ce sont ces images, amateurs, que TF1 a choisir de montrer.

Puis, parce que ce mercredi, les amis et proches d’Adama, une trentaine de personnes environ, se sont rendus à la mairie de Beaumont-sur-Oise où une conférence de presse du préfet devait avoir lieu. Ils souhaitaient avoir des explications sur la mort de leur camarade et surtout avoir une réponse à une question : où se trouve le corps d’Adama Traoré qui, au moment où j’écris ces lignes, n’a toujours pas été remis à la famille? La conférence de presse du préfet n’a pas eu lieu, le représentant de l’Etat n’étant jamais venu, mais les proches d’Adama en ont profité pour prendre la parole devant la presse. Des propos forts ont été tenus, relayés sur Twitter.

Puis le groupe s’est rendu devant la gendarmerie de Persan. Ils y ont organisé un sit-in scandant “Justice pour Adama et improvisé un rassemblement avant d’être chargés et aspergés de gaz lacrymogène par les gendarmes. Pour toutes ces raisons, je me dis que TF1 va sûrement consacrer un sujet. Début du JT. Longue page sur les conséquences de l’attentat de Nice et l’enquête. Il est 20h13. Toujours rien. Sujet sur un traitement contre la sclérose en plaques. 20h19. Sujet de 2 minutes 13 sur ces métiers difficiles d’exercer quand il fait chaud. C’est sûr, il n’y aura donc rien sur la mort du jeune homme, que ça ne peut pas arriver après un sujet sur la canicule. Et bien si.

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« Agression à cause d’une tenue légère» : Un Hoax de TF1 #HautesAlpes

« Agression vestimentaire » ou emballement médiatique, nouvel épisode. Après l’affaire de l’agression de la jupe (qui n’y était pour rien) ou celle du bikini de Reims (présentée à tort comme une agression à caractère religieux), une autre agression, beaucoup plus violente cette fois, et commise par « un homme d’origine maghrébine », a une fois encore été présentée un peu vite par TF1 comme ayant un lien avec la tenue des victimes. Quelques heures après le « scoop » du JT de 13 heures de la première chaîne, et de nombreuses récupérations politiques, le procureur de la République de Gap a en effet démenti la rumeur d’un quelconque motif lié aux vêtements.

Cette fois, c’est le JT de 13 heures de TF1. Dans son édition du 19 juillet 2016, on apprenait qu’une « mère et ses 3 filles » avaient été « agressées à coups de couteau pour leur tenue légère« , « mardi matin vers 10 heures dans un centre de vacances VVF situé à Garde-Colombe, dans les Hautes-Alpes« . Le pronostic vital de la plus jeune des fillettes, âgée de 8 ans, est engagé. En plateau, le « spécialiste police de TF1« , explique que « c’est bien la tenue, jugée trop légère aux yeux de l’agresseur » qui est « semble-t-il, le mobile de l’agression« . Cet « homme de 37 ans, d’origine maghrébine » et « non connu des services de renseignement », aurait ainsi reproché aux quatre victimes « ces vêtements indécents à ses yeux. C’est pour ça que les enquêteurs s’intéressent à un motif religieux. »

Sa source ? Mystère. Sur le site de TF1, ce sont « les enquêteurs » qui auraient avancé cette hypothèse. Dans les médias étrangers, qui reprennent une dépêche de l’agence AP, un certain Jean-Marc Duprat, premier adjoint à la mairie de la ville voisine de Laragne-Monteglin est cité concernant le motif : « Duprat a dit que le suspect, qui n’est pas un membre de la famille des victimes, était énervé par le fait qu’elles portaient des shorts et des t-shirts« .

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