Propos racistes et complotistes: les Eagles of Death Metal refoulés du concert de Sting au Bataclan

La direction du Bataclan a refoulé des membres des Eagles of Death Metal samedi soir, reprochant au leader du groupe ses sorties dans certains médias.

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La direction du Bataclan a interdit samedi à deux membres des Eagles of Death Metal, le groupe américain qui y jouait lors de l’attentat du 13 novembre 2015, d’entrer dans la salle où se produisait Sting en raison des déclarations polémiques de son chanteur, a indiqué à l’AFP le codirecteur. « Ils sont venus, je les ai virés, il y a des choses qu’on ne pardonne pas », a déclaré Jules Frutos après le concert de Sting qui marquait la réouverture de la salle parisienne un an après l’attentat qui a fait 90 morts.

Le chanteur des EODM, Jesse Hughes, l’un des deux membres refoulés samedi soir, avait estimé en mars dernier, dans une interview à une chaîne américaine, que l’attaque du 13 novembre avait été préparée de l’intérieur de la salle et exprimé des soupçons à l’encontre des vigiles. Les deux musiciens et leur manager sont venus à Paris pour assister dimanche aux commémorations du premier anniversaire de l’attentat à l’invitation des associations de victimes.

Des sorties polémiques dans la presse

« (Jesse Hughes) s’est permis des déclarations tous les deux mois incroyablement fausses. Un délire total, accusant la sécurité d’avoir été complice des terroristes… Enough. Zéro. Point », avait déjà déclaré en début de semaine Jules Frutos. Il avait écarté l’idée de programmer au Bataclan le groupe californien, qui après l’attentat avait émis le souhait d’être le premier à rejouer dans la salle.

Au printemps dernier, Jesse Hughes avait accordé une autre interview à Taki’s Magazine, une publication américaine aux prises de positions extrémistes. Il affirmait avoir « vu des musulmans faire la fête dans la rue pendant l’attaque, en temps réel », ajoutant : « Je me souviens d’eux en train de fixer mon pote. J’ai juste mis ça sur le compte de la jalousie des Arabes » à l’égard des Américains.

Face aux réactions indignées, il s’était excusé mais deux festivals français, Rock en Seine et Cabaret Vert, avaient néanmoins annulé les concerts du groupe prévus cet été. Depuis l’attentat, EODM a réjoué deux fois en France, une fois très brièvement à la fin d’un concert de U2 en décembre et la seconde fois en février pour un concert à l’Olympia en présence des survivants de l’attaque.

JDD

Attentats de Paris: des familles s’interrogent sur la non intervention des militaires au Bataclan

L’avocat de familles de victimes de l’assaut du Bataclan le 13 novembre dernier à Paris a déposé un recours pour savoir pourquoi huit soldats de l’opération Sentinelle présents sur les lieux ce soir-là n’étaient pas intervenus.

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Me Gérard Chemla a expliqué qu’il avait fait le mois dernier une demande d’acte devant le juge d’instruction, mais que le magistrat avait rejeté sa requête. « J’ai donc fait appel devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris », a-t-il dit à Reuters, confirmant une information BFM TV, qui a révélé l’information. Les familles veulent comprendre la « désorganisation générale » qui a fait que les forces de l’ordre – à l’exception d’une petite équipe de la Brigade anticriminalité (BAC) – ont mis trois heures pour intervenir, selon l’avocat. « Les soldats n’ont pas eu l’autorisation d’intervenir alors que des personnes agonisaient. Pourquoi des gens en armes ne sont pas intervenus ? ».

Un représentant des commissaires de police avait révélé en mars dernier devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats que des militaires de Sentinelle, présents près du Bataclan, avaient refusé d’intervenir comme le leur demandait un policier arrivé sur les lieux. Les soldats ont expliqué qu’ils n’avaient pas reçu l’ordre d’intervenir et l’un d’eux a même refusé de prêter son fusil d’assaut au policier, avait témoigné Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du syndicat des commissaires.
« Le détachement Sentinelle a dit : ‘Non, j’ai pas d’ordres pour bouger’. Alors il a dit : ‘Alors passe-moi ton Famas (fusil d’assaut, NDLR)’. L’autre évidemment, son arme il n’allait pas la lâcher », avait-il raconté. Postés devant la sortie de secours du Bataclan, où un commissaire de police avait réussi à tuer l’un des assaillants, les policiers de la BAC avaient essuyé des rafales de Kalachnikov. Pour Jean-Luc Taltavull, cet épisode démontrait qu’il fallait mieux définir les rôles en cas d’attaque terroriste.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait justifié en juin dernier devant la même commission d’enquête la passivité des militaires par le fait qu’ils n’avaient pas reçu d’ordre en ce sens du préfet de police. « Le prêt d’une arme est contraire à toutes les règles d’engagement. En outre (ces militaires) ne sont pas formés aux interventions en présence d’otages », avait-il ajouté.

Le Figaro

Contrairement à ce qu’elle affirme, Caroline Fourest avait bien menti face à Aymeric Caron

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Mais faites votre boulot correctement, les journalistes! Non, Fourest ne disait pas vrai à ONPC et la justice ne vient pas de lui donner raison.

La justice vient, pour une raison technique, d’annuler la procédure qui avait, dans un premier temps, mené à la condamnation de Fourest pour diffamation à l’égard d’une jeune fille voilée qui avait été agressée. La justice vient donc de se prononcer, plus d’un an après le passage de l’essayiste dans le fauteuil d’ONPC. Or que nous disait-elle exactement ce soir-là? Piqûre de rappel:

«- Est-ce que oui ou non vous avez été condamnée pour diffamation pour une chronique sur France Culture?
-Aymeric Caron j’ai gagné mon procès et ce que vous venez de dire est totalement inexact. Non je n’ai jamais été condamnée pour diffamation, j’ai gagné mon procès.
-Comment se fait-il, si vous avez gagné le procès, que toute la presse à ce moment-là a dit que vous l’aviez perdu ?
-Parce que la presse n’a pas corrigé ensuite quand j’ai gagné »

La justice, en se prononçant cette semaine sur un aspect procédural du dossier, vient donc de confirmer que Fourest mentait bien ce soir-là sur le plateau d’ONPC: elle n’avait rien gagné du tout. Or elle allait même jusqu’à se plaindre que « la presse n’ait pas corrigé quand elle avait gagné en appel ».

La chance qui permet à son avocat de s’appuyer sur un aspect technique (un délai de prescription dans le renvoi d’un document par la poste) pour finalement faire annuler la condamnation n’efface rien au mensonge originel.

Journalistes, faites votre boulot!

Aymeric Caron

Pendant le carnage du Bataclan, le GIGN était prés de la salle mais il n’est pas intervenu

Dans une lettre anonyme, des gendarmes reprochent au colonel Bonneau la non-intervention du GIGN au Bataclan le 13 novembre. La force d’élite avait en fait reçu l’ordre de rester en réserve dans l’éventualité d’autres attentats.

 

Un « chef incompétent », « pas à la hauteur », « incapable de fédérer les 380 militaires qu’il commande ». La charge est lourde. Elle vise nommément le colonel Hubert Bonneau, le patron du GIGN, le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. Dans un courrier que s’est procuré le Canard Enchaîné, des egendarmes anonymes l’attaquent sans concession sur sa gestion des attentats du 13 novembre.

Ce soir-là, la force d’élite de la gendarmerie n’est pas intervenue au Bataclan. Elle est restée stationnée à moins de deux kilomètres de la salle de spectacle. « Nous n’avons jamais connu pire commandement que l’actuel. Il ne fait preuve d’aucune initiative. On n’avait pas besoin d’attendre les ordres de Beauvau pour intervenir », écrivent-ils, se disant « scandalisés » et « traumatisés ».  

« Une discipline collective »

Au Bataclan, c’est la BRI qui est intervenue dès 22h20, épaulée par le Raid présent sur place à l’initiative de son patron, Jean-Michel Fauvergue. Les unités d’élite des forces de l’ordre se repartissent en effet géographiquement les théâtres d’opération: Paris correspond à la zone d’intervention de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), le Raid couvrant la banlieue et les zones urbaines de province et le GIGN les zones rurales.

Le 13 novembre, le colonel Hubert Bonneau est « mis en alerte à 22h26 » et reçoit de la direction des opérations et de d’emploi de la gendarmerie « l’ordre d’engagement » à 22h40. Les gendarmes du GIGN quittent leur base de Satory à Versailles et arrivent à Paris entre 23h20 et 23h40.

« J’ai reçu l’ordre de me rendre à la caserne des Célestins (siège de l’état-major de la garde républicaine à Paris, NDLR). Dans une configuration aussi confuse, une discipline collective s’impose. Aussi, j’attends des ordres précis sur mon engagement.

Lorsque j’arrive à la caserne des Célestins, je ne dispose d’aucune information », a expliqué le colonel Bonneau à la commission d’enquête parlementaire sur les attentats. Les ordres viennent du cabinet du ministre de l’Intérieur. Comme il l’explique aux députés, ce soir-là, il n’a réussi à joindre ni le patron de la BRI Christophe Molmy, ni le préfet de police de Paris, Michel Cadot.

L’Express

Sur 15 terroristes djihadistes ayant frappé la France, seuls 2 étaient binationaux et sont morts

Mohamed Merah Abdelhamid Abaaoud attentat juif 13 novembre terroristes bataclan militaires

Sur 15 terroristes djihadistes ayant frappé la France, seuls 2 étaient binationaux et sont morts, il s’agit de Mohamed Merah et d’Abdelhamid Abaaoud

Ceux qui ont commis ou fomenté des attaques terroristes sont de jeunes trentenaires. Dans leur grande majorité, ces hommes sont Français et nés en France, de parents immigrés. Certains ont eu un contexte familial instable ou compliqué : orphelins, les frères Kouachi ont par exemple été élevés dans un foyer de Corrèze. D’autres ont grandi dans des familles sans histoire. Tous ou presque semblent avoir eu une scolarité difficile, ou en tout cas courte, et des emplois peu qualifiés, quand ils en ont eu.

Ceux qui résidaient en France avaient la plupart du temps, à un moment donné, fait l’objet d’une fiche S (« sûreté de l’Etat »), mais pas forcément en raison de leur radicalisation. Les noms de plusieurs de ces individus figuraient sur des mandats d’arrêt internationaux ou sur les bases de données partagées par les polices de l’espace Schengen.

Si quelques-uns étaient connus pour leurs liens avec des mouvances salafistes et leur pratique rigoriste de l’islam, à l’instar de Yassin Salhi – l’auteur présumé de la décapitation de son employeur et d’une tentative d’attaque kamikaze contre une entreprise de l’Isère le 26 juin –, d’autres semblent s’être radicalisés récemment.

Pour nombre d’entre eux, un voyage à l’étranger, et notamment en Syrie, paraît avoir constitué un moment clé de ce processus. La moitié d’entre eux se sont, de façon certaine, rendus en Syrie ces dernières années. D’autres avaient passé du temps au Yémen, en Afghanistan ou au Pakistan.

Le Monde