Une poussée de la radicalisation chez Air France comme l’affirme Le « Canard Enchaîné »? Non pas vraiment

Le « Canard Enchaîné » fait état de plusieurs incidents en lien avec la montée de l’ »islamisme radical » au sein d’Air France. La compagnie aérienne nie en bloc. Qu’en est-il vraiment ?

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Des moteurs volontairement sabotés, des tags « Allah akbar » sur les trappes de remplissage de kérosène… D’après le Canard Enchaîné, les incidents dus à la montée de l’islamisme radical au sein d’Air France se multiplient ces derniers mois. Des informations particulièrement alarmantes, qui posent notamment question sur la sécurité garantie par la compagnie. « Il s’agit de rumeurs infondées ou d’événements sortis de leur contexte« , réfute pourtant Air France dans un communiqué, mercredi. Qui a raison, qui a tort ? Le constat est plus complexe qu’il n’y paraît.

  • Plusieurs tags « Allah Akbar » ? Oui, mais…

Dans son édition de mercredi, le journal fait état d’une quarantaine d’avions d’Air France bombés de l’inscription « Allah Akbar ». Selon les informations d’Europe 1, ce seraient sept et non quarante inscriptions qui auraient été découvertes sur les trappes des appareils de la compagnie aérienne. Tous en provenance de Casablanca. En juillet 2015, un tel graffiti avait d’ailleurs été retrouvé lors d’un ravitaillement au Maroc, sur l’aile droite d’un Airbus, juste à côté de l’ouverture pour le kérosène. En cela, le cas d’Air France n’est pas isolé : cinq de ces inscriptions ont été observées sur les avions d’EasyJet depuis fin 2015, dont une en février dernier. Autre précision : parmi les tags repérés chez Air France, d’autres inscriptions pouvaient également être lues, comme « je t’aime » ou encore « D’Artagnan ».

En août 2015, c’est le système Géovision, géré par des sous-traitants d’Air France et permettant aux passagers de suivre le trajet de leur avion en direct sur une carte, qui avait été piraté. Sur le vol Los Angeles-Tel-Aviv via Paris, le nom d’Israël avait ainsi été remplacé par « Palestine », et non « Bande de Gaza », comme l’affirme Le Canard Enchaîné. L’enquête menée par la GTA (Gendarmerie du transport aérien) n’a pas permis d’identifier l’auteur de cette « intervention malveillante », et aucun lien n’a pu être fait avec l' »islamisme radical ». Par ailleurs, aucune source n’a entendu parler d’un autre piratage supposé, qui aurait, selon le journal, remplacé le Maroc par « Khalifa ».

  • Des « moteurs relais » sabotés ? Un parallèle non avéré

Le Canard Enchaîné fait également cas de plusieurs « avaries » du « moteur relais, censé contrôler les réacteurs depuis le cockpit ». Après enquête des services de renseignement, un suspect aurait ainsi été identifié. Employé d’Air France, il s’agirait d’un Français converti, qui aurait fui vers le Yémen « dès qu’il s’est senti surveillé ». Air France, qui nie les troubles constatés, explique en fait que l’homme a été licencié suite à une absence de longue date injustifiée. Ceci dit, celui-ci a bien été localisé au Yémen après les faits.

  • Un agent refuse de guider un avion piloté par une femme ? Une « légende urbaine »

Le quotidien évoque enfin l’histoire d’un agent de piste de Roissy, qui aurait « refusé de guider un avion d’Air France qui venait d’atterrir, au motif que le commandant de bord était une femme ». Mais du côté de la compagnie, on assure que du sol, l’agent n’a pas pu distinguer l’identité du pilote et qu’un tel agissement aurait été immédiatement signalé et sanctionné. Le préfet délégué à la sécurité n’a lui pas été averti de cet incident. Certains, dans son entourage, parlent même d’une « légende urbaine ».

  • 73 badges retirés ? Oui, mais…

Air France continue en tout cas de traquer tout signe de « radicalisation » chez ses agents. « La direction de la sûreté de la compagnie travaille pour cela en étroite collaboration avec les différentes autorités aéroportuaires et services de l’État », précise le groupe.

En 2015, plus de 4.000 casiers de personnels avaient été perquisitionnés. Plusieurs « signaux faibles » de radicalisation y avaient été retrouvés : corans annotés, tapis de prière – interdits sur les lieux de travail – mais aussi parfois des documents salafistes. Dix-neuf badges avaient été retirés et 54 employés s’étaient vus refuser leur premier badge, soit un total de 73 interdictions pour l’année 2015 – le Canard Enchaîné préférant la formule « ces derniers temps ». Un seul de ces retraits prononcé dans une société de sécurité, en juillet 2015, concernait un homme radicalisé… d’ultra-droite, voire néonazi.

À la fin de l’année, les dossiers des quelque 86.000 employés qui travaillent sur la plateforme aérienne à Roissy ont à nouveau été passés au crible. Résultat : 18 refus de délivrance et 6 retraits ont été actés en 2016. Parmi les agents travaillant pour des sociétés de sûreté, ciblés en priorité, aucun n’a été mis en cause.

Mardi, le tribunal administratif devait trancher entre Air France et deux de ses salariés, qui reprochaient à la compagnie de leur avoir retiré l’accès à des installations classées secret-défense sans raison valable. Le tribunal a finalement donné raison à l’un des deux, « le risque qu’il ferait courir à la sécurité des installations aéroportuaires ou à la sûreté de l’État » n’étant pas établi.

Europe 1

Bernard de La Villardière «agressé par des salafistes» à Sevran : une autre vidéo de l’altercation

Il est 16h30 ce dimanche à Sevran lorsque nous retrouvons Ousmane à la cité des «Radars». Comme souvent, lui et ses amis discutent, fument, ou jouent à la PlayStation dans un local situé juste devant la mosquée de la cité. C’est aussi à cet endroit qu’est venu tourner le journaliste Bernard de La Villardière pour l’émission Dossier Tabou diffusée mercredi 28 septembre sur M6.

Quelques jours après, cette bande d’amis parle encore de cette enquête intitulée «L’islam en France: la République en échec». À l’exception d’Ousmane, les personnes rencontrées ne souhaitent pas donner leur identité. Ils veulent se faire appeler Mehdi, Bertrand, Manolito et Vinks. Leur nom de famille? «”De la ville de Sevran”, parce que c’est mieux que de La Villardière». Ils ressassent les images de l’équipe de tournage agressée,largement relayées avant et après la diffusion du reportage.

Dans son émission, l’animateur souhaite interviewer l’imam controversé Dhaou Meskine, le propriétaire du lieu de culte surnommé «la mosquée de Daech», depuis que plusieurs jeunes l’ayant fréquentée sont partis combattre en Syrie.

L’altercation débute lorsqu’un des trentenaires met sa main devant une caméra. Ils réclament d’être salués. «Je ne peux pas dire bonjour, je suis en train de parler», répond l’un des caméraman.

«Je fais ce que je veux, je suis dans mon pays»

«Hey, toi arrête de filmer, trou du cul», dit Bertrand pendant qu’un autre insiste: «On veut dire bonjour». «On a dit bonjour, c’est bon tout va bien», rétorque La Villardière. C’est à ce moment que la situation s’envenime:

Bernard de La Villardière: – Vous nous laissez bosser, d’accord? Vous nous laissez bosser!

-Arrête de crier sur les gens.

– Partout où j’ai été dans le monde, on m’a laissé bosser.

– Et alors?

– Vous allez me laissez bosser? Alors! (…) Ça vous embête qu’on parle de cette mosquée? Ça vous gêne qu’on parle de cet endroit, ça vous gêne?

– À raconter de la merde, ouais ça nous gêne.

– Quelle merde? Ça te regarde? Je fais ce que je veux. Je suis dans mon pays, et j’ai le droit de faire ce que je veux, d’accord. (…) Arrête de me toucher, ok? Bon alors dégagez! Vous dégagez!

Bertrand ordonne alors aux journalistes de «se barrer» avant qu’il «éclate la caméra». Vinks demande à La Villardière «de ne pas leur manquer de respect» et de «ne pas (leur) parler comme à un chien». Il se montre beaucoup plus violent physiquement que les autres et donne un premier coup à l’épaule du présentateur puis un deuxième avant de l’attraper par la veste. Il tente de prendre une caméra et renonce finalement. Ses amis s’interposent et les journalistes quittent les lieux sous quelques menaces.

Ils expliquent aussi la raison de leur colère. «Venez, si vous ne manquez pas de respect, on vous accueille», dit Vinks à l’un des journalistes. L’auteur de la vidéo conclut: «L’approche elle est mauvaise (…) faut savoir s’exprimer mon ami dans la vie (…) tu n’as même pas fait un pas devant nous, tu es parti dans dans une allégation de merde. (…) La réalité elle est là messieurs. C’est tout. Passez une très bonne journée.»

«Salafistes et dealers de drogue… J’aurais préféré qu’il nous insulte de “connards”, au moins c’est ni suspect ni illégal.»

«Il a réagi comme un policier, à nous dire “dégagez”, et a été irrespectueux dès le début», se défend Vinks, 29 ans, qui raconte être un habitué des émissions du présentateur:

«Moi j’aimais beaucoup Bernard de La Villardière. Je regardais ses reportages le dimanche, je me disais que c’était un bon journaliste, un mec chaud qui n’a pas peur d’aller partout. Il me faisait voyager un peu. Aujourd’hui, je me dis que tout ce que j’ai vu a dû être bidonné, comme toute son émission sur l’islam.»

En plus des images de l’altercation, Ousmane et ses amis digèrent mal les deux qualificatifs («salafistes et dealers de drogue») utilisés pour les «discréditer».

«Aujourd’hui, la cité rigole en nous appelant comme ça, mais ça fait mal en réalité. Il nous a vus cinq minutes et décrète qu’on est soit salafistes, soit dealers. Comment il peut savoir ça?», interroge Ousmane. En réaction à cette affirmation, ces habitants que nous avons rencontrés (et qui ne représentent pas tous ceux de la vidéo) nous assurent «ne pas être musulmans pratiquants», ni dealers.

«J’aurais préféré qu’il nous insulte de “connards”»

Ousmane est par exemple livreur pour une grosse société de transport. On trouve aussi un chauffeur VTC pour Uber, un brancardier et un salarié de la Fnac. Manolito, 30 ans, regrette cette description:

«Ça fait mal d’entendre ça car il ne nous laisse aucune échappatoire. On est soit l’un, soit l’autre, mais dans tous les cas, aux yeux de la majorité des Français, on est hors-la-loi. J’aurais préféré qu’il nous insulte de “connards”, au moins c’est ni suspect ni illégal.»

«Moi j’ai une petite barbe, mais je ne suis pas musulman. J’avoue, c’est juste pour la mode que je la laisse pousser», renchérit Jérémy (qui a souhaité garder son anonymat), assurant «qu’ici, il y a toutes les confessions». «D’ailleurs, le seul barbu présent sur la vidéo [que nous avons flouté à sa demande NDLR] est celui qui tente de calmer le jeu et de nous séparer du présentateur», note-t-il.

Loin de regretter son acte, le groupe assure que «c’est le manque de respect du présentateur» qui a déclenché les hostilités. Pour le prouver, ils donnent l’exemple de la médiatisation de l’histoire de Quentin, un jeune habitant parti en Syrie.

«Beaucoup de journalistes sont venus filmer la mosquée, nous ont interrogés sur lui et il n’y a eu aucun problème. Pourquoi? Parce qu’ils étaient respectueux. Si Bernard de La Villardière nous avait salués, ou même s’il nous avait juste dit “je viens vous parler à la fin du tournage”, on l’aurait laissé tranquille», explique Vinks.

Quant à Bertrand, il conteste fermement avoir voulu s’en prendre au matériel de l’équipe. «Comme on le voit dans la vidéo, je dis au caméraman d’arrêter de filmer mon visage, mais il continue. C’est illégal. C’est là qu’on a un peu bousculé la caméra. Mais si on avait voulu les agresser ou voler les images, on ne les aurait pas raccompagnés en leur disant “passez une bonne journée”. Cela aurait été bien plus violent.»

«Le truc qui nous fait le plus mal, c’est la voix off des reportages.» 

Au-delà de cet incident, les jeunes hommes regroupés au pied de la mosquée s’interrogent sur le travail des journalistes en banlieue. «Pourquoi il n’y a pas de vrais reportages qui montrent aussi des choses positives?» demande Manolito: «On a le choix entre un reportage complètement caricatural de M6 sur l’islam où en plus, la plupart des personnes interviewées disent qu’elles se sont fait avoir, ou les enquêtes bidons de la TNT sur la police dans les banlieues. Vous croyez vraiment qu’il y a que ça ici?»

En plus d’eux, le maire de Sevran et une humoriste musulmane interrogés dans Dossier Tabou ont aussi contesté les méthodes du présentateur.

Le groupe dit avoir compris «comment les télés fonctionnent»:

«Les journalistes viennent et assurent qu’ils diront la vérité. Une fois que le reportage est diffusé, il y a toujours des montages pour nous faire passer pour des voyous. Et quand on demande pourquoi, les journalistes répondent que ce n’est pas de leur faute, mais que c’est à cause du rédac chef.»

Pour Ousmane, enfin, le «truc qui nous fait le plus mal, c’est la voix off des reportages». «Celle qui commente des images qui ne correspondent pas à la réalité», ou celle qui les dépeint comme voyous ou terroristes.

Journée portes ouvertes à la cité «parce qu’on sait accueillir»

Sur les problèmes plus généraux montrés par l’émission Dossier Tabou, ces habitants de Sevran —«une fabrique de djihadistes» selon le présentateur— contestent ce qui est dit. «Oui il y a sûrement des jeunes qui partent en Syrie, mais moi par exemple, je n’en connais aucun», assure Mehdi. Et d’ajouter:

«Il y a ce que le reportage montre et la réalité. À la télé, on a par exemple toujours l’impression d’être en guerre avec la police, alors que c’est faux. On n’en veut pas à tous les policiers et on parle même avec eux, ici. Mais ça, personne ne le saura. Les gens penseront que Sevran, comme les autres quartiers, c’est une zone de non-droit où personne ne peut venir.»

S’ils reconnaissent «que certaines cités sont très chaudes», ils assurent qu’au quartier Rougemeont dans lequel ils vivent, tout le monde peut circuler librement. «L’élément essentiel, c’est le respect. On n’a de problèmes avec personne, mais si les gens comme La Villardière ne veulent pas apprendre à nous connaître, alors qu’ils nous foutent la paix», dit Vinks.

Tous les sept ont demandé à être reçus par le maire de la ville, Stéphane Gatignon, pour évoquer cet incident. Ils prévoient aussi une «sorte de journée portes ouvertes dimanche 9 octobre à la cité pour montrer qu’on sait accueillir». Et lancent cette invitation:

«On voudrait bien s’expliquer face caméra avec Bernard de La Villardière pour qu’il assume ses responsabilités et qu’il voit qu’on peut dialoguer.»

Contactée, la chaîne M6 s’est contentée de nous féliciter «d’avoir pu retrouver ces jeunes», mais n’a pas répondu à nos questions. Le présentateur, actuellement au Japon, n’a pas donné suite.

En attendant cette éventuelle rencontre avec La Villardière, Ousmane et ses amis promettent de «ne plus regarder ses émissions». Et de préférer à M6 la chaîne Discovery Channel, «qui doit bidonner un peu, mais moins que les autres».

BuzzFeed

«Délire islamophobe», la publicité «nauséeuse» de l’éditeur de Zemmour

La publicité de mauvais goût de l’éditeur d’Eric Zemmour «Délire islamophobe».
L’ex-ministre et candidate à la primaire écolo Cécile Duflot a eu le «vertige» en découvrant la dernière publicité en date pour vanter l’ultime fournée d’Eric Zemmour.

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Pour vendre le talent de cet «ennemi public n°1», l’éditeur Albin Michel a en effet utilisé des extraits de critiques négatives (ou presque : celle attribuée à Libération est en réalité le titre d’une tribune parue sur notre site écrite par un médecin). Ce qui choque Duflot -et on le serait à moins-, c’est la présence de la critique «délire islamophobe» (attribué à l’Obs) devenant d’après elle «argument publicitaire».

Libe

#DossierTabou sur l’islam: L’Observatoire de la laïcité déplore le «sensationnalisme» du reportage

Le socialiste Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, a adressé jeudi un courrier à M6 et à Bernard de La Villardière…

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Dossier Tabou continue de faire réagir. Le premier numéro du nouveau magazine de M6, diffusé mercredi et intitulé « L’islam en France : La république en échec », n’est pas passé inaperçu.

De nombreux téléspectateurs ont été ulcérés par plusieurs séquences du reportage, dont une montrant une femme musulmane refusant de se faire soigner par un médecin homme dans un hôpital francilien et qui affirmait qu’elle « n’accepte pas » la laïcité. D’autres ont reproché à l’émission de Bernard de La Villardière de verser dans le sensationnalisme et de nourrir la stigmatisation dont font l’objet les musulmans.

C’est au tour de l’Observatoire de la laïcité de monter au créneau. Le socialiste Jean-Louis Bianco, président de cette instance chargée d’aider le gouvernement à faire respecter le principe de laïcité, a adressé jeudi un courrier à M6 et à Bernard de La Villardière.

« Le constat établi par l’Observatoire de la laïcité confirme la réalité, non depuis quelques années mais depuis plus d’une dizaine d’années, de replis communautaires et de provocations contre la République dans certaines zones périphériques et rurales, écrit-il. Pour autant, la généralisation des difficultés telle que présentée par ce reportage donne une vision déformée de la réalité. »

« Il est inexact d’affirmer qu’il y aurait, de la part d’agents publics, de « multiples arrangements » avec les lois de la République », dénonce-t-il, avant de souligner qu’« aucun recours n’a été intenté depuis la rentrée scolaire 2008-2009 contre l’interdiction du port de signes ou de tenues [religieux]. »

Jean-Louis Bianco souligne ensuite que « le chiffre avancé par le reportage de « 45 % d’habitants de la Seine-Saint-Denis » qui seraient de « confession musulmane » n’a aucune base scientifique », la loi française interdisant d’établir des statistiques religieuses.

Concernant la séquence de l’hôpital, il avance qu’« il ne s’agit pas de nier une réelle – mais peu courante – contestation des règles de droit. Mais en faire un phénomène général est infondé ».

« Je regrette tout traitement sensationnaliste de sujets aussi fondamentaux que la laïcité et la gestion des faits religieux. Notre responsabilité à tous est d’être pédagogues en rappelant quelles sont les libertés mais aussi quels sont les limites et interdits indépassable dans un cadre laïque », conclut le président de l’Observatoire de la laïcité.

Le Collectif contre l’islamophobie a publié jeudi une analyse sur « l’invariable échec des reportages « sans tabou » sur l’islam et les musulmans ». « Cette façon « d’enquêter » sur les/des musulmans, sur le mode de l’infiltration, en lien avec la radicalité et le terrorisme, problématise de fait le sujet étudié, faisant peser sur ses acteurs une suspicion permanente, sommés de s’expliquer, comme s’ils étaient mis en cause, par défaut », déplore notamment l’association.

20 Minutes

#DossierTabou : «Après Tintin au Congo, de La Villardière chez les Arabes»

Samia Orosemane a accepté de participer au premier numéro de Dossier Tabou, l’émission controversée de Bernard de la Villardière consacrée à l’islam et diffusée mercredi. Elle le regrette et explique pourquoi à L’Express.

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Le premier numéro de Dossier Tabou a rassemblé 2,4 millions de téléspectateurs mercredi soir. L’émission de Bernard de La Villardière sur « L’Islam en France: la République en échec » a suscité de nombreuses réactions. Dont celle de l’humoriste Samia Orosemane, qui avait pourtant accepté d’ouvrir sa porte aux caméras de M6. Elle explique à L’Express pourquoi elle le regrette.

Comment apparaissez-vous dans le film?

J’ai été filmée lors d’un déjeuner de famille, un dimanche, où Bernard de La Villardière s’est invité. Je ne devais recevoir que l’équipe technique. Mais quand j’ai ouvert la porte, il m’a dit qu’il s’était permis de venir car chez nous, ‘quand il y en a pour dix il y en a pour onze’.

Il a donc débarqué dans mon salon avec ses a priori et ses clichés sur les musulmans, il a demandé à l’une de mes soeurs si on ne lui mettait pas la pression pour qu’elle porte le voile. Je lui ai dit qu’on la frappait tous les jours mais qu’elle ne voulait pas comprendre. Je ne m’attendais pas à ce qu’au montage ce soit aussi glauque. J’ai le sentiment d’avoir été trahi.

Pourquoi avez-vous accepté de participer?

Ils m’ont dit qu’ils voulaient faire un portrait de moi, que le principe du documentaire était de décrire la pluralité de la communauté musulmane. Ca avait l’air sympa. Avec moi, ils voulaient montrer que l’on pouvait porter le voile et être humoriste. Etant donné que l’on dépeint souvent les femmes musulmanes comme soumises, j’ai trouvé que c’était positif, l’occasion de montrer le contraire, un autre son de cloche, quand les musulmans se plaignent de ne pas être bien présentés dans les médias.

Que reprochez-vous à ce documentaire?

Bernard de La Villardière écrit des scénarios à la Spielberg, avec des gros plans et des musiques angoissantes. J’ai regardé l’émission au second degré, mais je me demande ce qui s’est passé dans la tête de ceux qui l’ont pris au premier. Les gros plans de lui dans la mosquée en train d’écouter le prêche m’ont fait beaucoup rire. Après Tintin au Congo, de La Villardière chez les Arabes… Je suis capable d’écrire un spectacle entier sur mon expérience avec lui. Je pense à en faire une parodie, mais je n’arriverai jamais à dépasser l’original, à être aussi drôle que lui.

Quels moments vous ont le plus choquée?

Lorsque Bernard de La Villardière discute avec un aumônier en prison, qui ne sait pas bien parler français. L’homme explique qu’il vient dire aux jeunes qu’il ne faut pas faire de « bêtises ». Et là, Bernard de La Villardière lui répond: « Mais de quelles bêtises vous parlez? » L’aumônier répond « les attentats ». Et là il en profite pour lui lancer: « Mais ce ne sont pas des bêtises monsieur, c’est un crime ». Il joue sur la terminologie en faisant croire que l’aumônier minimise la gravité des attentats, alors que, simplement, il ne parle pas très bien le français. C’est honteux de faire ça.

« Vous me laissez faire mon travail! »

Et quand il se rend à l’heure de la prière devant l’Institut des cultures d’islam, dont l’un des étages est occupé par la Mosquée de Paris. Il intercepte tous les gens et leur demande s’ils sont là pour l’Institut des cultures d’islam, alors que c’est l’heure de la prière. Mais de quoi il parle? C’est l’heure de la prière, ils vont à la prière. Et son petit commentaire pour dire que Bertrand Delanoé a financé un lieu de culte en plein Paris…

Enfin, l’altercation avec les jeunes à Sevran, où il débarque avec sa caméra, se croyant tout permis. Les types lui expliquent qu’ils ne veulent pas être filmés. Et lui qui leur répond: « Non, mais vous me laissez faire mon travail ». C’est magnifique!

Vous dites que ce reportage ne profite qu’à ceux qui veulent diviser…

Ce documentaire est dangereux pour celui qui ne réfléchit pas et n’a jamais vu un musulman de sa vie. Si je n’avais pas été musulmane, après l’avoir vu, je voterais Front national! Je me demanderais ce que les musulmans viennent faire chez nous. « Il l’a dit le monsieur, à la télévision, il y a des sociétés secrètes, leur objectif est d’islamiser la France, on est plus chez nous ». Une femme le dit comme ça. J’étais morte de rire. C’est une partie de mon sketch, ça!

Il faut arrêter de dire que les musulmans veulent islamiser la France, on a déjà du mal à y pratiquer notre religion. On ne gagne pas de royalties à chaque fois que l’on convertit quelqu’un. En réalité, nous sommes des Français comme tous les autres, l’amour de la France et l’islam ne sont pas opposés. Je suis Française et musulmane, fière d’être les deux.

L’express

#DossierTabou sur l’Islam: «Bernard de la Villardière manipule tout le monde»

Widad Kefti et Sihame Asbague, deux journalistes et militantes antiracistes, avaient quant à elles anticipé la diffusion et prévu de « pirater M6 ». Mercredi, simultanément à la diffusion du magazine de la sixième chaîne, elles ont assuré un live sur YouTube pour proposer un regard critique sur l’enquête. Une alternative au titre en forme de pied de nez: « Dossier Tabouche ».


Stéphane Gatignon, le maire de Sevran, en Seine-St-Denis, n’apprécie pas du tout le ton « racoleur », selon lui, des émissions de Bernard de La Villardière. Il a pourtant accepté d’être interviewé dans le nouveau magazine du journaliste, « Dossier Tabou », diffusé à 21h ce mercredi sur M6 et consacré à la montée de l’islam radical. Il explique sur RMC.fr qu’il s’est senti « contraint » d’y participer.

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FN : des médias dénoncent la «censure» aux « Estivales de Marine »

Les sociétés de journalistes (SDJ) de plusieurs rédactions, dont Radio France, Le Figaro, France 2 ou Le Monde, ont dénoncé vendredi la « censure médiatique » du Front national qui a refusé d’accréditer le site Mediapart et l’émission Quotidien aux « Estivales de Marine Le Pen » ce week-end.

BFM


Marine Le Pen : interdire l’accès à Mediapart à ses Estivales est «la moindre des choses»

Mediapart ne sera pas admis aux « Estivales de Marine Le Pen ». Une décision du Front National qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression, selon sa présidente, qui s’est aussi exprimée à propos du polémiste Éric Zemmour, suite à l’annulation d’une de ses conférences à Marseille.

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La présidente du Front National, Marine Le Pen, a accusé samedi matin sur France Bleu Provence le Parti socialiste marseillais de « s’enfoncer dans une dérive sectaire » pour avoir demandé l’annulation d’une conférence du polémiste Éric Zemmour, à Marseille jeudi prochain, tout en estimant dans le même temps qu’interdire l’accès aux « Estivales » [les journées de rentrée de son parti organisées à Fréjus, NDLR] aux journalistes de Mediapart et de Quotidien, l’émission de Yann Barthès sur TMC, était « la moindre des choses ».

« La liberté d’expression ne peut pas s’arrêter à ceux qui pensent comme le Parti socialiste », a d’abord expliqué la présidente du FN à propos de la venue contestée [par des élus PS notamment, NDLR] du polémiste Éric Zemmour pour une conférence à Marseille.

« Tout le monde sait que j’ai un certain nombre de divergences avec Éric Zemmour. Mais la liberté d’expression, c’est précisément le droit donné à ceux qui ne pensent pas comme vous d’exprimer leurs idées. Je trouve que le Parti socialiste s’enfonce dans une dérive de plus en plus sectaire et de plus en plus éloignée des principes qui régissent notre République française », a expliqué Marine Le Pen.

Mediapart et Yann Barthès, évincés des Estivales

Interrogée en retour sur la décision du Front National de refuser l’accréditation des journalistes de Mediapart et de l’émission « Quotidien », de Yann Barthès, aux journées de rentrées de son parti, ce week-end, à Fréjus, Marine Le Pen n’y a vu aucune contradiction avec ce qu’elle venait de dire sur la liberté d’expression.

« Je ne vois pas le rapport, le Front National n’empêche pas Mediapart de s’exprimer, a rétorqué Marine Le Pen. En 2012, Mediapart a dit ‘nous inviterons tous les candidats, sauf Marine Le Pen. Et bien Marine Le Pen invite tous les journalistes, sauf Mediapart' ».

« Ca me paraît être la moindre des choses. Soit on est un journaliste, et on est pluraliste et on essaie d’être honnête de temps en temps, soit on se comporte comme un militant politique, et je n’ai pas de raison de recevoir des militants politiques dans nos manifestations. Ca fait cinq ans que ça dure et ça sent un peu la polémique réchauffée », s’est défendue la présidente du Front National.

France TV

Zemmour : La «loi de Bonaparte» ne mentionne strictement aucun «prénom chrétien»

Prénoms « français » : quand Zemmour raconte n’importe quoi

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C’est la rentrée : Éric Zemmour veut vendre des livres.  Et pour vendre, quoi de mieux que de surfer sur les haines du temps en se saisissant d’un sujet qui n’en est pas un pour faire monter la mayonnaise en tapant à nouveau sur sa cible préférée, les musulmans de France. L’enjeu ? Après leur nourriture et leurs vêtements, voilà qu’il s’intéresse à leurs prénoms. Et raconte une nouvelle fois n’importe quoi. 

Premier épisode le 6 septembre : sur France 5, Eric Zemmour affirme dans l’émission « C à vous » que « donner un prénom qui n’est pas un prénom français à ses enfants, c’est ne pas se détacher de l’islam. C’est vouloir continuer l’identité islamique en France ». Rien que ça.

Ravi de s’être taillé son petit succès, il  fait rebelote sur LCI le 12 septembre – mais cette fois-ci  Éric Zemmour, qui a eu le temps de potasser son sujet avec plus d’attention qu’il n’en consacre à la relecture de ses propres livres, s’appuie sur toute la rigueur de la loi, et pas n’importe laquelle : une loi de la grande époque napoléonienne s’il vous plaît :

« Un prénom français, c’est un prénom chrétien, cela vient d’une loi établie par Bonaparte » et abrogée (déplore-t-il) en 1993.

Le problème, c’est qu’Éric Zemmour s’arrange joyeusement avec la réalité d’un document historique, pariant sur le fait que les journalistes en face n’ont évidemment pas le temps ni les moyens de vérifier ses affirmations en direct. La loi qu’il évoque est pourtant un tantinet différente.

La « loi de Bonaparte » ne mentionne strictement aucun « prénom chrétien »

La fameuse loi qu’évoque  Zemmour existe bel et bien. C’est la loi n°2614 du 11 Germinal an XI, ou plus simplement du 1er avril 1803, « relative aux prénoms et aux changements de noms ». Elle a effectivement été abolie en 1993 mais voici ce que disait son titre premier, article 1 :

« A compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne, pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l’état civil destinés à constater la naissance des enfants ; et il est interdit aux officiels publics d’en admettre aucun autre dans leurs actes »

N’en déplaise à Éric Zemmour, il n’y a donc pas l’ombre d’une quelconque référence aux « prénoms chrétiens ». Ils y sont bien entendus compris : ce sont ceux de l’éphéméride  catholique . Mais la loi parle bien DES calendriers et pour cause :  le calendrier en vigueur N’EST PAS catholique ; c’est le calendrier révolutionnaire et ses prénoms savoureux : Philogon, Tydrique ou Télesphore pour les garçons ; Rusicule, Vénéfride ou Egobille pour les filles. Moderne, tellement moderne et si français.

Mieux : l’autorisation d’avoir recours aux « personnages connus de l’histoire ancienne » autorise de fait l’usage des prénoms de l’Antiquité grecque, romaine ou … persane : on doute que Sadi Carnot, dont le prénom vient d’un poète iranien, ait ainsi pu devenir président de la République en 1887avec un prénom illégal…

En revanche, Bonaparte n’aimait pas trop les prénoms juifs

Quitte à appeler Napoléon au secours de ses idées, il est bien étrange qu’Eric Zemmour n’ait pas fait allusion à une autre loi de Napoléon, en l’occurrence directement dirigée contre une autre religion que la religion musulmane : la foi juive.

Revenant sur le travail accompli par la Révolution, Napoléon revient à partir de 1807 sur les droits accordés aux citoyens de confession juive, accusés de maux qui évoquent de façon frappante ceux qu’on associe aujourd’hui aux  Français musulmans. Les Juifs sont ainsi obligés de répondre à un questionnaire qui rappelle largement celui qu’un autre grand esprit, Nicolas Dupont-Aignan,  voudrait imposer aux imams français : considèrent-ils la France comme leur patrie, sont-ils polygames, sont-ils prêts à se battre pour le pays, etc. Les Juifs, eux, ne cessent de réclamer qu’on revienne au seul respect du Code civil, qui ne prévoit aucune obligation particulière.

Napoléon ignore cette demande ; le 17 mars 1808, une loi vient durcir considérablement le statut des Juifs,  dont la vie privée ou professionnelle devient soumise à une série d’autorisations. Le 20 juillet, deuxième lame : un décret impérial prévoit que dans les trois mois, tous les Juifs de France sont tenus de changer de prénom et de nom de famille. L’article 3 est limpide : « ne seront point admis comme nom de famille aucun nom tiré de l’Ancien Testament (…) Pourront être pris comme prénoms ceux autorisés par la loi du 11 Germinal an XI » – celle qu’évoquait donc Éric Zemmour comme un modèle à suivre.

Le résultat ? Même s’il est difficile d’évaluer la concrétisation de ces mesures, les préfets se penchent bel et bien sur la question et un peu partout, des officiers civils « francisent » les noms des citoyens juifs, parfois avec une imagination débordante : Jacob devient Julien, Isaac Low-Lowi devient Jacques Lion et Wolff-Lazard devient…. Daniel-Alexandre Pompet.

L’antisémitisme d’état et l’assimilation forcée voulue par une monarchie militaire, est-ce bien là l’idéal de société que porte Éric Zemmour ?

France Tv

Pour Éric Zemmour, Omar Sy et Zinedine Zidane sont « moins français » que lui

Éric Zemmour est actuellement en pleine promotion médiatique pour son livre « Un quinquennat pour rien ». Fidèle à lui-même, il a été l’auteur d’un nouveau dérapage sur LCI. Il avait déjà créé un petit malaise dans « C à Vous » mardi dernier.

 

« Donner un prénom qui n’est pas français, à son enfant, c’est se détacher de la France », a-t-il lancé. Ce lundi matin, le journaliste a été l’auteur d’un nouveau dérapage à propos de cette  » polémique des prénoms français ».

Encore un dérapage
« Ce fut la loi de la France pendant deux siècles, ce fut une loi établie par Bonaparte en l’an XI (1er avril 1803, ndlr). Cette loi est restée et l’on devait trouver un prénom dans le calendrier. Cette loi fut conservée sous la IIIe République, sous le général de Gaulle, et même jusqu’à Mitterrand. Elle a été abolie en 1993. Je ne vois pas pourquoi on ne rétablirait pas cette loi », a jugé Éric Zemmour face à Audrey Crespo-Mara ce lundi matin sur LCI.

La journaliste lui a demandé s’il pensait qu’Omar Sy, Zinedine Zidane ou encore Rachida Dati était moins français que lui par rapport à leur prénom. Pour Éric Zemmour sur le plan politique ils sont « aussi Français que (lui), ils ont une carte d’identité, ils ont la nationalité française, y’a pas de différence ». Mais sur le plan social, « c’est-à-dire comment ils sont reçus par le peuple qui est là depuis 1.000 ans, alors là, oui, ils sont moins Français que moi, car mes parents ont fait l’effort de me donner un prénom dans le calendrier ».

Juifs, musulmans et catholiques
À la question, les juifs et les musulmans sont-ils autant Français que les catholiques? « Juridiquement, oui, mais j’estime qu’en donnant des prénoms musulmans, ils refusent de s’approprier l’histoire de France.

7 Sur 7

Finkielkraut : «aucun français, au sens traditionnel du terme, sur les affiches du CCIF»

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Hongrie: la journaliste d’extrême droite qui avait frappé des migrants a été inculpée

Petra Laszlo avait suscité l’indignation en donnant des coups de pied à des migrants franchissant la frontière, il y a un an. Elle a été formellement inculpée par la justice.

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Il s’agit d’une inculpation pour « trouble à l’ordre public », selon un communiqué du procureur du comté de Csongrad (sud) Zsolt Kopasz. Au terme des investigations, la justice a cependant estimé que le geste de cette femme, filmé par d’autres journalistes et largement diffusé à l’étranger, n’avait pas été « motivé par des considérations ethniques ou par le statut de migrant des personnes visées ».

Indignation

Les images de cette opératrice de télévision donnant, caméra à l’épaule, des coups de pied à un homme et son fils et tentant de faire trébucher une fillette, à la frontière entre Hongrie et Serbie, avaient suscité l’indignation, alors que Budapest était déjà sous le feu des critiques pour son attitude hostile envers les migrants.

L’incident s’était produit le 8 septembre dans un contexte où des centaines de demandeurs d’asile, arrivés en Grèce depuis les côtes turques, transitaient chaque jour par les Balkans en direction notamment de l’Allemagne.

Le croc-en-jambe de la journaliste, qui travaillait pour une chaîne en ligne proche de l’extrême droite, « n’a pas entraîné de blessure mais son comportement a provoqué indignation et colère des personnes présentes », a relevé le parquet. Licenciée quelques temps après, elle s’était défendue en disant avoir « paniqué ».

Sud Ouest

Valls critique un article donnant la parole aux femmes musulmanes, le New York Times répond

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Le premier ministre français, Manuel Valls, a vivement critiqué ce lundi un article du New York Times dans lequel des femmes musulmanes françaises décrivent être ostracisées par des non-musulmans, victimes de discrimination à l’emploi et se sentir persécutées.

L’article, puisant dans de nombreux témoignages de femmes musulmanes européennes, pour la plupart françaises, a été écrit suite à la polémique sur le maillot de bain qui couvre entièrement le corps, le “burkini”. Plus de 30 villes et communes françaises ont interdit le port du burkini sur leurs plages publiques, bien que certaines de ces interdictions aient été suspendues par la suite par les tribunaux français.

Dans une tribune publiée sur le site français du Huffington Post, M. Valls décrit l’article du New York Times comme donnant une “image insupportable, car fausse, de la France.”

Il accuse également le New York Times de tirer ses conclusions sur la base d’entretiens qui ne reflètent pas une enquête de terrain, mais plutôt l’objet de débats dans les médias à ce moment-là: un “camp d’été” qui avait été “interdit aux personnes à la peau blanche” et où les participants s’opposaient à la mixité des personnes blanches et non-blanches.

Le premier ministre faisait allusion à un rassemblement près de Reims que les organisateurs décrivaient comme un “Camp d’été Dé-Colonial”, où des personnes appartenant à des minorités pouvaient se réunir pour évoquer la discrimination. Selon les organisateurs, environ 170 à 180 personnes y ont participé entre le 25 et le 28 août.

Le New York Times a répondu que les propos de M. Valls sur la réalisation de ce reportage étaient erronés.

Notre article est le produit d’une enquête rigoureuse. Il est basé sur les réponses de plus de 1,200 lectrices à un appel à témoignages en ligne, en anglais, en français et en arabe,demandant l’opinion des femmes musulmanes en Europe après l’interdiction du burkini”, a expliqué Danielle Rhoades Ha, porte-parole du New York Times. “Nous maintenons l’article”

New York Times