Bondy Blog, «islamo-gauchistes» : Pourquoi Gilles Kepel doit (rapidement) prendre sa retraite

Gilles Kepel accuse le Bondy Blog d’être devenu une filiale des Frères Musulmans et s’en prend aux « islamo-gauchistes » qui sont selon lui des « charlatans ! »

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A 61 ans, il est parfois temps de laisser la place aux jeunes. Gilles Kepel semble persuadé, comme il l’assène depuis longtemps, qu’on assiste à une « radicalisation de l’Islam » en France, là où Olivier Roy voit plutôt une « islamisation de la radicalité» Mais son dada, à Gilles Kepel, c’est surtout de dénoncer les accusations d’islamophobie.

Pour lui, qui utilise toujours ce mot entre guillemets, reconnaître l’existence de l’islamophobie serait une façon de faire le jeu des djihadistes. Alors qu’Olivier Roy assure que l’islamophobie se développe en France, Gilles Kepel y voit plutôt de la victimisation qui ferait le jeu des terroristes. Et quand il est taxé de faire le jeu des islamophobes, Kepel s’emporte.

Dans une interview au Nouvel Obs, aux journalistes du Bondy Blog qui l’avaient poussé dans ses retranchements, Gilles Kepel répond que ce média a « été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l’’islamophobie’ son principal slogan. » Selon l’ »islamologue », le Bondy Blog serait donc une filiale des Frères musulmans.

Dans son livre « La Fracture », tout juste publié, Gilles Kepel assure d’ailleurs que les intellectuels de gauche sont des « idéologues utiles des islamistes. » L’auteur y tire à boulets rouges sur les « islamo-gauchistes », qu’il qualifie de « charlatans. » En février déjà, Gilles Kepel reprenait à son compte, dans son livre « Terreur dans l’Hexagone », la théorie fumeuse selon laquelle le terme « islamophobie » avait été inventé « dans les années 1990 » par « les salafistes et les Frères Musulmans. »

Info

Le FN assure qu’une moto incendiée avait visé l’église, le prêtre dément et dénonce l’instrumentalisation du FN

Damien Monchau, élu d’opposition FN à Vénissieux, a assuré que l’église de l’Epiphanie située sur le Plateau avait été visée par des émeutiers. L’affaire semble moins dramatique qu’il n’y paraît.

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Depuis 10 jours, les Minguettes sont le théâtre d’une série de violences urbaines marquées par des incendies de véhicules, de poubelles… Les policiers du commissariat et de la bac avaient même été pris à partie mercredi dernier, visés par des cocktail molotov.

Jeudi soir, Damien Monchau, élu d’opposition FN, a assuré, dans un communiqué publié par la fédération du Rhône du parti frontiste, que l’église de l’Epiphanie située sur le Plateau avait été visée par les émeutiers.

Le conseiller municipal affirme, photo à l’appui, qu’une moto a été incendiée ce week-end devant le lieu de culte de la rue Herriot… et évoque une «tentative d’incendie criminel». «C’est encore une fois la France et notre identité qui sont attaquées par cet acte odieux qui exprime un rejet des racines chrétiennes de notre patrie», lance Damien Monchau qui dénonce une «omerta» autour de cet acte. Et qui appelle l’Etat à « mettre par tous les moyens hors d’état de nuire les délinquants».

Sauf que… L’affaire semble moins dramatique qu’il n’y paraît. Aucune plainte n’a été déposée après cet incendie. «Une moto, vraisemblablement volée, a brûlé sur le parvis. Je l’ai trouvée samedi matin sur les marches de l’église. Mais il n’y a aucun dégât», relativise le père Régis Charre, curé de la paroisse. Le bâtiment n’a pas été touché et aucune trace de fumée n’est visible.

Selon le prêtre, la police est intervenue pour relever les indices sur la moto et la carcasse du deux-roues a été évacuée par les services municipaux dans la foulée. «Je n’en ai pas parlé à mes paroissiens pour éviter les amalgames. Honnêtement, je ne veux pas en rajouter car je ne pense pas que l’église était visée», souligne le père Charre qui tient à le préciser : «Notre église a été construite en 1969. Nous n’avons jamais subi de menaces ou d’actes anti-chrétiens. Le FN utilise cette histoire pour faire le buzz».

Le Progres

Endettée, ma famille a servi de publicité pour une élue FN. Nous avons été manipulés

 La famille Frappier vit des moments difficiles. En 2013, enceinte et bouleversée par la mort de son frère, Natacha a dû mettre en liquidation judiciaire son institut d’esthéticienne. Aujourd’hui, pris en étau par ses dettes, la famille espère s’en sortir avec un échéancier adapté et a lancé un appel aux dons. Mais voilà, ce week-end, Natacha a découvert que le FN avait téléguidé une collecte de voisinage.

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En 2005, j’ai ouvert mon institut d’esthéticienne à Mansle (Charente). Les affaires se portaient bien, mais il y a trois ans, alors que j’attendais mon troisième enfant, j’ai été touchée par la mort tragique de mon petit frère.

Sous le choc et totalement bouleversée, j’ai développé une grossesse pathologique. Ma santé, et celle de mon enfant, était en danger. Je n’ai pas eu d’autre choix que d’arrêter de travailler.

Le problème, c’est que je n’avais pas les moyens de me faire remplacer et que la banque m’a demandé le remboursement du reste de mon emprunt sans échéancier adapté.

20.000 euros de dettes et une maison sur le point d’être saisie

Sans issue possible, j’ai dû mettre mon entreprise en liquidation judiciaire. Le matériel a été saisi pour réduire les frais d’huissier et comme j’avais contracté un prêt à mon nom propre, ma maison risquait, elle aussi d’être saisie.

Mariée avec trois enfants, c’est toute ma famille qui se retrouve au pied du mur.

La dernière date du jugement est prévue pour le 15 décembre 2016. Si je ne rembourse pas en partie les 20.000 euros que je dois au liquidateur judiciaire, nous perdrons notre maison. Mon mari travaille chez Lidl et moi, je suis toujours en congé parental pour m’occuper de mes trois enfants.

Nous avons bien tenté de demander de l’aide à nos proches, mais malheureusement, ces derniers sont dans l’incapacité de nous venir en aide. Nous avons donc décidé d’ouvrir un pot commun. J’en appelle à la générosité des gens et je les remercie de nous apporter autant de soutien. Il s’agit parfois d’un aide financière, mais aussi de solutions plus pratiques.

Isabelle de Cognac m’a contactée…

Notre ami Ludo a eu l’ingénieuse idée d’organiser le Festival du cœur qui s’est tenu le week-end dernier. Grâce à lui, nous avons pu récolter 1.039,77 euros. Ça va beaucoup nous aider, même si j’ai conscience que cela n’épongera pas nos dettes.

Grâce à cette collecte, nous avons été régulièrement sollicités par des personnes des quatre coins de France. Certains proposent même d’organiser une collecte dans leur rue.

C’est ainsi que j’ai été contactée par une femme la semaine dernière. Au téléphone, elle s’est présentée comme étant « Isabelle de Cognac ». Elle était très aimable et m’a simplement dit qu’elle souhaitait organiser une collecte auprès de ses voisins pour nous venir en aide. Je devais lui confirmer par mail, ce que j’ai fait.

En revanche, ce que j’ignorais totalement c’est que cette dame est une élue du Front national.

J’ignorais qu’il s’agissait d’une élue FN

À aucun moment, Isabelle Lassalle ne m’a pas prévenu qu’elle faisait partie du Front national, et encore moins que ma demande serait relayée sur les réseaux sociaux par son parti.

Alors, peut-être que son action partait d’un bon sentiment, mais j’estime qu’elle m’a menti.

Nous avons appris la vérité dimanche dans la journée. J’ai immédiatement fait savoir que je ne souhaitais de dons venant de sa part. Ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit du Front national, mais tout simplement parce que mon mari et moi ne souhaitons pas faire l’objet d’une récupération politique, quelle qu’elle soit.

Nous ne voulons pas être affiliés à de la politique, notre histoire ne doit en aucun cas servir leurs causes. Ce que nous vivons est déjà suffisamment difficile pour ne pas avoir à subir d’autres problèmes.

Notre démarche est avant tout un appel à la solidarité et ne s’inscrit pas dans une démarche politique.

Je n’accepterai aucun don de politiques

Aujourd’hui, je suis partagée et je n’arrive pas à savoir si j’ai été victime d’une vraie manipulation, mais plus j’y pense et plus je me dis que cette affaire lui a fait un bon coup de pub. Entre-temps, Mme Lassalle m’a envoyé un message pour me dire qu’elle s’excusait d’avoir pris de telles initiatives.

Nous avons besoin d’argent, mais nous ne voulons pas celui de politiques. D’ailleurs, selon moi, un don ne doit pas avoir de nom.

Actuellement, j’essaye de ne plus trop y penser. Je préfère me focaliser sur nos propres problèmes qui sont loin d’être résolus.

Le Plus

Une poussée de la radicalisation chez Air France comme l’affirme Le « Canard Enchaîné »? Non pas vraiment

Le « Canard Enchaîné » fait état de plusieurs incidents en lien avec la montée de l’ »islamisme radical » au sein d’Air France. La compagnie aérienne nie en bloc. Qu’en est-il vraiment ?

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Des moteurs volontairement sabotés, des tags « Allah akbar » sur les trappes de remplissage de kérosène… D’après le Canard Enchaîné, les incidents dus à la montée de l’islamisme radical au sein d’Air France se multiplient ces derniers mois. Des informations particulièrement alarmantes, qui posent notamment question sur la sécurité garantie par la compagnie. « Il s’agit de rumeurs infondées ou d’événements sortis de leur contexte« , réfute pourtant Air France dans un communiqué, mercredi. Qui a raison, qui a tort ? Le constat est plus complexe qu’il n’y paraît.

  • Plusieurs tags « Allah Akbar » ? Oui, mais…

Dans son édition de mercredi, le journal fait état d’une quarantaine d’avions d’Air France bombés de l’inscription « Allah Akbar ». Selon les informations d’Europe 1, ce seraient sept et non quarante inscriptions qui auraient été découvertes sur les trappes des appareils de la compagnie aérienne. Tous en provenance de Casablanca. En juillet 2015, un tel graffiti avait d’ailleurs été retrouvé lors d’un ravitaillement au Maroc, sur l’aile droite d’un Airbus, juste à côté de l’ouverture pour le kérosène. En cela, le cas d’Air France n’est pas isolé : cinq de ces inscriptions ont été observées sur les avions d’EasyJet depuis fin 2015, dont une en février dernier. Autre précision : parmi les tags repérés chez Air France, d’autres inscriptions pouvaient également être lues, comme « je t’aime » ou encore « D’Artagnan ».

En août 2015, c’est le système Géovision, géré par des sous-traitants d’Air France et permettant aux passagers de suivre le trajet de leur avion en direct sur une carte, qui avait été piraté. Sur le vol Los Angeles-Tel-Aviv via Paris, le nom d’Israël avait ainsi été remplacé par « Palestine », et non « Bande de Gaza », comme l’affirme Le Canard Enchaîné. L’enquête menée par la GTA (Gendarmerie du transport aérien) n’a pas permis d’identifier l’auteur de cette « intervention malveillante », et aucun lien n’a pu être fait avec l' »islamisme radical ». Par ailleurs, aucune source n’a entendu parler d’un autre piratage supposé, qui aurait, selon le journal, remplacé le Maroc par « Khalifa ».

  • Des « moteurs relais » sabotés ? Un parallèle non avéré

Le Canard Enchaîné fait également cas de plusieurs « avaries » du « moteur relais, censé contrôler les réacteurs depuis le cockpit ». Après enquête des services de renseignement, un suspect aurait ainsi été identifié. Employé d’Air France, il s’agirait d’un Français converti, qui aurait fui vers le Yémen « dès qu’il s’est senti surveillé ». Air France, qui nie les troubles constatés, explique en fait que l’homme a été licencié suite à une absence de longue date injustifiée. Ceci dit, celui-ci a bien été localisé au Yémen après les faits.

  • Un agent refuse de guider un avion piloté par une femme ? Une « légende urbaine »

Le quotidien évoque enfin l’histoire d’un agent de piste de Roissy, qui aurait « refusé de guider un avion d’Air France qui venait d’atterrir, au motif que le commandant de bord était une femme ». Mais du côté de la compagnie, on assure que du sol, l’agent n’a pas pu distinguer l’identité du pilote et qu’un tel agissement aurait été immédiatement signalé et sanctionné. Le préfet délégué à la sécurité n’a lui pas été averti de cet incident. Certains, dans son entourage, parlent même d’une « légende urbaine ».

  • 73 badges retirés ? Oui, mais…

Air France continue en tout cas de traquer tout signe de « radicalisation » chez ses agents. « La direction de la sûreté de la compagnie travaille pour cela en étroite collaboration avec les différentes autorités aéroportuaires et services de l’État », précise le groupe.

En 2015, plus de 4.000 casiers de personnels avaient été perquisitionnés. Plusieurs « signaux faibles » de radicalisation y avaient été retrouvés : corans annotés, tapis de prière – interdits sur les lieux de travail – mais aussi parfois des documents salafistes. Dix-neuf badges avaient été retirés et 54 employés s’étaient vus refuser leur premier badge, soit un total de 73 interdictions pour l’année 2015 – le Canard Enchaîné préférant la formule « ces derniers temps ». Un seul de ces retraits prononcé dans une société de sécurité, en juillet 2015, concernait un homme radicalisé… d’ultra-droite, voire néonazi.

À la fin de l’année, les dossiers des quelque 86.000 employés qui travaillent sur la plateforme aérienne à Roissy ont à nouveau été passés au crible. Résultat : 18 refus de délivrance et 6 retraits ont été actés en 2016. Parmi les agents travaillant pour des sociétés de sûreté, ciblés en priorité, aucun n’a été mis en cause.

Mardi, le tribunal administratif devait trancher entre Air France et deux de ses salariés, qui reprochaient à la compagnie de leur avoir retiré l’accès à des installations classées secret-défense sans raison valable. Le tribunal a finalement donné raison à l’un des deux, « le risque qu’il ferait courir à la sécurité des installations aéroportuaires ou à la sûreté de l’État » n’étant pas établi.

Europe 1

#DossierTabou sur l’islam: L’Observatoire de la laïcité déplore le «sensationnalisme» du reportage

Le socialiste Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, a adressé jeudi un courrier à M6 et à Bernard de La Villardière…

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Dossier Tabou continue de faire réagir. Le premier numéro du nouveau magazine de M6, diffusé mercredi et intitulé « L’islam en France : La république en échec », n’est pas passé inaperçu.

De nombreux téléspectateurs ont été ulcérés par plusieurs séquences du reportage, dont une montrant une femme musulmane refusant de se faire soigner par un médecin homme dans un hôpital francilien et qui affirmait qu’elle « n’accepte pas » la laïcité. D’autres ont reproché à l’émission de Bernard de La Villardière de verser dans le sensationnalisme et de nourrir la stigmatisation dont font l’objet les musulmans.

C’est au tour de l’Observatoire de la laïcité de monter au créneau. Le socialiste Jean-Louis Bianco, président de cette instance chargée d’aider le gouvernement à faire respecter le principe de laïcité, a adressé jeudi un courrier à M6 et à Bernard de La Villardière.

« Le constat établi par l’Observatoire de la laïcité confirme la réalité, non depuis quelques années mais depuis plus d’une dizaine d’années, de replis communautaires et de provocations contre la République dans certaines zones périphériques et rurales, écrit-il. Pour autant, la généralisation des difficultés telle que présentée par ce reportage donne une vision déformée de la réalité. »

« Il est inexact d’affirmer qu’il y aurait, de la part d’agents publics, de « multiples arrangements » avec les lois de la République », dénonce-t-il, avant de souligner qu’« aucun recours n’a été intenté depuis la rentrée scolaire 2008-2009 contre l’interdiction du port de signes ou de tenues [religieux]. »

Jean-Louis Bianco souligne ensuite que « le chiffre avancé par le reportage de « 45 % d’habitants de la Seine-Saint-Denis » qui seraient de « confession musulmane » n’a aucune base scientifique », la loi française interdisant d’établir des statistiques religieuses.

Concernant la séquence de l’hôpital, il avance qu’« il ne s’agit pas de nier une réelle – mais peu courante – contestation des règles de droit. Mais en faire un phénomène général est infondé ».

« Je regrette tout traitement sensationnaliste de sujets aussi fondamentaux que la laïcité et la gestion des faits religieux. Notre responsabilité à tous est d’être pédagogues en rappelant quelles sont les libertés mais aussi quels sont les limites et interdits indépassable dans un cadre laïque », conclut le président de l’Observatoire de la laïcité.

Le Collectif contre l’islamophobie a publié jeudi une analyse sur « l’invariable échec des reportages « sans tabou » sur l’islam et les musulmans ». « Cette façon « d’enquêter » sur les/des musulmans, sur le mode de l’infiltration, en lien avec la radicalité et le terrorisme, problématise de fait le sujet étudié, faisant peser sur ses acteurs une suspicion permanente, sommés de s’expliquer, comme s’ils étaient mis en cause, par défaut », déplore notamment l’association.

20 Minutes

#DossierTabou : «Après Tintin au Congo, de La Villardière chez les Arabes»

Samia Orosemane a accepté de participer au premier numéro de Dossier Tabou, l’émission controversée de Bernard de la Villardière consacrée à l’islam et diffusée mercredi. Elle le regrette et explique pourquoi à L’Express.

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Le premier numéro de Dossier Tabou a rassemblé 2,4 millions de téléspectateurs mercredi soir. L’émission de Bernard de La Villardière sur « L’Islam en France: la République en échec » a suscité de nombreuses réactions. Dont celle de l’humoriste Samia Orosemane, qui avait pourtant accepté d’ouvrir sa porte aux caméras de M6. Elle explique à L’Express pourquoi elle le regrette.

Comment apparaissez-vous dans le film?

J’ai été filmée lors d’un déjeuner de famille, un dimanche, où Bernard de La Villardière s’est invité. Je ne devais recevoir que l’équipe technique. Mais quand j’ai ouvert la porte, il m’a dit qu’il s’était permis de venir car chez nous, ‘quand il y en a pour dix il y en a pour onze’.

Il a donc débarqué dans mon salon avec ses a priori et ses clichés sur les musulmans, il a demandé à l’une de mes soeurs si on ne lui mettait pas la pression pour qu’elle porte le voile. Je lui ai dit qu’on la frappait tous les jours mais qu’elle ne voulait pas comprendre. Je ne m’attendais pas à ce qu’au montage ce soit aussi glauque. J’ai le sentiment d’avoir été trahi.

Pourquoi avez-vous accepté de participer?

Ils m’ont dit qu’ils voulaient faire un portrait de moi, que le principe du documentaire était de décrire la pluralité de la communauté musulmane. Ca avait l’air sympa. Avec moi, ils voulaient montrer que l’on pouvait porter le voile et être humoriste. Etant donné que l’on dépeint souvent les femmes musulmanes comme soumises, j’ai trouvé que c’était positif, l’occasion de montrer le contraire, un autre son de cloche, quand les musulmans se plaignent de ne pas être bien présentés dans les médias.

Que reprochez-vous à ce documentaire?

Bernard de La Villardière écrit des scénarios à la Spielberg, avec des gros plans et des musiques angoissantes. J’ai regardé l’émission au second degré, mais je me demande ce qui s’est passé dans la tête de ceux qui l’ont pris au premier. Les gros plans de lui dans la mosquée en train d’écouter le prêche m’ont fait beaucoup rire. Après Tintin au Congo, de La Villardière chez les Arabes… Je suis capable d’écrire un spectacle entier sur mon expérience avec lui. Je pense à en faire une parodie, mais je n’arriverai jamais à dépasser l’original, à être aussi drôle que lui.

Quels moments vous ont le plus choquée?

Lorsque Bernard de La Villardière discute avec un aumônier en prison, qui ne sait pas bien parler français. L’homme explique qu’il vient dire aux jeunes qu’il ne faut pas faire de « bêtises ». Et là, Bernard de La Villardière lui répond: « Mais de quelles bêtises vous parlez? » L’aumônier répond « les attentats ». Et là il en profite pour lui lancer: « Mais ce ne sont pas des bêtises monsieur, c’est un crime ». Il joue sur la terminologie en faisant croire que l’aumônier minimise la gravité des attentats, alors que, simplement, il ne parle pas très bien le français. C’est honteux de faire ça.

« Vous me laissez faire mon travail! »

Et quand il se rend à l’heure de la prière devant l’Institut des cultures d’islam, dont l’un des étages est occupé par la Mosquée de Paris. Il intercepte tous les gens et leur demande s’ils sont là pour l’Institut des cultures d’islam, alors que c’est l’heure de la prière. Mais de quoi il parle? C’est l’heure de la prière, ils vont à la prière. Et son petit commentaire pour dire que Bertrand Delanoé a financé un lieu de culte en plein Paris…

Enfin, l’altercation avec les jeunes à Sevran, où il débarque avec sa caméra, se croyant tout permis. Les types lui expliquent qu’ils ne veulent pas être filmés. Et lui qui leur répond: « Non, mais vous me laissez faire mon travail ». C’est magnifique!

Vous dites que ce reportage ne profite qu’à ceux qui veulent diviser…

Ce documentaire est dangereux pour celui qui ne réfléchit pas et n’a jamais vu un musulman de sa vie. Si je n’avais pas été musulmane, après l’avoir vu, je voterais Front national! Je me demanderais ce que les musulmans viennent faire chez nous. « Il l’a dit le monsieur, à la télévision, il y a des sociétés secrètes, leur objectif est d’islamiser la France, on est plus chez nous ». Une femme le dit comme ça. J’étais morte de rire. C’est une partie de mon sketch, ça!

Il faut arrêter de dire que les musulmans veulent islamiser la France, on a déjà du mal à y pratiquer notre religion. On ne gagne pas de royalties à chaque fois que l’on convertit quelqu’un. En réalité, nous sommes des Français comme tous les autres, l’amour de la France et l’islam ne sont pas opposés. Je suis Française et musulmane, fière d’être les deux.

L’express