71% des musulmans d’accord «avec la laïcité et les lois de la République»

Absence de communautarisme : 78% des musulmans voteraient pour un président non musulman

4. l’absence d’un communautarisme musulman généralisé :
78 % des enquêtés qui se déclarent musulmans – inscrits sur les listes électorales – disent qu’ils ne votent pas systématiquement pour un candidat musulman aux différentes élections.

Institut Montaigne


Un rapport réalisé par Hakim El Karoui à partir d’une enquête commandée à l’Ifop par l’Institut Montaigne met en évidence la bonne intégration de la population musulmane, mais aussi l’inquiétante rupture des plus jeunes avec les valeurs républicaines.

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71% des musulmans seraient en accord avec « avec la laïcité et les lois de la République ». Mais 28% seraient « rigoristes » et « mal à l’aise » avec la laïcité, selon un sondage Ifop/Institut Montaigne, révélé dimanche par le JDD.

Comment les musulmans vivent-ils en France? Quels sont leurs rapports à l’islam, à la société, à la politique et aux lois de la République? Un rapport réalisé par Hakim El Karoui à partir d’une enquête commandée à l’Ifop par l’Institut Montaigne – cercle de réflexion privé d’obédience libérale – et publié en exclusivité par le JDD –, apporte à ces questions des réponses d’une précision inédite. Pendant neuf mois, l’Institut Montaigne (qui milite depuis longtemps en faveur des statistiques ethniques et du CV anonyme) a fait interroger la population musulmane sur des dizaines de points, sous le contrôle scientifique d’Antoine Jardin, docteur en science politique et ingénieur de recherche au CNRS. C’est ainsi un autoportrait rigoureux et original des musulmans qui se dégage, avec ses surprises, ses confirmations et ses contradictions.

Moins nombreux qu’on ne le dit, mais des jeunes

Ils seraient entre 3 et 4 millions. L’Institut Montaigne ose un chiffre sur la présence – souvent fantasmée – de musulmans dans notre pays. On est loin des 8% à 10% de la population brandis par les théoriciens catastrophistes du « grand remplacement ». Selon l’Ifop, ils représenteraient 5,6% des plus de 15 ans vivant en France, et 10% des moins de 25 ans. Il s’agit donc d’un groupe social particulièrement jeune : 84% ont moins de 50 ans. L’âge moyen s’établit à 35,8 ans (il est de 53 ans chez ceux qui se déclarent chrétiens et de 43 ans pour les « sans religion »).

Le Halal et le voile, marqueurs d’identité

La consommation de viande halal apparaît centrale dans la vie des musulmans de France : 80 % des pratiquants et 67 % des non-religieux considèrent que les enfants devraient pouvoir manger halaldans les cantines scolaires – avis partagé quels que soient le niveau d’études, la situation professionnelle et l’âge. Les musulmans sont plus divisés sur la question du voile, qui reste cependant un point de convergence identitaire : 60% des sondés estiment que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile à l’école et au collège contre 37% des non-musulmans…

Ils fréquentent peu les lieux de culte et ignorent le CFCM

Un tiers des musulmans ne se rendent jamais à la mosquée, un tiers pour les fêtes religieuses, 29% s’y rendent chaque semaine dont le vendredi et 5 % quotidiennement. Ces chiffres méritent d’être médités, au moment où le gouvernement tente une nouvelle fois d’organiser l’islam de France autour des lieux de culte. La plupart des musulmans (68%) ne connaissent pas le Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le JDD

Etats-Unis. Obama nomme le premier juge fédéral musulman

Le président des Etats-Unis a nommé le premier juge fédéral musulman. Mais il est peu probable que le Sénat, contrôlé par les Républicains, confirme cette nomination

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Le président des États-Unis Barack Obama a marqué l’histoire mardi en nommant le premier musulman au poste de juge fédéral.

« Je suis heureux de nommer M. Abid Qureshi pour siéger à la cour du tribunal de district des États-Unis », a déclaré Obama dans un communiqué. « Je suis convaincu qu’il servira le peuple américain avec intégrité et un engagement indéfectible envers la justice. »

Une valeur symbolique

Il est cependant peu probable que la nomination de M. Qureshi à la Cour de district des États-Unis soit retenue. Il ne reste que quelques mois avant la fin du mandat d’Obama et les républicains ont refusé de considérer les candidats judiciaires du président depuis plusieurs mois.

Mais la nomination présente une valeur symbolique : elle arrive au milieu d’une campagne présidentielle tumultueuse dans laquelle le candidat à la présidence Donald Trump a affirmé qu’un juge fédéral musulman ne serait pas en mesure d’avoir un jugement équitable [ en raison de ses appels à l’interdiction des musulmans d’entrer dans le pays] .

Les avocats musulmans ont salué la nomination de M. Qureshi, un Américain d’origine pakistanaise.

« Le meilleur et les plus brillants »

« Je félicite le président Obama pour avoir choisi le meilleur et les plus brillants de chaque communauté pour servir le système judiciaire de notre pays », a déclaré Farhana Khera, directeur exécutif des avocats musulmans, une organisation d’assistance judiciaire.

« Un système judiciaire qui reflète la riche diversité de notre pays contribue à assurer une administration juste et équitable de la loi, et il est vital pour les musulmans américains de l’inclure. M. Qureshi a un profond engagement pour le droit et la justice pour les personnes de toutes origines ce qui fait de lui un candidat exceptionnel. » a-t-il ajouté.

Si la candidate démocrate Hillary Clinton remporte les élections de novembre, elle pourrait lui proposer le même poste en 2017. La nomination de M. Qureshi, actuellement associé au prestigieux cabinet d’avocat Latham & Watkins, faisait l’objet de rumeurs depuis plusieurs mois.

Ouest France