Financement occulte, censure… la face cachée de «Marianne»

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Le journal Marianne est au plus mal. Au plan économique, puisqu’il est en redressement judiciaire. Mais aussi au plan éthique. Financements cachés de Bernard-Henri Lévy en contrepartie d’articles avantageux ; censure du cinéaste Bertrand Tavernier pour protéger un banquier ; intrusion dans les messageries électroniques : notre enquête sur un journal à la dérive.

C’est un méchant retournement de l’histoire. Le magazine Marianne s’est depuis longtemps fait la spécialité de se moquer des baronnies dans la presse, de ses mœurs courtisanes ou oligarchiques, des systèmes de connivence dans lesquels trop souvent elle s’englue, de son indécrottable parisianisme. Mais le voici aujourd’hui devenu la caricature de ce qu’il dénonçait hier.

Car, pour le plus grand malheur d’une rédaction qui est, dans ses grandes composantes, attachée aux valeurs déontologiques et citoyennes du journalisme, il est entraîné, par la petite camarilla qui le dirige, et par son actionnaire Yves de Chaisemartin – l’ancien homme fort du Figaro du temps de Robert Hersant –, vers un inéluctable naufrage. Et l’on aurait tort de penser que le naufrage n’est qu’économique, avec pour dernier rebondissement en date un placement sous procédure de sauvegarde. Non ! Si l’on parvient à percer les petits secrets de l’hebdo, on a tôt fait de comprendre que le naufrage a des causes multiples : il est aussi éthique et moral.

Ils sont journalistes, philosophes ou sociologues, enquête sur les « enfants de Finkielkraut »

Ils sont journalistes, philosophes ou sociologues, et certains publient des ouvrages. Enquête sur ces jeunes conservateurs qui bousculent la droite.

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Ils ont comme jailli de nulle part, se voulant les atlantes d’un monde ancien face aux envies d’une terra nova qu’ils répugnent. Ils sont jeunes et tiennent que le progrès, en 2016, réside davantage dans le conservatisme que dans le mouvement, cette entreprise de « détricotage » qui ne dirait pas son nom.

Ils sont sociologues, agrégés de philosophie, romanciers, doctorants en histoire ou journalistes d’opinion. La gauche a suscité leur émergence et leurs colères, leurs écrits et leurs assertions.

Le Point