Lyon : un journaliste menacé par l’extrême droite jusqu’à son domicile

Le 29 mars dernier, nous avons publié Le Vieux Lyon ne veut pas devenir « Facho land » (saison 2) à propos de l’extrême droite radicale qui gagne du terrain dans ce quartier historique de Lyon.

En moins d’une semaine, le journaliste qui a signé l’article et deux acteurs du quartier ont fait l’objet d’intimidations et de menaces.

Mardi 4 avril, six jours après la publication de l’article, son auteur, Laurent Burlet a trouvé sur le mur d’entrée de son immeuble ce message :

« On sait ou te trouver Laurent »

L’auteur l’a écrit avec une faute (« ou » au lieu de « où »). L’inscription était accompagnée, en guise de signature, d’une croix celtique, le symbole de l’extrême droite nationaliste.

Cette inscription menaçante a clôturé une semaine d’intimidations diverses menées à l’encontre d’acteurs du quartier du Vieux Lyon, qui avaient tous été interviewés dans l’article.

Rue 89

5 militants d’extrême droite devant la justice pour avoir menacé de mort le porte-parole de la LDH en Corse

La plainte remonte à juillet 2015 et à la polémique autour d’un couplet en langue arabe chanté à l’école de Prunelli-di Fiumorbu.

Cinq personnes, majoritairement issues de la mouvance d »extrême droite, sont jugées mardi à Bastia, soupçonnées d’avoir proférées des injures publiques et des menaces de mort à l’encontre d’André Paccou et de sa famille.

France 3

Des journalistes et des magistrats en charge de l’affaire Fillon menacés de mort par un mystérieux « Collectif d’Épuration »

Les enquêtes journalistiques et judiciaires exaspèrent certains. Les rédactions du Canard enchaîné et de Mediapart ainsi que les bureaux de quatre magistrats du pôle financier en charge de l’affaire Fillon ont reçu une lettre de menaces accompagnée d’une balle de .22 Long Rifle.

Ce matin, sur les ondes de France Inter, François Fillon a réitéré ses menaces. Le candidat du parti Les Républicains entend poursuivre en justice, « le jour venu », « tous ceux qui sont à l’origine » de la révélation de l’affaire sur l’emploi présumé fictif de son épouse. « Cette opération a été montée, je le prouverai. J’ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué ces documents. […] Ceux qui sont à l’origine de cette affaire ne dormiront pas bien à l’avenir. »

MediaPart

Une librairie de Saint-Malo reçoit des menaces et des insultes car elle vend des ouvrages critiques du FN

La librairie La Droguerie de Marine, à Saint-Malo, affiche ses idées. Une de ses vitrines présente depuis la semaine dernière, des livres et des citations de grands auteurs contre le fascisme et le Front National. Elle a suscité des réactions attendues mais aussi des insultes et des menaces.

(…)

D’abord un coup de fil d’un journaliste de Breizh Info, un vrai-faux site d’informations locales tenu par des militants identitaires. Un article est publié sur ce site. « Désagréable« , souligne le patron de la librairie. Puis, quelques heures plus tard, « nous avons été assaillis sur nos comptes Google et Facebook par des dizaines et des dizaines de messages haineux, d’insultes et de menaces« , explique Loïc Josse.

Depuis, le compte Google de la librairie a été fermé. « Il y avait des ignominies qu’on avait pas envie de laisser lire« . Mais pas question de changer la vitrine, pour le propriétaire de la Droguerie de Marine. « Il y a d’ailleurs un élan de solidarité. Il y a des gens, dans une grande diversité d’idées, qui nous soutiennent. Je viens d’aller au Salon du Livre à Paris et j’ai eu le plaisir de voir des auteurs et des éditeurs venir spontanément manifester leur soutien!« .

France Bleu

Salope, gauchiste… Anne-Sophie Lapix cible de la fachosphère après son interview de Philippot

Le 6 mars, l’atmosphère de l’émission C à vous était pour le moins tendue. Interviewé par Anne-Sophie Lapix, Florian Philippot a jugé cette dernière « arrogante », d’un « très grand mépris », « peu élégante », et « agressive ». Mais cela ne s’est pas arrêté là.

Dès la fin du programme de France 5, Anne-Sophie Lapix a été visée par des messages de haine sur Twitter, émanant pour la plupart de la fachosphère.

« Connasse », « visage de la haine gauchiste », « fille à papa vivant dans la luxure », ou « salope à la botte du pouvoir »: les tweets à caractère insultant ou sexiste ont été très nombreux.

Heureusement, Anne-Sophie Lapix bénéficie également de nombreux soutiens qui vantent son professionnalisme et sa pugnacité. La journaliste a d’ailleurs remercié les internautes « pour tous ces messages sympathiques qui annihilent tous les messages haineux… » sur Twitter.

L’Express

«On va te tuer» Un responsable des jeunes communistes menacé de mort par un groupuscule d’extrême droite

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«On va te tuer » : Mehdi Belmecheri-Rozental, 25 ans, responsable des questions internationales pour le Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF), a été de nouveau victime de menaces de mort, lundi, sur son téléphone portable. Deux de ses camarades ont aussi reçu les mêmes coups de fil. « Je n’ai pas répondu aux appels », affirme le militant, pour qui la situation est « lourde à porter ». Le parquet de Créteil (Val-de-Marne) a été saisi de l’enquête après qu’il a déposé plainte contre X, il y a deux mois.

Les premières intimidations remontent au mois de décembre. Avec une quarantaine de jeunes communistes du Val-de-Marne, tracts et pétitions en main, ils mènent alors une action « Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) » contre les produits israéliens à l’hypermarché Leclerc de Vitry-sur-Seine. Sans heurt, ils vident les étagères des jus d’orange Jafaden, une « marque repère », « fabriqués à partir de fruits cultivés sur des territoires palestiniens occupés par Israël », explique-t-il.

L’initiative, diffusée sur les réseaux sociaux, a déclenché les hostilités de la Brigade juive, un groupuscule sioniste d’extrême droite, proche de la Ligue de défense juive. « Un bon communiste est un communiste mort », peut-on lire dans un commentaire. S’ensuit une avalanche de menaces envers Mehdi Belmecheri-Rozental : une quarantaine d’appels quotidiens pendant dix jours et le piratage de sa ligne téléphonique pour annoncer à ses parents qu’ils allaient « retrouver son corps sous un pont de la Seine »…

L’Humanité