« On va égorger vos imams » « Sale PD »… des internautes au tribunal pour leurs tweets haineux

Des auteurs anonymes de tweets islamophobes ou homophobes ont été démasqués par la police après le dépôt de plaintes. Devant la justice, ils se font bien plus petits que sur les réseaux sociaux.

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Ils sont des milliers chaque jour à se cacher derrière un pseudo pour insulter ou menacer des internautes sur les réseaux sociaux. Sur Twitter par exemple, les trolls ont la belle vie et peuvent la plupart du temps injurier tranquillement — souvent sous le regard passif de la modération— sans craindre des poursuites judiciaires. Ce mercredi pourtant, plusieurs trolls qui se cachent habituellement derrière des pseusos anonymes, ont comparu devant la 17e chambre du TGI de Paris après avoir été démasqué par la police.

Intimidée et émue, Aurélie* est appelée à la barre pour expliquer un tweet qu’elle avait lâché juste après l’attentat contre l’église de Saint-Etienne de Rouvray et le meurtre du père Hamel en juillet 2016. À partir du compte @EuropeER, elle a entre autres messages islamophobes, posté ce tweet.

«Nous aussi on va égorger vos imams dans vos mosquées.»

La Délégation interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcrah) signale son tweet au procureur et les enquêteurs parviennent à l’identifier.

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2 militants d’extrême droite traduits en justice pour des propos homophobes contre Ian Brossat

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En avril 2015, après avoir été visé par des tweets homophobes, l’adjoint communiste à la mairie de Paris, Ian Brossat, avait décidé de porter plainte «pour montrer que l’homophobie est une réalité». Selon nos informations, la plainte a abouti et un procès aura donc lieu le 11 janvier à la 17e chambre correctionnelle de Paris. Deux prévenus sont appelés à comparaître, précise à Libé l’élu du XVIIIe arrondissement.

Libération

Dans une tribune sur Le Plus, Ian Brossat évoque ces tweets et ces lettres qu’il reçoit régulièrement. Il écrit :

Comme tous les mois ou presque, un compte anonyme déverse sa bêtise crasse. Il y a quelques jours, c’était une lettre anonyme d’un électeur FN, par voie postale cette fois, qui avait pris le soin de découper et coller le visage de Marine Le Pen : ‘Vive Marine, la seule à vous enculer, toi le petit pédé.’

Ce genre de mots tout à fait sympathiques, Ian Brossat dit en recevoir des tas. « J’en reçois régulièrement. Une rafale par mois, environ, sous des pseudos divers », explique-t-il au Lab.

Le conseiller de Paris a donc décidé de porter plainte, « pas seulement pour [lui], mais pour ceux qui n’osent pas ou ne peuvent pas« . Il ajoute :

Je porte plainte pour les centaines d’anonymes qui, sur les réseaux sociaux, ont reçu le même genre d’insultes et n’ont pas souhaité ou pu réagir. Comment ne pas voir que la Manif pour tous et ses alliés ont dramatiquement libéré la parole homophobe ?

Europe 1

Hongrie : au nom de l’Église catholique, un maire d’extrême droite interdit les mosquées, le voile et les gays

Le maire d’extrême droite d’une commune du sud de la Hongrie s’est mis en tête de défendre son pays contre tout ce qui ne reflète pas ses valeurs. Ainsi, tout ce qui fait allusion à l’Islam, mais également à l’homosexualité sera interdit. 

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L’ex-Grand rabbin de France Joseph Sitruk visé par une plainte pour « incitation au crime »

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«Ne pas en rester là». Après les propos de l’ex-Grand rabbin de France Joseph Sitruk, le 3 juin, sur les ondes de la radio communautaire juive Radio J, associant (comme Christine Boutin) «l’homosexualité» à «une abomination et un échec de l’Humanité», l’association SOS homophobie confirme ce mercredi avoir porté plainte sans constitution de partie civile contre le dignitaire religieux début septembre pour «incitation au crime en raison de l’orientation sexuelle».

Annoncée sur la radio Judaïques FM, ce matin, l’information a été confirmée à Libération par Gilles Dehais, le président de l’association.«Après une phase de réflexion, on a décidé de porter plainte sur la base de l’article 23 de la loi du 29 juillet 1881 car on ne peut pas laisser dire que l’homosexualité est une ‘extermination morale’», précise Gilles Dehais.

En juin dernier, à quelques jours de la gay pride de Tel Aviv, l’ancien Grand rabbin (1987-2008), connu notamment pour son orthodoxie et son opposition au Pacs, avait suscité l’indignation des associations LGBT après avoir jeté sur les ondes de la radio communautaire juive Radio J, que «la Torah considère l’homosexualité comme une abomination et un échec de l’Humanité».

Pour lui, la marche de Tel Aviv, est une «initiative de tentative d’extermination morale» du peuple d’Israël, et «rabaisse au rang le plus vil» le pays. Joseph Sitruk appelait par ailleurs à ce que : «les auditeurs écout[ent] mon appel au secours et réagi[ssent] de façon radicale à une telle abomination». Le Procureur a désormais le choix de classer la plainte ou de s’en saisir

Libération

« Il te baise hein ton copain, pédé » Un couple gay pris à parti par des policiers de la BAC

Victor et Maxime rentrent de soirée quand ils tombent sur 3 policiers en civils sur les nerfs. Quand les fonctionnaires découvrent qu’ils sont gays, les commentaires homophobes fusent.

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Place de la République – Ce jeudi 21 juillet, peu après minuit Victor et Maxime, scooter à l’arrêt, attendent que le feu passe au vert. Juste derrière eux, les occupants d’une voiture s’excitent sur deux cyclistes. « Ils leur hurlaient dessus, alors j’ai crié “ta gueule” », raconte Victor qui connaît l’un des hommes à vélo. En se retournant Maxime, son copain, aperçoit un flingue accroché sur le torse d’un des automobilistes. Il comprend qu’il a affaire à des policiers en civil. Le jeune trentenaire rentre la tête dans les épaules, « en espérant qu’ils laissent passer ». Le feu passe au vert. Le scoot démarre. Gyrophare.

Les trois pandores jaillissent du véhicule. Ils séparent le couple. S’en suit un contrôle musclé mais, au départ, dans les règles. « Comment tu oses m’insulter ?! » Le couple fait profil bas. C’est quand l’un des agents interroge Victor, sur les liens qui unissent les deux jeunes, que tout aurait basculé :

« Il m’a demandé si c’était mon frère, je lui ai dit que non, c’était mon copain. »

Les bleus ouvrent alors les vannes :

« Pédé ! »

« Il te défonce ton copain ? »

« Tu le suces ? »

Les agents demandent à Victor de mettre les mains derrière le dos. L’étudiant de 18 ans est « tétanisé » :

« Ils étaient bouillants. Je baissais les yeux et je n’osais pas répondre. »

Ils menacent de le coller 72 heures en garde à vue. S’en suit une fouille au corps appuyée. « Ils faisaient exprès de me faire mal. » L’un des agents presse violemment le plexus de Victor au point de lui « couper la respiration ». Les deux hommes sont alors dos à dos. Maxime n’assiste pas à la scène mais il entend les insultes. Lui aussi aurait eu droit à un traitement salé :

« L’un des policiers m’a dit “si vous étiez des loulous dans les cités, ça ne se serait pas passé comme ça, vous seriez morts. Mais vous êtes des petits bobos parisiens…” »

Signalement à l’IGPN

Après une poignée de minutes, Victor signale la profession de son copain : collaborateur de l’adjoint au maire communiste Ian Brossat. Changement de ton. « Ils sentaient qu’ils avaient déconné et ils tentaient de minimiser la situation », rembobine Victor. Au bout de quelques minutes, l’escadron décolle. Comme si de rien n’était.

Maxime et Victor comptent signaler auprès de l’IGPN – la police des polices – le comportement des trois policiers, sans trop d’espoir quant aux suites possibles. « Ils n’avaient pas de matricule et dans cette situation on n’a pas pensé à relever la plaque d’immatriculation », détaille Maxime.

Un peu plus tard, Victor a fait en 3 tweets, un récit très bref de sa soirée :

« En réaction j’ai reçu une vingtaine de messages homophobes et insultant. J’ai dû bloquer plusieurs comptes. »

Street Presse