Attentat à Québec : Comment la fachosphère s’est mise à dédouaner l’extrême droite

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La rumeur est née de deux éléments : l’arrestation d’un suspect d’origine marocaine sur les lieux de l’attentat. Par ailleurs, « un témoin qui préfère garder l’anonymat » affirme que le tueur aurait crié « Allahu akbar » avant de tirer. L’attentat serait donc le fait de terroristes islamistes. D’ailleurs, le deuxième suspect, Alexandre Bissonnette, est « probablement un converti ».

Une théorie reprise notamment par, là encore par plusieurs médias le compte Twitter de la chaîne américaine Fow News… qui s’est finalement excusée d’avoir « commis une erreur ».

Car, après quelques heures en garde à vue, les enquêteurs n’ont plus aucun soupçon : cet homme n’est pas un suspect mais un témoin. D’après son témoignage recueilli par Radio Canada, il a été interpellé alors qu’il tentait de venir en aide aux victimes de l’attentat.

France Info

Des affiches racistes des identitaires à Grivegnée : la réponse intelligente de riverains

Des affiches à caractère raciste ont été collées sur une colonne Morris à Grivegnée. Des riverains ont choisi de réagir en les recouvrant de leurs propres affiches, utilisant les codes de la propagande d’extrême droite.

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«Stop immigration. On est chez nous». Ces quelques mots écrits sur des affiches, en jaune et blanc sur fond noir, ont heurté des habitants de Grivegnée, voici quelques jours. Ces placards ont été collés une colonne Morris de la place Louis De Brouckère, manifestement par un groupe se faisant appeler «Génération Identitaire Wallonie» et qui s’inscrit dans l’organisation française d’extrême droite «Génération Identitaire».

C’est elle notamment qui avait cherché à manifester à Molenbeek au lendemain des attentats de Bruxelles. Le rassemblement avait in fine été interdit par la bourgmestre Françoise Schepmans (MR).

«C’étaient des affiches de grand format, imprimées sur un papier de qualité. Il ne s’agit pas d’une personne qui gribouille ça dans sa chambre», glisse Quentin le Bussy, conseiller communal écolo à Liège, ayant grandi dans le quartier de Grivegnée.

Deux de ses connaissances, Pascal et Virginie, vivent à Grivegnée et ont été heurtées par la présence de telles affiches. «J’habite dans le bas de Grivegnée. Pour une fois, je suis passé dans le haut du quartier et je suis tombé sur ces affiches. Ça m’a choqué. On n’a pas du tout l’habitude de voir ça chez nous», témoigne Pascal Wan Vanhoren.

«La réponse du berger à la bergère»

Mardi, les trois se sont donc mobilisés pour créer de nouvelles affiches. Pascal étant graphiste, il a lui-même repris la charte graphique utilisée sur les affiches initiales, pour en détourner les codes.

Le message est donc devenu «Stop racistes. On veut pas de vous!», signé «Génération On va pas s’taire».

«Entre mardi et mercredi, les affiches initiales avaient été arrachées, tant mieux d’ailleurs. Nous avons décidé de les surcoller avec les nôtres, que j’avais imprimées chez moi», précise Quentin le Bussy.

Le bourgmestre interpellé

En tant que conseiller communal, ce dernier a également adressé un courrier au bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) pour l’informer de ces faits. «La Ville de Liège a connu des périodes noires en termes d’expression d’idées racistes, xénophobes, anti-démocratique et je pense qu’aucun démocrate ne souhaite leur permettre de refaire surface, d’autant que les messages et actions sont le plus souvent pénalement punissables», fait savoir Quentin le Bussy.

Le conseiller communal demande en outre une vigilance accrue de la part de la police de Liège.

«Le fait d’utiliser leur propre graphisme, la réponse du berger à la bergère. C’est une manière d’en rire, de leur montrer qu’ils sont ridicules et complètement à côté de la plaque», commente Pascal Wan Vanhoren. De fait, on aurait presque pu s’amuser de ce petit épisode du quartier, s’il n’avait pas été déclenché par des affiches de cet acabit.

L’Avenir

Institut de civilisation musulmane: les identitaires envahissent violemment le conseil de Lyon

Alors que se discutait lors du conseil de la Métropole de Lyon le projet de financement de 1 million d’euros dédié à l’Institut français de civilisation musulmane, une quinzaine de fauteurs de troubles de Génération identitaire sont venus perturber les débats ce lundi soir.

Aux cris de « non non non à l’islamisation. On va tous vous dénoncer auprès de vos électeurs parce que vous financer les musulmans ».

Les élus, subjugués, ont assisté à cette manifestion durant de longues minutes avant l’évacuation des fauteurs de trouble. Ces derniers se trouvaient dans le box des spectateurs, à quelques mètres de Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon.

L’IFCM est dans la lignée de l’institut du monde arabe de Paris. Ce projet, dans les cartons depuis 1983, suscite de vives protestations depuis que le président de le régions Auvergne-Rhône-Alpes ,Laurent Wauquiez, ait refusé une subvention de 1 million d’euros au prétexte que l’IFCM bénéficiait de financements de l’Algérie et de l’Arabie Saoudite.

Or, ces fonds étrangers sont de l’ordre d’un million d’euros, soit l’équivalent de la subvention refusée de la Région.

Pour rappel, le Département du Rhône avait aussi refusé de subventionner l’IFCM à hauteur d’un million d’euros.

Gérard Collomb a rappelé que ceux qui se disent identitaires « ne connaissent pas l’histoire de Lyon. Le premier évêque de Lyon, Saint Pothin, était d’Asie Mineure, Saint Irenée et Saint Blandine de Smyrne ».

Lyon Mag

Un ancien du Bloc identitaire et ex élu FN , condamné en appel pour homophobie

La condamnation de Louis Noguès, 71 ans, conseiller municipal du Mans, à 2 000 € d’amende pour « injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle ». Il se pourvoit en cassation.

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La cour d’appel d’Angers a confirmé, jeudi 30 juin, la condamnation de Louis Noguès, 71 ans, conseiller municipal au Mans, ex-Front national – il a été exclu – à 2 000 € d’amende pour « injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle ».

Lors d’un conseil municipal du Mans, en février 2015, l’ancien chirurgien-dentiste avait ajouté, à propos du centre LGBT (lesbiennes, gay, bisexuels transsexuels) : « Vous avez oublié certainement la zoophilie, c’est ça qui me gêne. »

Louis Noguès a aussitôt annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation. « C’est un jugement politique », commente-t-il.

Ouest France

L’écrivain d’extrême droite Maurice G Dantec est mort

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La mort de l’auteur sulfureux a été annoncé par sa maison d’édition sur Facebook. Il venait d’avoir 57 ans.

Il s’est rendu impopulaire également en faisant des déclarations critiques contre l’islam, en prenant contact avec le Bloc identitaire (mouvement d’extrême droite français) ou en défendant des positions royalistes.

Sa personnalité particulière, son usage des psychotropes, le choix de son agent, ont fait de lui une star déchue de la littérature, fascinée par l’argent et la provocation. De fait les tirages de ses romans ont fini par faiblir sous l’effet des coups de gueules, des polémiques, et de l’obsession conspirationniste du romancier.  50.000 exemplaires vendus pour Babylon Babies , mais seulement 5000 pour Métacortex, dix ans plus tard.

France Inter

Dépôt de plainte contre le militant d’extrême droite Boris Le Lay pour menace de mort

Olivier Cuzon, militant syndical de Sud, a porté plainte contre Boris Le Lay pour des menaces de mort qu’il aurait reçues via le mur Facebook de Boris Le Lay, reprenant un article écrit sur son site Breizh Atao.

« Boris Le Lay est propriétaire de ce mur et la jurisprudence est constante. S’il ne me menace pas directement, plusieurs commentaires le font très clairement » explique celui qui n’entend pas céder à la peur.

Brest. Plainte nominative contre Boris Le Lay

Par ailleurs, le même site Breizh Atao avait déjà publié des contenus à la suite d’une manifestation qui avait opposé l’Adsav aux antifas dans les rues de Brest en octobre.

Le 11, il avait notamment publié une première  » note de renseignements sur les collaborateurs pro-islamistes de la ville  » de Brest où figuraient 7 personnes.

Dans un courrier adressé au procureur, six d’entre-eux demandent instamment à la justice de faire le nécessaire pour retrouver Boris Le Lay afin qu’il purge la peine de six mois de prison ferme prononcé par le tribunal correctionnel de Quimper en mai dernier, à la suite d’insultes à caractère raciste proférées contre un musicien de couleur noire.

Le Télégramme

Le Bloc identitaire est-il mort ?

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Le parti d’extrême droite organise un rassemblement anti-Hollande, mais ne présentera aucun candidat dimanche.

Les apéros « saucisson et pinard », c’était eux. Les apéros « soupe au cochon » qui excluaient les SDF musulmans, encore eux. Le parti d’extrême droite le Bloc Identitaire, absent de toute la campagne présidentielle, tente, jeudi, de refaire parler de lui, en organisant un grand rassemblement devant le siège du PS. Le thème choisi : « Hollande n’est pas mon président ».

Ce rassemblement « happening » intervient après alors que le parti -présent principalement dans le sud – a échoué à présenter des candidats aux législatives de dimanche.
Où sont passées les ambitions de 2009 ?

Pour fixer le décor, rappelons que le Bloc identitaire est un parti relativement récent. Apparu aux cours des années 2000, il ne s’est constitué en parti politique qu’en 2009. Prônant la re-migration, organisant – dans la plus pure tradition des mouvements d’extrême droite – « des mouvements de sécurisation » à la sortie des écoles pour éviter le racket, le parti jurait alors qu’il faudrait désormais compter sur lui à toutes les élections.

« On ne participe pas pour faire de la figuration », assurait alors à Europe1.fr le nouveau parti, promettant qu’il s’inscrirait « durablement dans le paysage politique ». Un des dirigeants du parti, Philippe Vardon se voyait même comme une alternative dans les urnes aux déçus du sarkozysme : « Il existe aujourd’hui un large espace politique pour nous », disait-il en octobre 2009.

Trois ans plus tard, cet objectif est loin d’être rempli : le BI est totalement absent des législatives et, de retour à la case départ, se contente d’organiser des actions coup-de-poing devant le siège du PS.

MarcheDesCochons

Pendant l’année, le mouvement d’extrême droite a même connu des dissensions. « Au cours de la présidentielle, nous n’avons pas pu mener notre propre candidature à terme, [officiellement pour des causes financière ndlr]. Ensuite, nous avons organisé des consultations pour savoir si nous devions nous positionner et donner des consignes de vote au premier tour », explique à Europe1.fr Fabrice Robert, président du BI. A la question ‘faut-il s’allier au FN ?’, une majorité de membres du parti « a répondu non, estimant cela était contraire à l’ADN du parti que de se rallier à un tiers », ajoute le président du BI, qui oublie de dire que la réflexion a eu lieu dans la douleur, le BI ayant même dû exclure un des ses membres, Philippe Millau, pourtant membre de la direction.
Le Bloc se fait piquer son attachée de presse par le FN

La question de l’avenir du Bloc identitaire se joue pourtant bien là : le BI peut-il continuer à exister sans s’allier au Front national ? « Quand un parti arrive à une masse critique [le BI compte selon ses dires 2.500 militants], il faut savoir quelles perspectives il donne à ses militants dont certains ratissent le terrain depuis longtemps. Pour le Bloc identitaire les choses sont assez simples, soit il reste indépendant, soit il s’allie au Front national pour obtenir des postes », juge Jean-Yves Camus, politologue, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste de l’extrême-droite.

« Pour les législatives, la direction du BI a quand même essayé de créer des alliances locales avec le FN. Notamment avec Philippe Vardon à Nice. En vain, le FN, qui tente de normaliser son image, a alors jugé trop radical ce parti », ajoute le politologue.

Au final, le FN n’a investi que l’attachée de presse du Bloc identitaire Catherine Blein, dans les Côtes d’Armor. Elle venait de quitter sa fonction pour prendre sa carte… au FN.
Le parti a « raté une marche »

Dans ce contexte, le rassemblement de jeudi du BI « témoigne surtout d’une envie de redonner de la visibilité à un mouvement qui vient de rater la deuxième marche », avance Jean-Yves Camus. Cette marche que le Bloc identitaire a ratée, c’est celle de la professionnalisation – du passage de l’association au parti politique.

« Nous sommes en train de grandir, de nous structurer », veut croire Fabrice Robert. « Et très concrètement, nous avons pour objectif de faire élire des conseillers identitaires dans 100 communes de France aux prochaines municipales ». 2014 sonne donc comme l’épreuve de la dernière chance pour le parti.

Europe1