Le nouveau président du Liban est chrétien

Le leader chrétien Michel Aoun a été élu lundi à la présidence de la République libanaise au second tour de scrutin avec 83 voix sur 127 par le Parlement libanais lors de la 46e séance électorale.

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Au premier tour, M. Aoun n’avait obtenu que 84 voix, alors qu’il lui en fallait 86. Le second tour a fait l’objet de cafouillages. Les députés ont du voter à trois reprises. Les deux premières fois, 128 bulletins avaient été déposés dans l’urne alors que 127 députés sont présents dans l’hémicycle.

Trente six députés ont voté blanc au second tour (contre 36 également au premier tour). Sept bulletins ont été annulés (5 pour la « Révolution du Cèdre continue au service du Liban », un où il était écrit « un Parlement légal ou pas » et un au nom de « Zorba le Grec »). Une voix a également été attribuée à Sethrida Tawk (Geagea).

Le président est élu à bulletin secret, à la majorité des deux tiers des députés au premier tour et à la majorité absolue aux tours suivants (soit 65 voix). Actuellement, le Parlement ne compte plus que 127 membres après la démission du député Robert Fadel.

L’Orient Le Jour

 

Racisme d’Etat : «la vie d’un noir américain vaut-elle celle d’un blanc ?»

De la Guerre de Sécession aux protestations actuelles contre les violences policières, en passant par Rosa Parks, Martin Luther King et Barack Obama, le sort des des esclaves venus d’Afrique et de leurs descendants est au cœur de l’élection présidentielle du 8 novembre.

cause d’une simple histoire de couleur de peau, l’arrivée à la Maison-Blanche d’Obama, en 2008, a été un symbole d’une force extraordinaire. Les cas innombrables de violences policières touchant toujours des Afro-Américains prouvent que les symboles ne suffisent pas toujours à changer la réalité des choses. « Black lives matter », dit le slogan forgé en 2013, après l’une de ces affaires. Trois ans plus tard, après d’autres morts, des manifestants continuent de défiler pour rappeler que « les vies noires comptent » à un pays qui semble avoir du mal à l’admettre. L’obsédante « question noire » est une vieille affaire aux Etats-Unis. La plupart des Européens ignorent à quel point son histoire a été brutale.

Elle prend racine dans ce que, par euphémisme, Jefferson, un des pères de l’indépendance, appelait « l’institution particulière ». L’esclavage est pratiqué massivement par les Etats du Sud et, pour ne pas se les aliéner, la Constitution adoptée en 1787, qui prétend célébrer la liberté et l’égalité, n’ose pas le supprimer. Durant tout le XIXe siècle, le fossé se creuse entre une Amérique du Nord-Est qui s’industrialise et les régions dont l’économie de plantation – tabac, et surtout coton – repose sur la main-d’œuvre servile.

La rupture a lieu en 1860 quand Lincoln, un républicain qui a fait campagne sur le thème de l’abolition, se fait élire à la Maison-Blanche. Sept puis onze Etats du Sud se retirent de la fédération pour former les « Etats confédérés d’Amérique », un nouveau pays qui entre en guerre avec celui qu’il vient de quitter. C’est la guerre de Sécession (1860-1865), sanglante, meurtrière, qui se termine par la victoire écrasante du Nord et la réalisation d’une promesse : en 1865 le 13e amendement abolit l’esclavage. Sortis des chaînes, 4 millions d’êtres humains pensent qu’ils vont enfin devenir des citoyens à part entière d’un pays où on les a installés de force.

Racisme d’Etat

Pendant une petite décennie, la période dite de « la Reconstruction », ils ont pu y croire. Les premières élections auxquelles les Noirs participent, massivement, portent au pouvoir des élus de couleur. L’idée est insupportable aux anciens maîtres. Dès que l’occupation par les armées du Nord cesse, en 1877, le vieux Sud met en place un effrayant racisme d’Etat qui vise à rappeler à chacun quelle est sa place dans la société. C’est le temps de la ségrégation. Elle a une face institutionnalisée, avec ses lois qui tracent partout, dans les bus, les écoles, les toilettes et même les cimetières une ligne de séparation entre « white » et « colored ».

Elle a aussi une face retorse. Le 15e amendement interdit spécifiquement que quiconque soit exclu du vote en fonction « de sa race ». Les Etats du Sud le bafouent par tous les moyens. Soit ils utilisent la ruse, en imposant par exemple aux électeurs noirs des tests d’alphabétisation, délibérément infaisables, dont les Blancs sont dispensés. Soit ils utilisent l’intimidation physique.

Dans ce monde, la violence est l’arme constante des dominants. Quand elle n’est pas le fait du Klu Klux Klan – il disparaît dans les années 1870 mais ressuscite dans les années 1920 –, elle est pratiquée par des foules entières, qui estiment de leur droit de se faire justice soi-même. Des années 1880 aux années 1950, environ 4.000 Noirs, hommes, adolescents, sont victimes de lynchages, c’est-à-dire qu’ils sont brûlés, torturés à mort ou encore pendus lors de cérémonies publiques auxquelles les foules blanches se pressent, le plus souvent en famille. Un quart de ces exécutions sont motivées par des accusations, fondées ou infondées, d’agressions sexuelles envers des femmes blanches.

La loi et les faits

Dès la fin du XIXe siècle, par centaines de milliers, les Noirs quittent ces terres de malheur pour tenter leur chance dans les grandes villes industrielles du Nord comme Chicago ou Detroit. Ils y découvrent les emplois sous-payés et les ghettos d’un monde où l’exclusion ne passe pas par la loi, mais par l’économie. Le racisme ne s’arrête pas, en effet, aux frontières du Sud. Comment oublier que la Cour suprême fédérale elle-même a pu, dans un arrêt de 1896, approuver la ségrégation ? Comment oublier que l’armée américaine, qui est entrée dans deux guerres mondiales au nom de la justice et du droit, était une armée dans laquelle les soldats noirs n’étaient armés que par exception, parce qu’on avait peur de ce qu’ils pouvaient faire avec un fusil ?

Depuis toujours, des militants courageux ont lutté pour abattre ces murs d’injustice. Il faut attendre les combats éclatants des années 1950-1960 – Rosa Parks, qui refuse de se lever devant un Blanc dans un bus de l’Alabama ou l’immense « marche pour les droits civiques », conduite par Martin Luther King, qui aboutit à Washington en 1963 – pour que les pouvoirs publics se décident à agir. En 1964, le Civil Rights Act, signé par le président Johnson, déclare illégale toute discrimination. Plus d’un demi-siècle plus tard, l’actualité prouve que les faits ont du mal à suivre la loi.

L’Obs

La baronne Jenny Tonge suspendue pour avoir attribué la responsabilité de la Shoah aux Juifs

Jenny Tonge a été suspendue par les Libéraux Démocrates. Les Tories et l’ambassade israélienne protestent contre une réunion de la Chambre des Lords où un membre de l’audience a comparé Israël à l’EI.

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Le parti Libéral-Démocrate a suspendu jeudi un de ses membres, anti-israélien, de la Chambre des Lords, la baronne Jenny Tonge, quarante-huit heures après qu’elle ait tenu une séance au Parlement durant laquelle un membre du public a été applaudi pour avoir clamé que les Juifs portent la responsabilité de l’Holocauste et pour avoir comparé Israël à l’Etat islamique.

Tonge, qui siège en tant qu’indépendante à la Chambre des Lords après avoir démissionné du groupe parlementaire du parti en raison de propos anti-israéliens en 2012, présidait cette réunion organisée par le Centre pour le Retour des Palestiniens.

Cette rencontre marquait le point de départ d’une campagne appelant le gouvernement britannique à présenter des excuses pour la Déclaration Balfour de 1917 affirmant le droit du peuple juif à retrouver un foyer dans la Palestine d’alors.

La Fédération sioniste de Grande-Bretagne a salué cette suspension, affirmant dans un communiqué transmis aux medias jeudi dans la soirée que la mesure contre Tonge « souligne la pure laideur de la réunion de défense des droits de l’Homme » à laquelle elle s’est rendue.

« Depuis des années, ces événements ont eu lieu en servant de caisse de résonnance à des interlocuteurs qui concourent les uns les autres à celui qui fera les déclarations les plus ignorantes, les plus grotesques et les plus offensantes concernant Israël », lit-on dans le communiqué.

L’ambassade israélienne à Londres s’est simplement contentée pour sa part d’expliquer en réponse au communiqué annonçant la suspension que « l’antisémitisme ne pourra jamais être toléré ».

La teneur des paroles prononcées lors de cette réunion, qui a été diffusée en direct sur Facebook par le Centre pour le Retour des Palestiniens, a été évoquée jeudi à la Chambre des Communes.

TTOI


Le « dégoût » d’Israël entraîne la hausse de l’antisémitisme britannique, selon une baronne

L’ancien parti des Libéraux démocrates de Jenny Tonge se distancie de ses remarques

La hausse de l’antisémitisme en Europe reflète le « dégoût » de la population générale devant le traitement des Palestiniens par le gouvernement israélien, a déclaré lundi une membre controversée de la Chambre des Lords de Grande-Bretagne.

TTOI

L’animateur radio Alex Jones, admiré par Trump, qualifie les États-Unis de «mafia juive»

L’animateur radio Alex Jones, qui aurait une « super réputation » selon le candidat républicain, s’élève contre la « combine corporatiste internationale »

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Alex Jones, animateur radio et théoricien du complot, sympathisant de Donald Trump s’est emporté au sujet de la « mafia juive » qui contrôle les États-Unis, et a accusé l’éminente famille Emanuel d’en être les protagonistes.

Jones, qui a interviewé Trump pour son émission, a prononcé un long sermon lors du son émission mardi, dans lequel il a démenti être antisémite, mais semblait accuser les juifs pour tous les problèmes inhérents à la société américaine.

« Laissez-moi vous dire, les Emanuel sont une mafia », a déclaré Jones au sujet du maire de Chicago Rahm Emanuel, ancien chef d’État-major pour le président Obama et de ses frères Ari et Ezekiel.

« Et vous, savez, je me disais, ils disent toujours que si je parle du gouvernement mondial et de la corruption, alors je suis antisémite, il y a des mafias de tous bords, mais si vous voulez qu’on en parle, la famille Emanuel est la mafia juive ».

« Mais je ne veux pas dire que les juifs sont mauvais, c’est juste qu’ils sont à la tête de la mafia juive dans le pays. Ils contrôlent Uber, ils contrôlent le système de santé, ils vont vous arnaquer, ils vont vous faire du mal », dit-il.

Il a décrit Rahm Emanuel comme « un homme à la bouche écumante, qui se présente aux réunions avec des couteaux, qui menace le président, complètement fou. Il a une main sur tout, il nous arnaque. »

Jones a accusé la famille Emanuel d’avoir « collaboré » avec George Soros (un magnat des affaires hongro-américain et philanthrope), un « collaborateur des nazis » ainsi qu’avec Madeleine Albright, la secrétaire d’État de Bill Clinton, née de parents juifs, élevée catholique. Jones a accusé le père d’Albright d’avoir collaboré avec les Nazis pour « rassembler des juifs ».

En décembre, Trump a fait une apparition dans l’émission « The Alex Jones Show ». Il était alors candidat à l’investiture du parti républicain. Il a dit à l’animateur « vous avez une super réputation », et lui a promis : « je ne vous laisserai pas tomber ».

TTOI

Les catholiques intégristes de Civitas appellent à voter Jean-Frédéric Poisson

Civitas, l’association catholique intégriste devenue parti politique d’extrême droite, s’invite dans la primaire à droite en appelant ses sympathisants à voter pour le candidat Jean-Frédéric Poisson. 

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Conseil régional d’Ile-de-France : des absences injustifiées des élus de droite et d’extrême droite

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La région Ile-de-France a publié ce mois-ci le taux d’assiduité de ses élus. Sur 209 conseillers, seuls 40 ont été réellement assidus. Parmi les plus absents, on trouve plutôt des élus de droite (qui compte aussi plus d’élus) dont Robin Reda, «plus jeune maire de France» à Juvisy (91), le député LR des Yvelines David Douillet, la médiatique cuisinière et élue LR Babette de Rozières ou encore, à l’extrême droite, le frontiste Wallerand de Saint-Just, déjà épinglé pour absentéisme dans sa précédente région.

Libe

Dalil Boubakeur insultant envers les Arabes et les musulmans ?

Patrick Buisson a décidé de régler ces comptes avec Nicolas Sarkozy. Celui qui fut le conseiller de l’ex-chef d’Etat a publié fin septembre « La cause du peuple » (Ed. Perrin) relatant « l’histoire interdite de la présidence Sarkozy » sur la base supposée d’enregistrements de conversations auxquelles Patrick Buisson a assisté. 

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Quel rapport avec la Grande Mosquée de Paris ? Un des passages du livre a directement visé Dalil Boubakeur qui a décidé, lundi 24 octobre, de démentir la teneur d’un échange qui aurait été tenu en octobre 2002 entre le recteur et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, concernant la première présidence du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2003.

Lors d’un échange qui fut rapporté à Patrick Buisson en septembre 2010 « par Sarkozy lui-même », Dalil Boubakeur n’aurait initialement pas été très emballé à la proposition de Nicolas Sarkozy de présider l’instance, déclarant être « très malade » et « très fatigué ». Une fatigue qui ne serait pas que physique des mots de Patrick Buisson.

« Tu sais que je ne les supporte plus ces Arabes, que je les déteste. Je ne peux plus les voir en peinture », aurait-il déclaré devant un Sarkozy insistant prêt à lui offrir ce qu’il désirait (« Combien ? », répétait-il). « Avec les musulmans, c’est pire. Toutes leurs histoires me sortent par les yeux. Ça fait plus de 60 ans que je les subis. Il faut me comprendre : j’ai été élevé dans une mosquée. Je n’ai jamais pu en sortir », aurait-il ajouté.

Des proférations d’insultes « inacceptables »

La Grande Mosquée de Paris a « formellement » démenti les allégations, indiquant que la décision de désigner Dalil Boubakeur à la tête du CFCM « a été prise en présence de l’ensemble des représentants des fédérations musulmanes et des grandes mosquées fondatrices du CFCM réunis par Nicolas Sarkozy, (…) qui a ensuite annoncé publiquement le choix unanime sur lequel se sont portés tous les représentants du culte musulman en France »après une réunion en décembre 2002 « en conclave au Château de Nainville-les-Roches, dans l’Essonne ».

« Et contrairement à ce qu’avancent les propos rapportés par Patrick Buisson, il n’y a eu aucune négociation personnelle et encore moins de proférations d’insultes intolérables et inacceptables », précise la fédération musulmane.

Le responsable du collectif seniors au FN voulait « niquer la race de Taubira » et « expulser les musulmans »

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Maurice Gosseaume avait publié et relayé sur sa page Facebook des messages racistes. Il a été écarté du collectif « seniors » lancé jeudi par Marine Le Pen.

Une carrière météorique. Le Front national a écarté ce vendredi Maurice Gosseaume, un responsable du collectif « seniors » lancé jeudi. En cause, des propos controversés tenus sur les réseaux sociaux, selon l’Opinion.

Sur la page Facebook de cet ancien dirigeant d’une entreprise de produits agricoles, figurait un appel à Marine Le Pen à ce qu’elle « refasse Charles Martel » ou le relais d’un article appelant à « expulser les musulmans » pour « éviter le génocide des Français », une position qu’il qualifie « d’évidente ».

Ce vendredi, Maurice Gosseaume avait retiré une publication du 10 octobre qu’il avait relayée sur l’ex-Garde des Sceaux Christiane Taubira appelant à lui « niquer sa race« . Il avait apposé un « like » à une photo de « ouistiti » en commentaire de cette publication.

 L’Express

Entre racisme et antisémitisme, l’ingérable Henry de Lesquen à Radio Courtoisie

Rien ne va plus dans cette station, marquée à l’extrême droite. Les délires racistes et antisémites de son président, Henry de Lesquen, ont même fini par braquer ses très droitiers collaborateurs. Baston et purges.

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Elle n’a sans doute jamais aussi mal porté son nom. Sur Radio Courtoisie, les débats ont habituellement lieu dans une atmosphère feutrée, entre des intervenants le plus souvent d’accord sur les méfaits du socialisme, de l’immigration ou de l’islam. Après tout, depuis sa création, en 1987, cette radio associative se veut le relais de «toutes les droites» – même si la tendance Jean-Marie Le Pen est nettement préférée à celle d’Alain Juppé. Mais, derrière les micros, se joue désormais une guerre sans merci. Un psychodrame qui a éclaté au grand jour en juin dernier, lorsqu’, Henry de Lesquen, accusé de nuire à son image par ses «déclarations publiques insupportables».

 

Il est vrai que, depuis le début de l’année, leur patron a «pété un câble», dixit l’un d’eux. Lesquen, qui s’est proclamé candidat à la présidentielle, a pris l’habitude de dérouler son délirant programme sur les réseaux sociaux : «racisme républicain», «réémigration» des étrangers, bannissement de la «musique nègre», démontage de la tour Eiffel… Mais ce qui transforme définitivement le clown Lesquen en triste sire, c’est son antisémitisme assumé. En avril, le patron de Radio Courtoisie va jusqu’à s’étonner dans un tweet de «la longévité des « rescapés » de la Shoah morts à plus de 90 ans».

« Il a fait de cette radio son jouet » 

C’en est trop, même pour les très droitiers animateurs de Radio Courtoisie, qui craignent de ne plus pouvoir attirer des invités, mais redoutent aussi le courroux du CSA. L’autorité de l’audiovisuel a déjà mis en demeure la station pour des propos tenus par Lesquen en 2013. Et Radio Courtoisie, qui n’émet qu’en région parisienne et dans quelques villes en région, peut faire une croix sur l’octroi d’autres fréquences. «Un patron comme Henry de Lesquen jette le discrédit sur la radio. Il en a fait son jouet», se lamente Bernard Antony. Ce vieux compagnon de route du Front national, chef de file de la frange catholique traditionaliste, dirigeait une émission depuis 2007. Henry de Lesquen l’a viré en août. Au total, 15 frondeurs ont quitté la station pendant l’été. Une moitié de limogés, l’autre, de démissionnaires.

 

Même Jean-Yves Le Gallou, ex-eurodéputé frontiste devenu incontournable dans la «fachosphère», a fini par sauter de la barque. L’homme est pourtant un ami de quarante ans d’Henry de Lesquen, avec lequel il a cofondé le Club de l’Horloge, un cercle qui cherchait dans les années 70-80 à établir des passerelles idéologiques entre la droite et le FN. «Lesquen n’a jamais été très facile de rapport. Ça semble s’aggraver avec le temps», lâche Le Gallou. D’autres révoqués de Radio Courtoisie sont beaucoup moins tendres. Tous empruntent au vocabulaire de la pathologie psychique pour décrire Henry de Lesquen : «un fou», «un malade mental», «un pervers narcissique» désormais «bouffé par la haine». «Il n’y a plus rien de rationnel chez Lesquen. Il est obsessionnellement antisémite», tranche Bernard Antony.

Le conseil municipal d’Ivry sur Seine vote pour le boycott des produits israéliens

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Communiqué du Collectif  » Ivryens pour la Palestine »:

Le conseil municipal d’Ivry sur Seine a adopté le 20 octobre 2016 un vœu appelant au boycott des produits israéliens. C’est une première en France et une étape importante qu’il faudra renforcer.

Notre combat contre le système colonial d’Israël doit se poursuivre jusqu’à son abolition. Restons mobilisés et déterminés à soutenir le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits : pour la levée du blocus de Gaza, la libération des prisonniers, le droit au retour des réfugiés sur leurs terres, la fin de l’occupation et de la colonisation et l’instauration d’un seul Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale – sur la terre historique de la Palestine – de la mer au Jourdain. Justice, Dignité et Liberté pour le peuple palestinien. »

Oumma

Florine : «Les policiers nous demandent de les rejoindre alors qu’il y a 4 mois, ils nous ont matraqués»

Après l’agression de leurs collègues à Viry-Châtillon, les policiers ont renouvelé leur manifestation nocturne dans les rues de Paris. Sur leur chemin, quelques détracteurs.

C’est le monde à l’envers. Ce jeudi 20 octobre, environ 500 policiers défilaient dans les rues de Paris lors d’une troisième manifestation nocturne depuis le début de la semaine. Le cortège sauvage imitait ainsi les opposants à la Loi Travail qui avaient battu le pavé lors de plusieurs nuits mouvementées le printemps dernier. Après la violente agression au cocktail Molotov de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon, les policiers veulent ainsi réclamer plus de moyens et d’effectifs pour accomplir leur mission.

Du Trocadéro jusqu’à l’avenue de Marigny, où ils ont été bloqués à 300 mètres du Ministère de l’intérieur par la gendarmerie, les manifestants-policiers ont marché en alternant la Marseillaise, « Racailles en prison! » et « Cazeneuve démission! ». Leur cri du coeur a visiblement été entendu puisque François Hollande recevra une délégation de syndicats de policiers en début de semaine prochaine.

En marge du cortège, Le HuffPost a interviewé plusieurs badauds et riverains qui se sont montrés en majorité sympathiques à la cause des policiers. Mais nous avons aussi été témoin d’une conversation entre des manifestants et une jeune opposante à la Loi Travail qui découvrait par hasard ce curieux cortège. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, Florine, 25 ans, a quant à elle beaucoup de mal à entendre le message des policiers…

Ces derniers ont ensuite été raccompagnés chez eux par quelques taxis qui les ont gratuitement pris en charge.

Huffington Post

Les manifestations de la police vous font peur? Voilà pourquoi

Si la mise en scène des manifestations spontanées de policiers, organisées en pleine nuit dans les rues de Paris, ont pu surprendre les riverains, elles inquiètent également la majorité à l’approche de la présidentielle. 

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Voilà plusieurs nuits désormais qu’à Paris, Toulouse, Nice ou Marseille, des centaines de policiers descendent dans les rues. Ils veulent faire entendre leur colère, leur «ras-le-bol»face à des effectifs insuffisants et un manque de moyens, une politique du chiffre, des conflits internes qui rongent les organisations syndicales et un manque de considération de leur hiérarchie. Ces rassemblements spontanés font surtout écho aux différentes attaques dont des fonctionnaires de police ont été victimes ces derniers jours. D’abord celle, au cocktail Molotov dans le quartier de la Grande Borne, à cheval entre les communes de Grigny et Viry-Châtillon, le 8 octobre, qui a blessé grièvement un adjoint de sécurité. Puis celles de Bastia et de Mantes-la-Jolie, quelques jours plus tard.

Aux yeux des personnalités politiques de tous bords, les revendications de ces policiers sont légitimes. Mais certains, surtout à gauche, regrettent la manière dont les manifestations sont menées et mises en scène: ballets de policiers dans les rues en pleine nuit, en uniforme ou en civil, cagoulés pour certains; ballets de voitures banalisées et officielles sirènes hurlantes et gyrophares allumés sur les Champs-Élysées.

«Entre Pinochet et « The Walking Dead »»

À la vue de ce spectacle dans les rues de Paris, ou à la télévision, certains riverains et téléspectateurs se sont dits choqués. Sur Twitter, on décrit des scènes «surréalistes», «hallucinant[es]», «entre Pinochet et The Walking Dead», de policiers défilant dans les rues en «réveillant la population» et appellant les gendarmes mobiles qui encadraient la manifestation illégale à les rejoindre dans le cortège.

Parmi ces réactions fortes, quand certains évoquent à demi-mot des faux airs de coup d’État, d’autres font davantage référence à une forme d’«impunité» des forces de l’ordre qui ont pu se livrer à des manifestations interdites sans être inquiétés par les gendarmes mobiles qui encadraient les rassemblements. Un «deux poids/deux mesures» qui interpelle donc ceux qui ont été témoins ou au cœur des heurts parfois violents qui ont émaillé, ces derniers mois, les manifestations contre la loi travail.

Pour Arnaud Houte, maître de conférence à La Sorbonne et historien de la police, la peur ou, tout au moins, la surprise ressenties à la vue de ces manifestations «sauvages» répondent à d’autres facteurs symboliques. «Qu’ils manifestent cagoulés, masqués, c’est lié à leur devoir de réserve et à des contraintes réglementaires, mais il y aussi là une volonté de mise en scène. Mais, ce n’est pas spécifique à la police, prévient-il. Mettre en scène une manifestation, faire le spectacle, des happenings, c’est quelque chose que l’on peut ratacher aux transformations de la manière de manifester et général et qui s’oberserve également dans d’autres professions».

«Pas un bon signe pour la santé démocratique»?

Alors, pourquoi l’idée de voir des policiers dans la rue, de nuit, surprend? Arnaud Houte avance deux hypothèses. D’abord que ces images peuvent rappeler, dans notre imaginaire collectif, des scènes que nous sommes surtout habitués à voir dans des États policiers d’Amérique du Sud plutôt qu’en France. Il soulève ensuite l’idée que ces manifestations spontanées, organisées sans autorité syndicale, posent des questions sur l’encadrement et la gestion des fonctionnaires de police. «Les contestations de la police contre le gouvernement ne sont pas nouvelles, ce qui est nouveau, en revanche, c’est que les syndicats donnent le sentiment de ne plus tenir leur base», ajoute-t-il

«En France, je pense qu’on a perdu la mémoire de ces manifestations policières, mais il y en a eu. Il y a eu, par exemple, la grande manifestation du 13 mars 1958 qui a lieu deux mois avant la chute de la IVe République, très liée au contexte de la Guerre d’Algérie, et qui est le point de comparaison le plus intéressant. Quelque part, dans la mémoire collective, il y a ce souvenir que quand la police manifeste, ce n’est jamais bon signe pour la bonne santé démocratique.»

Dans deux tweets postés sur un compte Twitter (désormais passé en privé), une riveraine du canal Saint-Martin, dans le XXe arrondissement de Paris, a décrit en ces termes la scène qui se déroulait sous ses fenêtres:

«Les flics sont en train de chanter super fort la Marseillaise dans ma rue. Et crient « La police dans la rue ». Mon sang s’est glacé». 

Puis:

Je tremble de partout. C’est archi-flippant

Une riveraine

«La police manifeste en hurlant « Résistance », « La police dans la rue », très nombreux. Je tremble de partout. C’est archi-flippant». 

La force de la mise en scène

La mise en scène de ces manifestations nocturnes a marqué les esprits. Nombre de Parisiens résidant sur le parcours du cortège semblent avoir été surpris par le mode opératoire, après avoir été réveillés, dans la nuit, par les klaxons, les sirènes et les gyrophares de véhicules de police. Le caractère illégal de ces rassemblements a pu jouer sur le sentiment étrange vécu par les Parisiens. Car s’«il n’est pas illégal de manifester dans la police, ce que l’on n’a pas le droit de faire c’est d’utiliser les moyens de la police, des véhicules, etc….», a rappelé Bernard Cazeneuve, le 19 octobre, sur TF1. Ce que l’on observe pourtant depuis quelques jours.

Autre aspect illégal: contrairement à de précédentes manifestations de policiers préalablement autorisées par la préfecture, organisées en pleine journée et chapeautées par des organisations syndicales survenues ces derniers mois, devant le ministère de la Justiceou sur la place de la République à Paris, les rassemblements de ces derniers jours n’ont pas été autorisés par la préfecture.

Slate

Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies?

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La loi de 1905 n’interdit à aucune famille de reproduire cette magie de Noël, chez elle ou au marché. La question est de savoir s’il faut mimer la naissance de Jésus, sur fonds publics, dans nos maisons communes que sont les Mairies ou les Conseils généraux ? La réponse est non.

La loi de 1905

Même aux Etats-Unis, cette pratique est jugée contraire au « Mur de Séparation ». En France, la loi de 1905 et son article 28 sont très clairs : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics« .

C’est pour défendre cette séparation, notre laïcité commune, que la Libre Pensée a porté plainte contre plusieurs mairies et conseils généraux violant la loi. Un tribunal administratif lui a donné raison contre le Conseil Général de Vendée. Depuis des années, il choisit d’exposer dans son hall, sur fonds publics, deux statues géantes de Jésus et Marie...

Une gifle à la Séparation que l’on doit à Philippe de Villiers, parfait ambassadeur de cette Vendée cléricale et anti-laïque, sauf bien sûr s’il s’agit de guerroyer contre l’Islam. Toujours un peu rétif à accepter la loi des hommes, le vicomte a qualifié le rappel à la loi républicaine de « totalitaire ».

Quant au maire de Béziers, Robert Ménard, il a carrément appelé à la « désobéissance civile » et installé une crèche de Noël dans sa mairie.

Dans ces deux cas, au moins, les choses sont claires. En bafouant la loi de 1905, en traitant la République de dictature anti-chrétienne lorsqu’elle veut faire respecter la Séparation, l’extrême droite et la droite cléricale se dévoilent… Leur conversion tardive à la laïcité n’est qu’un leurre et une conviction uniquement valable pour l’Islam. Autant dire une imposture parfaite.

Mais d’autres citoyens, de bonne foi cette fois, ne voient pas où est le problème. Ceux-là doivent lever leurs yeux des santons et voir plus loin. Car c’est tout l’équilibre de la Séparation que menacent l’ouverture du bal des accommodements. Si on fait une exception pour le petit Jésus, pourquoi ne pas le faire pour d’autres ?

En cédant à la mode sympathique des crèches de Noël, la France risque de mettre le doigt dans un engrenage de revendications et de rivalités communautaires sans fin.

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

En matière d’égalité des religions, il n’existe que deux chemins. Soit vous veillez à ne pas privilégier une religion sur une autre par la Séparation, soit vous les reconnaissez toutes et c’est la course aux dérogations. Ce qu’il nous faut, c’est une règle claire et valable pour tous.

 

Huffington Post

Laïcité : Le Conseil d’Etat autorise la Crèche dans les mairies

Le Conseil d’Etat se penchait ce vendredi 21 octobre sur le dossier sensible des crèches de Noël dans les lieux publics. Le rapporteur public de l’institution préconise leur autorisation « sous conditions ».
 
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La question divise. Ce vendredi 21 octobre, le rapporteur public du Conseil d’Etat a recommandé d’autoriser, sous conditions, les crèches de Noël dans les bâtiments publics. Dans un pays à vif sur la laïcité, la plus haute juridiction administrative devait trancher entre deux cas de figure. D’un côté le tribunal administratif de Nantes, qui a validé l’installation d’une crèche en mairie, de l’autre la cour de Paris, qui a quant à elle reconnu légitime d’en interdire la présence.

Alors quelles sont ces conditions, évoquées par le rapporteur public ? Selon lui, l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et plus généralement le principe de neutralité « n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public », sauf quand une « intention religieuse » préside à une telle manifestation. Une interprétation que pourrait choisir de ne pas suivre le Conseil d’Etat, qui rendra sa décisiion dans quelques semaines.

Une décision qui pourrait venir clore des polémiques, remises au goût du jour à chaque période hivernale, lorsque mairies et associations se déchirent sur l’inauguration d’un symbole religieux dans l’antre de la République. En décembre 2015, c’est Julien Sanchez, maire Front national de Beaucaire, qui créait le débat, venant s’ajouter à une liste déjà bien fournie d’élus – frontistes ou assimilés pour la plupart – tenant à l’exposition controversée.

LCI