Les catholiques intégristes de Civitas appellent à voter Jean-Frédéric Poisson

Civitas, l’association catholique intégriste devenue parti politique d’extrême droite, s’invite dans la primaire à droite en appelant ses sympathisants à voter pour le candidat Jean-Frédéric Poisson. 

7783905868_000-par6647300.jpg

Poisson n’exclut pas de voter FN dans un second tour Le Pen-Juppé

Le candidat du Parti chrétien démocrate, qui a déjà appelé à la «fin du cordon sanitaire» entre la droite et l’extrême droite, désobéirait ainsi à l’une des règles fondatrices de la primaire.

xvm328f7ede-9aae-11e6-9cc3-b255a704759d

Sera-t-il la prise de guerre dont ils rêvent à voix haute? Alors que le Front national s’évertue depuis quelques années à attirer de nombreux transfuges de la droite dans ses filets, une cible potentielle leur adresse des appels du pied: Jean-Frédéric Poisson.

Candidat à la primaire à droite au nom du Parti chrétien démocrate, le député des Yvelines multiplie les déclarations ambivalentes. Ainsi, après avoir estimé qu’il fallait «en finir avec le cordon sanitaire» autour de l’extrême droite et s’être affiché au côté d’un soutien de Marine Le Pen lors du débat télévisé de la primaire, l’héritier de Christine Boutin vient aujourd’hui de franchir un nouveau cap.

Interrogé par Lyon People, il n’a effectivement pas exclu de voter FN dans un second tour Le Pen-Juppé. «On verra», élude-t-il d’abord. Avant de glisser mystérieusement: «Il peut se passer beaucoup de choses en 6 mois». «Plus je vois évoluer Alain Juppé, plus je me dis que le projet de société multiculturelle qui a mis la France par terre est décidément à côté de la plaque», poursuit-il encore. Une défiance qui rappelle un indiscret révélé en avril dernier par RTL, où il se disait prêt à «tout pour le faire perdre».

Le Figaro

Meeting avec Ménard, «lobbies sionistes» : Jean-Frédéric Poisson se place à l’extrême-droite de la primaire

Le soir du premier débat de la primaire de la droite, Jean-Frédéric était apparu comme un candidat modéré. Las, ses liens avec l’extrême-droite et ses positions radicales viennent de ressurgir.

Jean-Frederic-Poisson-donnera-un-meeting-en-decembre-avec-Robert-Menard.jpg

Toutes les « hypes » ont une fin. Celle de Jean-Frédéric Poisson pourrait intervenir prochainenement, la faute à quelques inititatives pour le moins controversés. Depuis son irruption sur la scène médiatique, au soir du premier débat de la primaire de la droite, le président du Parti chrétien-démocrate vivait sur un petit nuage politique. Il avait suscité la curiosité sur les réseaux sociaux, son nom terminant même la soirée sur le podium des « tendances » de Twitter. Ses propos plus mesurés que ceux des autres candidats sur les syndicats ou l’intégration avaient été remarqués. Une étude Kantar Sofres pour le Figaro, LCI et Public Sénat  vendredi 14 octobre révélait un bond de 29 % dans les opinions favorables à Jean-Frédéric Poisson. Vanter sa sympathie pour le « petit » candidat de la primaire devenait presque à la mode. La tendance devrait s’inverser.

Deux initatives viennent de rappeler brutalement la proximité de Jean-Frédéric Poisson avec une droite dure, proche de l’extrême-droite. Interrogé sur la présidentielle américaine, dans une interview accordée à Nice-Matin et publiée ce mercredi 19 octobre, le député des Yvelines dézingue Hillary Clinton avec cet argument :

« La proximité de Mme Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France ». 

« Il existe bien des groupes de pression sionistes »

Soumission aux lobbies sionistes ? Il est bien inhabituel que cette thèse, fréquemment rebattue du côté de l’extrême-droite complotiste et des amis d’Alain Soral, soit relayée par un candidat à une élection de Les Républicains. Contacté par France Info ce jeudi, Jean-Frédéric Poisson assume la totalité de ces propos, mais il ne voit « aucune espèce de thèse conspirationniste », car « il existe bien des groupes de pression sionistes qui agissent aux Etats-Unis ». Le même jour, il s’excuse finalement sur le réseau Radios chrétiennes francophones pour « l’émotion » suscité par sa phrase. « J’en suis désolé, parce que ce n’était évidemment pas mon intention, et je veux redire ici toute l’amitié que j’ai pour l’Etat d’Israël et pour le peuple juif dans son ensemble », insiste-t-il.

Trop tard. Thierry Solère, le président de la commission d’organisation de la primaire, affirme que des suites seront données à cette affaire lors de la prochaine réunion de cette instance, le 26 octobre prochain. « Le terme ‘lobby sioniste’ n’a pas du tout la même signification en France qu’aux Etats-Unis. Cette déclaration alimente, en effet, des thèses conspirationnistes mâtinées d’antisémitisme« , considère le député des Hauts-de-Seine. Christian Estrosi, président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a pour sa part demandé l’exclusion de Jean-Frédéric Poisson de la primaire s’il ne retire pas ses propos.

Meeting avec Ménard

Deuxième lame ce vendredi 21 octobre, quand  que Jean-Frédéric Poisson participera le 12 décembre à un meeting en compagnie de plusieurs figures de l’extrême-droite et de la droite dure. Robert Ménard, le maire apparenté FN de Béziers, Karim Puchikh, président du SIEL, un parti affilié au FN, ou encore Philippe de Villiers, seront présents pour promouvoir l’union des droites. Un socle d’idées autour de « la souveraineté, l’identité, la liberté », sera présenté.

Plus qu’un dévoilement, ces initatives viennent rappeler la proximité idéologique assumée entre Jean-Frédéric Poisson et la droite dure, voire l’extrême-droite. Dans une interview à Valeurs Actuelles, le 12 octobre dernier, il avait plaidé pour « en finir avec le cordon sanitaire autour du FN« . En mai dernier, déjà, ce fidèle soutien de la Manif pour tous a affirmé se sentir « plus proche de Marion Maréchal-Le Pen que de Nathalie Kosciusko-Morizet« . Le soir du fameux débat où il est apparu en pleine lumière, Jean-Frédéric Poisson avait d’ailleurs invité dans le public Karim Ouchikh, soutien indéfectible de Marine Le Pen. Pas vraiment ce qu’il y a de plus modéré, ce Poisson.

Marianne