Un député d’origine turque menacé de mort par l’extrême droite en Allemagne

…zan Mutlu (Bildungspol. Sprecher B90/Die GrŸnen im Abgeordnetenhaus Berlin)

Ozcan Mutlu, député des Verts en Allemagne, est menacé de mort par des ultranationalistes allemands en raison d’un article qu’il a publié la semaine dernière.

Lors de son interview accordée à l’Agence Anadolu, M. Mutlu a indiqué qu’il avait écrit pour le quotidien Der Tagesspiegel un article sur les cours de démocratie dans les écoles allemandes.

“J’ai aussi partagé mon article sur les réseaux sociaux. Les commentaires laissés par des racistes dépassaient vraiment les limites. Ils me menaçaient de mort. J’ai porté plainte auprès du parquet et expliqué la situation dans une lettre destinée à Facebook. Ce n’est pas la première fois que je suis menacé de mort. Cela arrive à plusieurs députés allemands d’origine étrangère. J’avais aussi porté plainte à cause d’une autre menace et l’enquête se poursuit depuis 2015” a-t-il noté.

TRT

Des tags racistes défigurent la chapelle du village de Coolus

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Au bord de la route entre Coolus et Compertrix, les trois lettres inscrites sur les portes métalliques de l’édifice correspondent à des initiales des plus odieuses : «  KKK  », comme Ku Klux Klan, soit rien de moins que l’organisation suprématiste blanche fondée au XIX e  siècle aux États-Unis.

Sur les murs de la chapelle, des messages à caractère sexuels et racistes cohabitent avec des cadavres de bières et des sachets froissés de chips. «  Nous avions mis des poubelles pour remédier à ça, explique Michel Flot, maire de la commune entre 1995 et 2014, mais nous les retrouvions tout le temps au bord de la route. Nous sommes confrontés ici aux mêmes problèmes d’incivilités qu’ailleurs.  »

Pendant de nombreuses années, Michel Flot et les Cooluats se sont pourtant mobilisés pour faire vivre l’édifice. «  Nous l’avions ouverte une fois pendant les journées du patrimoine et nous nous relayions pour assurer le gardiennage, poursuit l’ancien premier magistrat de Coolus, mais ce n’est pas toujours évident de trouver du monde, on dit qu’il faut ouvrir les églises mais il faut quelqu’un pour s’en occuper.  »

L’Union

Ramy, chauffeur RATP, menacé de mort: “On viendra dans les banlieues pour vous égorger”

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Depuis près de 9 ans, Ramy*, à la barbe apparente, se rend chaque jour à la RATP en tant que chauffeur de bus. En près d’une décennie de carrière, jamais Ramy, avant ce 10 mars 2016, n’aurait imaginé qu’une haine aussi aveugle et gratuite puisse se diriger contre lui.

Au moment de démarrer à Gare-Saint-Lazare, Ramy entend un passager du bus qui commence à se plaindre de l’attente. Les commentaires s’expriment avec une véhémence et une hostilité grandissante.

Ramy lui demande de bien vouloir garder ses commentaires. Ce à quoi lui répond le passager Vous me connaissez pas, ne me parlez pas, avant de revenir à la charge: vous verrez dans un an, elle va vous redresser”. Ramy reste silencieux. 10 minutes plus tard, l’individu, descend par les portes arrières.

L’homme ne s’arrête pas à cette évasive menace, puis s’empresse de marcher jusqu’au niveau de la porte-avant pour préciser, enfin, le fond de sa pensée:

Vous verrez dans un an quand Marine Le Pen va passer, on viendra dans les banlieues pour vous égorger”.

L’individu s’éloigne, visiblement satisfait d’avoir extériorisé sa haine.

Ramy s’immobilise et déclenche l’alarme discrète, tendu, il ne se sent pas bien. Une voiture secteur intervient et ramène le bus au dépôt. Après ce premier choc, Ramy doit désormais se confronter à l’indifférence générale des passagers: au moment de demander qui accepterait de témoigner de la scène qui vient de se produire, absolument personne ne réagit.

Ramy est allé au commissariat pour déposer plainte. Il a ensuite contacté le service juridique du CCIF qui l’aidera dans ses démarches juridiques.

10 jours après l’agression verbale dont a été victime Ramy, le mouvement “Printemps Républicain”, rassemblant des personnalités se réclamant « de gauche », relayait le discours suivant lors de son lancement:  “Dans le nord de Paris, il y a une ligne de bus où il est difficile de rentrer si on est pas barbu” #PrintRep:

Après enquête par des journalistes, il s’avérait que c’était une pure polémique sans fondement, comme tant d’autres émergeant cycliquement dans le paysage public français, visant le plus souvent des migrants, des Noirs, des Roms ou des Musulmans.

Pour Ramy, c’est au contraire parce qu’il a été identifié pour son apparence, et notamment sa barbe, qu’il craint désormais de se rendre quotidiennement sur son lieu de travail en tant que chauffeur de la RATP.

*Le prénom est fictif.

Collectif Contre l’Islamophobie

Racisme ordinaire un soir de match de l’équipe de France « trop de noirs, grand remplacement… »

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« pas de glaçons, nègre » la cliente d’un bar londonien victime de racisme

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Un bar situé dans le centre de Londres a été qualifié de raciste, après qu’un serveur ait écrit le mot « nègre » sur l’addition d’une jeune femme noire de peau.

The Happenstance, le bar situé dans le quartier St-Pauls à Londres, a été contraint de s’excuser après que la photo de l’addition se retrouve sur Twitter. En effet, sur le ticket d’une jeune femme noire de peau, il était écrit « pas de glaçons, nègre » juste en dessous de sa commande d’un Coca-cola light.

Une des amies de la jeune femme a posté une photo du ticket sur Twitter écrivant : « une amie vient juste de recevoir cette addition par le staff blanc d’un bar @happenstancebar (@drakeandmorgan). »

« Absolument fou. La direction n’a montré aucun intérêt. »

Le staff du bar a répondu : « Nous ne savons pas comment cela a pu arriver. »

Sans surprise, l’incident a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux.

Drake & Morgan, l’entreprise propriétaire du bar The Happenstance a publié une annonce affirmant que le serveur avait été suspendu. « Nous sommes totalement consternés par le comportement inacceptable d’un de nos serveurs. » explique un porte-parole. « Il a été suspendu de ses fonctions. »

« L’entreprise Drake & Morgan ne tolère pas les discriminations sur la race, l’âge, la nationalité, la religion, l’orientation sexuelle, le handicap ou la couleur » « La non-discrimination et l’égalité des chances sont prônés au sein de notre équipe et dans la manière dont nous traitons nos clients. »

Sud Info

Mourad, gérant d’un salon de coiffure, victime de tags islamophobes

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Mourad Gharafi est gérant du salon de coiffure se situant à quelques mètres de la Grand-Place d’Ath, le long de la rue aux Gâdes. Mardi soir, son établissement « Coiffure Venezia » a été la cible de voyous racistes. La vitrine a été bardée d’un grand tag rouge : « Daech connard ! »

L’acte de malveillance a eu lieu en fin de journée. « J’ai fermé mon commerce mardi vers 20h », explique Mourad Gharafi, la mine triste. « J’étais chez moi vers 21h quand j’ai découvert sur Facebook un message d’un de mes clients qui m’expliquait que ces tags se trouvaient sur ma devanture. Je suis immédiatement revenu sur Ath. »

Mourad Gharafi ne s’attendait pas à découvrir de tels tags dans une petite ville comme Ath. « C’est triste d’en arriver là. Mon commerce avait déjà été cambriolé à trois reprises mais jamais on m’avait insulté de la sorte… »

L’homme ne s’est cependant pas laissé abattre et a repris le travail, comme si de rien était, dès mercredi matin.

Après les attentats, les musulmans sont régulièrement attaqués, comme s’ils étaient responsables des actes commis par l’État islamique. En France, après l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, le collectif contre l’islamophobie (CCIF) dénonçait une augmentation de 70% des actes perpétrés à l’encontre des musulmans.

À la zone de police d’Ath, on a en tout cas pris l’affaire au sérieux. « Nous avons ouvert un dossier et nous allons le traiter avec une grande importance », souligne le commissaire divisionnaire Frédéric Pettiaux. « Le racisme, c’est punissable par la loi. »

DH.Net

Montpellier : Le local du Parti de Gauche vandalisé par l’extrême droite

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Après des tentatives d’intimidation, en février, contre un bar alternatif de Monpellier, c’est le local du Parti de Gauche de Montpellier qui a été tagué le 16 Mars 2016 avec des inscriptions racistes et injurieuses, stigmatisant l’Islam et signées du GUD. Nous condamnons cette attaque et affirmons notre solidarité avec les militant-e-s du PG  face à l’activisme de groupes d’extrême droite. Communiqué du PG ci-dessous.

Nous avons constaté mercredi 16 mars en fin d’après-midi que le local du Parti de Gauche à Montpellier avait été tagué. Il est écrit : « Colabo. Islam hors de France. Islam dehors. ». Le logo du Groupe Union défense (GUD) y figure également.

Cette dégradation et ces propos injurieux et racistes mettent en évidence la lâcheté de leurs auteurs et la conception qu’ils ont de la République. Une plainte sera bien évidemment déposée.

Les militants du Parti de Gauche ne se cachent pas. Ils marchent à visage découvert. Nous débattons de manière démocratique et pacifiste, face à face.

Non seulement ces actes ne nous intimident pas mais ils renforcent notre détermination à combattre le racisme, la haine et la bêtise crasse. Nous porterons toujours fièrement et avec détermination les valeurs du vivre ensemble, de tolérance, de solidarité et de fraternité.

Résistons

Le soldat qui a exécuté un palestinien au sol est Franco-israélien et se nomme Elor Azria

 

Alya Express

Jointe par RFI, une source diplomatique française confirme que le soldat possède la double nationalité, israélienne et française. En Israël, la justice a interdit la publication de l’identité du militaire, mais la polémique ne faiblit pas, après la diffusion d’une vidéo montrant le jeune soldat en train de tirer une balle dans la tête d’un Palestinien couché sur le sol.

Le fait que le soldat incriminé possède la nationalité française peut-il avoir des conséquences judiciaires en France ? Oui, répond un avocat spécialisé contacté par RFI : la nationalité française de l’auteur présumé d’un crime peut entrainer des poursuites dans son pays d’origine si le parquet s’autosaisit ou si des proches déposent une plainte en France.

RFI

2 agents municipaux brulent un commerce roumain par « motivation raciste »

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Le jeudi 24 mars dernier, deux agents municipaux de la ville de Denain ont été « mis en examen pour incendie volontaire à visée raciste », indique le parquet de Valenciennes.

En effet, le DIPJ (Direction Interrégionale de la Police Judiciaire) de Lille enquête actuellement sur l’incendie d’un magasin – situé rue Bernard-Lazare – survenu dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 mars. Cette boutique – appelée « Romanesc-Yanis-Leo » – est tenue par un commerçant de nationalité roumaine.

Les deux agents municipaux mis en cause dans le cadre de cette affaire aurait agi de cette façon : l’un étant « le donneur d’ordre », a fourni « des gants et de l’essence » au second agent municipal, pour que celui-ci puisse passer à l’acte durant la nuit de dimanche à lundi.

Selon nos informations, les deux intéressés auraient dans un premier temps déclaré avoir agi « sur ordre de la mairie », avant de revenir sur leurs déclarations lors de leur garde à vue. En précisant finalement « avoir agi d’initiative », ajoute le procureur de la république François Pérain. Tous deux ont été placés sous contrôle judiciaire après avoir été « mis en examen pour incendie volontaire à visée raciste. »

Stoica, un Roumain de 24 ans arrivé à Denain il y a environ 5 ans, est le patron de cette supérette. Celle-ci est ouverte depuis environ deux mois et propose des produits d’épicerie roumaine, qu’il fait venir de Belgique. Stoica estime les pertes liées au sinistre à « 2 500 », voire « 3 000 euros ».

Apparemment, c’est un feu de poubelle qui aurait été à l’origine de cet incendie qui s’est propagé jusqu’au circuit électrique du bâtiment de 25 m2, détruisant ainsi tous les spots lumineux se trouvant à l’intérieur. Le patron du magasin – qui a porté plainte – a sollicité l’aide du consulat de Roumanie, afin de bénéficier de l’appui d’un avocat. Il espère pouvoir rouvrir dans « deux semaines ».

L’Observateur

Matthew, incarcéré après s’être vanté d’avoir admonesté une musulmane dans la rue

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Auteur de plusieurs messages racistes sur le réseau social Twitter, le Britannique Matthew Doyle a été appréhendé par la police et placé derrière les barreaux après avoir violement réagi aux attentats de Bruxelles sur son compte Twitter.

Matthew Doyle, un Britannique de 46 ans qui travaillait pourtant depuis des années dans le domaine des Relations Publiques, derrière les barreaux.

L’homme a posté un tweet qui a été abondamment relayé par les membres de la communauté. Dans son message, Matthew Doyle expliquait avoir exigé d’une femme musulmane qu’elle lui explique la situation à Bruxelles, avant d’ajouter que celle-ci lui avait répondu que cela “n’avait rien à voir avec elle“.

Sur sa page Facebook et son compte Twitter, l’homme crache sa haine de l’Islam et des migrants en déclarant “qui cela peut-il bien intéresser si j’insulte ces hommes-torchons (une insulte raciste communément utilisée au Royaume-Uni pour décrire les gens originaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, ndlr)?”

Abondamment partagé, son tweet fait la une des médias britanniques. L’homme tente alors de noyer l’histoire en supprimant le message qui a déchainé la twittosphère. Mais le mal est déjà fait. Quelques heures plus tard, il est arrêté par la police locale et privé de liberté.

Dans un entretien avec le Telegraph, l’homme de 46 ans explique que ses propos ont été mal interprétés par les internautes. “Ce que beaucoup de gens n’ont pas compris c’est que je n’ai pas agressé la femme musulmane avec ce sujet” explique-t-il, “J’ai juste dit, ‘Excusez-moi, puis-vous demander ce que vous pensez à propos des attaques de Bruxelles?”

Le Britannique explique que la limite de signes sur Twitter l’a empêché de décrire correctement sa rencontre et d’exprimer ses sentiments. Matthew Doyle décrit ses autres messages comme des tweets incendiaires, destinés uniquement à alimenter le buzz. Selon lui, ses tweets ce jour là n’étaient rien de plus qu’une “mauvaise blague” qui “n’a rien à voir avec la personne qu’il est vraiment.”

Des explications qui n’ont visiblement pas vraiment convaincu la police londonienne, qui a choisi d’incarcérer Matthew Doyle pour incitation à la haine raciale.”

Le Soir

Moshe Orbach, auteur d’un manuel terroriste anti-chrétien et anti-musulman condamné

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Le militant d’extrême droite Moshe Orbach, 24 ans, a été condamné à deux ans de prison par le tribunal de Rehovot (sud-ouest d’Israël) pour avoir rédigé un manuel destiné aux extrémistes juifs et mettant en valeur les façons de mener des attaques terroristes, a rapporté le site d’informations Walla.

Orbach, originaire de la ville de Bnei Brak (centre), a rédigé un document intitulé « Le Royaume du Mal », dans lequel il explique la « nécessité » d’attaquer les propriétés n’appartenant pas aux Juifs et fourni des détails sur la manière de le faire.

Le document faisait partie des preuves découvertes lors de l’enquête sur l’incendie volontaire de l’église de la Multiplication dans le nord du pays en juin 2015.

Un chapitre entier est consacré aux maisons incendiées, qu’Orbach classe en tête des attaques les plus violentes du mouvement « Tag Mehir » (« le prix à payer » en hébreu).

« Parfois, nous voulons porter un coup permettant de convaincre l’ennemi que si nous pouvions nous le ferions », est-il mentionné dans le manuel.

« Donc, nous voulons simplement mettre le feu à une maison et ses habitants« , est-il rédigé.

Orbach a été accusé le mois dernier pour incitation à la violence et la possession de documents racistes.

Les conseils donnés par Orbach dans le manuel rappellent l’incendie criminel qui a eu lieu dans le village palestinien de Douma en Cisjordanie en Juillet dernier, lorsque trois membres de la famille Dawabshe ont trouvé la mort.

Orbach a été condamné à une peine d’emprisonnement de deux ans, et à une période de probation de six mois.

Israël 24

Lancement d’une grande campagne transmaghrébine contre le racisme anti-noir

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NI OUSSIF NI AZZI, BARAKA ET YEZZIEncouragées par l’impact positif des campagnes antiracistes organisées en Tunisie et au Maroc depuis 2014, un collectif d’activistes et d’associations nationales maghrébines, du Maroc et de Tunisie, auquel se joignent des militants et des associations d’Algérie et de Mauritanie, lancent ce lundi 21 Mars 2016, la première campagne transmaghrébine contre les discriminations raciales avec comme principale revendication : l’adoption de lois incriminant toutes les formes de discrimination raciale.

Organisée sous le slogan « Ni Oussif Ni Azzi, Baraka et Yezzi », « Ni esclave, ni Azzi, stop, ça suffit » cette première Campagne Transmaghrébine contre le Racisme ambitionne de fédérer les dynamiques qui militent pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale dans l’espace maghrébin entre nationaux mais également et surtout vis-à-vis des migrants et réfugiés d’Afrique subsaharienne. 

Cette première campagne maghrébine vise également à sensibiliser les décideurs politiques, les médias ainsi que l’opinion publique quant à la gravité de certains actes et propos qui se sont banalisés dans la pratique quotidienne.

Cette campagne qui sera lancée concomitamment au Maroc, En Algérie, En Tunisie et en Mauritanie se déclinera en plusieurs activités : conférences, annonces presse, ateliers et événements artistiques et autres manifestations, et elle durera du 21 mars 2016 au 20 juin 2016.

A cet effet, une conférence de lancement officiel de cette campagne sera organisée le 21 mars 2016 à 11h à l’hôtel MAJLISS de Rabat, rue Zahla (centre ville, près de la gare Rabat Ville)

#StopIslam : 90% des tweets étaient critiques vis-à-vis du hashtag

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Le hashtag islamophobe #Stopislam est devenu le plus discuté sur Twitter le 22 mars suite aux attentats de Bruxelles. Mais contrairement aux apparences, la plupart des tweets étaient anti-islamophobes. Analyse.

Stupeur et désespoir. C’est à peu près l’effet que pouvait provoquer la vision des “tendances” sur Twitter (les sujets les plus discutés) le 22 mars, après les attentats de Bruxelles. Le hashtag #Stopislam, amalgamant islam et terrorisme, est resté au sommet de celles-ci presque toute la journée : en début de soirée, 140 000 messages contenant ce mot-clé avaient été tweetés selon le logiciel Dataminr, utilisé par le New York Times.

L’analyse plus approfondie de ce hashtag est plutôt rassurante. En réalité, de nombreuses personnes l’ont utilisé pour le critiquer et déconstruire la fausse évidence qu’il véhicule, en affirmant par exemple : “Les extrémistes radicaux sont à l’islam ce que le KKK est à la chrétienté”, “Le terrorisme n’a pas de religion”, ou encore “si les 1,6 milliard de musulmans dans le monde étaient des terroristes, je ne pense pas que vous seriez encore là”.

90% des messages sont critiques vis-à-vis du hashtag

Ainsi, selon l’analyse statistique du Washington Post, sur un échantillon de tweets publiés dans le monde avec ce hashtag entre 14h20 (en France) et 12h50, 90% le critiquaient. Certains n’ont pas eu besoin de statistiques pour le comprendre :

“C’est l’ambivalence des hashtags. Moi-même j’ai hésité à tweeter avec, histoire d’aller sur le terrain discursif des gens que j’ai envie de combattre, mais le problème c’est que ça amplifie la visibilité du message”, constate Clément Sénéchal, ancien community manager de Jean-Luc Mélenchon et auteur du livre Médias contre médias, La société du spectacle face à la révolution numérique (éd. Prairies ordinaires).

“Twitter participe à la mise en scène de la guerre des civilisations”

Est-il surprenant que le hashtag #Stopislam ait été finalement partagé dans un but antiraciste ? Selon Raphaël Liogier, sociologue et spécialiste du fait religieux, auteur de La guerre des civilisations n’aura pas lieu : coexistence et violence au XXIème siècle, CNRS Éditions, cette réaction s’inscrit dans la continuité des précédents attentats : “Twitter participe à la mise en scène de la guerre des civilisations, mais il y a des gens qui luttent contre l’amalgame. Après les attentats du 7 janvier 2015, contrairement aux craintes il y a eu une baisse de l’islamophobie. Ça n’a pas profité au populisme et à l’extrême droite”.

Média horizontal par excellence, Twitter aurait pu être saturé de mini-communiqués haineux contre les musulmans, compte-tenu de l’organisation bien huilée de la fachosphère en matière d’activisme numérique. Mais la réalité est plus nuancée. Depuis les précédentes attaques, le débat a été informé, estime Clément Sénéchal : “Sur Twitter, les communautés d’internautes sont vigilantes. Un discours critique est établi pour lutter contre les amalgames. Les sentinelles antiracistes se mobilisent très régulièrement”.

La suspension de Samuel Mayol, auteur d’une manipulation islamophobe prolongée

Samuel Mayol islmophobe tapis priere univercité laicité manipulation IUT de Saint-Denis

C’est un nouvel épisode dans la crise qui secoue depuis plus de deux ans l’institut universitaire de technologie (IUT) de Saint-Denis. Jean-Loup Salzmann, le président de l’université Paris-XIII-Villetaneuse, a reconduit la suspension de Samuel Mayol, qui dirige l’établissement depuis 2012 : il est interdit d’accès au campus jusqu’au 12 novembre « ou jusqu’à la fin des poursuites disciplinaires » engagées contre lui.

La direction de l’université l’accuse notamment d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association musulmane pour démontrer l’existence de dérives communautaires.

Jean-Loup Salzmann fait valoir que « l’éloignement et la suspension » de M. Mayol sont de nature « à favoriser la manifestation de la vérité ainsi que le bon déroulement d’investigations et de procédures en cours et à venir ». Dans un prérapport sur la crise qui secoue l’IUT, dont la version définitive est attendue mi-avril, les inspecteurs de l’éducation nationale épinglent la gouvernance de M. Mayol, sans exonérer la présidence de ses responsabilités. Les inspecteurs constatent aussi que, depuis sa suspension, la situation s’est nettement apaisée, au grand « soulagement » de personnels dont certains s’estimaient pris en otages dans un conflit qui les dépassait.

Cette décision survient alors que M. Mayol, dont l’action en faveur de la laïcité avait été saluée en novembre par le premier ministre, Manuel Valls, est invité dimanche 27 mars à s’exprimer aux côtés d’autres promoteurs d’une laïcité offensive, réunis dans l’appel du Printemps républicain. Il doit intervenir sur le thème : « Le travail aux prises avec le fait religieux ». M. Salzmann, dont le second mandat s’achevait le 14 novembre, a par ailleurs été prolongé dans ses fonctions jusqu’à l’élection de son successeur.

Le Monde

Musulman, un brancardier retrouve du saucisson et des injures racistes dans son vestiaire

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Un vestiaire souillé avec du café et des tranches de saucisson. Une veste de travail piquée avec des seringues usagées et un mot à caractère raciste glissé dans ses affaires. Voici la liste des faits dont affirme avoir été victime un brancardier de l’hôpital de Montélimar, en novembre dernier, alors qu’il effectuait un CDD d’une durée de six mois.

L’affaire ne sort que maintenant, mais l’homme, d’origine nord-africaine et de confession musulmane, avait préféré terminer son contrat. Deux enquêtes distinctes sont ouvertes après le dépôt de plainte du brancardier.

L’une par le commissariat de Montélimar. L’autre, en interne, par la direction de l’établissement. Une direction qui se dit très attentive à cette affaire. La CFDT de l’hôpital soutient le brancardier : « Les faits ont au moins été constatés par les cadres qui travaillaient ce jour-là. Il n’est pas le seul à avoir vu ces tranches de saucisson. C’est très choquant car c’est la première fois que ça se produit ».

L’hôpital a aussi déposé une plainte contre X et la CFDT n’exclut pas de se constituer partie civile si l’auteur des faits est identifié.

Le Dauphiné