La loi n’interdit pas le burkini, l’arrêté visant sa prohibition est «disproportionné »

Burkini interdit à Cannes: «On ne peut pas instaurer une police vestimentaire au nom de la laïcité»


Le 28 juillet, le maire de Cannes, David Lisnard (Les Républicains), a pris un arrêté interdisant l’accès aux plages de la commune ainsi que la baignade des personnes n’ayant pas une « tenue respectueuse de la laïcité ». Pour justifier la prise d’une telle décision, la municipalité évoque les récents attentats sur le territoire français revendiqués par l’Etat islamique, notamment ceux de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray.

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Le 11 août, la section Cannes-Grasse de la Ligue des droits de l’homme a dénoncé via un communiqué un « abus de droit », rappelant que la Constitution de 1958 garantit à tout citoyen sa liberté de conscience et le libre exercice du culte. Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) va de son côté saisir la justice en référé-liberté afin de contester l’arrêté.

Peut-on parler d’abus de droit ?

Plusieurs notions ressortent dans l’arrêté, notamment le respect de la laïcité et la prévention des troubles à l’ordre public.

La laïcité est invoquée en référence à la Constitution de 1958 et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC). L’article 10 de la DDHC précise que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». La Constitution garantit par ailleurs le respect des croyances tandis que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 instaure la notion de culte et de respect de celui-ci.

Interpellé sur l’affaire de Cannes par Feïza Ben Mohamed, porte-parole et secrétaire générale de la Fédération des musulmans du Sud (FMS), l’Observatoire de la laïcité a rappelé sur Twitter que la laïcité ne peut servir de base à des restrictions vestimentaires.

@FeizaK @davidlisnard Si des restrictions vestimentaires sont décidées, en l’espèce,elles ne peuvent se fonder sur le principe de la laïcité

— Observatoire Laïcité (@ObservLaicite) 23:22 – 11 Août 2016

En France, une circulaire du 2 mars 2011 relative à la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public interdit le port du voile intégral. C’est la seule mention légale d’une restriction vestimentaire concernant l’espace public, qui englobe les plages dans sa définition. Seuls les écoles, collèges et lycées sont concernés par l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires.

La loi n’interdit donc en rien le port d’une kippa, d’une croix, d’un niqab ou encore d’un burkini à la plage, tant que ceux-ci ne dissimulent pas le visage et n’empêchent pas l’identification de la personne, tout comme elle n’interdit pas le port de t-shirts à manches longues portés par pudeur ou pour se protéger du soleil.

« Disproportionné »

L’autre point soulevé est le problème de la sécurité, à travers l’interdiction de vêtements « de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public (attroupements, échauffourées, etc.) qu’il est nécessaire de prévenir », en référence aux récents attentats qui ont touché la France. La mairie de Cannes, comme celle de n’importe quelle commune française, peut prendre un arrêté visant à interdire un comportement si elle estime que celui-ci peut nuire à l’ordre public.

Pour Nicolas Hervieu, juriste au Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (Credof), utiliser cette notion pour restreindre les libertés est trop vague. « On ne peut pas viser les personnes qui portent un vêtement religieux pour protéger ces mêmes personnes d’un éventuel trouble », résume le juriste, jugeant cette mesure « disproportionnée » du point de vue des motifs soulevés.

Que risque la mairie de Cannes si l’arrêté est contraire à la loi ?

Après la saisine contre l’arrêté par le CCIF, la justice devra mettre en balance les motifs invoqués par la mairie de Cannes avec le respect des libertés fondamentales et l’évaluation des risques. Si le juge des référés fait droit à la demande du collectif, l’arrêté sera suspendu. Une audience publique peut être ordonnée par la suite, lors de laquelle le CCIF et la commune seront entendus.

Une fois la décision rendue, si la justice ordonne la suspension de l’arrêté, ce dernier n’a plus d’effet. « Il y a suspension mais pas condamnation, sauf à payerdes frais de justice, précise Nicolas Hervieu. Passée la décision de suspension, la sanction n’a plus de fondement légal. » Si la justice ordonne la suspension de l’arrêté, la commune de Cannes pourra toutefois faire appel devant le Conseil d’Etat.

Ce genre de cas n’est pas une première. D’après Nice-Matin, la commune de Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, aurait pris un arrêté similaire à celui de la ville de Cannes. En 2014, le collectif avait fait suspendre un arrêté similaire pris par la commune de Wissous dans l’Essonne, interdisant le port de signes religieux lors de la manifestation estivale de la ville.

Le burkini est-il spécifiquement visé par l’arrêté ?

Alors que l’arrêté vise de manière générale le port de tenues « non laïques » à la plage, le burkini est rapidement revenu sur le tapis, quelques jours après la polémique sur la journée spéciale burkini organisée à Marseille puis annuléepour risque de trouble à l’ordre public.

Si le burkini ou un autre vêtement religieux lié à l’islam n’est précisément mentionné dans l’arrêté, la mairie de Cannes a recentré l’attention sur l’extrémisme islamiste. Interrogé par Nice-Matin, David Lisnard avait ainsi déclaré qu’il ne s’agissait pas d’interdire « le voile, ni la kippa, ni les croix » mais« simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrémisme islamiste ». Thierry Migoule, directeur général des services de la ville de Cannes, chargé de l’exécution de l’arrêté, avait également précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’interdire « les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».

Des voix se sont élevées pour dénoncer un arrêté « symptomatique d’une époque », comme le dénonce Feïza Ben Mohamed. Pour la porte-parole de la FMS, cette décision est le symbole d’une problématique qui est en train de se créer autour de la visibilité des musulmans.

« Le maire de Cannes a pris l’arrêté sans se dire qu’il pouvait être inquiété, déplore-t-elle : Aujourd’hui, quand on s’en prend aux musulmans, on n’a pas peur. » Feïza Ben Mohamed s’interroge également sur l’application de l’arrêté : « Est-ce que l’accès aux plages sera aussi interdit aux princesses saoudiennes ? Je ne le crois pas. David Lisnard veut enlever des moments de convivialité à des familles. »

Le Monde

Nadine Morano défend le délégué LR auteur d’un commentaire nazi

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Mercredi, sur Facebook, Jean-Pierre Arbey, délégué LR de la deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle de son état et présenté par comme un soutien de Nadine Morano, publiait un commentaire que l’on peut qualifier de nazi sous une photo représentant une femme en bikini bronzant au premier plan et une femme voilée au second plan.

Que nenni, ce commentaire n’était pas nazi, assure ce vendredi 12 août Nadine Morano. Invitée d’Europe 1, la candidate à la primaire de la droite (en recherche active de parrainages) a défendu Jean-Pierre Arbey, expliquant que les journalistes n’avaient rien compris à son message :

Il est délégué de circonscription. Je le connais très bien. Il n’a jamais parlé de déportation. C’est vous qui faîtes une interprétation qui n’est pas la sienne.

« Nacht und nebel pour le sac poubelle », avait pourtant écrit l’intéressé sous la photo en question. Une référence à la procédure « Nuit et brouillard », en français, qui désigne une procédure de déportation des ennemis ou opposants au régime nazi dans les territoires occupés par ce dernier, durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de directives qui concernent « la poursuite pour infractions contre le Reich ou contre les forces d’occupation dans les territoires occupés », rappelle ainsi Wikipedia.

Europe 1

Arrêté anti-burkini: deux associations vont poursuivre le maire de Cannes

Le Collectif contre l’islamophobie en France et la Ligue des Droits de l’Homme ont annoncé vendredi matin leur intention d’attaquer en justice l’arrêté municipal pris par David Lisnard.

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David Lisnard

Alors que la polémique fait rage depuis l’annonce dans nos colonnes d’un arrêté municipal interdisant sur les plages de Cannes le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse », deux associations ont décidé de contre-attaquer.

Le Collectif contre l’islamophobie en France a annoncé vendredi matin à L’Express son intention de poursuivre le maire de Cannes.

Le président de l’association Marwan Muhammad devrait saisir le tribunal administratif en référé liberté.

« Nous avons été saisis par des citoyennes de Cannes, insiste Marwan Muhammad auprès de l’hebdomadaire, ce qui donne une validité à la procédure. Il y a un caractère urgent, car les effets de ce texte sont importants sur les citoyens« .

Comme elle le laissait entendre dès jeudi, la Ligue des Droits de l’Homme va suivre la même procédure.

En 2014, le CCIF avait saisi la justice et fait par deux fois suspendre un arrêté qui interdisait le port du voile à Wissous-Plage (Essonne). 

Ce vendredi matin, on a appris que le maire de Villeneuve-Loubet Lionnel Luca avait pris des dispositions similaires à celles décidées par David Lisnard.

Nice Matin

Après Cannes, le maire de Villeneuve-Louvet interdit le burkini sur ses plages

Le maire de Villeneuve-Loubet a pris un arrêté dans ce sens la semaine dernière.

Alors que la polémique fait rage depuis l’annonce dans nos colonnes d’un arrêté municipal interdisant sur les plages de Cannes le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse », une autre commune des Alpes-Maritimes a pris une initiative similaire. 

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Par arrêté municipal, « l’accès à la baignade à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d’hygiène et de sécurité adaptées au domaine public maritime » est interdit à Villeneuve-Loubet.

Le député-maire villeneuvois Lionnel Luca a signé cet arrêté le 5 août dernier.

Jeudi, Nice-Matin révélait que le 28 juillet dernier, avant même que la polémique relative à la « journée burkini » (organisée dans un parc aquatique des Bouches du Rhône) n’enfle sur le web, le maire de Cannes David Lisnard avait pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

Une décision qui a notamment provoqué le courroux de la Ligue des Droits de l’Homme, qui dénonce un « abus de droit » et envisage de poursuivre cette décision devant la justice.

Nice Matin

Un cadre LR suggère la déportation d’une femme musulmane

« Nacht und Nebel pour le sac poubelle », c’est ce que nous pouvons lire dans un commentaire signé par le profil Facebook de « Jean-Pierre Arbey », sous une photo d’une femme assise sur une plage et portant un foulard.

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« Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard en français) était le nom de code des « directives sur la poursuite pour infractions contre le Reich ou contre les forces d’occupation dans les territoires occupés ». Elles sont l’application d’un décret datant du 7 décembre 1941, et ordonnant la déportation de tous les ennemis ou opposants du Troisième Reich.

Jean-Pierre Arbey n’est autre que le secrétaire départementale LR de Meurthe-Et-Moselle.

Dans un contexte où toutes sorties islamophobes des personnalités politiques se trouvent dans une impunité médiatique, le CCIF s’alarme de l’explosion de la libération de la parole islamophobe.

Après les déclarations mensongères de Nathalie Kosciusko-Morizet à l’endroit de la mosquée de Longjumeau, le « test de radicalisation » proposé par Geoffroy Didier et les récentes propositions de Nicolas Sarkozy appelant à « lutter contre le terrorisme » en interdisant « le voile à l’université », nous exprimons notre profonde inquiétude quant à la dérive du débat public, en vue des primaires « Les Républicains ».

A ce stade, le parti « Les Républicains » n’a toujours pas pris de sanction contre Jean-Pierre Abey, malgré la gravité manifeste des propos. Cela témoigne de l’acceptabilité relative des propos racistes et islamophobes.

Il est temps que ce parti prenne ses responsabilités, sauf à croire qu’il cautionne ce type de discours.

CCIF

Le maire de Cannes interdit le port du burkini sur les plages

 


Le maire de Cannes a pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

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David Lisnard

Le 28 juillet dernier, avant même que la polémique relative à la « journée burkini » (organisée dans un parc aquatique des Bouches du Rhône) n’enfle sur le web, le maire de Cannes a pris un arrêté interdisant le port « d’une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que le France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’actes terroristes ».

Dans son article 1, l’arrêté précise: « l’accès aux plages et à la baignade sur la commune de Cannes sont interdits (…) jusqu’au 31 août, à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades. »

Joint par téléphone, David Lisnard, maire de Cannes, répond: « Je n’ai ni le temps, ni l’envie de polémiquer. J’ai pris cet arrêté parmi tant d’autres pour assurer la sécurité de ma ville dans un contexte d’état d’urgence. »

Un arrêté qui n’a pas tardé à faire réagir la twittosphère. Notamment Feiza Ben Mohamed (@FeizaK), porte-parole de la Fédération des musulmans du Sud, qui a d’abord crû à un fake (un faux), puis qui a appelé dans un second temps toutes les femmes à se rendre à la plage vêtues du hijab ou d’une kippa.

Des tweets qui ne font en aucun cas sciller l’édile cannois: « On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrêmisme islamiste. Il faut arrêter de vouloir caricaturer cet arrêté. Nous vivons dans un espace public commun, il y a des règles à respecter. »

Nice Matin

«On va te faire crever» le maïeur de Verviers menacé pour avoir embauché un adjoint musulman

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Muriel Targnion est confinée dans son bureau après avoir reçu un courrier suspect

« Pendant le temps de midi, ma secrétaire a ouvert une lettre anonyme contenant de la poudre blanche« , a confié la bourgmestre. « Elle m’a appelée et j’ai lu ce courrier ». Mme Targnion le qualifie de « plutôt d’extrême-droite ». « Dans cette lettre, on critique notamment le fait que mon collège compte un échevin musulman et que je serais, je cite, ‘responsable des Arabes présents à Verviers‘. » « On va te faire crever », conclut le courrier. « J’ai ensuite reposé la lettre. Mais de la poudre, sans doute mal scellée, s’en est échappée ». « A mon avis, elle ne contient rien de dangereux ». Ni la bourgmestre ni les membres de son cabinet ne présentent de symptômes particuliers.

L’hôtel de ville totalement bouclé
« Nous avons immédiatement prévenu le chef de corps de la police qui a enclenché la procédure prévue dans ces cas-là », a poursuivi Mme Targnion. L’hôtel de ville est totalement bouclé pour une durée indéterminée et la protection civile est sur place.

Personne ne peut enter ou sortir. A l’intérieur du bâtiment, la bourgmestre se trouve en compagnie des membres de son cabinet, du colonel des pompiers, de trois policiers ainsi que de sa fille « qui venait d’arriver et avec qui j’avais prévu de passer l’après-midi », a-t-elle indiqué.

L’hôtel de ville abritant uniquement le cabinet de la bourgmestre, les autres services de la Ville fonctionnent normalement.

7Sur7

«Ton foulard n’a rien à faire ici», une musulmane voilée humiliée et violentée par la police

Lina* a déclaré au service juridique du CCIF avoir raccompagné sa sœur à Emerainville (Seine-et-Marne), en compagnie de son autre sœur, le 30 juillet dernier, lorsqu’elle a été violemment prise à partie, humiliée et emmenée en garde-à-vue par un groupe de policiers. Interpellée sans raisons apparentes, rien ne semblait justifier la violence de cette charge, si ce n’est le seul port de son foulard qui aurait « dérangé », selon les dires de l’avocat, mandaté d’office.

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La victime nous a rapporté qu’il était aux alentours de minuit ce samedi soir lors qu’elle-même et sa sœur s’apprêtaient à quitter Emerainville (77) pour rentrer chez elles. Constatant une échauffourée entre des jeunes et la police sur la route, les sœurs ont coupé le moteur et ont décidé de patienter, le temps que la situation se calme. Une fois les jeunes repartis, elles ont repris la route, croyant que tout « danger » était écarté, sans être en mesure d’imaginer l’ampleur de la gravité de ce qui allait suivre, par ceux-là même dont la mission est de les protéger.

Au moment d’arriver à hauteur des forces de l’ordre, ceux-ci se seraient mis à leur barrer la route. Pensant à un banal contrôle de police, Lina* nous a rapporté avoir expliqué qu’elle « souhait[ait] rentrer chez elles », lorsque les policiers l’ont interrogée sur la raison de leur présence. À cette réponse, l’un des policiers lui aurait sèchement rétorqué « vous allez voir ce qu’on va vous faire ».

Tout en ayant ce même policier donnant des coups de pied dans le véhicule, ses collègues lui ont demandé de couper le moteur, de sortir du véhicule et d’ouvrir le coffre. Lina* s’est exécutée, et après vérification, un des policiers l’a informée qu’elle pouvait reprendre la route.

Ce n’était pas sans compter sur son collègue, particulièrement agité. Lorsque la sœur de Lina* lui a sommé d’« arrêter de donner des coups sur la voiture », elle n’aura eu pour seule injonction que de « fermer sa g***** ». Ni plus, ni moinsPrenant la défense de sa sœur en lui rétorquant simplement qu’il était inutile de l’insulter, Lina* subira de plein fouet la violence de cet agent de police.

  • « Je n’en ai rien à foutre de ton foulard, ton foulard n’a rien à faire ici »

Lorsque Lina* est retournée dans son véhicule, ce même agent de police lui a refermé brutalement la porte dessus. Sur le coup de la douleur, Lina* a lâché une insulte. Cela aurait suffi pour que ce représentant de l’ordre déchaîne sa violence sur la jeune femme, sous le regard spectateur de ses collègues : l’attrapant par le col et la jetant sur le sol, le policier se serait alors mis à lui donner des coups.

Se retrouvant sans foulard, elle est menottée et embarquée dans la voiture de police. Ce n’est qu’après avoir insisté que sa sœur a été autorisée à lui remettre son couvre-chef.

Dénotant le caractère islamophobe de cette violence policière, l’agent de police qui l’a agressée en lui donnant des coups s’est précipité pour lui retirer de nouveau son foulard tout en lui disant « Je n’en ai rien à foutre de ton foulard, ton foulard n’a rien à faire ici ». Il l’a déchiré et jeté à terre. Exigeant à plusieurs reprises de pouvoir remettre son foulard, les policiers auraient refusé et se seraient contenté de l’accrocher à sa jupe.

CCIF

Royaume-Uni : des nazis menacent de commettre un attentat dans la mosquée de Rotherham

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Des néo nazis ont menacé de commettre un attentat dans une mosquée à Rotherham. La police a diligenté une enquête après la réception d’une lettre menaçante par la moquée « Jamia Masjid Abu Bakr ».

Dans la lettre signée avec les nombres symboliques nazis 14 88, on pouvait lire : «La prochaine fois ce sera une bombe, racaille musulmane. »

Daily 

Présidentielle américaine : Donald Trump qualifie les musulmans d’animaux

Connu pour ses opinions islamophobes envers les immigrés et les musulmans, le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, vient de dépasser les limites du supportable en qualifiant les réfugiés « d’animaux ».

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En effet, lors d’un meeting politique tenu jeudi 4 août 2016 à Portland, dans le Maine (nord-est des Etats-Unis), Donald Trump s’est attaqué aux immigrés dont notamment les originaires des pays musulmans, estimant qu’ils représentent une menace terroriste réelle sur le territoire américain.

Selon Trump, il est grand temps de faire face à la vague de réfugiés, qui viennent des territoires terroristes et des pays les plus dangereux de la terre.

Pour étayer ses propos, le candidat républicain a cité l’affaire d’un étudiant marocain arrêté aux Etats-Unis pour un projet d’attentat. «Nous avons affaire à des animaux», a-t-il lancé. Et d’ajouter : «Vous avez le choix entre être intelligent, rusé et dur ou être très, très bête et aveugle»

Direct Matin

Terrorisme : un membre d’extrême-droite arrêté pour avoir projeté un attentat en Australie

Un Australien soupçonné de liens avec l’extrême-droite a été inculpé dimanche pour « préparation d’un acte terroriste » au lendemain de son arrestation à son domicile de Melbourne (sud), a-t-on appris auprès de la police fédérale.

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Âgé de 31 ans, l’homme identifié par les médias australiens comme un certain Phillip Galea, a été présenté dimanche à un tribunal de Melbourne qui lui a notifié son inculpation pour « préparation d’un acte de terrorisme » et « possession de documents en vue de la préparation d’un acte de terrorisme« .

Daniel Andrews, Premier ministre de l’Etat de Victoria, dont Melbourne est la capitale, a affirmé que cette arrestation ne renvoyait à « aucune menace imminente« , tout en ajoutant que les autorités demeuraient sur leurs gardes.

De son côté, Galea a affirmé au tribunal qu’il rejetait ces accusations, relevant selon lui d’un « complot contre le mouvement patriote« , a rapporté le quotidien The Age.

Interrogée par l’AFP, la police fédérale n’a pas confirmé des informations de presse liant Galea au collectif anti-islam « Reclaim Australia » (Reconquérir l’Australie), se contentant d’indiquer qu’il était lié « à diverses organisations« .

Affrontements à Melbourne

De violents affrontements avaient opposé en mai et juin à Melbourne des sympathisants de gauche et d’extrême-droite sur l’épineux dossier de l’immigration, ce qui avait conduit à un renforcement des pouvoirs de la police de l’Etat de Victoria.

Les responsables de « Reclaim Australia » avaient affirmé vouloir apporter « une réponse publique au choc provoqué par les atrocités des ‘radicaux de l’islam’ en Australie et à l’étranger« .

 

RTBF

Racisme, islamophobie : 19 supporters d’extrême droite israélienne inculpés pour tentative de meurtre

Dix-neuf membres d’un groupe de supporters d’extrême droite du club de football israélien Beitar Jérusalem (1re division), connus pour leurs dérapages racistes, ont été inculpés dimanche de tentative de meurtre, a indiqué la police israélienne. 

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Ces supporters arrêtés fin juillet et membres du groupe «La Familia» ont été inculpés pour «tentative de meurtre, de sabotage aggravé, de vol, de délits racistes, de possession illégale d’armes et de violation de la législation contre les violences dans le sport en Israël et à l’étranger», a précisé la police dans un communiqué. Parmi les violences attribuées à des membres de «La Familia» figurent des agressions contre des supporters d’équipes rivales.

Le procureur a demandé leur maintien en détention préventive jusqu’à la fin des procédures engagées contre eux.D’autres inculpations de membres de «La Familia» arrêtés puis libérés ces derniers jours devraient intervenir prochainement, a ajouté la police. En outre, neuf membres de l’organisation ont été inculpés pour trafic de drogue. 

Ultranationalistes juifs, les membres de La Familia qui seraient plusieurs centaines selon les médias israéliens, sont régulièrement impliqués dans des incidents et coutumiers d’insultes lancées contre les Arabes et les musulmans. Le Teddy Stadium à Jérusalem où évolue l’équipe qu’ils soutiennent est surnommé «l’enfer» en raison du climat d’hostilité et de violence envers les équipes adverses et leurs supporters. La police est régulièrement contrainte d’y déployer d’importants renforts lors des matchs.

Le 18 août, le Beitar Jérusalem y recevra le club français de l’AS Saint-Etienne en Ligue des champions lors du dernier tour des préliminaires. En 2013, le club a connu de très vives tensions à la suite du recrutement de deux footballeurs musulmans originaires de Tchétchénie, république caucasienne de Russie. Cette décision avait déclenché des réactions racistes d’une frange des supporters au point que l’équipe avait dû engager des gardes du corps pour les protéger. 

Les bureaux du club avaient été ensuite la cible d’un incendie criminel qui avait détruit tous les trophées remportés par l’équipeLe Beitar, qui puise ses fondements dans l’histoire de la droite nationaliste israélienne, n’a jamais recruté de joueur arabe, un cas unique en Israël, où les Arabes israéliens représentent plus de 17% de la population.

Le Figaro

Paris : un couple musulman éjecté d’un avion car il était en «sueur» en disant «Allah»

Un couple musulman qui a accusé Delta Air Lines d’islamophobie pour les avoir débarqué hors d’un vol, témoigne.

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Le couple a affirmé qu’il a été choisi parce que l’équipage a remarqué qu’il «transpirait» et disait le mot « Allah », ce qu’ils ont nié.

Faisal Ali et Nazia Ali ont attendu 45 minutes sur un vol Delta Air Lines à Paris pour rentrer dans l’Ohio, quand un employé de Delta a demandé au couple de quitter l’avion, il avait besoin de leur poser des questions.

ils nous ont dit: « prenez toutes vos affaires, vous ne serez pas sur ce vol « .

Un officier de police française attendait devant la porte.

«J’avais peur parce qu’il prenait des photos de nos passeports sur son téléphone personnel, ».

Après les avoir interroger au sujet de leur séjour à Paris – le couple avait bénéficié d’une brève période de vacances dans la capitale pour leur 10ème anniversaire de mariage – l’officier a dit qu’il n’a eu aucun problème avec eux.

L’employé de Delta a ensuite expliqué que le pilote leur a demandé de quitter l’avion car l’un des membres de l’équipage s’est senti « mal à l’aise » en leur présence, après avoir vu M. Ali « en sueur » cacher son téléphone en marchant et en disant « Allah ».

Independent

 

Etats-Unis : 2 femmes expulsées d’un avion d’American Airlines car musulmanes

« Ne demandez pas un verre d’eau si vous êtes un(e) musulman(e) à bord d’un avion d’American Airlines », a ironisé hier le site d’information Business Insider, qui rapporte l’histoire de deux femmes musulmanes expulsées mercredi matin d’un vol aux Etats-Unis.

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Niala Khalil, une journaliste et productrice de « Voice of America » et son amie se trouvaient à bord d’un vol de la compagnie aérienne américaine mercredi matin au départ de Miami à destination de Washington lorsqu’elles ont été priées de quitter l’avion.

« Après plus de 5 heures de retard, on nous a seulement offert un verre d’eau et un sac de bretzels et on nous a indiqué qu’il n’y aurait plus de repas et de boissons jusqu’à ce que l’avion quitte l’aéroport. On nous a aussi interdit de quitter l’avion pour acheter à manger ou utiliser les toilettes de l’aéroport », raconte l’américaine d’origine pakistanaise sur sa page Facebook.

Son amie, qui travaille pour le gouvernement américain, n’a pas manqué d’exprimer son mécontentement auprès d’un autre voyageur. « Si vous avez un problème, vous pouvez descendre de l’avion », lui aurait rétorqué un membre de l’équipage.

Un commentaire qui n’a pas laissé indifférentes les deux passagères : celles-ci l’auraient pris en photo pour l’identifier auprès d’une hôtesse de l’air afin d’adresser une plainte à American Airlines. Une représentante de la compagnie serait alors montée à bord de l’appareil, invitant les deux femmes à l’accompagner.

Des agents du service fédéral de la police de l’air (Federal Air Marshal Service) et d’autres officiers de la police de Miami les auraient accueillies à l’extérieur, auprès desquels le membre de l’équipage en question se serait plaint de « menaces »adressées par les voyageuses.

Ce n’est pas la première fois qu’American Airlines refoule des individus en raison de leurs origines ou leur religion. En avril dernier, Cenk Uygur, un passager musulman qui se plaignait d’un retard de quatre heures a été expulsé d’un vol. Motif ? Sa présence avait mis « mal à l’aise » le capitaine. En décembre 2015, trois autres musulmans avaient également été expulsés pour la même raison.

Yabiladi

L’ancien légionnaire et électeur FN voulait «tuer des musulmans», il échappe à la prison

Bonsoir Monsieur. Je vais me venger sur des musulmans. Des appels au 17 comme celui-ci, les fonctionnaires du commissariat de Poitiers en ont reçu quatre, dans la nuit du 22 au 23 juillet. Au bout du fil, c’était Nicolas, 44 ans, un ancien de la Légion étrangère.

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«  Peur des représailles  » : huis clos refusé
« Trop, c’est trop, je vais en descendre. S’il y a un Arabe qui se met en travers de mon chemin, je vais le tuer […] Je sens que je vais tuer […] Je vais me venger. J’irais en prison. Je ne sors plus sans une arme. La France est en danger. »

A un autre policier, à qui il confie voter « Front national depuis toujours », il insiste : « Demain ou après-demain, je vais tuer deux ou trois musulmans. »

Présenté la semaine dernière en comparution immédiate à la barre du tribunal correctionnel de Poitiers, Nicolas paraissait beaucoup moins sûr de mettre à exécution ses envies meurtrières. Après avoir tenté de demander un huis clos « par peur des représailles, si je suis amené à rejoindre le centre de détention » – refusé par le tribunal – ce « défenseur de la France », comme il se décrit, a simplement expliqué ses appels aux meurtres par une alcoolisation massive.

Le président du tribunal s’agace : « Est-ce que vous comprenez que ces propos sont choquants et interdits par la loi ? » « Oui. Mais vous savez, je n’ai jamais fait de mal à une mouche. » Voire.
Avec 17 mentions au casier judiciaire, dont 13 condamnations, le procureur a du mal à y croire. 

« Vous imaginez bien que le contexte national, conjugué aux antécédents judiciaires de Monsieur, sont une atteinte au vivre ensemble. Ses menaces sont exclusivement ciblées sur les Arabes et les musulmans. Nous sommes dans un amalgame extrêmement dangereux. »

Pour protéger la société, le procureur requiert trois mois de prison et l’incarcération. Les juges ont opté pour deux mois. Sans mandat de dépôt. Nicolas a évité de peu d’hypothétiques « représailles » au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne.

La Nouvelles République

Hauts-de-Seine : la supérette ne vend ni porc ni alcool, la mairie LR veut l’expulser

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Un magnifique rayon fruits et légumes, des épices, légumes secs et semoules à foison, des loukoums, des théières argentées, des horloges avec calligraphies arabes… A l’image de la musique douce diffusée en fond sonore, l’ambiance est orientale à la supérette Good Price de Colombes (Hauts-de-Seine), située dans le quartier populaire des Grèves. Des rayons bien rangés et bien achalandés, mais pas trace ni d’alcool ni de porc. La viande est halal et au rayon charcuterie le jambon comme le salami sont de dinde et les saucisses de bœuf. Quant au rayon boissons, il ne propose que des jus et des sodas.

« Cette supérette est communautariste »

Les locaux appartiennent à Colombes Habitat Public (CHP). Alerté par des habitants, le bailleur social municipal a déposé un recours devant le tribunal de Nanterre afin d’obtenir la résiliation du bail qui court jusqu’en 2019. « Originellement, c’était un Franprix qui vendait de tout, explique le directeur général de CHP, Olivier Virol. Sans arriver au terme du bail, le gérant a cédé à un repreneur, ce qui est tout à fait légal. Mais il faut que la nouvelle enseigne respecte les conditions spécifiques du bail à savoir une alimentation générale. Juste avant que le local n’ouvre au public, une banderole sur le fronton annonçait ici bientôt une boucherie halal. Nous sommes allés voir le notaire pour spécifier que les normes n’étaient pas les mêmes et que le bail prévoyait une alimentation générale. »

Le magasin ouvre sous enseigne Good Price en avril 2015. « Cette supérette est communautariste à cause de ce qu’on n’y trouve pas — porc et alcool — mais aussi à cause de ce qu’on y trouve : de la viande à 95 % halal et des tapis de prière, souligne Olivier Virolle. Malgré les constats d’huissiers sur ordonnance du tribunal effectués depuis 2015, rien n’a changé ou à la marge. Je m’y suis moi-même rendu avec la maire (NDLR : Nicole Gouéta (LR)) pour demander au gérant d’installer un petit rayon d’alcool et de charcuterie pour répondre aux attentes de la population du quartier, vieillissante, et qui ne peut pas forcément se rendre jusqu’au Leclerc. »

« Je fais du commerce »

« Nous aussi nous avons fait appel à un huissier et à un avocat pour faire valoir nos droits », explique Soulemane Yalcin, le responsable de Good Price, qui se défend fermement de tenir un magasin communautaire. « Je fais du commerce, je regarde autour de moi et je cible ce qui peut s’y vendre, affirme le gérant. Le bail prévoit alimentation générale et activités connexes. Tout dépend de la façon dont on interprète les activités connexes. »

Concernant la bière ou le vin, le gérant avance l’argument sécuritaire. « Tous les magasins qui vendent de l’alcool sont confrontés à des problèmes de sécurité ». Et le jambon ou les lardons ? « C’est parce qu’il y a beaucoup de pertes au rayon charcuterie, assure-t-il Nous l’avons vu dans les chiffres de vente du Franprix. En tant que commerçant, on essaie de viser une clientèle de masse. Tant pis si ça déplaît à une petite partie de la population. »

Ce sera à la justice de trancher. L’affaire doit être examinée par le tribunal le 13 octobre prochain.

Les habitants divisés 

« Il n’y a plus de mixité ! s’étranglent Patricia, Eugénie, Annie et Jeanine, qui habitent depuis plus de trente ans dans les gigantesques tours beiges emblématiques de ce quartier populaire. Nous vivons tous ensemble. Il n’est pas normal de ne pouvoir acheter ni alcool, ni porc. Quand on reçoit des amis et qu’on veut une bouteille de vin, on est obligés d’aller jusqu’à l’hypermarché Leclerc alors qu’on a cette supérette de quartier juste en bas de l’immeuble. Pourquoi privilégier une communauté plutôt qu’une autre ? »

« C’est un magasin communautaire. Mais comme l’Hyper Casher l’est aussi. Qu’est-ce ça peut faire ? », réagit pour sa part Mongi, qui fume sa cigarette sur le trottoir pendant que sa femme fait les courses. « Si la précédente supérette a fermé, c’est parce qu’elle ne trouvait pas sa clientèle, renchérit-il. Lui, il répond à la demande. »

Catherine, qui revient du Monoprix du centre, abonde dans ce sens. « J’aurais préféré qu’il vende de tout, mais c’est ce que la population ici recherche. Il y a la queue certains dimanches, constate la retraitée. Personnellement, je n’y allais pas beaucoup avant non plus. Je me dépanne, c’est ouvert 7 J/7 et j’achète les choses lourdes. »

Le Parisien