États-Unis : un homme arrêté pour avoir démembré et brûlé une étudiante

Ce sont les pompiers qui ont fait la macabre découverte après avoir éteint un incendie. Jacqueline Vandagriff, étudiante en nutrition, avait été vue pour la dernière fois quittant un bar avec un homme considéré comme le suspect.

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C’est le lendemain matin que les pompiers ont été alertés pour éteindre un incendie. L’enquête a rapidement permis de remonter jusqu’à Charles Dean Bryant, arrêté dimanche. Un jour après la découverte du corps démembré et brûlé de la victime, un étrange message a été posté sur son compte Twitter : «Je n’aurais jamais pensé me sentir un jour comme ça». La police a fait savoir qu’elle enquêtait sur ce post ainsi que sur des messages publiés sur Facebook par le suspect, indique KHOU.

Le suspect connu de la justice

Charles Bryant, âgé de 30 ans, a été mis en examen pour meurtre au premier degré. Il avait travaillé notamment dans un bar appelé le Urban Cowboy Saloon, à Fort Worth.

Paris Match

Allemagne : les femmes portant un nom turc et le voile sont victimes de discrimination à l’embauche

Un institut de recherche sur le travail a envoyé des fausses candidatures, accompagnées de photos, pour tester la réaction des employeurs. Celles dont la candidate porte un nom turc et le voile reçoivent quatre fois moins de réponses.

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C’est une double peine. Sur le marché du travail allemand, les femmes portant un nom turc et le foulard islamique reçoivent quatre fois moins de réponses à leurs candidatures que celles portant un nom allemand, selon une étude menée par l’Institut IZA pour l’étude du travail (PDF en anglais), publiée mardi 20 septembre.

En envoyant 1 474 candidatures factices à des offres d’emploi de secrétaires, comptables et chef comptables, l’institut IZA a démontré que 18,8% des candidates portant un nom allemand étaient invitées à passer un entretien, contre 13,5% pour celles portant un nom turc et 4,2% pour les femmes portant un nom turc et un voile sur la photographie qui accompagnait le CV. « Ce résultat implique que les femmes portant le voile doivent envoyer 4,5 fois plus de candidatures que celles portant un nom allemand et aucun voile, pour recevoir le même nombre d’appels en retour », expliquent les auteurs de l’étude.

La discrimination plus forte à Berlin qu’à Munich

Pour mener cette étude, l’IZA a eu recours à des noms communs en Allemagne (Sandra Bauer) et en Turquie (Meryem Öztürk). Quant aux photographies, elles montrent chaque fois la même femme, cheveux découverts puis cheveux couverts. Toutes les candidatures décrivaient une femme ayant une bonne maîtrise de l’allemand et une formation en Allemagne.

L’étude révèle en outre des disparités selon les villes. A Berlin, 5,4% des femmes portant le voile ont ainsi reçu des invitations à passer un entretien, contre 8,2% à Munich, mais 0% à Stuttgart. A Dresde, 20% des « Sandra Bauer » ont eu l’opportunité de passer un entretien, mais 0% des « Meryem Öztürk », voilées ou non.

France TV

Grande-Bretagne : dans une école chrétienne, élèves battus et fillettes «préparées» au mariage

Une enquête exclusive révèle de sérieuses préoccupations sur la façon dont les enfants sont traités dans des établissements fondamentalistes chrétiens en Grande-Bretagne.

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Les enseignants des écoles fondamentalistes chrétiens auraient exercés des séances d’exorcismes sur les élèves, et ont battu les enfants durant des rituels religieux, quant aux filles, elles étaient «préparées» au mariage, selon les anciens élèves qui disent qu’ils ont décidé de parler maintenant, après des années de souffrance dans le silence.

Independent

Islamophobie : Deux femmes voilées attaquées à Munich

Selon la police allemande, une femme âgée de 46 ans et sa fille de 17 ans, ont été la cible d’une attaque physique et verbale dans le métro dans la ville de Munich en Allemagne.

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Affirmant avoir la haine des musulmans et qu’il fallait que les deux femmes voilées retournent dans leur pays, l’assaillant a mis une claque a la jeune femme et voulu frapper la maman mais n’a pas réussi.

Une personne qui est intervenue a empêché l’assaillant de s’attaquer davantage aux femmes voilées.

L’assaillant qui a insulté les agents de sécurité qui l’ont maintenu jusqu’à l’arrivée des policiers, a continué ses insultes au commissariat où il a été transporté.

La police a lancé une enquête contre l’assaillant.

TRT

Espagne : Une musulmane obtient gain de cause face à un institut qui lui avait refusé l’accès à cause de son voile

La région de Valence a obligé mardi 20 septembre un institut de formation à réadmettre une Espagnole musulmane portant le hijab, qui s’en voyait refuser l’accès à cause du voile couvrant sa chevelure, d’après l’agence AFP, qui rappelle que l’ONG SOS Racisme avait récemment rendu public le cas de cette étudiante.

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L’association dénonçait le fait que le centre de formation ait refusé à Takwa Rejeb, 23 ans, née de parents tunisiens à Valence (côte est de l’Espagne) l’accès aux cours depuis la rentrée du 8 septembre, parce qu’elle avait « la tête couverte ». Une affaire qui a été largement médiatisée.

Selon un communiqué de la région de Valence, repris par l’agence française, « la délégation régionale à l’éducation a garanti le droit à l’éducation de l’élève et elle pourra assister, avec le hijab, à tous les cours ». Jointe par l’APF, Takwa Rajeb affirme être « très heureuse ». « La seule chose que je demandais, c’était d’exercer mon droit à me former », a réagi la jeune élève peu avant son retour en classe mardi. Et d’ajouter qu’elle n’est pas « une bête de foire mais une personne comme une autre, une élève ».

La direction de l’institut public de formation professionnelle Benlliure s’est refusée à tout commentaire, poursuit l’AFP, en rappelant que l’Espagne compte 46,5 millions d’habitants dont 4 % de musulmans. « C’est une victoire pour la reconnaissance des libertés constitutionnelles et des droits fondamentaux : liberté d’expression, liberté religieuse dans la mesure où l’ordre public est respecté, droit à l’éducation, droit à l’égalité », s’est réjoui l’avocat Francisco Solans, président régional de SOS Racisme.

Yabiladi

«Sale bicot»: Admis à l’hôpital, il refuse d’être soigné par un médecin d’origine maghrébine

Jugé en comparution immédiate, Eric, un Creusotin de 42 ans, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Chalon à 1 an de prison. Peine à laquelle s’ajoutent 10 mois de prison, suite à la révocation totale ou partielle de deux précédents sursis infligés par cette même juridiction en 2015 et en 2016.

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Il faut dire que le quadragénaire de la Cité du Pilon a tout fait pour ne pas pouvoir bénéficier de l’indulgence de la justice. En garde à vue n’a-t-il pas affirmé qu’il n’aimait pas les policiers « qui servent à rien » et déclaré qu’il n’était pas Charlie, qu’« Amedy Coulibaly était un bon gars » et qu’il allait foncer en camion sur les enfants des policiers qui jouent au parc du Morambeau. »

Et comme si cela ne suffisait pas, alors qu’il avait été transporté à l’Hôtel-Dieu du Creusot, il a refusé d’être soigné par le médecin d’origine maghrébine, le traitant de « sale bicot ». Entre temps il n’avait pas manqué d’injurier une pompière, laquelle avait pris en charge son amie, qui avait fait un malaise.

Le jour des faits, à savoir le 25 juillet 2016, il avait arrosé son 42e anniversaire en compagnie d’un copain, en buvant notamment quatre verres de whisky. Un dépistage alcoolique a ainsi fait état d’un taux de 1,98 g.

Le 25 juillet dernier, Eric circulait donc, en début de soirée, au volant de sa voiture à vive allure dans les rues du Breuil… et ce qui devait arriver avec un tel taux d’alcool est arrivé : il a accroché trois véhicules en stationnement.

Info Chalon

Trump a détourné 258.000 dollars de dons à sa fondation et acheté deux portraits de lui-même

Une enquête du Washington Post révèle que Trump a utilisé 258.000 dollars de dons pour financer des procès et cadeaux personnels.

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En 2007, Donald Trump s’est offert un portrait de lui-même mesurant 1,82 mètres de haut pour 20.000 dollars, et en 2012, un autre portrait de son visage pour 10.000 dollars, le tout financé non pas par la fortune personnelle du milliardaire, mais par des dons faits à la fondation Trump.

«Voilà le tableau pour lequel @realDonaldTrump a payé 10.000 dollars en utilisant des dons faits par d’autres gens.»

Les personnes qui faisaient ces dons pensaient que l’argent financerait diverses causes soutenues par Trump, comme les hôpitaux, la recherche médicale, des associations caritatives liées au sport ainsi que d’autres fondations, dont la fondation Clinton. Mais un reporter du Washington Post a trouvé que 258.000 dollars en dons avaient été utilisés pour financer des cadeaux et des procédures judiciaires.

Slate

Une croix gammée et « Juden » tagués sur la façade d’une boucherie cacher à Paris

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Le BNVCA dénonce et condamne le graffiti antisémite découvert le 18 Septembre 2016 sur la façade d’une boucherie cachère du 13e arrondissement de Paris. Une grande croix gammée et le terme « JUDEN » ont été inscrits en gros caractères de couleur rouge.

Le BNVCA a recommandé au prioritaire des lieux de déposer plainte. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre pour identifier et interpeller les auteurs en réquisitionnant si possible les vidéos des cameras de surveillance du secteur.

Nous demandons aux services techniques de la ville de Paris de faire procéder à l’effacement de  ces insultes antisémites qui rappellent les périodes noires d’un racisme virulent et violent, annonciateur de discriminations et d’assassinat .

Israel Actualité

Finlande : Des militants d’extrême droite tabassent mortellement un passant

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Des militants du Mouvement de Résistance Finlandais (Suomen Vastarintaliike, SVL) ont tabassé mortellement un passant lors d’un rassemblement le 10 septembre près de la Gare d’Helsinki. Le jour suivant, le SVL a publié sur son site des photos et une vidéo de la personne agressée accompagnées d’un texte glorifiant leur violence. D’après la famille de la victime, le jeune homme de 28 ans, Jimi Joonas Karttunen, est décédé à l’hôpital la nuit du 16 septembre 2016 à 22h des suites de ses blessures.

D’après les médias locaux, la police d’Helsinki « confirme qu’un cas d’agression a été constaté sur la place de la Gare le samedi 10 septembre, et qu’un décès y est lié ». D’après les informations données par le père de la victime, « [son] fils est tombé au sol après avoir été frappé. Sa tête a heurté le sol et il a perdu conscience, suite à quoi il a été emmené à l’hôpital de Töölö. Jeudi, il a pu rentrer à la maison avec la permission du médecin. Il ne se rappelait de rien, mais ses amis [lui] ont raconté l’histoire. Vendredi dernier, il a fait une hémorragie cérébrale à la maison, il est mort à l’hôpital à 22 heures ».

suomen-vastarintaliike-jimi-joonas-karttunenSelon le père de la victime, son fils s’est approché du rassemblement organisé par le SVL afin de leur dire ce qu’il pensait des politiques d’extrême droite, suite à quoi il a été tabassé avec les conséquences tragiques que l’on connaît. Le Mouvement de Résistance Finlandais a publié sur son site une photo où l’on peut voir la victime gisant au sol près de taches de sang, avec le commentaire suivant : « une rapide restauration de la discipline ».

Par le passé, le Mouvement de Résistance Finlandais s’est déjà livré à des attaques de rue, comme ce fut le cas par exemple à Myyrmäki et Vantaa (banlieue d’Helsinki), ainsi qu’à Jyväskylä où le 30 janvier 2013, trois membres du Mouvement de Résistance Finlandais ont essayé de perturber une réunion politique et ont blessé un des organisateurs avec un couteau.

Fondé en 2008, le Mouvement de Résistance Finlandais est l’organisation sœur du Mouvement de Résistance Suédois (SRM) et existe également en Norvège et au Danemark. A noter que l’un des leaders de Mouvement de Résistance Suédois est le néo-nazi Stefan Jacobsson, chef de l’ex-Parti des Suédois, mais surtout actuel secrétaire général de l’Alliance For Peace and Freedom (APF – Alliance pour la Paix et la Liberté) qui regroupe l’Aube Dorée, le NPD, Forza Nuova, Democracia Nacional, Nation, etc.

Bxl Zone Antifasciste

Un fan de Trump illustre l’arrivée d’une supposée «armée musulmane» en Europe avec des images prises au.. Bangladesh

Quels que soient le pays et le réseau social, les comptes réactionnaires, nationalistes ou xénophobes sont parmi les plus prompts à relater des intox, et notamment à faire dire n’importe quoi à des images. Nouvel exemple le 10 septembre dernier avec un twittos américain qui a posté une vidéo montrant des trains bondés jusque sur les toits, et affirmé que la vidéo montrait l’échec à prévenir « l’avancée de l’armée musulmane » en Europe. 

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Les images sont assez impressionnantes : on voit pendant trente-huit secondes, avec plusieurs plans, des trains circuler, ou se trouver à l’arrêt dans une gare, remplis à craquer de passagers, à l’intérieur mais aussi sur les toits. Les voies ferrées grouillent également de monde.

Bruce Porter, le twittos qui a posté la vidéo, explique dans sa légende, littéralement : « Regardez, Obama et Merkel disent qu’ils ont ralenti l’avancée de l’armée musulmane, mais ils mentent #enfermezla #arretezObama « . Il faut sans doute comprendre par l’expression « armée musulmane » les réfugiés musulmans, notamment de Syrie et d’Irak, qui cherchent l’asile en Europe.

Sur son profil Twitter, Porter se présente comme « entrepreneur, athlète et globe trotter « . Un rapide coup d’œil sur ses tweets permet de voir qu’il déteste Hillary Clinton, adore Donald Trump, et qu’il est convaincu que les musulmans sont en train d’envahir l’Europe et menacent à terme les États-Unis. Ses positions extrémistes lui valent d’avoir plus de 59 900 followers, un chiffre conséquent. À l’instar d’autres tweets, celui du 10 septembre a été retweeté plus de mille fois.

Pourtant, la réalité n’est pas du tout celle décrite par Porter, puisque ces images ont été prises… au Bangladesh. C’est ce que mentionne une twitto, qui poste en réponse à Bruce Porter une vidéo dans laquelle figurent ces images.

Des panneaux sans caractères latins ou cyrilliques

Selon l’introduction de cette vidéo, ces images ont été prises dans une gare de Dacca, la capitale bangladaise, au moment des fêtes de l’Aïd, durant lesquelles beaucoup d’habitants cherchaient à quitter la mégalopole pour rejoindre leur famille. La vidéo a été postée sur YouTube en septembre 2015, au moment de l’Aïd, ce qui n’assure pas néanmoins que ces images datent de cette époque.

Mais en observant avec un peu d’attention la vidéo, il est très simple de repérer qu’elles n’ont pas été prises en Europe, et qu’il s’agit donc bien d’une intox. On voit que l’écriture sur les panneaux publicitaires n’est pas en caractères latins ou même cyrilliques, comme ceux utilisés en Europe. On remarque par ailleurs que le teint des personnes sur ces affiches est typique de ceux du sous-continent indien. Par ailleurs, aucune image des arrivées des réfugiés en Europe ne ressemble à celle-ci, avec autant de personnes montées sur le toit d’un train.

France 24

Discrimination à l’embauche: « il vaut mieux ne pas s’appeler Malik »

Le défenseur des Droits Jacques Toubon tire la sonnette d’alarme. Pour lui, il est urgent de trouver des solutions aux « discriminations à répétition ». Nasser, 37 ans, né en France et d’origine algérienne, bac +5, a raconté son parcours professionnel à RMC.fr.

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Annecy : un parent exige l’expulsion… d’une femme voilée d’une école devant ses enfants

L’affaire remonte le jour de la rentrée scolaire. N.B emmène ses enfants à l’école Carnot située au centre d’Annecy. Elle est musulmane et porte un simple foulard autour de la tête. Ce 1er septembre, les parents peuvent conduire leurs enfants auprès de leur enseignante et donc traverser la cour. C’est à ce moment-là qu’elle est interpellée par un autre parent d’élève qui lui demande de quitter l’établissement sous le prétexte que le port du voile est un signe ostentatoire religieux et que la loi française interdit de le porter à l’école.

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L’homme se présente alors comme « un citoyen français ». C’est aussi la nationalité de N.B. Rappelons que la loi n’interdit pas le voile traditionnel (le cas est différent avec un niqab ou une burqa) dans les lieux publics mais que son port n’est pas autorisé pour les agents des services publics en application du principe de laïcité. Enfin, règle de base, il faut être officiellement détenteur d’une autorité pour faire appliquer la loi. C’est ce qu’ont rappelé la police, appelée sur les lieux, et le maire d’Annecy qui effectuait ce jour-là la tournée des écoles.

Une atteinte à la considération et à l’honneur

Si N.B a reçu le soutien du maire, des enseignants et d’autres parents, elle n’a néanmoins pas voulu en rester là et a porté plainte, la semaine dernière, après mûre réflexion. « J’ai été blessée et choquée par cette intervention qui s’est faite devant mes enfants […]. Et j’ai eu peur que quelqu’un de plus violent m’agresse.

Ceux qui me connaissent le savent : je suis une personne ouverte. Je respecte toutes les communautés et toutes les croyances. J’ai déjà été quelquefois victime de réflexions racistes. Je les ai gérées seule et je ne suis pas dans la victimisation. Mais là je me suis vraiment sentie humiliée en public et devant des enfants.

Je ne veux pas laisser passer ça, j’en fais une question de principe. » MeLyonnaz, avocat à Annecy et ancien bâtonnier, a accepté de prendre le dossier en main. « S’il n’y a pas d’injures racistes au départ, je considère que cet homme a porté atteinte à la considération et à l’honneur de cette femme. » Et c’est sous cette qualification que la plainte a été déposée au pénal. N.B a aussi écrit à l’Éducation nationale et au ministère de l’Intérieur.

Le Dauphine

Burkini: un reportage australien fustige le racisme français

Diffusé sur une chaîne australienne, un reportage montrant les réactions « des locaux » face au port du burkini par des australiennes sur une plage de Villeneuve-Loubet entend dénoncer le « racisme français » et « l’interdiction du burkini ».

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Si la polémique autour du burkini a particulièrement agité la France cet été, elle est aussi partiellement retombée, notamment depuis la décision du Conseil d’État de suspendre son interdiction. Mais elle n’a pas fini d’alimenter les réactions à l’étranger. Ni les critiques. Ni les leçons de morales. En témoigne le reportage, diffusé par chaîne australienne Channel 7, dressant le portrait caricatural d’une France raciste tout en mettant en scène le voyage de Zeynab Alshelh, une jeune australienne musulmane, sous fond de musique dramatique.

Déterminée à « montrer sa solidarité avec les musulmanes françaises » et à défendre « la façon de vivre australienne », cette étudiante en médecine et judokate de 23 ans a décidé de porter son burkini -ce maillot de bain inventé par une couturière australienne- sur une plage de Villeneuve-Loubet. Cette ville du sud de la France, dirigée par Lionnel Luca (Les Républicains), avait été l’une des premières à interdire le port du burkini.

« Forcés de faire demi-tour »

« Juste après avoir posé les pieds sur cette plage française [avec des membres de sa famille, NDLR], ils ont reçu une leçon montrant jusqu’à quel point les locaux peuvent être hostiles envers les musulmans », lance la journaliste qui accompagne la famille, tout en filmant un homme leur demandant de « faire demi-tour » et de « partir » et une femme brandissant son pouce orienté vers le bas. 

« On a été forcé de partir, on a été menacé par les locaux qui nous ont dit que si on ne quittait pas la plage ils appelleraient la police« , témoigne ensuite Zeynab Alshelh face caméra, visiblement émue.

Dans un article publié en même temps que la diffusion du reportage, Channel 7 n’hésite pas à déclarer que « le sentiment antimusulman (…) est plus fort en France que dans n’importe quel autre pays ». Une affirmation illustrée par l’interview de Lionel Tivoli, président du groupe FN au Conseil municipal d’Antibes et seul politique français interrogé dans le reportage, qui affirme notamment que « l’islamisme est responsable des attaques terroristes ». 

L’Express

Oui, l’islamophobie actuelle ressemble à la judéophobie des années 30

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Certains s’indignent que l’on ose comparer les attaques dont les musulmans sont aujourd’hui l’objet à l’antisémitisme d’autrefois. Il ne s’agit bien évidemment pas de la Shoah, auquel cas le parallèle serait effectivement scandaleux.

Mais le discours islamophobe qui gagne chaque jour un plus de terrain ressemble en tous points aux théories antisémites qui fleurissaient en France dans les années 30 : il repose sur une base largement fantasmatique à laquelle une construction savante donne les apparences de la vérité et de l’évidence. Il essentialise et stigmatise une population prise dans son ensemble. Enfin, il est soutenu et développé par des figures majeures du paysage intellectuel et politique.

Au final, l’opinion finit par être persuadée de l’existence d’un « problème musulman » comme on avait réussi naguère à la convaincre de l’existence d’une « question juive ».

GUILLAUME WEILL-RAYNAL : Ancien avocat, essayiste. Il est l’auteur d’Une haine imaginaire (2005) et des Nouveaux Désinformateurs (2007), parus aux éditions Armand Colin.

Oumma