
Europemostwanted.eu recense les criminels ou les suspects les plus recherchés des 28 pays de l’Union européenne
Le site permet, en effet, au grand public de communiquer à la police, sous couvert d’anonymat, des informations sur les suspects. Et cela a aiguillé les enquêteurs pour huit suspects. « Pour six d’entre eux, leur arrestation a eu lieu dans un pays différent de celui où ils étaient supposés avoir trouvé refuge », explique encore la police européenne. De la liste originelle diffusée en janvier, vingt-huit suspects restent à interpeller.
Au total, le site recense encore 45 profils (ENFAST en a donc rajouté 14), parmi lesquels trois Français : Jean-Claude Lacote, recherché pour « homicide volontaire, coups et blessures graves », David Gras, traqué pour « vol commis en bande organisé ou avec arme » et Dominique Delattre, alias « Dédé, la vieille, la vioque », suspecté lui aussi de « vol commis en bande organisé ou avec arme ».
Après avoir tenté l’aventure punk, David GRAS se tourne en 1986 vers le mouvement skinhead. Une conversion surprenante pour ceux qui avaient l’habitude de l’apercevoir dans la rue piétonne avec une crête et un rat sur l’épaule. Invité à s’expliquer sur cette mutation, il confiait alors « Quand j’étais punk, j’avais déjà des arrières-idées (NDLR: fascistes) qui ne correspondaient pas vraiment à ce que j’étais ».
Il endosse la panoplie prisée par la fachosphère de l’époque (boule à zéro, bombers et Doc Martens), se délecte des textes xénophobes du groupe musical « Légion 88 » (extrait: « France d’abord, blanche toujours! ») et revendique son appartenance à la mouvance nationale-socialiste, qui inspire alors des groupuscules comme « 3ème voie », le PNFE ou la Jeunesse Nationaliste Révolutionaire.
David GRAS impressionne par son physique idéal de SS: il est grand, aryen et doté d’un terrifiant regard psychothique. Il fascine les jeunes recrues par son discours radical. On le craint lorsqu’il parade en bande au centre-ville de Nevers, plus d’ailleurs pour sa réputation que pour ses coups qu’il distribue de façon parcimonieuse.
Il sait qu’il est dans les radars des Renseignements Généraux et évite de s’exposer bêtement à des poursuites. Mais la violence de ses propos (« t’as vraiment envie de te retrouver au fond de la Loire avec des bottes en béton? » ou « Un pistolet automatique 9 mm. Pan!… Pan!… ») laisse cependant peu de doute sur son aptitude au meurtre et à faire disparaître un corps. On ne lui connaît alors aucune attache affective ou sentimentale.
Serge VERON, ancien parachutiste et spécialiste des explosifs, monte avec David GRAS une équipe qui va multiplier en 2011 les attaques de fourgons blindés et de centres de dépôt de fonds, avec plus ou moins de succès.
















