La ville FN pourrait bientôt compter trois mosquées

L’islam est finalement soluble en terre FN. Le hasard du calendrier vient d’accélérer deux dossiers qui devraient réjouir les musulmans de cette commune dirigée par le FN depuis 2014.

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Hier matin, le tribunal administratif a condamné la municipalité parce qu’elle s’opposait au rachat de l’ancienne trésorerie de Mantes-la-Ville, devenue depuis avril dernier une mosquée. Au moment de la vente, la mairie a exercé son droit de préemption. Elle souhaitait alors transformer les locaux en poste de police municipale. La justice a estimé qu’il s’agissait d’un « abus de pouvoir » pour empêcher la création de la mosquée. Battu, Cyril Nauth indique qu’il fera « très certainement » appel.

Un projet dans le quartier des Merisiers

Dans le même temps, une autre association, El-Fethe, a obtenu gain de cause au tribunal de grande instance. Il y a quelques mois, elle avait cherché à acheter un pavillon afin d’en faire une mosquée. Le vendeur avait fini par se rétracter et l’affaire s’est poursuivie devant les tribunaux. Les juges ont finalement donné raison à El-Fethe. Une mosquée pourrait donc faire son apparition dans les prochains mois dans le quartier des Merisiers.

Ces deux lieux de culte s’ajoutent à un troisième, situé boulevard Salengro. Avant l’arrivée du FN au pouvoir, c’était le seul à Mantes-la-Ville… « Et alors ? Le Front national ne s’est jamais opposé à l’Islam !, s’irrite Cyril Nauth. J’ai toujours dit que j’étais contre le projet de la trésorerie, pas contre l’Islam. » Cette position figurait dans ses tracts de campagne. Les opposants à Cyril Nauth ne manquent toutefois pas de lui rappeler ses engagements. « Je me souviens qu’il avait dit récemment que les musulmans n’étaient pas près de prier dans l’ancienne trésorerie, remarque Eric Visintainer (LR). Cyril Nauth doit rester humble : il n’est pas au-dessus des lois, il est en train de l’apprendre. »

La réalité mérite toutefois d’être nuancée. L’acquisition de la trésorerie était un processus déjà engagé avant l’arrivée du FN dans la commune. Elle avait été encouragée par l’ancienne équipe socialiste et accélérée par la préfecture. Quant à la mosquée du boulevard Salengro, malgré un vote du conseil municipal demandant sa destruction, la démolition n’a jamais eu lieu.

Le Parisien

Projet de mosquée à Mantes-la-Ville : le maire FN débouté pour la troisième fois

Le maire Front national (FN) de Mantes-la-Ville, dans les Yvelines, a une nouvelle fois été débouté par la justice dans l’affaire l’opposant à l’Etat et à une association musulmane. La justice a statué : il n’était pas fondé à préempter un local, destiné par la précédente municipalité à devenir une mosquée, pour y installer sa police municipale.

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Dans une décision rendue vendredi 16 septembre, le tribunal administratif de Versailles a considéré notamment que la décision attaquée par le maire, Cyril Nauth, « bien que formellement motivée par la nécessité d’installer le service de police municipale dans des locaux plus spacieux, procède en réalité d’une volonté d’utiliser le droit de préemption afin de faire échec à l’installation d’un lieu de culte musulman » et que ce « véritable mobile » est « tiré de considérations étrangères à un but d’intérêt général ». Le tribunal a donc estimé qu’il y avait bien « détournement de pouvoir » de la part du maire.

Cyril Nauth avait déjà été débouté en référé (procédure d’urgence) par cette même juridiction en août 2015, puis par la cour administrative d’appel en octobre.

Lors de l’audience devant le tribunal de Versailles le 2 septembre, le rapporteur public avait souligné « le coût » du projet du maire (760 000 euros) et le fait que le local était « disproportionné » pour une équipe de « 12 agents de police municipale ».

Le Monde