Cinquante-cinq millions de migrants ont quitté l’Europe, et ils ont rencontré quelques uns des mêmes problèmes déchirants que les réfugiés d’aujourd’hui.
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Ce fut l’une des plus grandes migrations de l’histoire humaine. De 1846 à 1940, quelque 55 millions d’Européens ont fait leurs bagages et ont cherché une nouvelle vie à l’étranger, principalement aux États-Unis et en Amérique du Sud. Des régions entières ont été vidés.
Mais comme Tara Zahra décrit dans son nouveau livre, Le Grand Départ: Migration de masse De l’Europe de l’Est et de la construction du monde libre, les rues de l’Amérique n’étaient pas toujours bordée d’or, et de nombreux migrants européens sont rentré chez eux, brisés et désillusionnés.
Washington autorise chaque colon à s’emparer de 64 hectares. Au signal, c’est une furieuse ruée. The Land Run.
Le 22 avril 1889 est le jour de l’une des plus grandes spoliations de terre jamais organiséeslégalement. Ce jour-là, 50 000 fermiers, employés, maquereaux, bandits, cordonniers, crève-la-faim, cow-boys, spéculateurs… s’abattent comme un vol de sauterelles sur un territoire indien ancestral avec la bénédiction du gouvernement des États-Unis.
Plusieurs westerns hollywoodiens évoquent cette première distribution gratuite de terres concernant deux millions d’acres (800 000 hectares) généreusement offertes par l’État américain.
Les fouilles ont permis de découvrir trois tombes musulmanes à Nîmes, de loin les plus anciennes jamais découvertes en France.
Des fouilles ont permis de découvrir trois tombes musulmanes à Nîmes, de loin les plus anciennes découvertes en France et qui sont les premiers indices de la présence de communautés de musulmans dans le sud du pays au début du Moyen-Age. « On savait que les musulmans sont venus en France au VIIIe siècle mais on n’avait jusqu’alors aucune trace matérielle de leur passage », explique à l’AFP l’anthropologue Yves Gleize, de l’Institut français de recherches archéologues (INRAP), principal auteur de cette recherche publiée mercredi aux Etats-Unis dans la revue Plos One.
On disposait de quelques pièces de monnaie et de fragments de céramique, signes d’échanges commerciaux mais rien de plus, précise-t-il, et ce contrairement à la Péninsule Ibérique au sud des Pyrénées qui a été sous occupation arabe pendant des siècles. En l’occurrence, les trois tombes ont été excavées près d’une grande avenue de Nîmes à l’occasion de la construction d’un parking souterrain. Elles montrent clairement des rites funéraires musulmans: les corps de trois hommes étaient placés sur le côté, la tête regardant dans la direction de la Mecque.
VIIe et IXe siècles
Des analyses des ADN prélevés sur des dents et les os indiquent qu’ils étaient d’origine nord-africaine. Ils étaient âgés respectivement de 20 à 29 ans pour l’un, d’une trentaine d’années pour le deuxième, et de plus de 50 ans pour le troisième. Ils n’avaient aucune trace de blessure. La datation radiométrique des ossements les fait remonter entre les VIIe et IXe siècles, précisent les chercheurs. Jusqu’à présent, la plus ancienne sépulture musulmane découverte en France, à Marseille, datait du XIIIe siècle.
Une autre mise au jour à Montpellier pourrait remonter au XIIe siècle. Selon ces anthropologues, toutes ces données laissent penser que ces trois squelettes appartenaient à des Berbères enrôlés dans l’armée du califat d’Omeyyades durant la conquête arabe en Afrique du Nord au VIIIe siècle. Les lignées génétiques maternelles et paternelles des trois squelettes sont relativement rares dans la population française moderne, soulignent-ils. Par rapport à la Péninsule Ibérique ou à l’Italie, il est clair que l’impact génétique de l’occupation arabe est bien moindre en France, pointent les chercheurs.
Le gouvernement nationaliste polonais a retiré l’Ordre du Mérite d’un spécialiste de l’Holocauste, pour avoir affirmé que la Pologne était en partie responsable des crimes de guerre nazis contre la population juive pendant la Seconde Guerre mondiale, a rapporté The Guardian dimanche.
Jan Tomasz Gross, professeur d’histoire d’origine polonaise à l’Université de Princeton, a reçu l’Ordre du Mérite en 1996 pour son travail sur les Juifs polonais pendant l’Holocauste. Dans son livre « Les voisins », sorti en 2001 il raconte le massacre de plus de 1500 Juifs originaires du village de Jedwabne et il affirme que ce sont les Polonais, et non les nazis, qui ont commis les crimes.
Le film « Aftermath » sorti en 2012 (inspiré de l’ouvrage) a été le premier film polonais à aborder la responsabilité des résidents locaux pour les massacres de Juifs pendant l’Holocauste.
Le travail de Gross au cours des dernières années a déclenché la colère des nationalistes polonais, qui prétendent qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour étayer de telles affirmations et qu’elles salissent la réputation du pays.
La Bibliothèque nationale polonaise a vivement réagi ce lundi à une émission de la BBC selon laquelle les lettres échangés par Anna Teresa Tymieniecka et le cardinal Wojtyla suggèrent des sentiments amoureux.
Une amitié intense, un amour platonique ou plus? Depuis la publication ce lundi par la BBC d’une correspondance épistolaire intense entre Jean-Paul II et la philosophe américaine Anna Teresa Tymieniecka, les sentiments entre les deux personnalités d’origine polonaise sont l’objet de controverses.
Et pour cause, ils ont échangé pas moins de 350 lettres en trente ans. La première date de 1973, année de leur rencontre, et la dernière de quelques mois avant la mort du pape, en 2005. Des courriers qui suggèrent, selon l’émission Panorama de BBC1, que l’universitaire nourrissait des sentiments amoureux pour le cardinal Wojtyla. « Ma chère Teresa, j’ai reçu les trois lettres. Tu écris que tu es déchirée mais je n’ai pu trouver aucune réponse à ces mots », écrit par exemple le futur Jean Paul II dans une lettre datant de 1976, la décrivant comme « un cadeau de Dieu ».
« Le Coran est-il vraiment plus violent que la Bible ? » Tout est parti de cette question, que Tom Anderson, un ingénieur développeur de New-York s’est posée. En analysant la Bible complète et le Coran grâce à son logiciel comparatif, l’ingénieur en données informatiques s’est rendu compte que le livre chrétien contenait davantage d’allusions au « meurtre » et à la « destruction » que son homologue coranique.
En janvier dernier, Tom Anderson a constaté que, dans les débats, les récents épisodes terroristes étaient souvent associés à un « islam fondamentaliste », qui serait un foyer de violences exploité par les extrémistes. Selon certains, le Coran encouragerait davantage les actes brutaux comparé aux autres textes religieux. Or « pour comprendre une religion, il est tout à fait logique de commencer par examiner sa littérature », pose l’ingénieur dans son étude.
Quand l’informatique s’en mêle
Et ça tombe bien, Tom Anderson a conçu un logiciel d’analyse, OdinText, destiné à aider les chercheurs dans leur étude de documents. L’outil scanne froidement le contenu d’une œuvre et révèle des tendances dans le vocabulaire utilisé, en fonction de mots-clés choisis : le nombre de fois où le mot a été utilisé, ses synonymes, les termes liés au même champs lexical, ou encore sa proximité avec les autres vocables recherchés.
Sont donc passés sous l’œil mécanique du logiciel : l’Ancien Testament (dont les cinq premiers livres sont communs à la Torah, le livre sacré du judaïsme), le Nouveau Testament (associé à l’Ancien, il constitue la Bible chrétienne) et enfin le Coran (le livre sacré de l’islam). Pour comparer les trois livres, Tom Anderson a utilisé des repères autour des émotions humaines : la joie, l’attente, la colère, le dégoût, la tristesse, la surprise, la peur/l’anxiété et la confiance/croyance.
Bible en « colère », Coran plein de « joie »
Résultat de ce battle : la notion de « colère » est davantage utilisée dans la Bible (les deux Testaments) que dans le Coran, qui lui obtient un score plus élevé côté « joie » et « confiance/croyance », mais aussi pour ce qui est de la « peur/anxiété ». La surprise, la tristesse et le dégoût se retrouvent à parts égales dans les deux textes, précise l’analyste. La Bible se défend toutefois grâce à « l’amour » présent à 3% dans le Nouveau Testament, à 1,9% dans l’Ancien, contre 1,26% dans le Coran.
Mais la question demeure : la Coran est-il plus violent ? Le « meurtre » et la « destruction » constituent 2,1% du livre des musulmans, contre 2,8% du Nouveau Testament et pas moins de 5,3% de l’Ancien Testament, soit plus du double par rapport au Coran. En regardant le concept « d’ennemis », c’est encore le plus vieux des textes chrétiens qui bat le record. 1,8% de son contenu en fait mention, suivi du Coran (0,7%) et du Nouveau Testament (0,5%). Dans le Coran toutefois, l’ennemi est légèrement plus souvent un concept, comme le « Diable » ou le « mal » (0,2%), que dans le Nouveau Testament (0,1%).
Le Coran évoque par ailleurs plus souvent « le pardon/la grâce » (6,3%) que les Nouveau (2,9%) et Ancien (0,7%) Testaments. Tom Anderson note toutefois que ce rapport est en partie dû à l’épithète « miséricordieux » fréquemment assorti au nom d’ « Allah ». « Certains pourraient exclure ce mot, considérant qu’il n’est qu’une étiquette ou un titre, mais nous pensons qu’il est signifiant, parce que la miséricorde a été préférée aux autres attributs comme ‘tout-puissant' », nuance-t-il.
Pour réaliser Les Innocentes, Anne Fontaine s’est inspirée de faits historiques : dans la Pologne de 1945, une jeune interne française apporte son savoir et sa compassion à des nonnes violées et mises enceintes par des soldats russes. Après avoir fait face à la brutalité, elles doivent affontrer une situation qui les dépasse. Les mots « solidarité féminine » s’incarnent en la personne de la magnifique Lou de Laâge, « une actrice d’une grâce et d’une cinégénie exceptionnelles ».
Cela se passe il y a plus de 70 ans, à Thiaroye, au Sénégal. L’armée française ouvre le feu sur des tirailleurs africains, qui ont combattu les nazis sous l’uniforme français.
Entre 1939 et 1944, près de 140000 Africains ont servi dans l’armée française. Parmi eux, les tirailleurs sénégalais, originaires des diverses colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Démobilisés après la guerre, une partie d’entre eux, anciens prisonniers de guerre, est regroupée dans un camp militaire à Thiaroye, près de Dakar.
Là, ils réclament le paiement de leur solde,de l’argent qui ne leur a pas été versé alors qu’ils étaient prisonniers des nazis. Tant qu’ils n’ont pas touché ce qu’ils estiment être leur dû, ils refusent de quitter le camp militaire de Thiaroye, où ils sont cantonnés.
Le 1er décembre 1944, le commandement militaire ordonne le rassemblement et leur fait tirer dessus avec une automitrailleuse. Bilan annoncé : 35 morts et 35 blessés. Officiellement, il s’agit d’une riposte nécessaire à une rébellion armée.
Gros succès pour la série documentaire d’Arte consacrée aux premiers temps de l’islam et à la place de Jésus dans le Coran. « Arte se réjouit de l’accueil réservé hier soir à Jésus et l’islam, une série documentaire en 7 épisodes réalisée par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur – déjà coauteurs de trois séries sur le christianisme – dont le premier épisode diffusé en prime time a réalisé une excellente audience, en réunissant 1 156 000 téléspectateurs, soit 4,3% de part d’audience », a ainsi indiqué la chaîne franco-allemande dans un communiqué ce mercredi. « Il s’agit de la quatrième meilleure audience en nombre de téléspectateurs de l’année pour un prime time du mardi. »
Lors de cette première soirée dédiée à la série documentaire – les deux autres auront lieu ce mercredi à 23h00 et jeudi à 22h25 –, la chaîne a également réalisée une belle performance globale, réunissant en moyenne 858 000 téléspectateurs, soit 3,9% de part d’audience.
Pour mener à bien leur enquête,Gérard Mordillat et Jérôme Prieuront fait appel à près de trente spécialistes internationaux, notamment plusieurs chercheurs de tradition musulmane. « Avec eux, nous explorons en sept épisodes la prédication de Mahomet en nous appuyant essentiellement sur le Coran et sur la littérature de la tradition musulmane », peut-on ainsi lire dans le communiqué diffusé par Arte.
Une enquête d’envergure qui permet, selon Gérard Mordillat, d‘affronter « justement ce mur de l’ignorance que veulent toujours construire de plus en plus épais tous les fondamentalistes du monde. Qu’ils soient musulmans, catholiques, juifs, etc… On veut toujours que l’intelligence soit, par nature, ennemie de la foi. »
Le 1er décembre 2015, lors d’un meeting à Toulon de Marion Maréchal-Le Pen à l’approche des élections régionales, l’élu biterrois a une nouvelle fois fait dans la provocation.
Je veux retrouver notre France, celle de Louis XIV, de Napoléon, et celle, si le ministère de l’intérieur me l’autorise, de Charles Martel.
S’il est déjà complètement anachronique d’associer la France à Charles Martel–le royaume était divisé en province (l’Austrasie, la Neustrie ou encore la Bourgogne…)–, qui n’a jamais été souverain de France (contrairement à Napoléon et Louis XIV) mais «maire du palais», le maire de Béziers semble oublier l’histoire de sa propre ville.
En effet, dans une contribution au Plus de l’Obs, l’écrivain Salah Guemriche (déjà auteur d’un article dans le Monde sur le mythe de la bataille de Poitiers) cite Ernest Sabatier, historien de la ville de Béziers, qui raconte comment Charles Martel et ses troupes se sont vengés sur les populations locales du sud du pays après avoir échoué à prendre Narbonne:
«Les Franks pillent à outrance dans tous les lieux où ils portent leurs pas; ils désarment la population chrétienne, qui, ayant conservé en partie la civilisation romaine, voyait en eux des Barbares, et leur était suspecte.
Forcés d’abandonner le siège de Narbonne, et voulant empêcher les Sarrasins de prendre ailleurs dans le pays une position solide, ils rasent les fortifications de Béziers, d’Agde et d’autres cités considérables.
Agde et Béziers sont même livrées aux flammes, leurs territoires dévastés, les châteaux sont démolis. Enfin, en s’éloignant, les soldats de Charles Martel emmènent, outre un grand nombre de prisonniers sarrasins, plusieurs otages choisis parmi les chrétiens du pays.»
Charles Martel était également un grand spoliateur des biens de l’Église, qu’il utilisait « pour rémunérer ses guerriers » selon l’historien Laurent Theis, dans une interview accordée au Point. Ce qui fait tâche, dans un pays «de tradition judéo-chrétienne», selon le maire.
Les Circassiens, ou encore Tcherkesses(selon l’étymologie arabe), sont des guerriers montagnards dont le premier royaume fut établi au IVe siècle avant JC dans une région de 100.000 km², aujourd’hui éclatée entre les Etats russe et géorgien.
Après un siècle de résistance à l’impérialisme tsariste, au prix de la vie de 800.000 des leurs, les douze tribus circassiennes sont en partie exterminées à Sotchi, par Alexandre II, le 21 mai 1864. Un million d’entre eux sont alors poussés à l’exode vers l’Empire ottoman, parmi lesquels 200.000 vont mourir de faim, de maladie ou de fatigue.
Les Montagnards quittant l’aoul, Pyotr Nikolayevich Gruzinsky (1872) via Wikimedia Commons
700.000 Circassiens résident encore aujourd’hui en fédération de Russie; les autres se vivent comme des déracinés. La majorité de leurs descendants se trouvent en Turquie, où ils sont 2 à 3 millions.
Les recherches de l’association Circassian World recensent également 100.000 d’entre eux en Jordanie ainsi qu’en Syrie, quelques milliers en Israël, en Libye et au Liban, et d’autres encore en Europe (40.000 environ) et aux Etats-Unis (au moins 5.000).
En Jordanie, les survivants sont arrivés par vagues à partir de 1878. La légende veut qu’ils aient fondé Amman, la capitale, jusqu’alors terre de tribus bédouines –le royaume jordanien n’ayant été institué qu’en 1946. Les Circassiens ont érigé des villages agricoles sur des terres bédouines dans les vallées du Jabal Amman, lieu de passage de nombreuses caravanes.
Avec environ 100.000 membres, la communauté circassienne représente aujourd’hui 1,5% de la population. Elle est considérée comme l’une des 56 nationalités du royaume hachémite, qui lui réserve trois sièges au Parlement.
Les Circassiens ont toujours fait partie du personnel des palais de la dynastie hachémite.Quant aux femmes circassiennes, elles étaient également membres de la cour en Irak et en Syrie. Le prince Ali, demi-frère de l’actuel roi de Jordanie Abdallah, a effectué à cheval en 1998 la route inverse de l’exode circassien, d’Amman au Caucase, pour honorer leur histoire.La carte de la Circassie en 1840 / Wikimedia Commons
Valeureux cavaliers dans le Caucase, les Tcherkesses ont continué de s’illustrer dans la carrière militaire en Jordanie surtout parmi les haut-gradés, par exemple en 1948 et 1967 contre Israël.Aujourd’hui encore, la garde royale de cérémonie est exclusivement composée de Circassiens. Selon la coutume, les garçons partaient à 7 ans s’entraîner à l’art de la chevalerie, mais cette pratique a totalement disparu.
En 2013, les Circassiens d’Amman sont aussi bien informaticiens que comptables ou commerçants.Désormais, les fioles de poudre à canon et les cartouches qui ornaient le devant des manteaux pourrissent dans les placards des anciens. Les croyances religieuses originelles, imprégnées de polythéisme, paganisme et animisme, se sont elles aussi quasiment évanouies.
Danse traditionnelle à la remise de diplômes de la Prince Hamza School
Le festival annuel de la ville de Jerash ou la remise de diplômes de la Prince Hamza School à Amman donnent lieu à des démonstrations de danse traditionnelle. La danseuse Mirna Janbek explique que les pas des hommes, dague à la ceinture, évoquent ceux des chevaux quand leurs mains, dissimulées dans de très longues manches, rappellent les battements d’ailes de l’aigle. Le mouvement des femmes imite celui des cygnes; fières mais timides, elles lèvent la tête et baissent le regard.
La Prince Hamza School est un lieu clé de la communauté qui accueille 800 élèves dont 90% de Tcherkesses. Créée en 1972 sur un terrain offert par le roi Hussein, l’école suit le programme scolaire jordanien. Mais ce qui la rend unique, ce sont les cinq heures de cours hebdomadaires de langue circassienne.
Le Septième Cercle est un quartier périphérique résidentiel d’Amman, où beaucoup de Tcherkesses vivent encore aujourd’hui. Ils ont contribué à le développer dans les années 1940 et 1950, lors de la croissance de la capitale.Il s’est créé à proximité du village de Wadi Sir, où vivaient de nombreux Circassiens et c’est l’un des derniers endroits où l’on trouve quelques associations d’une communauté aujourd’hui dispersée dans la ville.
Nahla, une coquette cinquantenaire circassienne veuve d’un riche arabe, expose dans sa grande maison des trésors du passé. Ceinture en pierres précieuses, sceau à marquer les bêtes aux armoiries de sa tribu, coiffe guerrière… Autant d’objets du Caucase transportés dans l’exode par ses ancêtres expulsés.
«Mes parents ne voyaient pas l’intérêt de garder toutes ces choses du quotidien, raconte Nahla en les sortant amoureusement des vitrines. Mais mon frère et moi les avons préservées comme témoins de notre histoire.»
Dans un témoignage posthume, le militant d’extrême droite René Resciniti de Says revendique l’assassinat du militant anticolonialiste Henri Curiel, en 1978. L’avocat de la famille a déposé plainte avec constitution de partie civile.
Officiellement, l’affaire a été classée sans suite, après un non-lieu. Mais un nouveau témoignage pourrait relancer l’enquête. Pour la première fois, un homme revendique cette exécution dans un livre paru en mai dernier,Le Roman vrai d’un fasciste français, du journaliste Christian Rol (éd. La Manufacture de livres). Celui-ci a recueilli les confidences de René Resciniti de Says, dit l’Elégant, militant nationaliste, avant sa mort en 2012.
Parmi les secrets révélés dans ce livre, celui de la mort d’Henri Curiel, militant tiers-mondiste, cofondateur du mouvement communiste au Caire avant-guerre, exilé en France.
Selon le témoignage rapporté par Christian Rol, René Resciniti de Says a abattu Henri Curiel de trois balles avec un comparse avant de disparaître dans la foule et de remettre l’arme du crime (un Colt 45) à un troisième homme, le tout sur ordre de Pierre Debizet, patron du SAC, la milice du parti gaulliste.
L’attentat est revendiqué auprès de l’AFP comme suit :
“Aujourd’hui, à 14 h, l’agent du KGB, Henri Curiel, militant de la cause arabe, traître à la France qui l’a adopté, a cessé définitivement ses activités. Il a été exécuté en souvenir de tous nos morts. Lors de notre dernière opération, nous avions averti. Delta”.
Dans Le Roman vrai d’un fasciste français, René Resciniti de Says assume son acte de manière totalement décomplexée :
“A l’époque, c’est la guerre froide. Curiel nous est présenté comme le super-agent de la subversion – même si à l’époque il n’avait aucune activité contre la France. Nous, on ne se pose pas de questions: un agent de Moscou à refroidir, qui plus est traître à la France en Algérie, c’est dans le cahier des charges.”
Pour l’avocat de la famille William Bourdon, la plainte avec constitution de partie civile qui a été déposée auprès du doyen du juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris devrait conduire à la désignation d’un juge, ce qui n’avait pas été le cas précédemment car personne n’avait été identifié.