Cinquante-six membres de « La Familia », un groupe de supporters d’extrême droite du club de football israélien Beitar Jérusalem, connus pour leurs dérapages racistes, ont été arrêtés, a indiqué mardi la police israélienne.
« Les arrestations qui ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, ont été décidées à la suite d’actes de violence commis par des membres de +La Familia+ dans tout le pays », a affirmé la police dans un communiqué.
Ultra-nationalistes juifs, les membres –plusieurs centaines selon les médias– de La Familia sont régulièrement impliqués dans des incidents et coutumiers d’insultes anti-arabes et antimusulmanes. Le Teddy Stadium où évolue l’équipe qu’ils soutiennent est surnommé « l’enfer » en raison du climat d’hostilité et de violence envers les équipes adverses et leurs supporters.
La police est régulièrement contrainte de déployer d’importants renforts lors des matchs pour tenter d’empêcher des agressions. Les membres de La Familia arrêtés sont soupçonnés « d’avoir participé à des actes violents graves, à des trafics d’armes et d’avoir pénétré dans des stades en dissimulant des engins pyrotechniques interdits » dans ces lieux, a ajouté la police, précisant que ce coup de filet avait été rendu possible grâce aux informations fournies par une taupe parmi les supporters.
Pas moins de 400 policiers et gardes-frontières ont participé aux arrestations, qui pourraient se poursuivre dans les prochains jours, selon la police.
Trois pierres : c’est le titre de la bande dessinée réalisée par Nils Oskamp. L’auteur allemand y raconte les multiples agressions qu’il a subi durant son enfance par les néo-nazis de son école. Aujourd’hui ses agresseurs sont toujours actifs. Alors pour sensibiliser les jeunes à Dortmund, Nils Oskamp va présenter son oeuvre dans les écoles.
Les jeunes Français se seraient-ils réconciliés avec Dieu ? Dans tous les cas, et contrairement à leurs aînés, ils n’y sont plus hostiles. Le portrait des 18-30 ans qui se dessine dans le sondage réalisé par OpinionWay en exclusivité pour La Croix sur les jeunes et la religion montre une génération manifestement plus croyante et plus religieuse que ses aînés.
Certes, les jeunes qui disent croire en l’existence de Dieu (46 %) restent une minoritédans une société française majoritairement agnostique. Pour autant, si l’on met ces chiffres en perspective avec d’autres sondages, il apparaît que les jeunes sont plus croyants que dans l’ensemble de la population française : seuls 38 % des Français disaient croire en l’existence de Dieu selon une enquête réalisée il y a un an pour la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref).
Catholiques (42 %), musulmans (4 %), protestants (3 %)…Au-delà de la croyance, les jeunes Français s’identifient aussi plus fortement à une religion qu’il y a une décennie : seuls 34 % des 18-29 ans se rattachaient à une religion en 2008, selon l’enquête sur les valeurs réalisée la même année à l’échelle européenne, contre 53 % aujourd’hui.
Marine Le Pen a témoigné dans un tweet samedi de sa « solidarité » envers les victimes de la fusillade de Munich, certains frontistes pensant que l’auteur de celle-ci est un islamiste et non une personne fascinée par le tueur norvégien Anders Behring Breivik, comme l’a indiqué la police de la ville de Bavière.
D’autres frontistes ou proches du FN ont eux dénoncé samedi un silence voire un mensonge des médias et des autorités allemandes. « Munich, tristesse et deuil: Le silence sur les motivations est plus significatif que les motivations ! », a tweeté le député allié au FN du Gard Gilbert Collard samedi matin, avant la conférence de presse de la police allemande indiquant qu’elle voyait un lien entre l’auteur de la fusillade et le tueur norvégien de 2011, responsable de la mort de 77 personnes.
Il y a déjà eu dans le passé en République tchèque des tentatives, par des formations d’extrême-droite, de mettre en place quelques groupes paramilitaires, destinés à semer la terreur dans les quartiers à majorité tzigane, surtout.
Mais contrairement à la Slovaquie voisine, ou à la Hongrie par exemple, où les défilés de gardes néo-nazis en uniforme sont fréquents, l’extrême-droite xénophobe est restée politiquement très marginale en République tchèque.
Le phénomène a pris de l’ampleur depuis la crise migratoire, et les médias locaux parlent aujourd’hui de 2 500 personnes déjà rassemblées en quelques mois dans des dizaines d’organisations paramilitaires locales, dont plusieurs dans la capitale, Prague.
Seulement 415 demandes d’asile seulement cette année en République tchèque. C’est un peu paradoxal, mais cela n’empêche pas les leaders de ces milices paramilitaires de jouer sur la peur et de motiver leurs troupes pour « stopper l’arrivée de centaines de milliers de terroristes musulmans ».
Le discours est très islamophobe. Certains de ces groupes d’extrême-droite ont trouvé l’inspiration plus au Nord, en se baptisant les « Soldats d’Odin », dans la lignée de la formation du même nom fondée en Finlande l’année dernière par un néo-nazi.
Les meneurs de ces nouvelles milices sont contre leur gouvernement, mais aussi contre l’Union européenne et contre l’Otan. En fait, ils affichent surtout leurs liens avec la Russie et avec les milices pro-russes d’Ukraine. Cela fait dire à certains commentateurs à Prague que ces mouvements paramilitaires sont en train de devenir la « cinquième colonne » de Poutine au sein de l’Union européenne.
Plusieurs cadres du FN ont relayé jeudi 21 juillet la liste des députés qui ont voté contre deux amendements identiques relatifs à la fermeture des mosquées salafistes, lors de l’examen du projet de loi relatif à l’état d’urgence le 19 juillet. Le Lab vous avait expliqué pourquoi il était faux de pointer l' »irresponsabilité » des députés PS qui ont voté contre : tout ce que proposaient les amendements était déjà prévu par la loi.
En Haute-Garonne, la situation ne s’est pas calmée depuis jeudi.Car le secrétaire départemental FN Julien Leonardelli a diffusé les coordonnées des députés PS de son département en invitant les internautes à les contacter.
Christophe Borgel y a vu un « appel à s’en prendre aux parlementaires », voire un appel à la « haine ». Le numéro trois du PS confie vendredi à France 3 Midi-Pyrénées :
Il suffit de lire les tweets de ceux qui relayent cet appel pour voir à quel point ils suintent la haine. La haine de l’autre, de celui qui est différent, qu’il soit musulman ou socialiste. Si cette haine devait se traduire d’une manière ou d’une autre pour mes collaboratrices, je vous tiendrai M. Leonardelli pour personnellement responsable.
Ce qui n’a pas tardé puisque la députée Martine Martinel explique dans la nuit de vendredi à samedi, sur sa page Facebook, que son « compte Twitter est inondé de messages pétris de haine, de racisme et de menaces« . « Telles sont les méthodes » du Front national », déplore l’élue sociaiste, justifiant qu’elle « vote les textes nécessaires au combat contre le terrorisme » sans toutefois jouer « la surenchère populiste ».
De son côté, le Front national rétorque que les coordonnées des députés sont « accessibles à tous depuis le site de l’Assemblée nationale », que donc la polémique est « artificielle ». Dans son communiqué, Julien Leonardelli se défend de tenir des propos qui « suintent la haine » comme l’en a accusé Christophe Borgel. Il assure demander simplement que « les élus de la République […] rendent des comptes à celles et ceux qui les ont élus ».
Les discours racistes et de haine sont de plus en plus banalisés sur le Web, les mouvements qui en font l’apologie profitant de l’absence de sanctions pour y diffuser leurs messages : ce sont les conclusions d’une étude européenne publiée ce vendredi à Barcelone.
L’enquête qui a été menée dans cinq pays européens (Italie, France, Espagne, Roumanie, Royaume-Uni) dénonce notamment « la passivité » des médias sociaux face à ces discours dont la diffusion semble se renforcer, comme les partis extrémistes qui en font la promotion. « Internet a représenté un saut qualitatif pour beaucoup de choses, y compris la diffusion de discours de haine », a expliqué lors d’une conférence de presse Miguel Pajares.
Les enquêteurs ont notamment dénoncé auprès de Facebook cent commentaires racistes trouvés sur le réseau social numéro un et seulement neuf ont été éliminés. Selon eux, Facebook a indiqué que les autres ne remplissaient pas les critères pour être supprimés. Parmi ces commentaires, certains appellent à tuerdes musulmans ou à envoyer les juifs dans des camps de concentration.
Chaque pays a une population cible privilégiée : les Gitans en Roumanie, les Arabes en France, les immigrés au Royaume-Uni, selon les auteurs. « Les gens ne dénoncent pas, car cela ne marche pas. Ces mécanismes ne sont pas efficaces […] les messages restent et continuent à promouvoir ces idéologies », a déploré Olga Jubany.
La tuerie de Munich du 22 juillet qui a fait neuf morts a été présentée par les autorités comme le geste de folie d’un jeune forcené qui était suivi pour des problèmes psychiatriques. Cinq jours après, le 27 juillet, le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung avance l’hypothèse qu’il s’agissait plutôt d’un acte raciste.
Les enquêteurs de la police confirment que David Ali Sonboly, âgé de 18 ans, ne faisait pas partie d’un groupe d’extrême droite, mais supposent qu’il avait un fort penchant pour les idées racistes. Selon des proches, il admirait Adolf Hitler et considérait le fait d’être né le même jour que le dictateur comme un honneur. Né en Allemagne d’une famille iranienne, il se disait fier d’être «doublement aryen», l’Iran étant considéré par les tenants de l’aryanité comme le «berceau aryen». Il haïssait particulièrement les Turcs et les Arabes, «éprouvant un sentiment de supériorité envers eux».
Selon le quotidien, ce n’était donc probablement pas un hasard si toutes ses victimes, résidant à Munich ou aux alentours, avaient des origines étrangères (turques, kosovares, grecques et hongroises). Il avait 300 munitions sur lui, mais ne semble avoir visé que des personnes visiblement d’origine étrangère.
Deuxième indice, l’altercation avec un riverain pendant la tuerie où il criait qu’il était allemand et né en Allemagne et pestait contre les «Turcs de merde». Un dernier indice renforçant la thèse d’un terroriste d’extrême droite est le choix de la date : il a commis son acte le jour du cinquième anniversaire de l’attentat du Norvégien Anders Behring Breivik, auteur du massacre de 77 personnes, qu’il prenait comme modèle.
D’obédience chiite, David Ali Sonobly s’était converti au christianisme
Si la religion n’a joué aucun rôle dans son projet, l’auteur de la fusillade était manifestement en recherche d’identité. Thomas de Maizière a indiqué que ce musulman d’obédience chiite s’était récemment converti au christianisme, d’où l’ajout du prénom David.
David S, le tueur de Munich, n’a pas de lien avec Daech mais avec Breivik selon la police
Aucun lien avec le groupe djihadiste Etat islamique n’a été retrouvé. Les enquêteurs ont notamment établi un lien « évident » entre la fusillade et le tueur norvégien Anders Behring Breivik.
La police allemande a indiqué samedi pencher pour la piste d’un « forcené » afin d’expliquer la fusillade de Munich (sud) qui a fait neuf mortset affirmé n’avoir trouvé aucun lien avec le groupe djihadiste Etat islamique.
« Nous avons trouvé des éléments montrant qu’il se préoccupait des questions liés aux forcenés »auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a déclaré le chef de la police de Munich. Des éléments ont été découvert montrant que le Germano-Iranien avait suivi de près l’attaque à la hache du 19 juillet
Les enquêteurs ont notamment établi un lien « évident » entre la fusillade et le tueur norvégien Anders Behring Breivik, a annoncé samedi le chef de la police de Munich, Hubertus Andrâ.
Selon la police, il a probablement tendu un piège à un certain nombre des victimes en « piratant » un compte Facebook, afin de les attirer sur les lieux de la tuerie.Le chef de la police a indiqué qu’il s’agissait d’un jeune homme de 18 ans, David S. (selon les médias allemands).Fils d’un chauffeur de taxi, il est né et a grandi en Allemagne et fréquentait une école de la ville.
Le ministère kosovar des Affaires étrangères a confirmé la mort de trois de ses ressortissants. Le ministère turc a lui aussi annoncé qu’il comptait trois victimes originaires de Turquie, d’où est originaire la première communauté immigrée d’Allemagne. Une septième victime serait grecque, sans que l’on en sache davantage sur son identité.
« Nous avons trouvé des éléments montrant qu’il se préoccupait des questions liées aux forcenés » auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a précisé le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä.
Après la tuerie, il s’est donné la mort d’une balle dans la tête. Dans son sac à dos, les enquêteurs ont retrouvé environ 300 munitions, suggérant qu’il avait à l’origine l’intention de tuer un nombre encore beaucoup plus important de personnes.
Selon une source policière citée par l’agence DPA, il était un fan de jeux vidéos de guerre et, plus symptomatique, un admirateur d’un jeune Allemand de 17 ans qui avait perpétré un massacre dans son école près de Stuttgart en 2009.
Le parquet de Paris a demandé le renvoi en procès du Front national et de deux de ses dirigeants dans le cadre de l’enquête sur le financement des campagnes présidentielle et législatives de 2012.
Parmi les personnes pour lesquelles un renvoi en procès est demandé figurent le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, pour recel d’abus de biens sociaux, et un de ses vice-présidents Jean-François Jalkh, notamment pour escroqueries.
Si les juges d’instruction suivent ces réquisitions, le FN sera jugé pour complicité d’escroqueriesdans le cadre des législatives de 2012 et recel d’abus de biens sociaux.
Les juges d’instruction soupçonnent le FN, qui a été mis en examen en septembre, le micro-parti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, et le principal imprimeur du mouvement, Riwel, d’avoir mis en place un système d’enrichissement frauduleux avec de l’argent public
Selon le scénario des enquêteurs, Riwal aurait surfacturé les prix de kits de campagne (tracts, affiches…) vendus aux candidats, dont les dépenses ont ensuite été remboursées par l’Etat comme le prévoit la loi au-delà de l’obtention de 5% des suffrages exprimés. Un scénario totalement réfuté par le FN.
L’antisémitisme pourrait-il empêcher la montée de l’AfD, le parti d’extrême droite Alternative allemand ?
Les préoccupations au sein du groupe s’exacerbent tandis que les sondages confirment une chute du parti populiste, à son plus bas niveau cette année, une semaine après qu’un premier échec pour évincer un député accusé d’antisémitisme a provoqué une scission dans les rangs du groupe. Les critiques indiquent que le public réalise à présent qu’il ne s’agit pas seulement de quelques cas isolés.
Au début du mois, la moitié des représentants du parti ont quitté le Parlement de l’Etat de Bade-Wurtemberg, n’ayant pas recueilli la majorité nécessaire pour expulser un membre qui dans le passé a minimisé l’Holocauste, le qualifiant de « certain méfait », et nommant les négationnistes des « dissidents ».
L’élu AfD, Wolfgang Gedeon, a été par la suite convaincu de démissionner, mais cela semble avoir peu contribué à rétablir l’image du parti. Selon un sondage Forsa réalisé quelques jours après la division, la cote d’approbation du groupe a chuté de 8 points. En mai, l’AfD réunissait pourtant 15% des voix.
Selon des experts, le scandale a fait vasciller le subtil équilibrage de l’AfD: éviter d’être vu comme antisémite, tout en préservant leurs électeurs les plus radicaux.
Le chercheur a récemment examiné des dizaines de discours et de publications émis par des élus AfD et a constaté que, bien qu’ils évitent souvent de faire référence aux Juifs par leur nom, leur rhétorique évoque de nombreux stéréotypes antisémites.
« Certains d’entre eux parlent d’une minorité qui n’a pas de patrie, qui vit dans l’ombre et contrôle tout, » a-t-il poursuivi. « Selon eux, l’appartenance au peuple allemand est une question de sang, et pour les mêmes raisons, les Musulmans en sont tout aussi exclus« , a-t-il ajouté.
« Être à la fois allemand et juif est impossible aux yeux de nombreux membres élus AfD », a-t-il affirmé. « Il n’y a pas de ligne rouge claire en ce qui concerne l’antisémitisme au sein de l’AfD », a-t-il observé.
Publiquement le parti préfère mettre l’accent sur son attitude « anti-establishment », mais « cela est suffisant pour attirer de plus en plus de personnes aux opinions antisémites », a déclaré Riebe.
« L’AfD sait que si le public le considère comme antisémite, il perdrait toute chance d’obtenir le soutien de ceux qui pourraient voter pour eux ». « A travers toute l’Allemagne, les membres de l’AfD ont contacté les communautés juives et ses représentants pour les inviter à prendre part à des discussions de groupe », note Riebe.
« Ils ont tenu des discours adressés en particulier à la communauté juive, en essayant de la convaincre de leur amitié, alléguant que les Musulmans sont les vrais antisémites. » « Ils espéraient conquérir la communauté juive, afin qu’ils puissent dire au public: ‘si elle nous soutient, il n’est pas possible que nous soyons des extrémistes de droite!’, explique-t-il.
« Mais les gens ne sont pas stupides, ils savent qu’aujourd’hui ils sont contre les Musulmans, mais que dans quelques années, ils seront peut-être aussi contre les Juifs« .
Sur Twitter, les internautes dénonçant les mots-clés haineux sont ceux qui en réalité participent le plus à leur donner de la visibilité. C’est, en substance, la conclusion à laquelle est arrivé le laboratoire belge ReputatioLab, qui a étudié la diffusion des mots-clés islamophobes, notamment #IslamHorsDEurope, après l’attentat de Nice qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés.
Vendredi 15 juillet vers 23 heures, le mot-clé anti-islam était en tête des sujets de conversation sur le réseau social. Il a été lancé dans le cercle des comptes d’extrême droitedans la nuit, mais, remarque ReputatioLab, n’a pas rencontré d’audience au-delà de son cercle d’origine.
En milieu de journée, il n’était déjà plus utilisé dans sa communauté d’origine. « Le hashtag aurait plafonné et serait mort de sa belle mort vers 16 heures s’il n’avait pas été repris par ceux qui s’y opposaient », souligne l’auteur de l’étude, Nicolas Vanderbiest, interrogé par Le Monde.
C’est notamment une série de tweets d’indignation d’un internaute se revendiquant musulman et extrêmement suivi, vers 16 heures, qui lui a donné une large exposition et a relancé son usage.
#IslamHorsDEurope c’est possible d’etre aussi con que ça quand meme? Quel imbécile a crée se hastag encore?
— 1tomatefraiche (@le gang des tomates)
Dès lors, relève ReputatioLab, ce sont essentiellement les messages de condamnation du mot-clé qui contribuent paradoxalement à le faire monter, à la faveur des algorithmes de Twitter, qui ne distingue pas les contenus positifs des négatifs.
Le cas n’est pas inédit. En janvier 2015, rappelle le laboratoire belge, #JeSuisKouachi, né d’un tweet au second degré, a été repris d’abord par des djihadistes hors de France, puis par l’extrême droite, avant d’être propulsé trending topic (« sujet tendance ») à la suite d’une vague d’indignation.
Plus de 90 % de tweets anti-islamophobie
Sur les vingt tweets mentionnant #IslamHorsDEurope, les plus partagés, tous sont hostiles au mot-clé. Deux des trois les plus retweetés rappellent que certaines victimes de l’attentat étaient musulmanes. Mais comme le souligne Nicolas Vanderbiest, « sur Twitter, il est impossible de lutter contre un hashtag sans le faire monter » dans le classement des sujets de conversations.
Le réseau social utilise des algorithmes au fonctionnement secret pour établir les trending topics. Plus encore que le nombre de tweets, qui n’est pas pris un compte s’il est élevé mais stable, c’est la variation du nombre de mentions, l’étendue géographique et le nombre des utilisateurs qui en parlent ainsi que le relais de comptes influents qui sont les principaux facteurs de mise en avant des mots-clés, explique l’auteur de l’étude.
Le 15 juillet, faute d’autre sujet de conversation important, il a suffi de 3 000 tweets pour que #IslamHorsDEurope devienne le sujet numéro un à 23 heures.
Un habitant de Château-Gontier a été interpellé ce mercredi. Il s’est filmé réclamant la peine de mort contre le maire de la commune.
« Aujourd’hui, je l’annonce officiellement, je prends les armes […]. Cette vidéo est peut-être la dernière que vous verrez de moi. » Posté le 19 juillet sur Internet, ce message émane d’un habitant de Château-Gontier, âgé de 60 ans. Sur YouTube, l’homme, placé sous curatelle, a mis en ligne une vidéo de 2’40’’. Elle a pour cadre ce que l’on imagine être son domicile.
Treillis et béret militaire, drapeau français le long du cou, le sexagénaire, qui se prétend ancien légionnaire, réagit à l’attentat de Nice et appelle à « combattre l’ennemi ». Il réclame la peine de mort « pour les traîtres et les collabos » et pour le maire de Château-Gontier qu’il accuse d’islamiser sa ville.
« Il s’agit d’une personne fragile qui a déjà été jugée pour ce type de faits », a réagi Philippe Henry, maire de Château-Gontier. Mais ces propos islamophobes tenus contre la communauté musulmane et contre moi, sont totalement intolérables.»
Comme la communauté musulmane avant lui, le maire de Château-Gontier a déposé plainte contre cet homme déjà poursuivi pour des faits similaires. L’enquête se poursuit.
Sans détour, celui qui se décrit comme un «soldat réserviste» et militant du Front National, annonce qu’il va prendre les armes. Il appelle ouvertement au soulèvement des patriotes, aux tirs à balles réelles contre les « islamistes » de sa ville, Château-Gontier. Ce qu’il appelle en fait « islamistes » sont les musulmans.
Il n’hésite pas à appeler à les exterminer sur son compte Facebook (cf. captures d’écran plus bas).
Il est « l’un des pires trolls de Twitter », selon le site américain The Verge ; « l’ultime troll » pour Fusion ; « le plus fabuleux superméchant d’Internet », selon ses propres termes. Cheveux peroxydés, lunettes de soleil et gilet pare-balles sur des épaules nues : c’est ainsi que le Britannique Milo Yiannopoulos, 32 ans, s’est présenté dans la nuit de mardi 19 à mercredi 20 juillet au pupitre d’une soirée de soutien des militants LGBT pro-Trump, ouvrant son discours par un étonnant fait de gloire. « Je viens de me faire bannir de Twitter », s’est-il félicité, devant la journaliste de BuzzFeed Rosie Gray, qui a immortalisé la scène.
En l’occurrence, Twitter a décidé de son exclusion après la campagne de harcèlement raciste d’une violence inouïe subie par l’actrice afro-américaine Leslie Jones, actuellement à l’affiche du nouveau S.O.S. Fantômes aux Etats-Unis. Milo Yiannopoulos en est porté responsable, après qu’il s’est publiquement, et à plusieurs reprises, moqué de l’actrice en début de semaine.
L’exubérant journaliste du site néoconservateur Breitbart n’en est pas à sa première suspension de compte sur le réseau social : il avait déjà été sanctionné en juin, à la suite de la tuerie d’Orlando qui a fait 49 morts dans une boîte gay, pour des propos islamophobes. Mais cette suspension-ci est définitive, a assuré le réseau social à BuzzFeed.