Délation : Le FN publie sur Facebook les adresses d’appartement occupés par des réfugiés à Lourdes

La page Facebook du Front national des Hautes-Pyrénées a dénoncé l’accueil de 250 migrants à Lourdes qui sont « logés, nourris et soignés gratuitement ».

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Le Front national a-t-il diffusé les adresses des appartements où logent des migrants à Lourdes ? C’est en tout cas l’information dévoilée par le site StreetPress et repérée par Le Lab. Sur la page Facebook du parti dans les Hautes-Pyrénées, on pouvait trouver un post dans lequel il était écrit en commentaire : « Les Pyrénées ne veulent pas des envahisseurs islamistes, on feta tout pour les virer ». Le post en lui-même est intitulé : « Scandaleux camouflage des autorités sur les 250 migrants-clandestins de Lourdes ».

« Un petit texte accompagne la publication, ainsi qu’un document, présenté comme une note interne de la police locale », explique StreetPress. « Qui sait qu’il y a aujourd’hui 250 ‘migrants’, logés, nourris et soignés gratuitement, et même payés aux frais du contribuable dans Lourdes ? (…) On ne peut qu’être révoltés devant cette injustice et cette préférence étrangère », peut-on lire. Depuis, le post a été supprimé de la page Facebook.

Olivier Monteil, conseiller régional FN, rétorque au site : « Quand on installe des immigrés chez nous, la population est en droit de le savoir (…) Ce sont des logements sociaux qui sont payés par nos impôts, qui sont normalement destinés à des travailleurs français dans la détresse et on les a réquisitionnés pour les donner à des migrants. C’est une injustice et une discrimination ». Selon StreetPress, « le FN a faux sur toute la ligne ». Ce ne sont pas 250 personnes qui sont logés à Lourdes mais 108 demandeurs d’asile, note La Dépêche du midi.

RTL

Des élus votent contre la fermeture de mosquées, le FN diffuse leurs coordonnées sur le Net

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Plusieurs cadres du FN ont relayé jeudi 21 juillet la liste des députés qui ont voté contre deux amendements identiques relatifs à la fermeture des mosquées salafistes, lors de l’examen du projet de loi relatif à l’état d’urgence le 19 juillet. Le Lab vous avait expliqué pourquoi il était faux de pointer l' »irresponsabilité » des députés PS qui ont voté contre : tout ce que proposaient les amendements était déjà prévu par la loi.

En Haute-Garonne, la situation ne s’est pas calmée depuis jeudi. Car le secrétaire départemental FN Julien Leonardelli a diffusé les coordonnées des députés PS de son département en invitant les internautes à les contacter.

Christophe Borgel y a vu un « appel à s’en prendre aux parlementaires », voire un appel à la « haine ». Le numéro trois du PS confie vendredi à France 3 Midi-Pyrénées :

Il suffit de lire les tweets de ceux qui relayent cet appel pour voir à quel point ils suintent la haine. La haine de l’autre, de celui qui est différent, qu’il soit musulman ou socialiste. Si cette haine devait se traduire d’une manière ou d’une autre pour mes collaboratrices, je vous tiendrai M. Leonardelli pour personnellement responsable.

Ce qui n’a pas tardé puisque la députée Martine Martinel explique dans la nuit de vendredi à samedi, sur sa page Facebook, que son « compte Twitter est inondé de messages pétris de haine, de racisme et de menaces« . « Telles sont les méthodes » du Front national », déplore l’élue sociaiste, justifiant qu’elle « vote les textes nécessaires au combat contre le terrorisme » sans toutefois jouer « la surenchère populiste ».

De son côté, le Front national rétorque que les coordonnées des députés sont « accessibles à tous depuis le site de l’Assemblée nationale », que donc la polémique est « artificielle ». Dans son communiqué, Julien Leonardelli se défend de tenir des propos qui « suintent la haine » comme l’en a accusé Christophe Borgel. Il assure demander simplement que « les élus de la République […] rendent des comptes à celles et ceux qui les ont élus ».

Le Lab