La DGSI alerte sur le danger de l’extrême droite « qui n’attend que la confrontation »

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La Direction générale de la sécurité intérieure s’inquiète de la montée de l’extrêmisme en France et pas seulement celui des jihadistes de Daesh. Patrick Calvar, le patron de la DGSI redoute en effet « une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman ». C’est ce qu’il aurait précisé devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, d’après une retranscription qui sera rendue publique ce mardi 12 juillet.

« C’est ce qui m’inquiète quand je discute avec tous les confrères européens : nous devrons, à un moment ou un autre, dégager des ressources pour nous occuper d’autres groupes extrémistes parce que la confrontation est inéluctable ». D’après Patrick Calvar, nous assisterons à « une confrontation entre l’ultra droite et le monde musulman – pas les islamistes mais bien le monde musulman« , insiste-t-il.

Le patron de la DGSI avait tenu des propos similaires le 10 mai devant la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale. « L’Europe est en grand danger : les extrémismes montent partout et nous sommes, nous, services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l’ultra droite qui n’attend que la confrontation« , avait-il alors affirmé.

« Il nous appartient donc d’anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires ».

RTL

La plus vieille bibliothèque du monde, créée par une femme musulmane, a rouvert ses portes

Au Maroc, la plus ancienne bibliothèque du monde, Al Quaraouiyine , située à Fès au Maroc et fondée en 859 apr. J.-C. par Fatima El-Fihriya, a rouvert ses portes grâce au travail de l’architecte maroco-canadienne Aziza Chaouni. Cette dernière a restauré l’établissement reconnu par l’UNESCO grâce aux financements fournis par l’organisation à but non lucratif TED.

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La bibliothèque Al Quaraouiyine, située à Fès au Maroc, fait partie de ces joyaux patrimoniaux : fondée entre 859 et 877 apr. J.-C., selon les sources, elle fait partie d’un ensemble comprenant une mosquée et une université. Fatima El-Fihriya, surnommée Oum al Banine, originaire de Tunisie, a créé ce complexe avec sa fortune personnelle : décédée en 880, elle suscite un immense respect à Fès, qui abrite de fait une des universités les plus anciennes du monde.

Entre ses murs ont lu et étudié Ibn Arabi, poète mystique et philosophe du XIIe siècle, ou encore l’historien et économiste Ibn Khaldoun, au XIVe siècle.

La réouverture de l’établissement est effective depuis la fin du mois de mai dernier, après plus de trois ans de travaux dirigés par Aziza Chaouni, elle-même originaire de Fès. « Quand vous grandissez dans cette ville, vous êtes happé par ces architectures et ces détails », explique-t-elle. Sa tante était elle-même architecte, et son apprentissage chez l’Italien Renzo Piano lui a fait réaliser quelle architecte elle souhaitait devenir.

La rénovation de la bibliothèque a été pour elle l’occasion de mener un projet chargé d’histoire et de symboles : Al Quaraouiyine a représenté pendant des siècles les échanges entre le Maroc et l’Europe, et Chaouni a tenu à utiliser des technologies d’énergie renouvelable, comme des panneaux solaires et des récupérateurs d’eau. 

Les rénovations n’étaient pas un luxe pour cet établissement, ouvert depuis des années à un public très restreint. La bibliothèque était peu isolée, et manquait d’un système de drainage moderne, ce qui a endommagé les sols et une partie des murs, d’où sortaient parfois des fils électriques. Sans oublier les manuscrits : « Quand j’ai visité la bibliothèque pour la première fois, j’ai été choquée », explique Aziza Chaouni. « Dans des salles abritant des manuscrits du VIIe siècle, température et humidité n’étaient pas contrôlées, et les plafonds étaient complètement fissurés. »

L’architecte a dû trouver l’équilibre entre le respect du bâtiment et la nécessité de le transformer pour qu’il devienne à nouveau un lieu de savoir, de partage et de culture : Aziza Chaouni a particulièrement apprécié la rénovation des fontaines, et a même réalisé de nouvelles installations, à partir de matériaux récupérés sur place. D’une manière générale, Chaouni a eu recours, dès que cela fut possible, à des réalisations d’artisans locaux.

La nouvelle bibliothèque comprend ainsi une salle de lecture, une autre destinée aux conférences, un laboratoire de restauration de manuscrits, et une collection de livres rares, sans oublier des bureaux rénovés et un café. Un espace sera également destiné à l’accueil d’expositions, avec une collection permanente et des événements temporaires.

Actua Litté

Euro 2016 : la France portugaise ou la nouvelle défaite des identitaires

L’image est si belle qu’elle fait le tour du web. Le petit supporter du Portugal qui console le grand supporter français. Qui est cet enfant? Un petit Portugais? Un petit Franco-Portugais, binational? Et qui sait s’il n’est pas seulement Français, fils ou petit-fils de Portugais? Mais peu importe en vérité, puisqu’à lui seul il incarne ce qui aura fait sens politique tout au long de cet Euro de football: la France des communautés heureuses peut l’emporter contre la France des identitaires haineux.

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Dans les minutes qui ont suivi le dénouement de Saint-Denis, les supporters de l’équipe du Portugal se sont retrouvés, à Paris comme ailleurs, dans la rue afin de célébrer ce titre de Champion d’Europe conquis de haute lutte. Sur les Champs-Elysées, à Paris, ils étaient des milliers.

Notons bien l’essentiel: au lendemain de cette célébration de victoire d’une équipe étrangère sur le sol français, il n’est pas un politique ou un intellectuel réactionnaire pour la déplorer, la condamner et stigmatiser ceux qui auraient osé s’affranchir d’un supposé devoir de patriotisme lié au football. Nadine Morano est silencieuse. Alain Finkielkraut aussi. Et c’est bien. Cela repose.

Mieux encore, cette célébration par ses supporters de la victoire du Portugal a paru atténuer la défaite. Quitte à perdre, autant se réjouir de voir les Portugais vainqueurs

Je suis Portugais

Cela dit, nous y sommes. A constater l’acceptation tacite et consensuelle de la célébration de la victoire de leur équipe par les Portugais, à partager même un peu de cette victoire… Jusqu’à s’émouvoir de ce qu’un enfant en vienne à consoler un adulte, bien que ne portant pas le même maillot. Faut-il s’en inquiéter? Du coup, on s’interroge, quitte à faire frémir Eric Zemmour ou Alain Finkielkraut: sans nous en rendre compte, puisque personne ne dit rien, ne serions-nous pas devenus un peu Portugais?

Un peu sans doute. A l’image d’un Euro qui aura été, comme l’avait voulu Platini, celui des nations européennes de la mondialisation heureuse. Les Français ont aimé les supporters irlandais (des deux Irlande), islandais et turcs, italiens et allemands. 

L’enfant portant le maillot portugais, venant consoler le grand supporter français qui pleure la défaite de Lloris et des siens, est l’enfant de cette mondialisation du football développée à l’échelle européenne. Il aime son équipe, mais il aime aussi l’autre. L’adversaire est son ami. Le vaincu son frère. Le football est une supranationalité qui se partage.

La binationalité n’est pas un problème

D’un certain point de vue, cette image donne sens à ce qu’écrit Jacques Attali, « La joie des supporters portugais de France démontre que la binationalité n’est pas un problème mais une réalité tranquille et heureuse ». Et à le lire, de se poser, encore et encore, la question : ne sommes-nous pas déjà devenus un peu Portugais?

La réponse est oui. Griezmann lui-même n’est-il pas le petit-fils d’un footballeur professionnel portugais? De même que nous avons été et sommes sans doute un peu Polonais avec Kopa. Italien avec Platini. Arménien avec Djorkaeff père et fils. Et Algérien avec Zidane.

Zidane? Algérie? Nous touchons ici aux limites de ce que nous louangeons ici en ce lendemain de clôture de l’Euro. Certains sympathisants ou seulement indifférents à la célébration par les supporters de l’équipe du Portugal montreraient-ils la même empathie ou indifférence à l’endroit des supporters de l’équipe d’Algérie, probablement tout aussi nombreux en France que ceux de la ‘Seleçao’ de Ronaldo?

Il y a deux ans, lors de la Coupe du Monde, leurs manifestations de joie suite au beau parcours de leur équipe, « One, two, three, viva l’Algérie! » avaient donné lieu à des polémiques comme aiment les entretenir les assiégés de l’identité qui voient de l’insécurité partout, y compris dans des manifestations de joie autour du football… Il n’est pas dit, hélas, que ceux-là attendent la prochaine Coupe du Monde en Russie en espérant encore et toujours agiter les peurs et les angoisses. Car il est vrai que le football est laid quand il est pris en otage et tombe en de bien vilaines mains. De ce point de vue, le spectacle offert durant cet Euro par les supporters russes expédiés par la Russie de Poutine laisse augurer une Coupe du Monde 2018 de type Argentine 1978, nationaliste et sous pression politique. On en reparlera. Mais curieusement, cela n’émeut pas ceux qui sont des affolés de l’identité nationale appliquée au football en mal de 5e colonne à démasquer.

Cela étant, soyons des optimistes de la volonté. C’est une question de temps, comme avec les Portugais de France. Il se produira un jour avec d’autres pays ce qui se produit aujourd’hui avec le Portugal. Un jour, l’Algérie battra la France dans une Coupe du Monde de football, et nous serons la France accomplie des communautés heureuses quand l’image d’un gamin portant le maillot algérien, consolant un supporter des Bleus, fera le tour du monde.

Il n’y a pas lieu de le redouter, ni de le déplorer, sauf à se complaire dans la peur et la haine, mais il faudra bien qu’un jour, en France, la joie des supporters algériens devienne aussi une réalité tranquille et heureuse.

Challenges

La banque russe qui a prêté 9 millions d’euros au FN placée en faillite

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En 2014, l’établissement avait prêté 9 millions d’euros au parti dirigé par Marine Le Pen. Il s’est depuis vu retirer sa licence bancaire.

Des supporters portugais agressés aux cris de « La France aux français » et « Portugais dehors »

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La soirée était promise intense. Elle le fut en émotions durant l’ultime matche et ses prolongations. Et comme l’on pouvait s’y attendre, l’euphorie des supporters de l’équipe de France fut inexistante à l’issue du coup de sifflet final. La victoire du Portugal a provoqué une profonde blessure. Une blessure de rage pour certains supporters des Bleus qui ont montré qu’ils avaient le « sang chaud ».

Alors que les premières voitures arborant le drapeau vert et rouge pénétraient en ville, les esprits se sont échauffés le long de la rue de la Xavée. Certains supporters portugais furent bloqués par des barrières (celles du chantier près du Volontaire). Un peu plus loin, la « DS 3 » de deux jeunes femmes fut immobilisée à son tour et fortement secouée. Un supporter français est monté sur le capot et le toit de la voiture. D’autres supporters de l’équipe de France ce sont couchés sur la chaussée, bloquant ainsi les supporters portugais.

Des slogans comme « La France aux français » ou « Portugais dehors » ont été scandés. Au coin de la rue , quatre jeunes filles qui arboraient le drapeau de la victoire se sont fait traiter de « pucelles de chiottes ». Pas très élégant de la part d’une partie des supporters des Bleus qui se sont ainsi montrés mauvais perdants. L’on pourrait aussi écrire « c’est pas très sport tout cela ».

Remiremont Info



Nancy : des supporters portugais injuriés et gazés par une cinquantaine d’ultras français

Les spectateurs vibrent à l’unisson, commentent le match et vident des verres qui ne sont pas remplis que de jus de fruit. A quelques mètres de là, sur la place Stan, l’atmosphère est nettement plus feutrée. Pas de télévision en terrasse. Les clients sont plus âgés et plus calmes. C’est presque une soirée ordinaire. Seuls les cris qui proviennent des rues proches permettent de se rappeler que la finale de l’Euro est en train de se jouer.

Et puis arrive la 109e minute. Eder marque et assomme l’équipe de France. Ainsi que ces supporters. A Nancy, au coup de sifflet final, la déception est énorme. Les spectateurs quittent les bars et filent vers la place Stan. Ils laissent derrière eux des rues jonchées de détritus.

Au milieu des bouteilles cassées, des canettes écrasées et des verres en plastique, les fans des Bleus avancent comme des zombies. Traumatisés par la défaite. KO debout.

Très vite, des slogans anti-portugais retentissent. Rien que des mots. Au départ tout du moins. L’arrivée d’un supporter portugais sur la place Stan ne suscite en effet aucune réaction hostile. Il est tout seul avec son maillot de la Seleçao. Et circule sans problème.

Mais quelques minutes plus tard, les choses se corsent lorsqu’une centaine de ses compatriotes débarquent avec des drapeaux. La plupart sont en famille et l’ambiance est bonne enfant. Mais ils tombent sur une cinquantaine d’ultras français, bien décidés à jouer les prolongations. Ils injurient les supporters portugais et vont jusqu’à sortir des bombes lacrymogènes pour les gazer.

Vosges Matin


Saint-Brieuc. Un homme écroué après avoir volé un drapeau à un Portugais

Les Portugais klaxonnent, rient, chantent. Soudain, un premier jeune homme éméché arrache le drapeau rouge et vert qu’un Portugais agite à sa fenêtre. Il part en courant en cachant l’objet du vol sous son pull noir.

Un autre homme mal intentionné fait la même chose. Une supportrice portugaise, assise sur la fenêtre de la voiture, agite son drapeau. Le Briochin de 28 ans lui l’arrache. La voiture s’arrête net. Le conducteur et deux femmes sortent et lui courent après. Deux policiers en civil foncent pour éviter la bagarre et calmer le jeu. En vain.

Lorsque les policiers veulent contrôler le supporter français, ils subissent des insultes. Le voleur tente de fuir. Il est finalement plaqué au sol et menotté place du Chai, devant un restaurant, dans une ambiance hostile de fin de soirée, avec beaucoup de personnes alcoolisées. Il tente de porter des coups aux forces de l’ordre. L’homme ivre est conduit au commissariat, où il est placé en cellule de dégrisement.

Il a été déféré hier, puis jugé dans la foulée, selon la procédure de reconnaissance préalable de culpabilité, pour outrage et rébellion. Il a été écroué pour quatre jours et condamné à une peine de six mois qu’il effectuera sous bracelet électronique.

Ouest France


Le DJ et producteur français Merzo a provoqué l’indignation de la communauté portugaise dimanche soir sur Facebook, après la victoire de Cristiano Ronaldo et de toute son équipe.

Allez-vous faire foutre le Portugal. Utilisez vos mains pour construire des maisons, pas au football.

Allez-vous faire foutre le Portugal. Utilisez vos mains pour construire des maisons, pas au football Merzo DJ

Le post, qui a rapidement été effacé, fait une analogie aux milliers de Portugais qui ont émigré en France pour effectuer des tâches peu gratifiantes telles que la construction civile. Merzo montre ainsi un énorme manque de respect et de mépris envers le peuple portugais et en particulier envers les immigrants.

Minute News


Canada : un entraîneur du club de l’Impact de Montréal congédié après des propos racistes

L’Impact de Montréal a mis un terme au contrat de Mathieu Rufié, qui était l’entraîneur de l’équipe U14 au sein de l’Académie de l’équipe, en raison des propos racistes qu’il a tenus sur Facebook à la suite de la défaite de la France face au Portugal en finale de l’Euro, dimanche.

Rufié avait décrit les Portugais comme des «fils de carreleur», affirmant que «sans leurs danseuses, ils ressemblent à rien ces maçons».

Dans un communiqué, l’Impact s’est dissocié entièrement «de ce genre de propos qui vont à l’encontre des valeurs fondamentales du club et de l’Académie». L’organisation a aussi qualifié les déclarations de «totalement inacceptables».

La Presse

Le FN dénonce « l’indécente démonstration de joie sur les Champs » des portugais

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VOUS ÊTES PAS CHEZ VOUS – Ils étaient bien peu nombreux, au Front national, à prendre le temps d’envoyer un message après la défaite de l’équipe de France en finale de l’Euro face au Portugal, dimanche 10 juillet. Marine Le Pen avait pourtant félicité les Bleus après leur victoire en demi-finale contre l’Allemagne…

Rien de tel du côté du parti d’extrême droite cette fois, à l’exception du sénateur-maire de Fréjus David Rachline et de l’eurodéputé Louis Aliot, tôt ce lundi.

En revanche, certains membres du FN ont trouvé quelques sujets d’indignation après la finale. La célébration dans les rues de Paris des supporters portugais, par exemple. Joffrey Bollée, conseiller régional d’Île-de-France et directeur de cabinet du numéro 2 du parti, Florian Philippot, était par exemple très choqué que les vainqueurs du soir se *permettent* de fêter ce succès historique dans les rues de la capitale française, particulièrement son avenue la plus célèbre :

 Le secrétaire général du Collectif Culture du FN, Gabriel Robin, est lui aussi allé sur ce terrain, quoique moins brutalement :

Ciblant pour sa part sans ambiguïté « l’immodestie démonstrative » des supporters portugais, ainsi que « les racailles » (en se basant sur des images des incidents survenus aux abords de la fan-zone du Champs-de-Mars) :

Europe 1

#FRAPOR: L’extrême droite entre haine de la France métissée et haine des franco-portugais

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https://twitter.com/CapuPatriote/status/752274930344071169

https://twitter.com/Lesquen2017/status/752215417465233408

https://twitter.com/GuillaumeLrz/status/752275185609367552

https://twitter.com/DavyRodriiguez/status/752267185565884416

https://twitter.com/duc_dracquo/status/752276826706284544

https://twitter.com/PatrioteLibre92/status/752309990187233280

 

Jugé pour incitation à la haine, un militant d’extrême droite envoie un courrier d’injures au tribunal

Majorque : «Touristes, dehors!», l’affluence touristique fatigue les résidants

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« Tourists go home ! » (Touristes, rentrez chez vous) : à Majorque, dans l’archipel espagnol des Baléares, l’affluence toujours plus grande de visiteurs attirés par le climat et la sécurité commence à faire grincer des dents. L’île et son million d’habitants prévoient d’accueillir cette année plus de 10 millions de personnes, un nouveau record.

La foule était déjà telle en juin qu’un couple de Français en vacances à Majorque et Minorque a trouvé l’accès d’une crique barré par la police. « On ne s’attendait pas à ça ! » témoigne Mathilde Boudet, 32 ans.

Des graffitis peu accueillants ont fleuri au printemps dans les rues de Palma, la capitale : « Touristes dehors, bienvenue aux réfugiés », « Le tourisme tue la ville ». La mairie a vite effacé ces messages, alors que 80 % de l’économie de l’île dépend de cette activité. Majorque reçoit depuis longtemps une foule d’Allemands et d’Anglais venus profiter de la douceur de vivre méditerranéenne et de ses plages, via des formules tout compris et des vols à bas prix.

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«Vanter le modèle d’intégration portugais est un choix politique pour stigmatiser les maghrébins»

La finale de l’Euro 2016 entre la France et le Portugal aura une résonance particulière dans un pays où vivent plus d’un million de personnes d’origine portugaise. L’éclairage de Victor Pereira, spécialiste de l’émigration portugaise.

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Le Portugal entretient des liens forts avec la France, pays où ont choisi d’émigrer de nombreux Portugais. Avant la finale entre la France et le Portugal, le coeur de cette communauté portugaise, très forte en Île-de-France, balancera forcément. Victor Pereira, maître de Conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, estime que 1,2 million de Portugais ou de Français descendants d’immigrés portugais vivent en France. Entretien avec ce spécialiste de l’émigration portugaise. 

Peut-on s’attendre à ce que la communauté portugaise présente en France supporte le Portugal lors de la finale? 

On parle souvent de « communauté portugaise », alors qu’il y a beaucoup de différences chez les Portugais. Certains ne vont pas suivre le match, d’autres, comme moi, vont considérer qu’ils sont déjà champions, quel que soit le vainqueur. Les plus visibles vont supporter le Portugal de façon ostentatoire: en mettant des maillots ou des écharpes. Ils veulent gagner, car il y a un passif de défaites contre les Français, ou parce que le Portugal n’a jamais gagné l’Euro, à la différence de la France. Mais tout le monde ne va pas avoir le même sentiment. Cela dépend notamment des régions où vous habitez. Si vous êtes dans une ville où la concentration de Portugais est importante, comme Champigny, vous allez plus être enclin à supporter le Portugal par exemple. 

En plus des différences géographiques, y a-t-il un facteur générationnel à prendre en compte? 

Effectivement, la première génération d’immigrés est plus attachée au Portugal. Ils ont émigré dans les années 60- 70, quand le Portugal était un pays pauvre et surtout connu pour sa dictature. Chez leurs enfants ou petits-enfants, beaucoup soutiennent le Portugal par fidélité vis-à-vis de leurs parents. C’est un pays auquel ils sont attachés, où ils vont souvent en vacances. C’est par exemple le cas de Français qui jouent pour la sélection portugaise comme Raphaël Guerreiro ou Anthony Lopes. Parfois les jeunes ont même une image idéalisée du Portugal. Ils y vont en vacances l’été, chez leurs famille. 

Les cas de Guerreiro ou Lopes sont-ils représentatifs de cet attachement des descendants d’immigrés? 

Il faut souligner que Guerreiro a la double nationalité, mais effectivement son cas n’est pas singulier. On peut également parler  de Adrien Silva, un Français. Le Portugal est un fort pays d’émigration et depuis quelques années, la sélection nationale est plus attentive aux performances des fils d’émigrés. D’autres fédérations, comme l’Algérie ou le Sénégal, font d’ailleurs la même chose. La mère de Griezmann avait ainsi été approchée par fédération portugaise quand il était adolescent, en raison de ses origines. Il y a une vraie volonté d’attirer les jeunes talents issus de l’émigration. Ce n’était pas forcément le cas à l’époque de Robert Pires par exemple. 

Quels sont les autres facteurs qui peuvent expliquer cet attachement au Portugal? 

Il y a également des critères économiques à prendre en compte, ainsi que la pression familiale. Mais Guerreiro et Lopes allaient souvent au Portugal dans leur jeunesse. L’idole de Lopes était Vitor Baia, le gardien de la sélection dans les années 90. Il faut également comprendre que quand vous êtes enfant, à l’école on vous renvoie parfois à vos origines portugaises, de façon plus au moins agréable, avec des blagues sur le BTP ou les travaux domestiques. Pires expliquait que même en 1998, en équipe de France, on l’appelait « le Portugais ». Pour les jeunes Portugais, être de la même équipe que Ronaldo, ou Figo avant lui, c’est une source de fierté. Si le Portugal était moins fort au foot, leur attachement à la sélection portugaise serait moins développé. 

Vous faites référence aux blagues sur le BTP, y a-t-il une forme de mépris envers les Portugais en France qui expliquerait cet attachement ? 

Il n’existe pas de racisme contre le Portugais comme il peut y en avoir contre des populations de couleur. Mais il y a bien une forme de mépris social, quand on parle des maçons ou des femmes de ménage. Le même phénomène est arrivé aux Italiens et aux Espagnols. C’est ce que décrivait l’écrivain François Cavanna dans son livre Les Ritals, ou Luis Fernandez dans ses autobiographies. Mais les Portugais sont bien intégrés dans la société français, et ils sont souvent cités comme des exemples. Cependant, il est vrai qu’il existe une vie communautaire portugaise importante, même si tout le monde n’y participe pas. En France, on compte 200 clubs de foot amateurs avec le mot « portugais » dans leur nom. Il y a un entre-soi relativement fort, c’est certain. 

Pourquoi vante-t-on alors autant le modèle d’intégration portugais? 

C’est un choix fait à des fins politiques, pour stigmatiser d’autres populations immigrées. On dit que les Portugais sont discrets, mais c’est parce qu’on décide qu’on ne ne veut pas les voir. En vrai ils sont plutôt visibles, notamment avec leurs drapeaux et leurs maillots. Mais ils bénéficient du paratonnerre maghrébin.

En France les problèmes de société sont focalisés sur les populations maghrébines. Les Portugais peuvent continuer à maintenir un lien avec leur pays, sans être victime de rejets. Parfois la Marseillaise est sifflée lors de matchs France-Portugal, mais personne ne le mentionne, ou si c’est le cas on parle de cas isolés. On n’assiste pas aux mêmes réactions quand la France joue contre des pays du Maghreb.  

L’Express

27% des sympathisants FN approuvent les agressions racistes et les attaques de mosquées post-attentats

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La situation de tension est donc assez présente, même si dans notre pays nous n’avons pas eu à déplorer pour l’instant des événements de ce type de manière totalement organisée. Nous avons certes à chaque fois, plus après janvier que novembre, un pic dans les actes anti-musulmans (agressions, tags, dégradations, incendies, etc.). On voit aujourd’hui que la France est très fortement sous tension.

Nous voyons donc avec ces résultats que « seulement » 1 Français sur 2 condamnerait de tels actes. Une très forte minorité (39%) comprendrait sans approuver. Une plus faible minorité (10%) approuverait. 10%, même si approuver ne signifie pas participer, cela donne une idée du potentiel de radicalisation réactive face à des attentats. Ce vivier des 10% peut fournir très facilement un nombre conséquent d’individus prêts à se joindre à ce type d’actions. Au regard de ces chiffres, les propos du patron de la DGSI prennent une autre résonance.

Les sympathisants du Front national, qui semblent être plus sensibles à cette haine que les autres, sont 27% à approuver ce genre d’exactions.

Atlantico

 

France-Portugal et France-Algérie: même phénomène chez les supporters. Pas dans les médias


Après un mondial réussi, l’équipe de France continue sur sa lancée. Samedi soir, les Bleus ont battu le Portugal 2 buts à 1. Pascal Boniface était au stade de France. Il a noté que la moitié des tribunes soutenait le Portugal. Un constat qui ne l’a pas choqué, mais il s’est rappelé comment les médias avaient abordé les matchs opposant la France à l’Algérie.

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Samedi soir au stade de France, après un match fort agréable, l’équipe de France a battu le Portugal 2 buts à 1. Confirmation de la montée en puissance des Bleus avant l’Euro 2016 et après un mondial réussi. Ce fut une très belle soirée, laissant malgré tout place à quelques interrogations. 

D’une part, la moitié du stade était en faveur de l’équipe visiteuse. Pourtant, nul convoi de Lisbonne ou de Porto n’était venu peupler les tribunes du Stade de France. Les supporters de l’équipe du Portugal étaient venus en  voisins. C’était des Français d’origine portugaise vivant en Île-de-France. Phénomène prévisible, vue l’importance de la communauté des Français d’origine portugaise vivant dans cette région et leur amour du football.

On soutient d’abord l’équipe de nos origines

Sur la route du stade, je me suis fait interpeller de façon amicale par des jeunes supporters me disant :

« On va gagner contre vous. »

Nous avons pourtant la même nationalité, nous votons tous et payons des impôts en France mais nous n’avons pas les mêmes racines. Ceci ne me choque en aucune manière. Je trouve plutôt sympathique que la France soit ce pays fait d’origines multiples où chacun peut sentir à la fois Français et différent.

Je sais que ces mêmes Français d’origine portugaise soutenaient à la fois le Portugal et la France pendant la Coupe du monde et que le Portugal éliminé, ils ont reporté leur « supporterisme » sur la seule France. Et il en va de même pour tous les Français qui ont des racines étrangères. Qu’ils soient d’origine polonaise, néerlandaise, allemande, sénégalaise, portugaise, espagnole, algérienne, marocaine, tunisienne, ils vont d’abord soutenir l’équipe de leurs origines ou de l’origine de leurs parents, puis l’équipe de France.

Si les Bleus sont opposés à leur patrie d’origine, leur choix, parce qu’ils s’estiment minoritaires et redevables du parcours de leur parents, va généralement être celui du pays lointain. En dehors de cette circonstance, ils vont être les plus chauds partisans de l’équipe de France. 

Cela ne me choque en aucune manière et comme dit la chanson, « tout ceci fait d’excellents Français ». Ce qui change, c’est la réaction vis-à-vis de ce double attachement.

Hier, les médias n’ont pas été choqués que, pour un match de l’équipe de France à domicile, le stade soit à moitié aux couleurs de l’équipe visiteuse.

L’attitude ambiguë des médias

Alors que dans un tweet au début du match j’écrivais « une grande partie du stade supporte le Portugal. Je comprends. D’autres ne comprennent pas quand la France joue contre un pays du Maghreb », quelqu’un m’a répondu « mais au moins la marseillaise n’est pas sifflee ».

Hélas, à la 44e minute, alors que la moitié du stade entonnait « la Marseillaise », l’autre moitié la sifflait. Et régulièrement, on a entendu « Portugal Portugal » clamé avec enthousiasme dans les gradins. De nouveau, je trouve ceci en aucun cas problématique et tout à fait compréhensible.

Ce qui l’est moins, c’est la différence de la réaction de l’environnement médiatique. Car imaginons que, samedi soir, la France fut opposée à l’Algérie, au Maroc ou la Tunisie. Imaginons que la moitié du stade supporte l’équipe visiteuse. Imaginons que « la Marseillaise » eut été sifflée. Nous nous aurions eu tout de suite les réactions immédiates sur les chaînes d’information continue et le lendemain, les gros titres de la presse auraient été unanimes.

Qu’est-ce que cela veut dire sur les troubles de la société française ? N’est-il pas un désastre dans la politique d’intégration ? Ces gens-là sont-ils vraiment français ? Que peut-on faire ? N’est-ce pas la preuve de l’impossibilité de cette catégorie de personnes à devenir de vrais Français ? La différence de religion n’était pas le facteur explicatif de cet échec dans l’intégration ?

Mais pour ce match, on a traité le problème de façon tout à fait différente.

Phénomène comparable, réaction différente

Alain Finkielkraut n’est pas venu expliquer que la différence fondamentale de valeur, d’éducation et d’intégration de ces jeunes Français d’origine portugaise les rendait par définition hostiles à nos valeurs républicaines et haineux de la France.

BHL n’est pas venu sommer les Français d’origine portugaise de se désolidariser des siffleurs du stade de France, sauf être eux-mêmes considérés comme de mauvais Français.

On n’est pas venu chercher le prêtre de Drancy, Jose Chalgoumo, dire dans un mauvais Français qu’il fallait aider les Portugais modérés contre les extrémistes et qu’il était pour le dialogue franco-portugais que des radicaux tentaient d’empêcher.

Il est donc extrêmement intéressant de voir les différences de réaction par rapport à des phénomènes comparables. Pourquoi, dans un cas, la double appartenance de Français ne pose aucun problème et pourquoi, dans d’autres cas, elle déclenche l’apocalypse des réactions ? Poser la question, c’est y répondre. N’est-il pas ?

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Mathias et Kenny condamnés à de la prison pour avoir «massacré» un prêtre dans son logement

C’est un habitant d’Heudicourt de 22 ans qui dans la nuit du au 5 juin dernier avait « massacré » le père Olivier Lemesle. L’agresseur est aujourd’hui en prison.

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Encore sous le choc de la sauvage agression dont il a été victime, le père Lemesle a étouffé un sanglot mais n’est pas parvenu à prononcer un mot devant le tribunal qui jugeait son agresseur.

Lorsque le jugement tombe, il n’est toujours pas possible de savoir pourquoi le prévenu s’est acharné avec une violence inouïe sur un prêtre des Andelys. Kenny D., un habitant d’Heudicourt de 22 ans, ne connaissait absolument pas le père Olivier Lemesle. Il ne lui a rien volé. En pleine nuit, il a frappé à la porte du logement du prêtre uniquement pour le « massacrer ».

Sur le banc des victimes, l’ecclésiastique ne comprend toujours pas, lui non plus, le terrible calvaire dont il essaye de se remettre : fractures de l’orbite et du nez, cinq côtes brisées, un pneumothorax, autant de blessures qui lui ont valu huit jours d’hospitalisation et 21 jours d’ITT A l’évocation de l’agression, le père Lemesle étouffe un sanglot, mais il ne parvient pas à prononcer un mot devant le tribunal. Il laisse le soin à Me Kamal Bacha, qui l’assiste, de décrire ce qu’il a enduré le 4 juin dernier vers 5 heures du matin.

Kenny D. était accompagné de son beau-frère, Mathias L., 22 ans également , domicilié à Etrépagny, qui est également jugé dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Les deux individus ont alors forcé la porte du centre paroissial. « Je cherchais de l’argent à voler, je croyais que c’était une école », prétend Kenny D. Il s’est en réalité retrouvé dans une chapelle. Un décor qui n’a pas dû trop le dépayser, car il confie… avoir été enfant de chœur pendant deux ans. Au passage, il aurait d’ailleurs allumé deux cierges… En tout cas, toute éducation religieuse oubliée, ça ne l’a pas empêché de continuer à fouiller les lieux.

Soulignant « la gravité et la lâcheté » de l’agression qui lui est reprochée, elle réclame donc une peine de dix-huit mois de prison dont un an ferme contre Kenny D. C’est la sanction que retient le tribunal en la complétant par un mandat de dépôt qui mène directement le prévenu à la maison d’arrêt. Quant à son complice, il est condamné à quinze mois de prison avec sursis.

L’Impartial