New York : une enseignante musulmane à la retraite sauvagement assassinée

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Son doux sourire et son extrême gentillesse manqueront cruellement à ses proches, effondrés, et à tous ceux qui l’ont côtoyée à l’école où elle enseigna avec passion pendant plusieurs années, ou dans le magasin qu’elle possédait avec son mari, en plein cœur du Queens, Nazman Khanam, 60 ans, une retraitée très active de l’enseignement, a été sauvagement poignardée sur le chemin familier qu’elle empruntait chaque soir pour regagner son domicile.

Devançant son mari de plusieurs mètres, ce dernier ayant été retardé par un dernier client, elle était donc seule lorsque son meurtrier, surgi de nulle part, l’a frappée à l’aide d’une arme blanche, la laissant pour morte sur le trottoir. Elle gémissait « Quelqu’un m’a tuée, quelqu’un m’a tuée », quand son époux a réussi à la rejoindre, la découvrant avec effroi gisant dans une mare de sang. En proie à la sidération, il n’a pas immédiatement compris ce qui s’était passé.

Ce meurtre insupportable  a provoqué une forte onde de choc émotionnel à New York, dont les répercussions se sont fait sentir jusque dans l’institution policière où Nazman Khanam était connue pour être la tante admirative de son neveu, officier de police.

Laissant derrière elle un conjoint et trois enfants anéantis, cette figure marquante et attachante de la minorité bengalie de New York a été manifestement victime d’un crime islamophobe. Une intime conviction très largement partagée, et notamment par le directeur général du Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR), qui est aussitôt monté au créneau pour exiger des autorités que le coupable soit rapidement interpellé et mis hors d’état de nuire.

« En raison des récents assassinats de musulmans dans le Queens, et de l’augmentation alarmante d’agressions anti-musulmans à l’échelle nationale, résultat de la propagation de l’islamophobie dans la société américaine, nous exhortons le NYPD à orienter son enquête vers un crime de haine, comme tout porte à le croire » a déclaré Afaf Nasher, l’air grave.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a réitéré sa volonté de renforcer la présence policière dans le quartier du Queens lourdement endeuillé en l’espace de trois semaines, avant d’assister aux funérailles de la regrettée Nazman Khanam, dont le destin a été brisé lors du dernier mercredi d’un mois d’août funeste.

Oumma

Nouveau visage de l’immigration au Royaume-Uni, le Polonais a remplacé l’Indien

Les attaques et propos xénophobes se multiplient contre les Polonais au Royaume-Uni, renforcés par le succès du référendum sur le Brexit. Deux Polonais ont été agressés dans la nuit de samedi 3 à dimanche 4 septembre à Harlow, dans le sud-est de l’Angleterre, quelques heures après une veillée en hommage à un de leurs compatriotes, un ouvrier polonais tué en août. La Pologne a annoncé l’envoi en urgence de trois ministres à Londres.

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Si les xénophobes s’attaquent désormais aux Polonais, c’est parce qu’ils sont devenus, en quelques années, la première communauté d’immigrés au Royaume-Uni, passant de 81 000 en 2004, année de leur adhésion à l’Union européenne, à 831 000 personnes en 2015 (en comptant le pays de naissance). Depuis 2015, les Polonais supplantent même les Indiens (795 000 personnes).

Au Royaume-Uni, les Polonais ont dépassé les Indiens

Nombre de personnes nées en Pologne ou en Inde et habitant au Royaume-Uni, depuis 2004.

L’Inde a pourtant très longtemps formé la première communauté immigrée du Royaume-Uni, suivie d’autres anciens territoires appartenant à la Couronne, comme le Pakistan, l’Irlande, le Bangladesh, l’Afrique du Sud ou le Nigeria.

Davantage de Roumains que de Bangladais

Ces pays d’origine sont désormais rejoints par certains pays d’Europe de l’Est, notamment la Roumanie ou la Lituanie. En 2015, pour la première fois, les 220 000 Roumains sur le sol britannique ont dépassé le nombre de Bangladais (217 000).

Polonais et Indiens en tête de la population immigrée au Royaume-Uni

Les pays de naissance les plus représentés sur le territoire (hors Britanniques) en 2015.

Ces nouveaux arrivants sont plus dispersés sur l’ensemble du territoire britannique : alors que 36 % des Indiens et 42 % des Bangladais vivent à Londres, seuls 20 % des Polonais résident dans la capitale britannique.

Une forte immigration intra-européenne

Les ressortissants de l’Union européenne (y compris d’Europe de l’Ouest, comme les Allemands, Espagnols ou Français) sont toujours plus nombreux à s’installer outre-Manche. Alors qu’ils ne représentaient qu’un quart de l’immigration nette en 2004, les Européens sont désormais presque autant que l’ensemble des non-Européens, selon l’Office national des statistiques britanniques.

Migrations nettes vers le Royaume-Uni par nationalité d’origine (européens et non-européens) depuis 2004.

La maîtrise des flux migratoires et l’octroi d’aides sociales aux étrangers ont été des ressorts du vote pour la sortie de l’Union européenne (Brexit) en juin.

Le Monde

Macron : « Les jeunes dans les quartiers veulent pouvoir réussir comme les autres »

En marge d’une visite lundi  en Seine-Saint-Denis, Emmanuel Macron a répondu au Bondy Blog. « Quand on a envie de réussir, on doit pouvoir le faire d’où qu’on vienne, en fonction de son mérite et de son engagement », a déclaré l’ancien ministre. 

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Il était venu il y a huit mois accompagné de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Cette fois, c’est seul qu’Emmanuel Macron a fait un déplacement lundi au Campus des métiers et de l’entreprise à Bobigny (Seine-Saint-Denis). « Il faut redonner des perspectives, en particulier aux plus jeunes, à ceux qui ont des vies bloquées », a déclaré au Bondy Blog l’ancien ministre de l’Economie, jugeant que la « clef est l’autonomie individuelle et la mobilité ».

« Ce qui est insupportable c’est d’être bloqué parce qu’on est né dans telle ou telle famille, qu’on porte tel ou tel prénom ou parce qu’on vient de tel ou tel quartier », a renchéri Emmanuel Macron, qui vient de quitter le gouvernement pour se consacrer à son mouvement « En Marche! ». « Ce que je dis c’est que quand on a envie de réussir, on doit pouvoir le faire d’où qu’on vienne, en fonction de son mérite et de son engagement. »

« C’est pas parce qu’on va ralentir Usain Bolt que je serais plus heureux »

Face à cette « jeunesse inventive », l’ancien ministre lance quelques pistes : « lui donner une formation, une capacité d’accéder à l’emploi en luttant contre les discriminations à l’embauche, en généralisant les testings et en valorisant les parcours ». « L’état doit aller beaucoup plus loin dans la formation, dans l’école, dans la lutte contre les inégalités d’accès », ajoute-t-il, dénonçant un état qui « essaie de tout paramétrer ». « Moi je cours moins vite le 100 mètres qu’Usain Bolt, mais c’est pas parce qu’on va ralentir Usain Bolt que je serais plus heureux! », prend également Emmanuel Macron en exemple.

L’occasion pour ce dernier de revenir sur une petite phrase qui avait fait polémique en janvier 2015 : « La génération qui arrive doit être une génération de stars dans l’entreprenariat, dans l’économie. C’est ce que j’avais dit en disant qu’il faut qu’il y ait des jeunes qui veulent réussir et devenir milliardaires. »

« Les jeunes dans les quartiers ne veulent pas de subventions, ils ne font pas l’aumône. Ils veulent pouvoir réussir comme les autres », conclut Emmanuel Macron.

Le JDD

Il gifle et insulte une avocate : un commissaire de la DGSI condamné à une amende

Les faits se seraient déroulés lors de l’interrogatoire d’un client de l’avocate. Le policier a annoncé qu’il comptait faire appel de cette décision.

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Un commissaire de police a été condamné à 3 000 euros d’amende, mardi 6 septembre, pour avoir giflé une avocate lors d’une garde à vue au siège de la Direction centrale du renseignement intérieur. L’homme compte d’ores et déjà faire appel de la sanction.

Le tribunal correctionnel de Nanterre l’a pourtant déclaré coupable de « violences volontaires par une personne dépositaire de l’autorité publique sur un avocat dans l’exercice de ses fonctions », en acceptant que cette condamnation ne figure pas au bulletin numéro 2 de son casier judiciaire. Seulement, le policier de 58 ans nie les faits. En plus de l’amende, il a en outre été condamné à verser près de 9 000 euros de dommages et intérêts à l’avocate pour son préjudice – douleur, arrêt de travail, dépenses de santé – et un euro à l’ordre des avocats des Hauts-de-Seine, également partie civile. Le commissaire, dont l’identité est protégée en raison de ses fonctions à la DGSI, « va faire appel du jugement », a réagi son avocat, Me Thibault de Montbrial. De son côté, le conseil de l’avocate n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le policier l’aurait giflée et traitée de « petite conne »

Le procureur avait requis fin juin deux mois d’emprisonnement avec sursis et 3 000 euros d’amende à l’encontre du policier, estimant qu’il « y a des témoins » et que « les faits sont médicalement constatés ». La scène s’était déroulée le 1er avril 2014, à huis clos, au quatrième sous-sol des locaux du service antiterroriste et de contre-espionnage à Levallois-Perret. Interrogé sur l’identité du kamikaze qui avait perpétré un attentat à l’aéroport de Bourgas, en Bulgarie, en 2012, le client de l’avocate avait décidé de garder le silence.

Après deux auditions par des capitaines, leur supérieur, commissaire très bien noté, avait emmené l’homme et son avocate dans une pièce adjacente pour tenter de l’inciter à parler. L’avocate raconte que le policier en avait profité pour assurer à son client qu’il ne risquait pas d’être mis en cause. Inquiète des « pressions » induites par cet entretien informel, elle avait souhaité que cette remarque soit consignée dans la procédure et le commissaire l’avait alors, selon elle, giflée et traitée de « petite conne ».

L’accusé est aujourd’hui « un des plus grands flics de France »

Son client, seul témoin de la scène, affirme avoir vu la gifle. Les deux capitaines racontent avoir entendu du brouhaha puis trouvé l’avocate hors de la pièce « les bras ballants ». Le policier raconte pour sa part avoir expliqué au gardé à vue que « s’il n’avait rien à se reprocher, il avait intérêt à s’expliquer » puis, excédé par le « ton de mépris » de l’avocate, avoir quitté la pièce en claquant la porte. Il maintient qu’il n’a « pas levé la main sur elle ».

L’avocate de 40 ans, qui souhaite garder l’anonymat, s’était vu prescrire 20 jours d’incapacité totale de travail pour des raisons psychologiques. Un médecin avait aussi noté une « gêne discrète » dans la rotation de sa tête. L’IGPN, la police des polices, avait été saisie. Aucune mesure disciplinaire n’avait été prise à l’encontre du commissaire au moment de sa mise en examen. Selon son avocat, il est aujourd’hui « un des plus grands flics de France ».

Le Point

Valls critique un article donnant la parole aux femmes musulmanes, le New York Times répond

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Le premier ministre français, Manuel Valls, a vivement critiqué ce lundi un article du New York Times dans lequel des femmes musulmanes françaises décrivent être ostracisées par des non-musulmans, victimes de discrimination à l’emploi et se sentir persécutées.

L’article, puisant dans de nombreux témoignages de femmes musulmanes européennes, pour la plupart françaises, a été écrit suite à la polémique sur le maillot de bain qui couvre entièrement le corps, le “burkini”. Plus de 30 villes et communes françaises ont interdit le port du burkini sur leurs plages publiques, bien que certaines de ces interdictions aient été suspendues par la suite par les tribunaux français.

Dans une tribune publiée sur le site français du Huffington Post, M. Valls décrit l’article du New York Times comme donnant une “image insupportable, car fausse, de la France.”

Il accuse également le New York Times de tirer ses conclusions sur la base d’entretiens qui ne reflètent pas une enquête de terrain, mais plutôt l’objet de débats dans les médias à ce moment-là: un “camp d’été” qui avait été “interdit aux personnes à la peau blanche” et où les participants s’opposaient à la mixité des personnes blanches et non-blanches.

Le premier ministre faisait allusion à un rassemblement près de Reims que les organisateurs décrivaient comme un “Camp d’été Dé-Colonial”, où des personnes appartenant à des minorités pouvaient se réunir pour évoquer la discrimination. Selon les organisateurs, environ 170 à 180 personnes y ont participé entre le 25 et le 28 août.

Le New York Times a répondu que les propos de M. Valls sur la réalisation de ce reportage étaient erronés.

Notre article est le produit d’une enquête rigoureuse. Il est basé sur les réponses de plus de 1,200 lectrices à un appel à témoignages en ligne, en anglais, en français et en arabe,demandant l’opinion des femmes musulmanes en Europe après l’interdiction du burkini”, a expliqué Danielle Rhoades Ha, porte-parole du New York Times. “Nous maintenons l’article”

New York Times

Selon un maire LR, Sarkozy appelait des maires pour qu’ils prennent des arrêtés anti burkini

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Un maire juppéiste d’une ville du Sud-Est n’en revient pas: « Nicolas Sarkozy a appelé lui-même certains maires pour qu’ils signent des arrêtés interdisant le burkini! Eric Ciotti [président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui est l’un de ses porte-parole, NDLR] téléphonait et l’ancien chef de l’Etat passait derrière pour remettre un coup de pression. Est-ce son rôle? »

Voilà Nicolas Sarkozy soupçonné de souffler sur les braises à des fins purement électoralistes sur un sujet ô combien sensible. 

L’Express

Ville FN d’Hayange : une fête du cochon ou les crânes rasés côtoient les personnes âgées

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Le maire Front national d’Hayange (Moselle) a fait sa rentrée politique ce dimanche lors de la traditionnelle Fête du cochon, fortement contestée par les opposants de l’élu frontiste. Le vice-président du parti, Florian Philippot, faisait parti des invités.

Chaque année, la Fête du Cochon remise au goût du jour par Fabien Engelmann, maire FN d’Hayange au lendemain de son élection aux municipales de mars 2014, fait polémique. Dans cette ancienne ville sidérurgique ou cohabitent plusieurs communauté – dont celle des musulmans de France – la remise en lumière de cette fête du cochon renvoie à la ligne dure de M. Engelmann, régulièrement présentée par islamophobe par ses détracteurs.

– Une « fête islamophobe », selon un collectif d’opposants –

Une fête qui n’est pas du goût de tous à Hayange. Dans un communiqué, l’association Hayange en Résistance ironise sur l’idée de rassemblement de l’événement. «A l’espace restauration, croix-gammées, crânes rasés, bombers, partageront comme chaque année leur table avec enfants, familles, et personnes âgées du coin “en toute convivialité» écrit le mouvement qui s’oppose au maire FN de la ville. «Sous couvert d’une fête traditionnelle d’apparence banale en Lorraine, ce rendez-vous évidemment politique rassemblera tout ce que le Grand-Est peut compter comme militants et groupuscules d’extrême-droite venus célébrer selon eux “le vivre-ensemble à la Française”. Et c’est encore l’image de Hayange qui est salie, et son patrimoine violé» fustige Hayange en Résistance.

En 2014, des militants l’Œuvre Française, groupuscule d’extrême droite interdit par l’ex-ministre de l’Intérieur (Valls, NDLR) en 2013 s’étaient invités à la manifestation. Le maire avait minimisé leur présence, affirmant qu’il y avait «deux ou trois personnes parmi des milliers d’habitants et de familles».L’année suivante, les identitaires s’étaient de nouveau invité à la fête.

Sur une affiche diffusée sur les réseaux sociaux, on pouvait y lire : «Montrons une nouvelle fois aux habitants d’Hayange que loin des trahisons du FN, les véritables nationalistes sont toujours là, avec eux !». Le maire d’Hayange avait qualifié les militants +d’imbéciles+, selon cette même affiche.

LorActu

Plus de 6 000 incidents racistes recensés par la police depuis le #Brexit au Royaume Uni

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France 2

Deux anciens co-listiers du Front National condamnés pour abus de faiblesse

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En février 2014, les élus et militants frontistes battent la campagne pour trouver des candidats aux élections municipales. A Montbéliard, deux co-listiers ont profité de la vulnérabilité d’une dame de 90 ans pour l’inscrire contre son gré comme candidate. 

Dans son arrêt, la cour a estimé qu’ils avaient « frauduleusement abusé de la faiblesse de Rolande Belpomme, 90 ans, qui s’est retrouvée inscrite sur la liste des candidats (du Front national) alors qu’elle présentait une perte importante de ses facultés cognitives »

Peines d’amende confirmées en appel

Robert Sennerich, ex-conseiller régional, époux de Sophie Montel, l’euro-députée proche de Marine Le Pen, chef de file du FN à la région ainsi que Catherine Piotrowski ont été respectivement condamnés à 5000 et 2000 euros d’amende pour abus de faiblesse.

La Cour d’Appel confirme ainsi le jugement de première instance du Tribunal de Montbéliard rendu l’an dernier. La Cour d’Appel de Besançon a par ailleurs condamné les deux anciens colistiers du Front National à cinq ans d’inéligibilité.

France 3

Mensonges et approximations : la charge bancale de Manuel Valls contre le « New York Times »

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« Les voix des femmes musulmanes ont été quasiment noyées » dans la polémique estivale sur le burkini. C’est le constat dressé par le New York Times, qui leur a donné la parole dans une série de témoignages sur le voile, publiée le 2 septembre 2016.

L’occasion pour certaines, comme Halima Djalab Bouguerra, une étudiante de 21 ans de Bourg-en-Bresse, d’exprimer leurs inquiétudes : « Les langues se sont déliées, plus personne n’a peur de dire à un musulman : Rentre chez toi. » L’article a fortement déplu à Manuel Valls, qui y a répondu par une tribune au Huffington Post lundi 5 septembre. Mais sa charge contre le sérieux du journal américain est peu probante.

CE QU’A DIT MANUEL VALLS

Cet article « donne une image insupportable, car fausse, de la France, pays des Lumières et pays des libertés », écrit le premier ministre. Il met ensuite en cause le sérieux de l’article du journal américain : « La réalité, c’est qu’il ne s’agit pas d’une enquête de terrain, qui permet les différents éclairages ou la nuance dans l’analyse », assène-t-il. Et de mettre en doute le cœur même de l’enquête, à savoir les témoignages des femmes musulmanes :

« Ces témoignages ont été pour la plupart obtenus à la suite d’un événement scandaleux organisé en France : un “camp d’été décolonial”. Un camp qui, et cette information a son importance, était interdit – je cite – aux “personnes à la peau blanche” ! Son but était de rassembler tous les partisans des communautarismes, tous les opposants à la mixité entre les personnes “blanches” et “non blanches, tous ceux qui veulent, je cite encore, dénoncer le “philosémitisme d’Etat” dont la France serait victime. »

Une accusation répétée sur RTL mardi 6 septembre, où il a dénoncé « la complaisance vis-à-vis de femmes qui fréquentent un campement interdit aux Blancs et ensuite la vision que ce papier donnait de la France ».

POURQUOI C’EST FAUX

La version de Manuel Valls a pourtant de quoi surprendre quand on retrace le parcours de l’enquête du New York Times. Le journal a d’abord lancé un appel à témoignages le 22 août, sous le thème suivant : « Etes-vous une femme musulmane en Europe ? Partagez votre opinion sur les restrictions au port du voile. » Cet appel a rapidement été relayé sur les réseaux sociaux.

Le « camp décolonial » a, quant à lui, eu lieu du 25 au 28 août à Reims. Il a, selon l’organisation, réuni environ 180 personnes (loin des quelque 1 200 témoignages revendiqués par le quotidien américain). Contrairement à ce qu’affirme Manuel Valls, les organisateurs ont souhaité réserver l’événement « aux personnes subissant le racisme ». Un choix qui fait débat, mais ne se résume pas, pour les organisations à l’origine du camp, à interdire la présence des « Blancs ».

Lire aussi :   La non-mixité raciale, outil d’émancipation ou repli communautaire ?

La journaliste de Mediapart Faïza Zerouala, qui a couvert le camp d’été, assure au Monde qu’elle est la seule à y avoir assisté, avec une consœur du Bondy Blog. C’est également ce que nous dit Lillie Dremeaux, l’auteure de l’enquête du New York Times, qui nous renvoie vers la réponse de la direction du quotidien à Manuel Valls : « Notre article […] s’appuie sur les réponses de plus de 1 200 lectrices à un appel à témoignages en ligne en anglais, en français et en arabe », y indique Danielle Rhoades Ha, porte-parole du journal.

Loin du sensationnalisme des « no-go zones »

Sur ces centaines de témoignages, le New York Times a publié ceux de 21 femmes de 22 à 41 ans. Parmi elles, 13 vivent en France. On en compte trois à Paris, deux à Toulouse et une à Grenoble, Roubaix, Lyon, Orléans, Drancy, Lille, Perpignan, Les Lilas. Les huit autres vivent à l’étranger, dont cinq en Belgique. Le fameux « camp décolonial » n’est jamais évoqué dans l’article, et il est difficile d’imaginer que toutes ces femmes aient pu y participer.

Quant au contenu de l’article, on y trouve des points de vue divers. Plusieurs femmes ont des mots très durs envers l’Etat, dénonçant un « régime d’apartheid » ou expliquant ne plus se sentir « en sécurité », et c’est ce que Manuel Valls n’a pas apprécié. Mais d’autres insistent surtout sur la pression sociale et les incompréhensions d’amis ou de collègues, notamment vis-à-vis de la consommation d’alcool. Certaines relativisent également la situation, pointant un contraste entre la présentation médiatique et la réalité, comme Saadia Akessour :

« Je me suis baignée cet été du côté d’Hendaye (sud-ouest de la France). J’ai été un peu la curiosité du coin, mais j’ai trouvé les gens bienveillants. Il me semble que les médias et politiciens sont en contradiction avec ce que le peuple pense. »

Le Monde

Un futur centre d’accueil pour migrants victime d’un incendie criminel à Forges-les-Bains

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Lundi soir, une réunion publique se tient dans la commune de Forges-les-Bains, dans l’Essonne, où 91 migrants doivent être accueillis en octobre. Les discussions sont houleuses et une centaine d’opposants manifestent, avant de repartir vers 23h sans incident. Ils envisagent simplement de lancer une pétition.

Mais selon les informations d’Europe 1, à 2h30, la gendarmerie est appelée. Le bâtiment devant accueillir les migrants est en flammes. Toute la toiture est partie en fumée.

Une enquête est en cours pour déterminer la cause exacte de l’incendie. Les premiers éléments de l’enquête pointent vers un « incendie volontaire, a priori », a expliqué le parquet d’Evry mardi matin. « Il y avait déjà eu un incident quelques jours auparavant », a ajouté le parquet. Les robinets du centre avaient été ouverts, ce qui avait provoqué une inondation dans les lieux.

Europe 1

Un manuel scolaire CAP d’éducation civique cite comme source.. un site d’extrême droite

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Contactées par BuzzFeed News, les éditions Delagrave confirment que cette mention se trouve bien à la page 125 du manuel paru en 2010. Et annoncent procéder «actuellement à l’arrêt de commercialisation de cet ouvrage»:

«Nous présentons nos excuses aux enseignants et utilisateurs de ce manuel. Nous les informons également que les éditions Delagrave ont, depuis, modifié leurs procédures éditoriales et renforcé les étapes de contrôle.»

Buzzfeed


Manuel Valls juge «insupportable» un article sur des témoignages de musulmanes victimes de discriminations

Un article du New York Times publie des témoignages de musulmanes françaises se disant victimes de discriminations voire de «  persécutions.»

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e Premier ministre français Manuel Valls juge lundi «  insupportable  » un article du New York Times qui a publié des témoignages de musulmanes françaises se disant victimes de discriminations voire de « persécutions  ». Cet article, publié en Une du quotidien anglophone vendredi, «  donne une image insupportable, car fausse, de la France  », écrit-il dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post.

Des témoignages de musulmanes européennes

Dans le cadre de la polémique sur le burkini, tenue de bain intégrale à usage des musulmanes que certaines villes françaises ont interdite avant d’être désavouées par la justice, le journal américain avait lancé un appel à témoignages auprès de musulmanes européennes au sujet des restrictions sur le port du voile. Vendredi, il a publié une sélection de ces témoignages, la plupart émanant de Françaises ou de Belges, sous le titre «  Le ‘combat’ au quotidien des musulmanes européennes  ».

Victimes de « persécutions »

Certains propos sont très virulents. Une femme estime possible que la France impose un jour le port de la «  lune jaune  » aux musulmans, comme les Juifs étaient désignés d’une étoile jaune sous l’occupation nazie. Une autre pense que les musulmans devraient obtenir «  l’asile aux États-Unis  » compte tenu des « persécutions  » dont ils sont victimes.

Le Soir