Israël : Beaucoup de doutes sur l’authenticité d’un «papyrus ancien mentionnant Jérusalem»

Présenté mercredi par l’Autorité Israélienne des Antiquités, ce papyrus soulève beaucoup d’interrogations…

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Un papyrus d’une valeur inestimanble ou un simple faux ? Il a été présenté comme l’objet portant la plus ancienne mention non religieuse de Jérusalem. Mais le papyrus saisi en 2012 et présenté mercredi par l’Autorité Israélienne des Antiquités (AIA) comme datant du VIIe siècle avant J.-C.a soulevé bien des doute chez plusieurs archéologues.

«Une carte-postale du passé adressée à l’Unesco»

Ce document avait été présenté quelques heures après l’adoption par l’Unesco d’une résolution sur Jérusalem-Est qui, selon des responsables israéliens, ignore « le lien millénaire entre les juifs et la ville sainte », en reconnaissant les sites de Jerusalem par leur appellation arabe.

Netanyahu avait affirmé que ce papyrus constitue «une carte-postale du passé adressée à l’Unesco» et sa ministre de la Culture, Miri Regev, l’avait qualifié de «preuve que Jérusalem a été et restera toujours la capitale éternelle du peuple juif».

Mais «comment peut-on savoir qu’il ne s’agit pas d’un faux destiné au marché des antiquités?», se demandait pourtant vendredi dans le quotidien Haaretz le professeur Aren Maier, spécialiste d’archéologie à l’université de Bar Ilan. Il a critiqué l’AIA pour avoir rendu public ce document «alors qu’il était clair à l’avance qu’il susciterait une controverse».

La datation au carbone insuffisante

Pour lui, la datation au carbone 14 est insuffisante: «Il y a de nombreux exemples d’inscriptions rajoutées sur d’anciens supports». Christopher Rollston, professeur à l’université américaine George Washington, a souligné que l’on pouvait facilement acquérir sur internet d’anciens papyrus et y ajouter une inscription.

20 Minutes

Le FN assure qu’une moto incendiée avait visé l’église, le prêtre dément et dénonce l’instrumentalisation du FN

Damien Monchau, élu d’opposition FN à Vénissieux, a assuré que l’église de l’Epiphanie située sur le Plateau avait été visée par des émeutiers. L’affaire semble moins dramatique qu’il n’y paraît.

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Depuis 10 jours, les Minguettes sont le théâtre d’une série de violences urbaines marquées par des incendies de véhicules, de poubelles… Les policiers du commissariat et de la bac avaient même été pris à partie mercredi dernier, visés par des cocktail molotov.

Jeudi soir, Damien Monchau, élu d’opposition FN, a assuré, dans un communiqué publié par la fédération du Rhône du parti frontiste, que l’église de l’Epiphanie située sur le Plateau avait été visée par les émeutiers.

Le conseiller municipal affirme, photo à l’appui, qu’une moto a été incendiée ce week-end devant le lieu de culte de la rue Herriot… et évoque une «tentative d’incendie criminel». «C’est encore une fois la France et notre identité qui sont attaquées par cet acte odieux qui exprime un rejet des racines chrétiennes de notre patrie», lance Damien Monchau qui dénonce une «omerta» autour de cet acte. Et qui appelle l’Etat à « mettre par tous les moyens hors d’état de nuire les délinquants».

Sauf que… L’affaire semble moins dramatique qu’il n’y paraît. Aucune plainte n’a été déposée après cet incendie. «Une moto, vraisemblablement volée, a brûlé sur le parvis. Je l’ai trouvée samedi matin sur les marches de l’église. Mais il n’y a aucun dégât», relativise le père Régis Charre, curé de la paroisse. Le bâtiment n’a pas été touché et aucune trace de fumée n’est visible.

Selon le prêtre, la police est intervenue pour relever les indices sur la moto et la carcasse du deux-roues a été évacuée par les services municipaux dans la foulée. «Je n’en ai pas parlé à mes paroissiens pour éviter les amalgames. Honnêtement, je ne veux pas en rajouter car je ne pense pas que l’église était visée», souligne le père Charre qui tient à le préciser : «Notre église a été construite en 1969. Nous n’avons jamais subi de menaces ou d’actes anti-chrétiens. Le FN utilise cette histoire pour faire le buzz».

Le Progres

La fausse rumeur des « 7 millions d’Algériens en France »

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L’IFOP a interrogé 15 459 personnes de 15 ans et plus, représentatives de la population française pour son sondage, dont 874 qui se disent de confession musulmane. Cela représente environ 5,6 % des répondants. Si l’on applique ce ratio à l’ensemble de la population française, on arrive donc à une estimation de 3 millions de musulmans sur la base de cette étude.

« Complètement bidon ! », ont rétorqué certains internautes, déterrant des articles de 2015 qui avancent des chiffres bien supérieurs. Et pour cause, il y aurait 7 millions d’Algériens en France, selon l’ambassadeur français en poste à Alger en personne.

Preuve selon eux – et même si tous les Algériens ne sont pas musulmans – que le nombre réel de musulmans serait largement supérieur à 3 millions.

Exemple de message qui avance le chiffre.

POURQUOI C’EST FAUX

Dreuz Info, Boulevard Voltaire, Breizatao… De nombreux sites d’extrême droite ont en effet relayé, en février 2015, des propos prêtés à Bernard Emié, ambassadeur de France en Algérie. Dreuz cite ainsi le site France-Algérie, qui lui-même dit s’être appuyé sur Lexpressiondz. Ce dernier, quant à lui, ne donne pas sa source, mais rapporte cette phrase, que M. Emié aurait prononcée au cours d’une visite à « l’université de Tlemcen » au début de février 2015 :

« Le nombre de Français ayant un lien direct avec l’Algérie avoisine les sept millions. »

Sauf que le texte du discours prononcé par l’ambassadeur français le 3 février 2015 à l’université en question, consultable sur le site de l’ambassade, ne contient pas cette phrase, ni aucune déclaration comparable. Contactée pour en savoir plus, l’ambassade affirme également que M. Emié n’a pas tenu ces propos.

Le seul chiffre véritablement disponible est le nombre de personnes de nationalité algérienne présentes en France : 476 000 en 2013, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. Un chiffre qui n’inclut pas les descendants – souvent français de naissance. On peut également citer le nombre d’électeurs algériens inscrits en France (qui peuvent être de nationalité algérienne ou avoir une double nationalité) : 815 000 en 2014.

Le Monde

Un fan de Trump illustre l’arrivée d’une supposée «armée musulmane» en Europe avec des images prises au.. Bangladesh

Quels que soient le pays et le réseau social, les comptes réactionnaires, nationalistes ou xénophobes sont parmi les plus prompts à relater des intox, et notamment à faire dire n’importe quoi à des images. Nouvel exemple le 10 septembre dernier avec un twittos américain qui a posté une vidéo montrant des trains bondés jusque sur les toits, et affirmé que la vidéo montrait l’échec à prévenir « l’avancée de l’armée musulmane » en Europe. 

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Les images sont assez impressionnantes : on voit pendant trente-huit secondes, avec plusieurs plans, des trains circuler, ou se trouver à l’arrêt dans une gare, remplis à craquer de passagers, à l’intérieur mais aussi sur les toits. Les voies ferrées grouillent également de monde.

Bruce Porter, le twittos qui a posté la vidéo, explique dans sa légende, littéralement : « Regardez, Obama et Merkel disent qu’ils ont ralenti l’avancée de l’armée musulmane, mais ils mentent #enfermezla #arretezObama « . Il faut sans doute comprendre par l’expression « armée musulmane » les réfugiés musulmans, notamment de Syrie et d’Irak, qui cherchent l’asile en Europe.

Sur son profil Twitter, Porter se présente comme « entrepreneur, athlète et globe trotter « . Un rapide coup d’œil sur ses tweets permet de voir qu’il déteste Hillary Clinton, adore Donald Trump, et qu’il est convaincu que les musulmans sont en train d’envahir l’Europe et menacent à terme les États-Unis. Ses positions extrémistes lui valent d’avoir plus de 59 900 followers, un chiffre conséquent. À l’instar d’autres tweets, celui du 10 septembre a été retweeté plus de mille fois.

Pourtant, la réalité n’est pas du tout celle décrite par Porter, puisque ces images ont été prises… au Bangladesh. C’est ce que mentionne une twitto, qui poste en réponse à Bruce Porter une vidéo dans laquelle figurent ces images.

Des panneaux sans caractères latins ou cyrilliques

Selon l’introduction de cette vidéo, ces images ont été prises dans une gare de Dacca, la capitale bangladaise, au moment des fêtes de l’Aïd, durant lesquelles beaucoup d’habitants cherchaient à quitter la mégalopole pour rejoindre leur famille. La vidéo a été postée sur YouTube en septembre 2015, au moment de l’Aïd, ce qui n’assure pas néanmoins que ces images datent de cette époque.

Mais en observant avec un peu d’attention la vidéo, il est très simple de repérer qu’elles n’ont pas été prises en Europe, et qu’il s’agit donc bien d’une intox. On voit que l’écriture sur les panneaux publicitaires n’est pas en caractères latins ou même cyrilliques, comme ceux utilisés en Europe. On remarque par ailleurs que le teint des personnes sur ces affiches est typique de ceux du sous-continent indien. Par ailleurs, aucune image des arrivées des réfugiés en Europe ne ressemble à celle-ci, avec autant de personnes montées sur le toit d’un train.

France 24

Le faux profil islamiste: démonstration d’une technique de la fachosphère

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Certaines des tactiques décrites ici ont déjà été repérées et détaillées dans cet article, preuve que cette stratégie n’est pas neuve, et que les Debunkers s’ étaient déjà attaqué:

http://www.debunkersdehoax.org/comment-contrer-la-rhetorique-d-extreme-droite

  • Quel est l’intérêt de cette tactique?

Il est triple:

-Il faut entretenir la peur, montrer que « l’ennemi » est présent.

-Montrer que « l’ennemi » s’attaque à leurs vrais et seuls opposants, c’est à dire la fachosphère.

-Annihiler la réflexion et le sens critique des lecteurs.

-Développer un rôle de catharsis

Nous avons donc fureté de longues heures dans les pages de la fachosphère afin de trouver ces faux profils. Et nous avons trouvé.

Ces profils sont protéiformes et servent les intérêts du moment et de chaque page.
Décryptage.

  • Le profil inexistant

Plusieurs exemples comme celui ci. Des « petites frappes islamistes » interviennent sur une page facebook, balancent des insultes et des menaces en message privé à l’administrateur de la page. Qui n’a plus qu’à publier la capture d’écran de ce message privé.
Problème.
Ces profils n’existent pas… Conclusion? Message fabriqué de toutes pièces par l’administrateur de la page. Simple, efficace.

Exemple:

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Deuxième exemple.

Cette fois le but est plus précis. Il s’agit d’attaquer une page « ennemie » de la vôtre. En l’occurrence, celle des Debunkers… Le but est alors de montrer la collaboration objective des « gauchiasses » que nous sommes avec les « islamistes ». Et de révéler qui est le véritable agresseur.

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Problème. Ce profil n’a jamais commenté notre page, n’a jamais été inscrit chez les DbK… Et pour cause ce profil n’existe pas…

Peu importe le but est atteint et les lecteurs de « sos racisme anti blancs » s’emballent sur une manipulation du facho tenant cette page:

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Lire la suite sur Debunkers de Hoax

Le FN lance une fausse rumeur sur le sacrifice de l’Aïd dans un gymnase à Saint-Nazaire

Dans un communiqué, le parti d’extrême droite colporte une rumeur évoquant un sacrifice dans un gymnase. La police, présente sur le site, lundi, a démenti, comme la Ville.

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Le groupe Saint-Nazaire Bleu marine lance une nouvelle polémique au lendemain de la célébration de l’Aïd-El-Kebir. Le parti d’extrême droite évoque l’accomplissement du sacrifice d’animaux dans un gymnase prêté par la Ville aux Musulmans.

Une rumeur démentie par la Ville qui a loué, et non prêté, le gymnase Fogel, lundi de 7 h à 12 h environ. La police, les pompiers et la Protection civile était sur place, à l’extérieur mais aussi à l’intérieur de la salle. Le commissariat dément le moindre sacrifice.

« La réalité est simple : les représentants du Front national sont des menteurs. Aucun animal n’a, bien évidemment, été abattu dans l’enceinte d’un gymnase municipal. Encore une fois, ils essayent de diviser les Français. Leur haine déborde et ce sont tous nos compatriotes de confession musulmane qui sont l’objet de leur mépris« , réagit le maire David Samzun, dans un communiqué.

Ouest France

Contrairement à ce qu’elle affirme, Caroline Fourest avait bien menti face à Aymeric Caron

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Mais faites votre boulot correctement, les journalistes! Non, Fourest ne disait pas vrai à ONPC et la justice ne vient pas de lui donner raison.

La justice vient, pour une raison technique, d’annuler la procédure qui avait, dans un premier temps, mené à la condamnation de Fourest pour diffamation à l’égard d’une jeune fille voilée qui avait été agressée. La justice vient donc de se prononcer, plus d’un an après le passage de l’essayiste dans le fauteuil d’ONPC. Or que nous disait-elle exactement ce soir-là? Piqûre de rappel:

«- Est-ce que oui ou non vous avez été condamnée pour diffamation pour une chronique sur France Culture?
-Aymeric Caron j’ai gagné mon procès et ce que vous venez de dire est totalement inexact. Non je n’ai jamais été condamnée pour diffamation, j’ai gagné mon procès.
-Comment se fait-il, si vous avez gagné le procès, que toute la presse à ce moment-là a dit que vous l’aviez perdu ?
-Parce que la presse n’a pas corrigé ensuite quand j’ai gagné »

La justice, en se prononçant cette semaine sur un aspect procédural du dossier, vient donc de confirmer que Fourest mentait bien ce soir-là sur le plateau d’ONPC: elle n’avait rien gagné du tout. Or elle allait même jusqu’à se plaindre que « la presse n’ait pas corrigé quand elle avait gagné en appel ».

La chance qui permet à son avocat de s’appuyer sur un aspect technique (un délai de prescription dans le renvoi d’un document par la poste) pour finalement faire annuler la condamnation n’efface rien au mensonge originel.

Journalistes, faites votre boulot!

Aymeric Caron

Femme violentée dans une rixe en Charente: aucun musulman mais la fachosphère accuse l’Islam

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Jeudi, vers 19h, la température est méchamment montée d’un cran, sur la plage du Bain des Dames, à Châteauneuf, une baignade mal nommée le temps d’un déchainement de violence. Bilan: une femme frappée et déshabillée, devant son mari et ses trois enfants, par un groupe d’une quinzaine d’individus – hommes, femmes et adolescents mêlées – appartenant semble-t-il à la même famille. Le nez en sang, la femme, trente ans, a dû quitter la baignade avec ses enfants en pleurs alors que ses agresseurs sont tranquillement restés dîner sur place.

Selon un témoin, un groupe d’une quinzaine de personnes s’est déchaîné lorsqu’une mère de famille a ôté le haut de son maillot de bain. En bas, un string. « Elle était volubile, un peu exubérante et s’est donc fait remarquer dans l’après-midi, dit le témoin. Mais rien de méchant du tout, rien qui n’appelait la violence ». Vers 19h, elle ôte le haut. Sur le haut de la baignade, une femme et des hommes s’insurgent: « Il y a des enfants », « rhabillez vous ».

En tous cas, tout dérape. Les coups succèdent aux cris. « Dans le lot, il y avait surtout une femme, qui frappait plus que les autres », dit Antoine. Il tente de s’interposer, avec le compagnon de l’estivante. « On était 3 contre 15, personne d’autre ne bougeait ».

Selon au moins deux témoins, l’altercation de la baignade du Bain des Dames aurait dégénéré après une provocation de la baigneuse. Provocation faite à deux enfants et leur mère. Les deux femmes se seraient empoignées, puis les hommes seraient intervenus ensuite.

Les gendarmes sont intervenus et n’ont procédé à aucune interpellation. Contactée vendredi, la compagnie de gendarmerie de Cognac évoquait une« bagarre », « sans plainte ». « Ils ont relevé quelques plaques d’immatriculation, posé quelques questions » dit Jean-Louis Levesque. Le groupe qui s’en est pris à la femme a pu dîner sur place.

Vue le déferlement de commentaires, nous précisons que cette agression n’a aucune connotation religieuse. Aucune personne d’origine maghrébine n’est impliquée dans cette histoire. Il est dommage de devoir en arriver à de telles précisions.

Charente Libre

Agressé car il portait une croix chrétienne : l’homme avoue avoir menti

Un jeune homme qui disait avoir été agressé jeudi 25 août au soir à Vitrolles parce qu’il portait une croix chrétienne, a finalement avoué avoir inventé cette histoire pour cacher « une rixe de droit commun », a-t-on appris vendredi de source policière.

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Lors de son interrogatoire devant la police, « le jeune homme a très clairement reconnu qu’il avait fait une fausse déclaration », a ajouté cette source. L’homme qui a bien été impliqué et blessé dans une bagarre, avait porté plainte,racontant avoir été apostrophé parce qu’il portait une croix par quatre hommes, qui l’auraient frappé avant de la lui arracher.

« Aucune croix dérobée »

« L’agression est réelle mais il s’agirait simplement d’une rixe de droit commun, sans aucun caractère religieux, sans aucune croix dérobée », a relaté dans l’après-midi la source policière. La victime a en réalité été agressée par une personne qu’il connaissait et avec laquelle elle avait « un différend ancien ». L’enquête va se poursuivre, sous l’autorité du parquet d’Aix-en-Provence.

Midi Libre

 


Un jeune homme attaqué à cause de sa croix chrétienne à Vitrolles

Un jeune homme a été agressé dans la soirée de jeudi 25 août, dans les Bouches-du-Rhône. Ses agresseurs lui ont reproché de porter une croix chrétienne avant de s’en prendre physiquement à lui. 

BFM

La police a créé un couple de «terroristes islamistes» et l’a incité à commettre un attentat

Une juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique a ordonné l’arrêt des procédures contre John Nuttall et Amanda Korody, reconnus coupables d’avoir comploté un attentat à la bombe devant le palais législatif de Victoria en 2013.

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Leur condamnation avait été suspendue le temps d’un deuxième procès les opposant aux forces de l’ordre. Au cours de ce deuxième procès, la défense a prouvé que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et son agent d’infiltration avaient utilisé une manoeuvre visant à encourager le couple à passer à l’acte.

 

John Nuttall et Amanda Korody ont été libérés après le prononcé de la décision de la juge vendredi, mais ils ont rapidement été de nouveau arrêtés par les policiers pour répondre en Cour provinciale à une demande d’engagement de ne pas troubler l’ordre public se rapportant à une activité terroriste, déposée par le Service des poursuites pénales du Canada.

Ils ont été libérés une deuxième fois, mais sont soumis à des conditions de libération sévères pour la prochaine année.

John Nuttall et Amanda Korody ont déjà passé trois ans en détention.

La GRC est allée trop loin

Dans sa décision, la juge Catherine Bruce de la Cour suprême de la Colombie-Britannique affirme que la GRC est allée trop loin et qu’elle a piégé le couple pour l’inciter à commettre un attentat. Elle ajoute que les deux personnes ne disposent pas de capacités intellectuelles suffisantes pour organiser un attentat seules.

« Le monde a assez de terroristes, nul besoin pour la police de créer davantage de marginaux qui n’ont ni la capacité ni la motivation suffisante d’agir par eux-mêmes », a-t-elle déclaré lors de la lecture de la décision, vendredi.

Selon la juge Bruce, la GRC a profité de la fragilité mentale de John Nuttall et d’Amanda Korody pour les manipuler. « L’élaboration d’un tel plan demande un effort énorme, ce que les accusés sont incapables de réaliser », a-t-elle noté.

Radio Canada


Canada : la police a créé un couple de terroristes

En 2013, la gendarmerie royale du Canada, alertée par les services de renseignement, a placé sous surveillance M. Nuttall, soupçonné de vouloir acheter du nitrate de potassium. Ce dernier, un marginal et ancien toxicomane, est ensuite contacté par des agents infiltrés.

Pendant cinq mois, l’opération policière a « monté 28 scénarios allant d’un simple appel téléphonique à des rencontres complexes sur plusieurs jours », a rappelé la Cour suprême. Cette opération s’est terminée au matin du 1er juillet 2013 avec la pose de trois autocuiseurs avec des détonateurs désactivés devant le Parlement provincial, et l’arrestation du couple.
Le Monde

Plus de 90 % de tweets mentionnant #IslamHorsDEurope dénonçaient ce hashtag

Sur Twitter, les internautes dénonçant les mots-clés haineux sont ceux qui en réalité participent le plus à leur donner de la visibilité. C’est, en substance, la conclusion à laquelle est arrivé le laboratoire belge ReputatioLab, qui a étudié la diffusion des mots-clés islamophobes, notamment #IslamHorsDEurope, après l’attentat de Nice qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés.

Vendredi 15 juillet vers 23 heures, le mot-clé anti-islam était en tête des sujets de conversation sur le réseau social. Il a été lancé dans le cercle des comptes d’extrême droite dans la nuit, mais, remarque ReputatioLab, n’a pas rencontré d’audience au-delà de son cercle d’origine.

En milieu de journée, il n’était déjà plus utilisé dans sa communauté d’origine. « Le hashtag aurait plafonné et serait mort de sa belle mort vers 16 heures s’il n’avait pas été repris par ceux qui s’y opposaient », souligne l’auteur de l’étude, Nicolas Vanderbiest, interrogé par Le Monde.

C’est notamment une série de tweets d’indignation d’un internaute se revendiquant musulman et extrêmement suivi, vers 16 heures, qui lui a donné une large exposition et a relancé son usage.

C’est à partir de 16h que l’utilisation du hashtag se démocratise, surtout pour le condamner.

Dès lors, relève ReputatioLab, ce sont essentiellement les messages de condamnation du mot-clé qui contribuent paradoxalement à le faire monter, à la faveur des algorithmes de Twitter, qui ne distingue pas les contenus positifs des négatifs.

Le cas n’est pas inédit. En janvier 2015, rappelle le laboratoire belge, #JeSuisKouachi, né d’un tweet au second degré, a été repris d’abord par des djihadistes hors de France, puis par l’extrême droite, avant d’être propulsé trending topic (« sujet tendance ») à la suite d’une vague d’indignation.

Plus de 90 % de tweets anti-islamophobie

Sur les vingt tweets mentionnant #IslamHorsDEurope, les plus partagés, tous sont hostiles au mot-clé. Deux des trois les plus retweetés rappellent que certaines victimes de l’attentat étaient musulmanes. Mais comme le souligne Nicolas Vanderbiest, « sur Twitter, il est impossible de lutter contre un hashtag sans le faire monter » dans le classement des sujets de conversations.

L’immense majorité des tweets reprenant #IslamHorsDEurope étaient hostiles au discours islamophobe.

Le réseau social utilise des algorithmes au fonctionnement secret pour établir les trending topics. Plus encore que le nombre de tweets, qui n’est pas pris un compte s’il est élevé mais stable, c’est la variation du nombre de mentions, l’étendue géographique et le nombre des utilisateurs qui en parlent ainsi que le relais de comptes influents qui sont les principaux facteurs de mise en avant des mots-clés, explique l’auteur de l’étude.

Le 15 juillet, faute d’autre sujet de conversation important, il a suffi de 3 000 tweets pour que #IslamHorsDEurope devienne le sujet numéro un à 23 heures.

Le Monde

« Tenue légère » : TF1 s’emballe sur une nouvelle agression qui n’était pas « vestimentaire »

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« Agression vestimentaire » ou emballement médiatique, nouvel épisode. Après l’affaire de l’agression de la jupe (qui n’y était pour rien) ou celle du bikini de Reims (présentée à tort comme une agression à caractère religieux), une autre agression, beaucoup plus violente cette fois, et commise par « un homme d’origine maghrébine », a une fois encore été présentée un peu vite par TF1 comme ayant un lien avec la tenue des victimes.

Quelques heures après le « scoop » du JT de 13 heures de la première chaîne, et de nombreuses récupérations politiques, le procureur de la République de Gap a en effet démenti la rumeur d’un quelconque motif lié aux vêtements.

Cette fois, c’est le JT de 13 heures de TF1. Dans son édition du 19 juillet 2016, on apprenait qu’une « mère et ses 3 filles » avaient été « agressées à coups de couteau pour leur tenue légère« , « mardi matin vers 10 heures dans un centre de vacances VVF situé à Garde-Colombe, dans les Hautes-Alpes« .

Le pronostic vital de la plus jeune des fillettes, âgée de 8 ans, est engagé. En plateau, le « spécialiste police de TF1« , explique que « c’est bien la tenue, jugée trop légère aux yeux de l’agresseur » qui est « semble-t-il, le mobile de l’agression« . Cet « homme de 37 ans, d’origine maghrébine » et « non connu des services de renseignement », aurait ainsi reproché aux quatre victimes « ces vêtements indécents à ses yeux. C’est pour ça que les enquêteurs s’intéressent à un motif religieux. »

Sa source ? Mystère. Sur le site de TF1, ce sont « les enquêteurs » qui auraient avancé cette hypothèse. Dans les médias étrangers, qui reprennent une dépêche de l’agence AP, un certain Jean-Marc Duprat, premier adjoint à la mairie de la ville voisine de Laragne-Monteglin est cité concernant le motif : « Duprat a dit que le suspect, qui n’est pas un membre de la famille des victimes, était énervé par le fait qu’elles portaient des shorts et des t-shirts« .

Lire la suite sur Arret sur Images

#HautesAlpes: l’agression n’est pas liée a une « tenue légère », selon la mère et le procureur

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Une mère de famille et ses trois filles ont été violemment attaquées à l’arme blanche ce mardi 19 juillet dans un centre de vacances des Hautes-Alpes, révèlent nos confrères de TF1. Le pronostic vital de la plus jeune, âgée de 8 ans, est engagé. L’agresseur présumé, âgé de 37 ans, Mohamed B. selon TF1, est actuellement en garde à vue.

Le Front national s’est empressé de qualifier cette agression de « barbarie islamiste ». Le numéro deux du Front national Florian Philippot a ainsi estimé que cela devait « cesser » :

TF1 évoque certes un « motif religieux » au conditionnel. Sauf que le procureur de la République de Gap n’a pas confirmé cette information, se montrant très réservé auprès de l’AFP :

Les circonstances de l’agression sont pour le moment floues, et sont encore à déterminer.

Le procureur a également balayé, pour l’instant, les « rumeurs » selon lesquelles la mère et ses filles auraient été agressées en raison de leurs « tenues légères » : « Il s’agit de rumeurs, il n’a rien dit« , a-t-il déclaré à France Info.

Selon Le Dauphiné Libéré, le procureur a même « tenu à démentir » cette rumeur à la fin de la conférence de presse : « Je tenais à démentir la rumeur qui court car en aucun cas cet homme a eu de tels propos sur les faits que l’agression serait motivée par les tenues vestimentaires des victimes, court-vêtues ou autres« .

Selon France Info, il s’agirait d’un « conflit de voisinage qui aurait dégénéré, entre deux familles de vacanciers qui étaient logés dans des pavillons mitoyens ».

Dans un communiqué, la députée PS des Hautes-Alpes Karine Berger s’est dit « très choquée par l’agression », mais a vivement dénoncé « l’instrumentalisation immédiate qu’en a fait Florian Philippot » :

La France est sous tension avec l’horreur de l’attentat de Nice. Mais nous devons tous faire preuve de discernement et d’objectivité dans ces moments tragiques. Et en dehors de l’enquête des services de justice et de police dans les Hautes-Alpes, aucune interprétation ne peut être tolérée.

L’instrumentalisation immédiate qu’en fait Florian Philippot (FN) est de ce point de vue honteuse. L’enquête judiciaire permettra de faire la lumière sur les circonstances et les motifs de cette agression. Tous les Haut-Alpins doivent rester unis dans la condamnation de cet acte odieux et dans la défense des valeurs républicaines.

La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes Laurence Rossignol a accusé Florian Philippot de « manipulation » :

Europe 1

« Il y a des fausses rumeurs qui ont été diffusées à un moment donné, notamment que l’intéressé avait dit qu’il venait les poignarder parce qu’elles avaient une petite tenue légère. C’est une rumeur qui a priori est fausse puisque la maman n’a jamais dit ça« , a-t-il expliqué.

I Télé

Isabelle Kersimon confond le terroriste de Nice avec un homonyme et accuse à tort le CCIF

Isabelle Kersinon ccif islamophobie elsa ray livre contre enquete mensonge

Ce 15 juillet, Isabelle Kersimon a publié un article sur son site à propos de l’auteur de l’attentat terroriste de Nice, article intitulé « Attentats de Nice : le tueur lisait des idéologues ». Kersimon y écrit: « Le profil Facebook de Mohamed L. Bouhlel révèle que, parmi des pages anodines et le plus souvent arabophones, il en suivait deux que nous connaissons bien: celle de l’ex-porte-parole du CCIF Elsa Ray et celle du CILE, organe proche de la mouvance frériste. » Elsa Ray serait donc une « idéologue »(sic) lue par le terroriste selon Isabelle Kersimon.

Bizarrement, aucun autre journaliste ou média sérieux n’évoque cette page facebook que Kersimon désigne comme celle du terroriste de Nice, et pour cause: Isabelle Kersimon s’est trompée de page. Car la page évoquée par Isabelle Kersimon est manifestement celle que j’ai affichée ci-dessous, du nom de Mohamed Lahouij Bouhlel, et qui suit en effet Elsa Ray et le CILE.

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Le problème est que la photo de ce Mohamed Bouhlel ne correspond pas du tout à la photo du terroriste publiée dans les médias, que l’on peut voir ci-dessous. Le vrai terroriste semble plus jeune, et a une tête plus ronde.

Autre gros problème, le Mohamed Bouhlel d’Isabelle Kersimon se nomme exactement Mohamed Lahouij Bouhlel, alors que le terroriste de Nice se nomme Mohamed Lahouaiej Bouhlel, avec une orthographe différente. Voilà donc pourquoi les médias n’ont pas parlé de cette page facebook du terroriste… parce que ce n’est pas la sienne!

Non seulement Isabelle Kersimon a fait une confusion entre deux personnes, mais elle a établi un lien très scabreux entre le terroriste et Elsa Ray, qui n’a certainement aucun lien avec le terroriste. Mais comme Elsa Ray est l’ancienne porte-parole du CCIF, Isabelle Kersimon est toute fière de sa trouvaille, censée valider ses « analyses », et elle poursuit ainsi son article :

« Le CCIF joue depuis des années (…) sur une fibre affective, sur la peur d’être discriminé et menacé en raison de sa religion, sur ces images de guerre qui ont conduit nombre de jeunes gens à partir pour le Cham. Ce discours victimaire que je dénonce depuis deux ans dans les médias est l’un des éléments qui peuvent conduire un homme à décider de passer à l’action contre des civils, peu importe leur religion dans une foule un jour de Fête Nationale. »

Vous avez bien lu, Isabelle Kersimon accuse le CCIF et Elsa Ray (qu’elle a nommée plus haut dans l’article) d’avoir un discours qui conduit des gens à commettre des attentats terroristes.

Notons qu’un autre homonyme de Mohamed Bouhlel a raconté dans L’Obs/LePlus le calvaire qu’il vit depuis que son nom a été lié à tort à l’attentat terroriste de Nice. Quant à l’affirmation ignominieuse de Kersimon selon laquelle le terroriste serait un lecteur d’Elsa Ray, elle a jusqu’ici refusé de présenter ses excuses à l’ex porte-parole du CCIF, malgré les demandes répétées sur les réseaux sociaux.

Cinquième Colonne

Le «migrant en t-shirt» brandi par l’extrême droite en Europe… n’y a jamais mis les pieds

« Un réfugié prévient : Ayez peur pour vos femmes Voilà voilà. » Ce tweet, accompagné d’une photo d’un jeune homme portant un t-shirt « Fear for your wife », a été relayé plus de 200 fois, mardi 5 juillet. Une goutte d’eau, dans l’océan des images et vidéos de ce type que s’échangent les militants d’extrême droite à longueur de journée sur les réseaux.

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Mais cette image illustre un phénomène plus global : la réutilisation d’images sorties de leur contexte et repartagées dans les milieux nationalistes et identitaires du monde entier, dans le but de créer un climat anxiogène envers les migrants.

Car cette photo n’a ni été prise cette année, ni en France. En réalité, elle se « promène » depuis trois ans environ, sur les blogs, sites et réseaux d’extrême droite du monde entier.

Une image symbolique de la vague migratoire en Europe

La voici, en janvier, sur un blog d’extrême droite allemand. La même photo apparaissait dès septembre 2015 sur le site du groupuscule français d’ultradroite « Jeune nation ».

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A la même période, un conspirationniste britannique, Paul Joseph Watson, l’utilise dans l’une de ses nombreuses vidéos violemment critiques envers les migrants. Son montage, manipulateur, fait succéder cette image à celle de migrants s’en prenant à des camions à Calais, créant une continuité qui laisse penser que l’homme a débarqué en France.

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Il a également tweeté l’image, et obtenu 346 partages, dont celui d’un animateur TV québécois, Benoît Dutrizac. La même image se retrouve, toujours à la même période, sur un blog conspirationniste portugais, sur le site d’un suprémaciste blanc américain, qui évoque l’Allemagne, ou sur un site militant turc. Un peu plus tôt, on la découvre sur un autre blog, espagnol cette fois.

Sans avoir épuisé toutes les occurrences, on a pu trouver des sites en polonais, en russe, en arabe… Bref, cette image est devenue l’un des symboles, aux yeux de nombreux militants d’extrême droite en Europe et aux Etats-Unis, de la « déferlante » migratoire en Europe.

Une photo prise en Australie en 2013

Problème : cette image n’a jamais été prise en Europe : elle vient d’Australie, et date de 2013. A l’époque, l’île avait pris des mesures drastiques contre l’immigration, en créant des zones de rétention dans des îles au large de ses côtes

On la retrouve sans problème, notamment sur ce billet daté du 23 juillet 2013, ou sur cet autre, daté de la veille.

Elles proviennent en fait du travail d’un résident de l’île Christmas, où l’Australie accueillait alors les migrants. Cet homme, « Shaz », a transmis son matériel à des journalistes australiens, qui ont mis en ligne ces clichés sur ce site, voilà donc trois ans.

Quant au fameux t-shirt, là encore, il n’est nul besoin de chercher longtemps : il est en vente pour 16 livres sur ce site d’e-commerce britannique. Et il s’agit d’un jeu de mot (« fear for your life/fear for your wife »), supposé indiquer que le porteur dudit maillot de corps pourrait bien séduire votre épouse…

Au-delà de ce cas, c’est encore une fois le problème de la réutilisation à outrance d’images décontextualisées pour créer un climat anxiogène qui est en question ici.

Le Monde