Agression d’une sexagénaire : à Arzon, les habitants sont plus effrayés par les identitaires que par les migrants

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L’affaire en question, c’est l’agression sexuelle dont a été victime, le 10 novembre, une riveraine de 67 ans. Un geste déplacé dont s’est rendu coupable un Soudanais de 16 ans, l’un des trente mineurs isolés récemment hébergés dans le centre de colonie de vacances de Port-Navalo depuis le démantèlement de la « jungle » de Calais. Le premier média à s’en faire l’écho est le site identitaire breton Breizh-info le 13 novembre. Le cocktail « migrants + agression sexuelle » agite immédiatement la fachosphère. Le lendemain, le procureur de la République de Vannes confirme les faits tout en rectifiant certains éléments avancés par le site. « La dame et le jeune ont échangé des banalités avant que ce dernier ne lui donne un baiser. Après cinq baisers, la femme, excédée, s’est dégagée. Le jeune lui a alors touché le sein gauche, avant de mimer une masturbation et de s’enfuir. La victime n’a pas eu peur mais a porté plainte », relate le procureur à l’AFP. Placé en garde à vue, le jeune a été remis en liberté. Il est convoqué en mars devant le juge des enfants.

Des manifestants… venus d’ailleurs

L’affaire aurait pu en rester là mais c’était sans compter la mobilisation des identitaires. Lundi, une centaine de personnes se regroupe devant la mairie d’Arzon. Sur plusieurs vidéos postées sur Internet, on entend les manifestants proférer des slogans racistes et appeler à « l’expulsion » des migrants. La situation dégénère lorsque le cortège se présente devant le centre. Plusieurs manifestants identitaires défoncent le portail à coups de pied et les gendarmes sont obligés de faire usage de gaz lacrymogène.

De l’aveu d’un des rares manifestants, le cortège est très majoritairement composé de personnes extérieures. « Je ne connaissais pas 95 % des présents », confesse ce retraité qui revendique d’avoir défilé « pour la sécurité de nos femmes ».».

Dans les rues paisibles de Port-Navalo, l’irruption de ces manifestants au crâne souvent rasé a impressionné les riverains. « L’agression est désagréable, mais la victime n’a pas été traumatisée. Alors que la présence de ces manifestants fait froid dans le dos, confie un couple. Hormis cet incident, il n’y a jamais eu aucun problème ici avec les migrants. Il faut que tout le monde vive.»

Le Parisien

La motion FN contre les migrants rejetée au conseil municipal d’Abbeville

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Si le conseil municipal de lundi soir a été nettement moins mouvementé que le précédent, le sujet de polémique a été une nouvelle fois l’accueil de migrants à Abbeville. Ces derniers sont 27, orientés ici par la préfecture suite au démantèlement de la jungle de Calais ; ils sont hébergés dans des logements privés et accompagnés par des associations. Le groupe Abbeville Bleu Marine (Front national) a encore présenté une motion sur le sujet, cette fois pour demander que la population soit consultée en cas de nouvelles arrivées. Patricia Chagnon a notamment parlé de «  tsunami migratoire  », et accusé le maire socialiste Nicolas Dumont d’éviter le débat.

« La compétence de l’État »

Celui-ci a rappelé que ces personnes étaient des demandeurs d’asile, dont la prise en charge relève de «  la compétence de l’État  », suivant les engagements internationaux de la France. «  En aucun cas l’État demande l’avis d’un maire  », a-t-il insisté, précisant qu’il soutenait cette décision. Il a également accusé son opposante d’alimenter les rumeurs. Et noté que cette motion était présentée par les élus FN partout en France. Valérie Muller, du groupe Communistes et apparentés, a elle aussi dénoncé le discours du FN, adressant au contraire «  un message d’accueil  » aux réfugiés, suivant les valeurs «  d’hospitalité, de solidarité et de liberté  » de la République.

Stéphane Decayeux (Les Républicains), chef du groupe « Oui c’est possible », a également réagi. Critiquant l’amalgame entre migrants économiques et réfugiés, il a souligné : «  LaFrance est une terre d’asile. Elle s’honore d’accueillir ces populations en déshérence.  » Il a toutefois prôné «  une certaine modération  » pour pouvoir offrir «  des perspectives d’intégration  » à ces personnes.

Devant un public fourni, notamment composé de membres de la Ligue des Droits de l’Homme, la motion a été rejetée à une très large majorité, seules les deux élues du groupe FN votant pour.

Courrier Picard

Les intox du FN sur les « privilèges » des migrants face aux Français

Le parti d’extrême droite diffuse une série de tracts qui oppose la situation des migrants aux étudiants, agriculteurs ou mal-logés français. Avec des arguments trompeurs et erronés.

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Des cadres du Front national, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen en tête, partagent depuis jeudi 3 novembre des messages signés « Jeunes avec Marine » qui opposent la situation des migrants avec différents groupes de citoyens français. Chacune de ses publications a été partagée des centaines de fois sur Facebook et Twitter, comme on peut le voir sur la seule page du sénateur FN David Rachline.

Sauf que cette campagne de communication se base sur des exemples déformés, voire complètement malhonnêtes.

1. L’agriculteur qui « vit avec 284 euros par mois »

CE QUE DIT LE FN

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POURQUOI C’EST FAUX

Aucun détail n’est donné sur « Pierre », l’agriculteur en retraite, mais cette présentation est pour le moins étonnante. Toute personne de nationalité française de plus de 65 ans qui réside dans le pays peut en effet bénéficier au minimum de l’Allocation de solidarité aux personnes âges, qui représente 801 euros par mois pour une personne seule sans revenus.

Plus largement, les exploitants et salariés agricoles n’ont pas un régime de retraite des plus favorables. Certains agriculteurs percoivent certes des pensions inférieures à 800 euros par mois. Mais dans ce cas, ils peuvent demander un complément de l’Aspa calculé en fonction de leur rente mensuelle, si les revenus du foyer ne dépassent pas le plafond de prévu. Ce qui est faux dans tous les cas, c’est d’affirmer qu’un agriculteur seul n’a pas le droit à des aides s’il touche une faible retraite.

Du côté des demandeurs d’asile, le chiffre de 330 euros mensuels correspond à l’Allocation pour demandeur d’asile versée à une personne seule sans place d’hébergement (le montant est de 204 euros avec hébergement). Cette aide ne concerne que le cas de l’asile, pas les autres migrants.

Il est donc erroné d’affirmer qu’un agriculteur retraité serait moins bien loti qu’un migrant qui touche 330 euros par mois.

2. Les migrants logés au détriment des étudiants

CE QUE DIT LE FN

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POURQUOI C’EST TROMPEUR

Là aussi, aucune précision n’est donnée sur le cas de cette prétendue « Julie ». On sait en revanche sur quels critères le Centre régional des œuvres universitaires (Crous) de Lille gère son parc de logements étudiants, comme il l’explique sur son site Internet :

« Les logements sont attribués en priorité aux étudiants déjà logés qui demandent leur maintien dans la même résidence, aux étudiants boursiers gérés par Campus France, aux étudiants de niveau BAC + 5 et plus, puis aux étudiants dont le niveau d’études est le plus élevé. »

A titre d’exemple, un étudiant enfant unique dont la famille gagne 25 000 euros annuels est boursier, selon le calculateur du Crous. C’est également le cas pour un foyer avec trois étudiants dans l’enseignement supérieur qui déclare 60 000 euros par an de revenus.

L’académie de Lille accueille environ 160 000 étudiants chaque année, selon les chiffres ministériels, pour seulement 10 175 places de logements au Crous de Lille. L’académie fait à ce titre partie des plus mauvais élèves en France, selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2015.

Tous les publics ne sont pas affectés de la même manière par cette situation. « Pour les étudiants boursiers, ça va, mais c’est très compliqué d’avoir accès aux logements étudiants pour les autres, surtout les étudiants étrangers », note Anouar Benichou, président du syndicat étudiant UNEF à Lille.

Quant aux migrants accueillis à Lille après le démantèlement du camp de Calais, il s’agit de « 80 bénéficiaires de l’asile, inscrits par ailleurs à l’université Lille-III », indique-t-on au Centre national des œuvres universitaires (Cnous). Par ailleurs, la résidence Galois sur le campus de Villeneuve-d’Ascq, qui accueille ces demandeurs d’asile, est vouée à la destruction et ne devait accueillir personne au cours de l’année universitaire 2016-2017. La nature du bâtiment utilisé ainsi que le faible nombre de cas concernés fait qu’il est pour le moins disproportionné d’imputer le manque de logements étudiants à Lille à ces demandeurs d’asile.

3. Les logements sociaux « saturés par l’immigration »

CE QUE DIT LE FN

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POURQUOI C’EST TROMPEUR

Le FN prend là aussi des libertés avec la réalité, pour plusieurs raisons :

1. Les Français ne sont pas privés d’aides. D’abord, le parti d’extrême droite occulte les différents dispositifs d’hébergement d’urgence, de transition, puis de réinsertion dont les Français peuvent bénéficier. Sans nier l’ampleur du mal-logement, qui touche selon la Fondation Abbé-Pierre 3,8 millions de Français, dont 141 500 sans domicile et 85 000 dans des habitations de fortune, il est trompeur de laisser penser qu’une femme avec un enfant serait privée de toute aide de l’Etat.

2. Les migrants n’ont pas tous accès au logement social. Les migrants en situation irrégulière ou en cours de régularisation n’ont pas accès aux logements sociaux. Les réfugiés, quant à eux, ne peuvent y avoir accès qu’à la marge, dans des zones qui disposent de logements vacants, comme l’explique le ministère de l’intérieur sur son site.

Quant aux nouveaux arrivants en France en situation régulière, ils étaient 26 % à occuper un logement social en 2010, selon des statistiques ministérielles. Sachant qu’ils paient dans ce cas un loyer, comme tout autre occupant.

Il faut également rappeler qu’un peu plus d’une personne sans domicile sur deux (53 %) est de nationalité étrangère, selon les chiffres de l’Insee pour l’année 2012. Alors que les étrangers représentent 6,4 % de la population.

3. Les logements sociaux ne sont pas « saturés » uniquement à cause de l’immigration. Les ménages immigrés (naturalisés français compris) représentaient environ un résident en HLM sur six (16,5 %) en 2006, selon les chiffres du ministère de l’intérieur.

Le Monde

 

Allemagne: un mur plus élevé que celui de Berlin séparera les migrants des habitants

A Munich, en réponse aux protestations des riverains, un mur de 4 mètres séparera un futur centre d’accueil pour migrants des zones résidentielles. Plus élevé que celui de Berlin, il symbolise l’aggravation de la crise politique.

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La commune de Neuperlach Sud, rattachée à la ville de Munich, a voté la construction d’un mur de 4 mètres afin d’isoler le camp de migrants local du reste des habitations. Plus haute que le mur de Berlin, qui s’élevait à environ 3,5 mètres, la cloison est devenue le symbole d’un débat plus que jamais tendu au sein de la société allemande.

 

Le fait que la hauteur de la structure dépasse celle du mur de Berlin, hautement symbolique, a suscité de nombreuses indignations au sein de la classe politique. Interrogé par le journal Merkur, l’un des représentants locaux, Guido Bucholtz, a qualifié cette construction de «folie totale». L’édifice, qui devrait être terminé au printemps 2017, est par ailleurs «bien trop haut», selon lui. «J’ai une autre vision de la notion d’intégration», ajoute-t-il.

RT

2 migrants polonais condamnés à 8 mois ferme pour avoir profané une mosquée et agressé des fidèles

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Londres. Piotr Czak-Zukowski et Mateusz Pawlikowski, tout deux migrants polonais comparaissaient pour leur irruption fracassante dans la mosquée Al-Rahman début octobre, s’en prenant violemment à plusieurs fidèles, hurlant des propos islamophobes et racistes, tout en dispersant du lard sur le sol de la salle de prière.

Conduits derrière les barreaux pour y croupir pendant huit mois, au cours desquels ils auront tout loisir de méditer la portée de leur acte anti-musulmans et le trouble à l’ordre public, aggravé par des motivations religieuses.

Il y’a 60 ans, l’Europe et l’Amérique accueillaient les migrants Hongrois fuyant la répression

En 1956, près de 200 000 Hongrois fuient la répression. Les pays occidentaux se coordonnent pour accueillir cet afflux soudain de migrants. La dureté de la Hongrie de Victor Orban à l’égard des migrants contraste avec cet épisode de l’histoire, et choque certains Hongrois de Suisse.

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Au fil des semaines, les nouvelles de son pays plongent Aniko dans l’inquiétude. Il y a eu les images de centaines de migrants, refoulés aux portes de la Hongrie. Les barbelés dressés le long de la frontière avec la Serbie et la Croatie, les policiers antiémeutes mobilisés en force. Et les invectives de Viktor Orban, premier ministre conservateur, contre des migrants dépeints en envahisseurs.

Mais ce sont surtout les réactions de sa propre famille qui heurtent cette Suissesse d’origine hongroise. Celle de ce cousin, qui affirme avoir sorti son arme, «au cas où», comme pour se préparer à une attaque. Ou son père, pour qui les migrants sont «le plus grand danger qui menace l’Europe aujourd’hui». «Ont-ils donc perdu la mémoire?», s’interroge Aniko, dans son salon d’un quartier de l’ouest lausannois.

Le rêve suisse

Elle pense aux 200 000 réfugiés hongrois qui, en 1956, quittaient le pays pour l’Europe, les États-Unis ou le Canada, fuyant le régime soviétique pour rejoindre le «monde libre». Ils étaient quelque 12 000 à se rendre en Suisse. Aniko n’a pas connu cet épisode de l’histoire. Elle est arrivée bien plus tard, dans les années 1990, avec sa mère qui rejoignait son mari à Bienne. Mais elle ne comprend pas que cette génération de Hongrois puisse se montrer si hostile aux migrants aujourd’hui.

«Les Hongrois de 1956 ont été extrêmement bien accueillis. Moi-même, qui n’étais pas réfugiée politique, 40 ans plus tard, j’ai pu aller à l’université, m’installer et fonder une famille ici. Il y a un American dream, il y a un Swiss dream aussi».

L’exode des Hongrois de 1956 ressemble bel et bien à une épopée à l’issue miraculeuse, à en croire les témoignages de ceux qui l’ont vécue. «Nous sommes partis dans l’urgence, avec rien d’autre que les vêtements que nous portions. Nous avons été accueillis à bras ouverts. Tout le monde était logé. On a pu continuer nos études ou trouver du travail», se souvient Henri, 82 ans, arrivé à Genève cet hiver où les troupes soviétiques écrasaient l’insurrection de Budapest dans le sang, provoquant la mort de 2500 personnes.

 

Le Temps

À Lesbos, des humanitaires chrétiens tentent de convertir les migrants musulmans

Selon le « Guardian », des travailleurs d’Euro Relief ont distribué des formulaires de conversion aux réfugiés du centre de détention de Moria. Les critiques fusent.

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Des travailleurs humanitaires du centre de détention de Moria sont sous le feu des critiques. Le Guardian révèle ce mardi que plusieurs travailleurs humanitaires d’Euro Relief, une ONG grecque qui s’occupe notamment de trouver un abri et des vêtements pour les réfugiés des centres de Lesbos, ont essayé de convertir des réfugiés musulmans du principal camp de migrants de l’île de Lesbos en Grèce.

Pendant le ramadan

Les membres de l’ONG distribuaient des copies en arabe de l’Évangile selon saint Jean, éditées par The Pocket Testament League, une ONG américaine, celle-là, et d’obédience évangélique. À l’intérieur des ouvrages figuraient des formulaires de conversion à la religion catholique qui appelaient les migrants à signer une déclaration dans laquelle ils indiquent vivre « dans le péché ». « Je sais que je suis un pécheur… Je demande à Jésus de pardonner mes péchés et de m’accorder la vie éternelle. Mon désir est d’aimer et d’obéir à sa parole », est-il notamment écrit.

Cités par le quotidien britannique, plusieurs migrants disent avoir été heurtés d’une telle « absence de compassion », d’autant que la distribution a eu lieu pendant le ramadan, le mois saint par excellence pour les musulmans. « Nous aimons toutes les religions, mais si vous êtes chrétiens et que je vous distribue le Coran, comment vous sentirez-vous ? » demande notamment Ahmed, un Syrien à Moria. Les réfugiés précisent par ailleurs que les bibles ont été distribuées par au moins deux personnes de l’ONG à au moins deux reprises différentes.

Des « mesures disciplinaires »

L’ONG pointée du doigt affirme ne pas cautionner la distribution de tout document appelant à une quelconque conversion. Elle ajoute qu’il n’est pas impossible que certains de ses travailleurs humanitaires soient allés à l’encontre de sa volonté. Euro Relief promet que « des actions ont déjà été prises » et que des « mesures disciplinaires » s’appliqueront aux salariés fautifs.

Au début du mois de juin, le Guardian assurait, en se basant sur les témoignages d’hommes d’Église, qu’un nombre croissant de migrants musulmans s’étaient convertis au christianisme. Et le journal anglais de donner comme explications la foi sincère dans une nouvelle religion, un sentiment de gratitude envers les groupes chrétiens qui aident les réfugiés après un voyage difficile, mais aussi l’idée que la conversion pourra les aider dans leur procédure de demande d’asile.

Le Point

Le «migrant en t-shirt» brandi par l’extrême droite en Europe… n’y a jamais mis les pieds

« Un réfugié prévient : Ayez peur pour vos femmes Voilà voilà. » Ce tweet, accompagné d’une photo d’un jeune homme portant un t-shirt « Fear for your wife », a été relayé plus de 200 fois, mardi 5 juillet. Une goutte d’eau, dans l’océan des images et vidéos de ce type que s’échangent les militants d’extrême droite à longueur de journée sur les réseaux.

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Mais cette image illustre un phénomène plus global : la réutilisation d’images sorties de leur contexte et repartagées dans les milieux nationalistes et identitaires du monde entier, dans le but de créer un climat anxiogène envers les migrants.

Car cette photo n’a ni été prise cette année, ni en France. En réalité, elle se « promène » depuis trois ans environ, sur les blogs, sites et réseaux d’extrême droite du monde entier.

Une image symbolique de la vague migratoire en Europe

La voici, en janvier, sur un blog d’extrême droite allemand. La même photo apparaissait dès septembre 2015 sur le site du groupuscule français d’ultradroite « Jeune nation ».

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A la même période, un conspirationniste britannique, Paul Joseph Watson, l’utilise dans l’une de ses nombreuses vidéos violemment critiques envers les migrants. Son montage, manipulateur, fait succéder cette image à celle de migrants s’en prenant à des camions à Calais, créant une continuité qui laisse penser que l’homme a débarqué en France.

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Il a également tweeté l’image, et obtenu 346 partages, dont celui d’un animateur TV québécois, Benoît Dutrizac. La même image se retrouve, toujours à la même période, sur un blog conspirationniste portugais, sur le site d’un suprémaciste blanc américain, qui évoque l’Allemagne, ou sur un site militant turc. Un peu plus tôt, on la découvre sur un autre blog, espagnol cette fois.

Sans avoir épuisé toutes les occurrences, on a pu trouver des sites en polonais, en russe, en arabe… Bref, cette image est devenue l’un des symboles, aux yeux de nombreux militants d’extrême droite en Europe et aux Etats-Unis, de la « déferlante » migratoire en Europe.

Une photo prise en Australie en 2013

Problème : cette image n’a jamais été prise en Europe : elle vient d’Australie, et date de 2013. A l’époque, l’île avait pris des mesures drastiques contre l’immigration, en créant des zones de rétention dans des îles au large de ses côtes

On la retrouve sans problème, notamment sur ce billet daté du 23 juillet 2013, ou sur cet autre, daté de la veille.

Elles proviennent en fait du travail d’un résident de l’île Christmas, où l’Australie accueillait alors les migrants. Cet homme, « Shaz », a transmis son matériel à des journalistes australiens, qui ont mis en ligne ces clichés sur ce site, voilà donc trois ans.

Quant au fameux t-shirt, là encore, il n’est nul besoin de chercher longtemps : il est en vente pour 16 livres sur ce site d’e-commerce britannique. Et il s’agit d’un jeu de mot (« fear for your life/fear for your wife »), supposé indiquer que le porteur dudit maillot de corps pourrait bien séduire votre épouse…

Au-delà de ce cas, c’est encore une fois le problème de la réutilisation à outrance d’images décontextualisées pour créer un climat anxiogène qui est en question ici.

Le Monde

Menacés et fichés par l’extrême droite des militants associatifs portent plainte

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Une trentaine de militants de Rennes et Saint-Malo ont découvert, en décembre, qu’ils faisaient l’objet de « notes de renseignement » de la part des identitaires bretons du site internet Breiz Atao.

Le site d’extrême droite a publié les photos, noms et professions des militants, tous investis dans des associations ou collectifs de soutien aux migrants. Il appelle « à écraser cet ultime nid de cafards » (sic).

« J’étais choquée quand j’ai vu ma photo sur ce site. On se sent menacés », confie une militante. « C’est glaçant quand on lit leur édito qui appelle à la haine raciale, à la violence », complète Pierre, membre de Québriac migrants solidarité et du NPA.

« Nous avons longuement échangé pour savoir s’il fallait ou non dénoncer publiquement ce fichage. Nous ne voulions pas donner de l’audience à ce site en évoquant son contenu », détaille Gabrielle, du collectif de soutien aux sans-papiers.

Mais en Bretagne, d’autres militants sont visés. « Nous craignons que d’autres listes sortent dans les semaines à venir. On ne doit pas rester sans rien faire. Il faut se mobiliser contre ces pratiques et la progression inquiétante de l’extrême droite en Bretagne. »

Les militants ont déposé une plainte pour injure publique et provocation publique à la commission d’un crime. Ils demandent la suppression des données les concernant et la fermeture du site, hébergé aux États-Unis.

Le créateur de Breiz Atao, l’ultranationaliste Boris Le Lay, a déjà été condamné à plusieurs reprises par des tribunaux en Bretagne, notamment pour provocation à la discrimination raciale.

Sept hommes interpellés après avoir agressé des migrants près de Dunkerque

Sept hommes ont été interpellés en flagrant délit à Loon-plage (Nord), près de Dunkerque, après avoir agressé dans la nuit de mercredi à jeudi quatre migrants, vraisemblablement des Kurdes irakiens, a-t-on appris auprès du parquet de Dunkerque.

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Ces sept hommes, âgés de 24 à 44 ans et pour certains originaires du Pas-de-Calais, sont en cours d’audition, a indiqué le procureur de Dunkerque Eric Fouard, confirmant une information de RTL.

« Il y a sept interpellations en flagrant délit à Loon-Plage dans ce qui paraît être une agression sur des migrants qui stationnent habituellement là la nuit pour attendre les camions et tenter d’y monter pour gagner l’Angleterre », a indiqué M. Fouard, précisant que « la PJ était saisie ».

« Il y a quatre blessés légers, a priori des Irakiens kurdes et les investigations sont en cours », a-t-il dit. Selon lui, les personnes agressées pourraient venir du camp de Grande-Synthe, où l’on dénombre près de 1.500 migrants.

« Je ne sais pas si ces personnes sont celles qui ce sont déjà livrées à des exactions à Calais ou ailleurs, on n’a pas forcément de rapprochement pour l’instant », a expliqué M. Fouard à l’AFP.

Depuis plusieurs mois des migrants sont victimes d’agressions à Calais et dans ses environs.

Marianne Humbersot, chef de mission au centre juridique informel de la « Jungle », fait état de son côté d’une « cinquantaine de personnes venues se plaindre de violences depuis janvier », qui seraient notamment l’oeuvre de « milices cagoulées et surarmées ».

La Depeche

Manif pro-migrants : des identitaires viennent proférer insultes et menaces de morts

Entre 250 et 300 personnes ont répondu à l’appel du collectif de soutien au projet de centre d’accueil de migrants à Sérent ce samedi. Une dizaine d’opposants au projet a aussi fait le déplacement.

Depuis l’étude d’un projet de centre d’accueil temporaire de réfugiés syriens à Sérent, le personnel communal et les élus ont été victimes de harcèlement téléphonique, d’intimidations et de messages de haine sur les réseaux sociaux.

France 3