Affiche anti-migrants de Béziers. La Dilcra saisit le parquet, une enquête est ouverte

Une enquête a été ouverte après la campagne d’affichage hostile aux migrants lancée à Béziers par son maire d’extrême droite Robert Ménard, a indiqué mercredi le parquet de la ville héraultaise.

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« Dès à présent, le SRPJ (Service régional de police judiciaire, N.D.L.R.) de Montpellier a été saisi par le parquet pour enquête », indique dans un communiqué le parquet de Béziers.

« À la suite de la campagne d’affichage (…), la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra) a exprimé son intention de saisir le parquet de Béziers, pour ces faits susceptibles d’être constitutifs de l’infraction de provocation à la discrimination ou à la haine raciale », rappelle-t-il.

Les enquêteurs devront « déterminer si ces faits sont pénalement caractérisés », est-il précisé dans le communiqué.

« L’Etat nous les impose »
« Ça y est ils arrivent… Les migrants dans notre centre-ville », peut-on lire sur des affiches placardées mardi dans la ville dirigée par Robert Ménard. La photo représente des hommes noirs ou basanés, barbus ou la tête couverte d’une capuche, massés devant la cathédrale de Béziers. Elle est surmontée de la phrase : « L’État nous les impose ».

La Dilcra avait annoncé saisir le parquet devant « ce qui constitue de manière flagrante une provocation à la haine ». L’association SOS Racisme avait déclaré prendre une initiative similaire.

 

 

Robert Ménard, élu en 2014 à la faveur d’une triangulaire et avec le soutien du Front national à la tête de cette ville héraultaise d’environ 75 000 habitants, est coutumier des polémiques, notamment sur la guerre d’Algérie et l’immigration.

Ouest France

Assassinat de Joe Cox : Le site de Robert Ménard crie au complot

« L’assassinat de Jo Cox : pourquoi on ne peut écarter l’hypothèse d’un complot ». C’est le titre d’un article (capture d’écran ci-dessus) paru samedi 18 juin dans Boulevard Voltaire, site fondé par Robert Ménard, actuel maire de Béziers. 

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Selon l’auteur, un dénommé Christophe Servan « En présence d’un assassinat politique, écarter d’emblée la thèse du complot est au minimum une négligence et, pourquoi pas, une preuve de complicité, si complot il y a vraiment. Il faut savoir qu’aussi loin dans le passé qu’il nous soit possible de remonter (Philippe II de Macédoine) jusqu’à nos jours (Boris Nemtsov), l’écrasante majorité des assassinats politiques ont été le fait d’une conspiration et non d’un dément.

« si l’on veut influencer les électeurs, il faut se poser en victime pour susciter la compassion des indécis. Dans l’affaire Joanne Cox, l’hypothèse d’un complot ourdi par le camp du Brexit n’a donc aucun sens. En revanche, dans l’hypothèse inverse, le fait que Joanne Cox soit à la fois un député de la base et une mère de famille en fait la victime idéale. (…) Qu’il existe des lobbys (sic) privés pour ne pas dire mafieux, qui tirent grand profit de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Europe, est une évidence. Alors, geste fou d’un militant de l’extrême droite nationaliste ou complot ? C’est à chacun de se faire son opinion mais, au moins, voilà la question posée »… 
Le lendemain, rétropédalage :  dans un hommage ambigu à Joanne Cox, Emmanuelle Duverger, directrice de la publication de Boulevard Voltaire et compagne de Robert Ménard, écrit :

« Il nous faut aussi rappeler que si rien, à l’heure qu’il est, ne permet (comme le font certains) de dépeindre son assassin comme un « néo-nazi » — à entendre son frère, il serait plutôt un malade mental — à l’inverse, rien non plus ne vient étayer la thèse du complot dont certains se repaissent déjà. Si les opposants au Brexit n’ont pas hésité à attiser les peurs, si la campagne a pris un tour de plus en plus violent alors que les derniers sondages donnaient gagnants les partisans de la sortie de l’Europe, on ne voit pas ce qui permettrait aujourd’hui d’en conclure que les milieux favorables à Bruxelles auraient ourdi un tel complot ».

Emmanuelle Duverger est-elle au courant qu’un texte signé par Christophe Servan et instillant l’idée d’un complot a été publié sur le site qu’elle dirige ? A-t-elle prévu de signaler aux lecteurs de Boulevard Voltaire qu’il est non seulement tout à fait possible d’être à la fois néo-nazi et sujet à des troubles mentaux, mais également que Thomas Mair, l’assassin, était un partisan de longue date de la National Alliance (NA), l’une des principales organisations néo-nazies américaines et que la police britannique a retrouvé à son domicile des symboles nazis et de la littérature d’extrême droite ?

Conspiracy