62% des Suisses estiment que l’islam et les musulmans n’ont pas leur place en Suisse

Une demande de reconnaissance de l’islam comme religion officielle en Suisse est loin de trouver une majorité auprès des citoyens helvétiques, révèle un sondage publié dimanche. 

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Seules 39% des personnes interrogées approuveraient une telle mesure. A la question de savoir s’il est judicieux de placer l’islam au même niveau que le christianisme et le judaïsme en Suisse, 61% des sondés répondent «non» ou «plutôt non», indique une enquête du Matin Dimanche et de la SonntagsZeitung. Dix-neuf pour cent disent «oui» et 20% «plutôt oui».

Une majorité de 62% des Suisses estiment que l’islam n’a pas sa place en Suisse. Trente-huit pour cent pensent le contraire. Pour 80% des Helvètes, les valeurs chrétiennes font partie de l’identité suisse.

Le sondage a été réalisé en ligne en se basant sur 15.617 réponses pondérées selon des variables démographiques, géographiques et politiques. La marge d’erreur est de +/-1,2%.

La Libre

L’ONU exhorte la Suisse à ne pas discriminer les femmes musulmanes

La CEDAW a demandé à la Suisse d’exposer sa politique antidiscriminatoire envers les femmes, notamment musulmanes. Le Bureau fédéral de l’égalité affirme veiller à son respect.

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En mars dernier, l’Organisation des Nations Unies prévenait la Suisse que l’interdiction « de grande envergure » du voile était « illégitime. » Ce mercredi, l’ONU étudiait à nouveau le cas du pays helvétique, de façon plus globale sur les discriminations faites aux femmes. Devant la CEDAW, la Suisse a donc tenté d’expliquer sa politique en vue d’améliorer la condition des femmes. La crise des réfugiés en Europe et la recrudescence des actes terroristes ont provoqué, comme en France, un débat national sur l’Islam. En Suisse, on parle actuellement de l’interdiction du voile intégral, appliqué depuis plusieurs années déjà en France. Inquiète de la discrimination religieuse qui pourrait en résulter, la CEDAW a demandé à la Suisse des comptes. Selon Sylvie Durrer, directrice du Bureau fédéral de l’égalité (BFE), les femmes musulmanes ne vont pour autant pas être discriminées.

DES DISCRIMINATIONS DANS LES ENTREPRISES

Une promesse qui demandera encore beaucoup de travail, et un peu de temps. Un rapport d’Amnesty International cite en effet plusieurs fois la Suisse, rappelant notamment qu’en 2012, « un grand parti politique (l’Union démocratique du centre, ndlr) a réussi, à l’issue d’une campagne, à faire interdire la construction de minarets » ou encore « certains employeurs ont mis en place des directives internes, ou une politique non écrite, interdisant le port de tenues ou de signes culturels et religieux. » L’UDC, dans son programme, indiquait même que les immigrés musulmans «  sont souvent originaires de pays qui ne connaissent pas la démocratie. Ils amènent donc dans leurs bagages des conceptions du droit et de l’ordre qui sont incompatibles avec notre système juridique. » Quatre ans plus tôt, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale remarquait, en Suisse, une « absence de progrès tangible dans la lutte contre les attitudes racistes et xénophobes envers certaines minorités », dont les musulmans.

Info

Egalité H/F : les femmes moins payées que les hommes en Occitanie

76 % du revenu de leurs homologues masculins. Les femmes en Occitanie ne sont pas épargnées par les inégalités salariales.

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1180 € en moyenne pour une femme contre 2 260 € pour un homme. Les chiffres sont têtus. La dernière enquête de l’Insee, menée à l’échelle de la région Occitanie, confirme que les femmes sont moins payées que les hommes : chez les chefs d’entreprise, auto-entrepreneurs, gérants de société, professions libérales… elles gagnent 76 % du revenu de leur homologue masculin. L’étude consacrée aux actifs non salariés vient conforter l’état des lieux de l’Insee établi au printemps dernier chez les salariés, où il apparaissait que les femmes touchaient 81 % du salaire des hommes.

Midi Libre

 

Brésil : 5 agressions sexuelles par heure en 2015

Cinq personnes ont été victimes d’agression sexuelle toutes les heures au Brésil en 2015, selon le dixième rapport annuel de l’ONG Forum Brésilien de Sécurité Publique, diffusé aujourd’hui.

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Au Brésil, qui compte 204 millions d’habitants, 45.460 cas d’agressions sexuelles ont été dénoncés l’année dernière, une violence redoutée par 85% des femmes brésiliennes, selon un sondage de l’Institut Datafolha réalisé à la demande de l’ONG (FBSP). C’est 9,9% de moins qu’en 2014, mais cela ne correspond pas forcément à la réalité, selon le FBSP, beaucoup de ces violences n’étant pas dénoncées.

Par ailleurs, plus d’un million de véhicules ont été volés en 2015, soit un toutes les minutes. Le Brésil a enregistré un léger recul, de 0,6%, soit 3.045 véhicules volés en moins. Le rapport indique que les 27 Etats brésiliens et le gouvernement central ont dépensé 76,1 milliards de réais (22 milliards d’euros) en sécurité en 2015, soit 11,6% de plus qu’en 2014, année de la Coupe du monde de football dans le pays.

Il y a une semaine, cette ONG avait indiqué que les homicides au Brésil ces quatre dernières années avaient fait plus de morts que la guerre en Syrie : 278.839 victimes de 2011 à 2015. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, la guerre qui fait rage dans ce pays a tué 256.124 personnes sur la même période. L’année dernière, 58.383 homicides ont été dénombrées au Brésil, soit environ 160 par jour, un toutes les neuf minutes.

Le Figaro

La menace terroriste première préoccupation des Français à 46 %, chômage (40 %), l’immigration (35 %)

Le terrorisme devance le chômage et l’immigration parmi les premiers sujets de préoccupation des personnes interrogées par Elabe pour « Les Echos ».

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Près de quatre mois après les derniers attentats, la perception qu’ont les Français de la menace terroriste est toujours aussi aiguë. Près d’un sur deux (46 %) la considèrent comme étant l’un des défis les plus importants auquel le pays se trouve confronté, selon un sondage Elabe réalisé pour « Les Echos », Radio classique et l’Institut Montaigne. Même s’ils restent un sujet de préoccupation importante, le niveau du chômage (40 %) et celui de l’immigration (35 %) arrivent derrière.
Les Echos

Le racisme est-il devenu légal ?

Le déchaînement islamophobe contre le burkini, Karim Benzema accusant une « France raciste », Manuel Valls poursuivi pour provocation à la discrimination raciale à l’encontre des Roms, le flot d’insultes racistes envers Christiane Taubira… Le pays connaît un climat délétère.

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La France « black-blanc-beur » serait condamnable à en croire les polémistes professionnels et au regard des dérapages – contrôlés ou non – de trop nombreux politiques. Les langues haineuses se délient. D’où ce sentiment que le racisme est désormais légitime, sinon légalisé.

Les procès, pourtant, se multiplient. Quant au Conseil supérieur de l’audiovisuel, il a battu tous ses records de saisines en 2016, avec une mention particulière à Éric Zemmour, qui a accumulé les propos anti-musulmans dans « C à vous », sur France 5, (5 800 signalements) et à l’émission « Dossier tabou »,sur M6, consacrée à l’islam (1 600 signalements).

Si on ne peut empêcher la pensée raciste d’exister, il est possible d’entraver son expression. La loi sur la liberté de la presse de 1881 et la loi Pleven de 1972, considérant le racisme comme un délit, forment un socle juridique solide qui nécessite cependant une constante mise à jour, notamment à l’ère d’Internet.

Le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie confirme que les actes racistes ont augmenté de 22,4 % en 2015. Paradoxalement, le même rapport révèle que les Français seraient plus tolérants et refuseraient davantage les amalgames. Pourtant, sur le terrain, les associations voient les préjugés persister, le racisme ordinaire continuant à s’immiscer dans le quotidien : le logement, l’emploi…

Politis

Dans un abattoir de Limoges, des images chocs de vaches abattues en gestation

 

Vaches abattues en gestation, fœtus de veaux jetés à la poubelle : les images filmées en mai par un employé de l’abattoir municipal de Limoges donne des hauts le cœur. Légal et régulier, l’abattage de vaches en gestation est méconnu du grand public. Une pratique « abominable », pour Mauricio Garcia-Pereira, employé de l’abattoir de Limoges, qui a fourni ces images à l’association de lutte contre les violences animales L214 et qui témoigne au Monde.

Le Monde

Incendie à Pantin : des jeunes de la cité volent au secours des résidents… puis se font contrôler par la police

Au lendemain de l’incendie dramatique de Pantin où un homme de 58 ans a péri dans son appartement, les habitants de la résidence du 8, rue Auger sont encore sous le choc. Le sinistre a fait d’autres victimes : une jeune femme de 23 ans est toujours dans un état critique après avoir respiré des fumées toxiques, une femme de 85 ans, qui a été évacuée par la grande échelle, est plus légèrement blessée.

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Les résidents de cette copropriété en parfait état ont tous le sentiment de l’avoir échappé belle. « Nous n’avons pas entendu de bruit ni senti d’odeur suspecte », indique Malik, un rescapé. Ils n’ont même pas perçu l’alarme. « C’est mon fils qui l’a déclenchée », explique Céleste Lopes, l’ancienne gardienne qui vit au rez-de-chaussée.

Les occupants de l’immeuble ne tarissent pas d’éloges sur le groupe de jeunes « de la cité d’en face » qui ont volé à leur secours. « Ils sont montés dans les étages en criant au feu, ils ont frappé aux portes et ont aidé les gens à sortir. Ils nous ont sauvés », martèle Malik.

« Sans eux, il y aurait eu plus de morts »

Dans la confusion, samedi après-midi, la police a d’abord cru que ces jeunes gens étaient venus mettre le feu. Des témoins les avaient vus escalader la grille d’enceinte et s’engouffrer dans l’immeuble, puis en ressortir à toute vitesse (en fait chassés par les fumées).

Ils se sont fait interpeller une cinquantaine de mètres plus loin. Malik qui venait d’être secouru par ces jeunes gens, a tenté d’expliquer la méprise. « Mais ils étaient déjà maîtrisés par la police qui me disait de ne pas m’en mêler », raconte-t-il. Finalement le quiproquo a été levé, et les garçons relâchés. Malik sait seulement que ses sauveurs habitent l’îlot Scandicci, une cité difficile de Pantin. « Ce sont des jeunes héroïques, sans eux il y aurait eu plus de morts », insiste-t-il.

L’origine de ce feu particulièrement violent est toujours inconnue, même si la piste accidentelle est privilégiée. Samedi à 17 heures, lorsque les pompiers interviennent, ils n’arrivent pas à ouvrir la porte du studio du 2e étage d’où sont parties les flammes. Quand enfin ils y parviennent, ils découvrent un corps complètement carbonisé appuyé contre la porte d’entrée.

Le Parisien

Canada : une école privée musulmane classée parmi les meilleurs du Québec

L’Institut Fraser, un organe privé spécialisé dans la qualité de vie des Canadiens, a dévoilé, samedi 29 octobre, son classement annuel des meilleures écoles secondaires (équivalent du collège) du Québec. L’école privée Jeunes Musulmans Canadiens (JMC) se hisse à la seconde place concernant les écoles privées. 

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Fondée en 2000 par Layla Sawaf, la JMC est une école mixte qui affiche des résultats de 100 % de réussite aux examens nationaux. Les élèves bénéficient de classes à effectifs réduits, en moyenne 15 par classe, et peuvent suivre des cours de religion et de langue arabe. Les parents y inscrivent leurs enfants pour un coût total de 4 500 dollars canadiens par an (3 070 euros).

« Cela fait 11 ans qu’on demande la subvention mais on revient le panier vide. (Cette) deuxième place au classement Fraser montre les efforts au sein de notre établissement et qui doivent être pris en compte », témoigne Mohamed Najhi, conseiller pédagogique.

Saphir News

Racisme d’Etat : «la vie d’un noir américain vaut-elle celle d’un blanc ?»

De la Guerre de Sécession aux protestations actuelles contre les violences policières, en passant par Rosa Parks, Martin Luther King et Barack Obama, le sort des des esclaves venus d’Afrique et de leurs descendants est au cœur de l’élection présidentielle du 8 novembre.

cause d’une simple histoire de couleur de peau, l’arrivée à la Maison-Blanche d’Obama, en 2008, a été un symbole d’une force extraordinaire. Les cas innombrables de violences policières touchant toujours des Afro-Américains prouvent que les symboles ne suffisent pas toujours à changer la réalité des choses. « Black lives matter », dit le slogan forgé en 2013, après l’une de ces affaires. Trois ans plus tard, après d’autres morts, des manifestants continuent de défiler pour rappeler que « les vies noires comptent » à un pays qui semble avoir du mal à l’admettre. L’obsédante « question noire » est une vieille affaire aux Etats-Unis. La plupart des Européens ignorent à quel point son histoire a été brutale.

Elle prend racine dans ce que, par euphémisme, Jefferson, un des pères de l’indépendance, appelait « l’institution particulière ». L’esclavage est pratiqué massivement par les Etats du Sud et, pour ne pas se les aliéner, la Constitution adoptée en 1787, qui prétend célébrer la liberté et l’égalité, n’ose pas le supprimer. Durant tout le XIXe siècle, le fossé se creuse entre une Amérique du Nord-Est qui s’industrialise et les régions dont l’économie de plantation – tabac, et surtout coton – repose sur la main-d’œuvre servile.

La rupture a lieu en 1860 quand Lincoln, un républicain qui a fait campagne sur le thème de l’abolition, se fait élire à la Maison-Blanche. Sept puis onze Etats du Sud se retirent de la fédération pour former les « Etats confédérés d’Amérique », un nouveau pays qui entre en guerre avec celui qu’il vient de quitter. C’est la guerre de Sécession (1860-1865), sanglante, meurtrière, qui se termine par la victoire écrasante du Nord et la réalisation d’une promesse : en 1865 le 13e amendement abolit l’esclavage. Sortis des chaînes, 4 millions d’êtres humains pensent qu’ils vont enfin devenir des citoyens à part entière d’un pays où on les a installés de force.

Racisme d’Etat

Pendant une petite décennie, la période dite de « la Reconstruction », ils ont pu y croire. Les premières élections auxquelles les Noirs participent, massivement, portent au pouvoir des élus de couleur. L’idée est insupportable aux anciens maîtres. Dès que l’occupation par les armées du Nord cesse, en 1877, le vieux Sud met en place un effrayant racisme d’Etat qui vise à rappeler à chacun quelle est sa place dans la société. C’est le temps de la ségrégation. Elle a une face institutionnalisée, avec ses lois qui tracent partout, dans les bus, les écoles, les toilettes et même les cimetières une ligne de séparation entre « white » et « colored ».

Elle a aussi une face retorse. Le 15e amendement interdit spécifiquement que quiconque soit exclu du vote en fonction « de sa race ». Les Etats du Sud le bafouent par tous les moyens. Soit ils utilisent la ruse, en imposant par exemple aux électeurs noirs des tests d’alphabétisation, délibérément infaisables, dont les Blancs sont dispensés. Soit ils utilisent l’intimidation physique.

Dans ce monde, la violence est l’arme constante des dominants. Quand elle n’est pas le fait du Klu Klux Klan – il disparaît dans les années 1870 mais ressuscite dans les années 1920 –, elle est pratiquée par des foules entières, qui estiment de leur droit de se faire justice soi-même. Des années 1880 aux années 1950, environ 4.000 Noirs, hommes, adolescents, sont victimes de lynchages, c’est-à-dire qu’ils sont brûlés, torturés à mort ou encore pendus lors de cérémonies publiques auxquelles les foules blanches se pressent, le plus souvent en famille. Un quart de ces exécutions sont motivées par des accusations, fondées ou infondées, d’agressions sexuelles envers des femmes blanches.

La loi et les faits

Dès la fin du XIXe siècle, par centaines de milliers, les Noirs quittent ces terres de malheur pour tenter leur chance dans les grandes villes industrielles du Nord comme Chicago ou Detroit. Ils y découvrent les emplois sous-payés et les ghettos d’un monde où l’exclusion ne passe pas par la loi, mais par l’économie. Le racisme ne s’arrête pas, en effet, aux frontières du Sud. Comment oublier que la Cour suprême fédérale elle-même a pu, dans un arrêt de 1896, approuver la ségrégation ? Comment oublier que l’armée américaine, qui est entrée dans deux guerres mondiales au nom de la justice et du droit, était une armée dans laquelle les soldats noirs n’étaient armés que par exception, parce qu’on avait peur de ce qu’ils pouvaient faire avec un fusil ?

Depuis toujours, des militants courageux ont lutté pour abattre ces murs d’injustice. Il faut attendre les combats éclatants des années 1950-1960 – Rosa Parks, qui refuse de se lever devant un Blanc dans un bus de l’Alabama ou l’immense « marche pour les droits civiques », conduite par Martin Luther King, qui aboutit à Washington en 1963 – pour que les pouvoirs publics se décident à agir. En 1964, le Civil Rights Act, signé par le président Johnson, déclare illégale toute discrimination. Plus d’un demi-siècle plus tard, l’actualité prouve que les faits ont du mal à suivre la loi.

L’Obs

Atteinte d’un cancer, une catholique met le foulard et subit les préjugés islamophobes

Ne vous fiez pas aux apparences ! C’est le leitmotiv de Charlène Caty, fondatrice d’une jeune association dunkerquoise d’accompagnement des malades du cancer. Dans le climat d’islamophobie ambiant, elle a produit une vidéo afin de briser des préjugés sur le cancer. Pari réussi pour cette jeune femme qui raconte le sacré bout de chemin qu’elle a parcouru contre la maladie.

Charlène Caty revient de loin. Elle qui pensait arriver au terme de sa jeune vie est aujourd’hui en phase de rémission d’un carcinome epidermoïde de stade 4, autrement dit d’un cancer de la langue. La jeune femme, originaire de Saint-Pol-sur-Mer, près de Dunkerque, savoure cette victoire qu’elle est en train de remporter contre la maladie, diagnostiquée en octobre 2015. Seule « stigmate » visible du cancer, le foulard qu’elle porte sur la tête et qui a été la source d’inspiration d’une vidéo.

Intitulée « Stop les préjugés et les stéréotypes », elle met en scène un groupe de jeunes étudiantes en bibliothèque qui s’aperçoivent de la présence d’une de leurs connaissances, voile sur la tête, en compagnie d’une amie de confession musulmane.

Elles n’ont pas vu Charlène depuis un moment mais plutôt que d’aller la voir pour prendre de ses nouvelles, elles ont déjà fait leurs conclusions : si elle porte le foulard, c’est qu’elle s’est « radicalisée » à cause notamment de son compagnon qui se trouve être « un Noir, un Comorien ». « En même temps, quand tu vois avec qui elle traîne, ça m’étonne pas trop… », lance l’une des filles.

« Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas radicalisée. J’ai juste un cancer », fait part Charlène dans un message final percutant. Un uppercut contre les préjugés qui a été sous-titré en anglais pour diffuser le message à très grande échelle.

Charlène, qui s’est mise en scène dans cette vidéo, raconte à Saphirnews la genèse de cette vidéo, une action au compteur de sa toute jeune association J’ai juste un cancer, fondée en été 2016 pour aider et accompagner les malades et leur entourage dans l’épreuve qu’ils vivent. « Les premiers symptômes sont apparus fin juin – juillet 2015 », dit-elle. Au départ, ce n’était qu’un aphte pensait-on, sauf que « j’avais de plus en plus de mal à manger et à parler, je perdais du poids et ma langue avait doublé de volume ». Commence pour elle un parcours du combattant qui l’a conduit plusieurs fois aux urgences et dans divers hôpitaux, sans résultat probant pendant de longues semaines.

« On me renvoyait chez moi avec des antalgiques. (…) Un jour, j’étais en larmes, mon compagnon a décidé de partir au culot à Paris » pour obtenir une explication à la maladie naissante. Le couple accomplit avec difficultés un nouveau tour des établissements hospitaliers mais le diagnostic finit par être posé en octobre 2015 dans un hôpital de la région parisienne. A un stade très avancé du cancer de la langue, il fallait réagir vite. Ce sont les débuts d’une chimiothérapie – entamée à Lille – qui durera six mois, non sans conséquence sur son apparence : des dents enlevés – un moindre mal pour éviter l’amputation d’une partie de sa langue qui l’aurait alors défigurée – et surtout une perte conséquente de poids et de cheveux.

Le jour où elle réalise le poids des préjugés sur les musulmanes

« Un jour, pendant mon traitement, je suis partie au restaurant avec mes parents. Nous avons croisé des personnes que l’on connait, et j’ai senti un regard différent », explique Charlène. « Le traitement a causé une perte de cheveux, j’ai donc du m’habituer au foulard. Mon compagnon est musulman et d’origine comorienne, j’ai alors compris que les gens ont du se dire que j’étais devenue musulmane. Au vu du changement brusque, je ne serais pas étonnée si on me fichait S », poursuit-elle avec humour. Dans la vidéo comme dans la vie, Charlène n’est effectivement pas musulmane.

« J’ai réalisé et ressenti ce que les femmes portant le voile par choix peuvent ressentir face au jugement des autres. Par conséquent, j’ai décidé de réaliser cette vidéo avec mes amis : une musulmane, une catholique, une protestante et une athée afin de sensibiliser sur les jugements et raccourcis trop faciles, mais surtout pour montrer que quelque soit notre origine, notre religion, nous sommes capable de réaliser ensemble des projets sur les réalités de la vie », explique Charlène, qui veut sensibiliser les personnes aux « à-côtés du cancer », tout autant difficiles à gérer que la maladie elle-même. D’ailleurs, « l’acceptation du cancer a été très dure », indique-t-elle. Le rôle de son compagnon ainsi que de sa famille fut essentiel face à l’épreuve qu’elle est maintenant en passe de remporter.

A 24 ans, elle reprend doucement la vie qu’elle avait laissée avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Charlène a repris son travail dans le prêt-à-porter mais entend désormais consacrer son temps à son association locale et accorder son aide à celles et ceux qui en ont besoin.

Florine : «Les policiers nous demandent de les rejoindre alors qu’il y a 4 mois, ils nous ont matraqués»

Après l’agression de leurs collègues à Viry-Châtillon, les policiers ont renouvelé leur manifestation nocturne dans les rues de Paris. Sur leur chemin, quelques détracteurs.

C’est le monde à l’envers. Ce jeudi 20 octobre, environ 500 policiers défilaient dans les rues de Paris lors d’une troisième manifestation nocturne depuis le début de la semaine. Le cortège sauvage imitait ainsi les opposants à la Loi Travail qui avaient battu le pavé lors de plusieurs nuits mouvementées le printemps dernier. Après la violente agression au cocktail Molotov de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon, les policiers veulent ainsi réclamer plus de moyens et d’effectifs pour accomplir leur mission.

Du Trocadéro jusqu’à l’avenue de Marigny, où ils ont été bloqués à 300 mètres du Ministère de l’intérieur par la gendarmerie, les manifestants-policiers ont marché en alternant la Marseillaise, « Racailles en prison! » et « Cazeneuve démission! ». Leur cri du coeur a visiblement été entendu puisque François Hollande recevra une délégation de syndicats de policiers en début de semaine prochaine.

En marge du cortège, Le HuffPost a interviewé plusieurs badauds et riverains qui se sont montrés en majorité sympathiques à la cause des policiers. Mais nous avons aussi été témoin d’une conversation entre des manifestants et une jeune opposante à la Loi Travail qui découvrait par hasard ce curieux cortège. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, Florine, 25 ans, a quant à elle beaucoup de mal à entendre le message des policiers…

Ces derniers ont ensuite été raccompagnés chez eux par quelques taxis qui les ont gratuitement pris en charge.

Huffington Post

Les manifestations de la police vous font peur? Voilà pourquoi

Si la mise en scène des manifestations spontanées de policiers, organisées en pleine nuit dans les rues de Paris, ont pu surprendre les riverains, elles inquiètent également la majorité à l’approche de la présidentielle. 

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Voilà plusieurs nuits désormais qu’à Paris, Toulouse, Nice ou Marseille, des centaines de policiers descendent dans les rues. Ils veulent faire entendre leur colère, leur «ras-le-bol»face à des effectifs insuffisants et un manque de moyens, une politique du chiffre, des conflits internes qui rongent les organisations syndicales et un manque de considération de leur hiérarchie. Ces rassemblements spontanés font surtout écho aux différentes attaques dont des fonctionnaires de police ont été victimes ces derniers jours. D’abord celle, au cocktail Molotov dans le quartier de la Grande Borne, à cheval entre les communes de Grigny et Viry-Châtillon, le 8 octobre, qui a blessé grièvement un adjoint de sécurité. Puis celles de Bastia et de Mantes-la-Jolie, quelques jours plus tard.

Aux yeux des personnalités politiques de tous bords, les revendications de ces policiers sont légitimes. Mais certains, surtout à gauche, regrettent la manière dont les manifestations sont menées et mises en scène: ballets de policiers dans les rues en pleine nuit, en uniforme ou en civil, cagoulés pour certains; ballets de voitures banalisées et officielles sirènes hurlantes et gyrophares allumés sur les Champs-Élysées.

«Entre Pinochet et « The Walking Dead »»

À la vue de ce spectacle dans les rues de Paris, ou à la télévision, certains riverains et téléspectateurs se sont dits choqués. Sur Twitter, on décrit des scènes «surréalistes», «hallucinant[es]», «entre Pinochet et The Walking Dead», de policiers défilant dans les rues en «réveillant la population» et appellant les gendarmes mobiles qui encadraient la manifestation illégale à les rejoindre dans le cortège.

Parmi ces réactions fortes, quand certains évoquent à demi-mot des faux airs de coup d’État, d’autres font davantage référence à une forme d’«impunité» des forces de l’ordre qui ont pu se livrer à des manifestations interdites sans être inquiétés par les gendarmes mobiles qui encadraient les rassemblements. Un «deux poids/deux mesures» qui interpelle donc ceux qui ont été témoins ou au cœur des heurts parfois violents qui ont émaillé, ces derniers mois, les manifestations contre la loi travail.

Pour Arnaud Houte, maître de conférence à La Sorbonne et historien de la police, la peur ou, tout au moins, la surprise ressenties à la vue de ces manifestations «sauvages» répondent à d’autres facteurs symboliques. «Qu’ils manifestent cagoulés, masqués, c’est lié à leur devoir de réserve et à des contraintes réglementaires, mais il y aussi là une volonté de mise en scène. Mais, ce n’est pas spécifique à la police, prévient-il. Mettre en scène une manifestation, faire le spectacle, des happenings, c’est quelque chose que l’on peut ratacher aux transformations de la manière de manifester et général et qui s’oberserve également dans d’autres professions».

«Pas un bon signe pour la santé démocratique»?

Alors, pourquoi l’idée de voir des policiers dans la rue, de nuit, surprend? Arnaud Houte avance deux hypothèses. D’abord que ces images peuvent rappeler, dans notre imaginaire collectif, des scènes que nous sommes surtout habitués à voir dans des États policiers d’Amérique du Sud plutôt qu’en France. Il soulève ensuite l’idée que ces manifestations spontanées, organisées sans autorité syndicale, posent des questions sur l’encadrement et la gestion des fonctionnaires de police. «Les contestations de la police contre le gouvernement ne sont pas nouvelles, ce qui est nouveau, en revanche, c’est que les syndicats donnent le sentiment de ne plus tenir leur base», ajoute-t-il

«En France, je pense qu’on a perdu la mémoire de ces manifestations policières, mais il y en a eu. Il y a eu, par exemple, la grande manifestation du 13 mars 1958 qui a lieu deux mois avant la chute de la IVe République, très liée au contexte de la Guerre d’Algérie, et qui est le point de comparaison le plus intéressant. Quelque part, dans la mémoire collective, il y a ce souvenir que quand la police manifeste, ce n’est jamais bon signe pour la bonne santé démocratique.»

Dans deux tweets postés sur un compte Twitter (désormais passé en privé), une riveraine du canal Saint-Martin, dans le XXe arrondissement de Paris, a décrit en ces termes la scène qui se déroulait sous ses fenêtres:

«Les flics sont en train de chanter super fort la Marseillaise dans ma rue. Et crient « La police dans la rue ». Mon sang s’est glacé». 

Puis:

Je tremble de partout. C’est archi-flippant

Une riveraine

«La police manifeste en hurlant « Résistance », « La police dans la rue », très nombreux. Je tremble de partout. C’est archi-flippant». 

La force de la mise en scène

La mise en scène de ces manifestations nocturnes a marqué les esprits. Nombre de Parisiens résidant sur le parcours du cortège semblent avoir été surpris par le mode opératoire, après avoir été réveillés, dans la nuit, par les klaxons, les sirènes et les gyrophares de véhicules de police. Le caractère illégal de ces rassemblements a pu jouer sur le sentiment étrange vécu par les Parisiens. Car s’«il n’est pas illégal de manifester dans la police, ce que l’on n’a pas le droit de faire c’est d’utiliser les moyens de la police, des véhicules, etc….», a rappelé Bernard Cazeneuve, le 19 octobre, sur TF1. Ce que l’on observe pourtant depuis quelques jours.

Autre aspect illégal: contrairement à de précédentes manifestations de policiers préalablement autorisées par la préfecture, organisées en pleine journée et chapeautées par des organisations syndicales survenues ces derniers mois, devant le ministère de la Justiceou sur la place de la République à Paris, les rassemblements de ces derniers jours n’ont pas été autorisés par la préfecture.

Slate

Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies?

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La loi de 1905 n’interdit à aucune famille de reproduire cette magie de Noël, chez elle ou au marché. La question est de savoir s’il faut mimer la naissance de Jésus, sur fonds publics, dans nos maisons communes que sont les Mairies ou les Conseils généraux ? La réponse est non.

La loi de 1905

Même aux Etats-Unis, cette pratique est jugée contraire au « Mur de Séparation ». En France, la loi de 1905 et son article 28 sont très clairs : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics« .

C’est pour défendre cette séparation, notre laïcité commune, que la Libre Pensée a porté plainte contre plusieurs mairies et conseils généraux violant la loi. Un tribunal administratif lui a donné raison contre le Conseil Général de Vendée. Depuis des années, il choisit d’exposer dans son hall, sur fonds publics, deux statues géantes de Jésus et Marie...

Une gifle à la Séparation que l’on doit à Philippe de Villiers, parfait ambassadeur de cette Vendée cléricale et anti-laïque, sauf bien sûr s’il s’agit de guerroyer contre l’Islam. Toujours un peu rétif à accepter la loi des hommes, le vicomte a qualifié le rappel à la loi républicaine de « totalitaire ».

Quant au maire de Béziers, Robert Ménard, il a carrément appelé à la « désobéissance civile » et installé une crèche de Noël dans sa mairie.

Dans ces deux cas, au moins, les choses sont claires. En bafouant la loi de 1905, en traitant la République de dictature anti-chrétienne lorsqu’elle veut faire respecter la Séparation, l’extrême droite et la droite cléricale se dévoilent… Leur conversion tardive à la laïcité n’est qu’un leurre et une conviction uniquement valable pour l’Islam. Autant dire une imposture parfaite.

Mais d’autres citoyens, de bonne foi cette fois, ne voient pas où est le problème. Ceux-là doivent lever leurs yeux des santons et voir plus loin. Car c’est tout l’équilibre de la Séparation que menacent l’ouverture du bal des accommodements. Si on fait une exception pour le petit Jésus, pourquoi ne pas le faire pour d’autres ?

En cédant à la mode sympathique des crèches de Noël, la France risque de mettre le doigt dans un engrenage de revendications et de rivalités communautaires sans fin.

La laïcité à géométrie variable est toujours un mauvais signal. Comment faire accepter d’enlever son voile en classes si l’on tolère le santon de Jésus dans les mairies ?

En matière d’égalité des religions, il n’existe que deux chemins. Soit vous veillez à ne pas privilégier une religion sur une autre par la Séparation, soit vous les reconnaissez toutes et c’est la course aux dérogations. Ce qu’il nous faut, c’est une règle claire et valable pour tous.

 

Huffington Post

Mantes-la-Ville : des sandwichs au jambon moisi déposés devant la mosquée

Après les têtes de porcs, les croix gammées et les photos pornos, la bêtise islamophobe n’en finit pas de prendre diverses formes. 

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Les responsables de la mosquée de Mantes-la-Ville, dans les Yvelines, ont découvert jeudi 6 octobre dans leur boîte aux lettres un carton qui contenait « des sandwichs composés de pain de mie et de jambon qu’on a laissé moisir ».

Le jambon pourrait-il être halal ? Abdelaziz El Jaouhari, président de l’Association des musulmans de Mantes-Sud (AMMS) explique que ce n’est pas la première fois que son institution se voit déposer des lettres et colis suspects de nature islamophobe : « On a déjà eu de la terrine de porc dans la boîte aux lettres, des courriers anonymes d’insultes et de menaces. Sans compter les quatre pneus crevés de ma voiture devant chez moi… » Le président de l’AMMS a annoncé qu’il devrait porter plainte contre X.

Saphir News