L’agence d’information Associated Press s’est procuré 3.000 documents datés de 2013 et 2014 édités par Daesh. Il s’agissait pour l’EI d’évaluer les connaissances de ses nouvelles recrues en matière religieuse. Et les résultats ne sont pas bons.

S’agissant de leurs compétences religieuses, les troupes de Daesh présenteraient de sérieuses lacunes. C’est la conclusion de l’enquête publiée par l’agence de presse AP, lundi 15 août.
L’Associated Press s’est procuré environ 3.000 documents établis par Daesh aux noms de 4.030 combattants l’ayant rejoint entre 2013 et 2014 – soit au plus fort de la campagne de recrutement de l’organisation. En plus de ces formulaires de recrutement récupérés grâce au concours de Zaman al-Wasl, un site mis en place par l’opposition syrienne, AP a consulté les procès-verbaux d’auditions d’anciens djihadistes devant les tribunaux et a procédé à quelques interviews.
Il en ressort que Daesh évalue la culture islamique, le degré de maîtrise du Coran, des hadith (actes et paroles relatives au prophète Mahomet et à ses compagnons) et de la Charia (c’est-à-dire les lois concrètes dérivées des textes musulmans) de ses militants.
70% de recrues ont peu de connaissances de l’islam
Les documents et les témoignages révèlent que les connaissances islamiques des recrues sont sondées dès leur arrivée sur le territoire du groupe et évaluées de 1 à 3. Le plus bas niveau caractérise une connaissance « basique » des textes, le plus haut une maîtrise « avancée ». En épluchant les 3.000 documents, AP a dressé les statistiques suivantes: 70% des nouveaux arrivants interrogés dans ces formulaires n’ont pu faire étalage que de connaissances « basiques », 24% de connaissances « intermédiaires » et seulement 5% de connaissances « avancées ». Cinq soldats, seulement, pouvaient se targuer d’avoir « mémorisé le Coran ».
Karim Mohamed-Aggad, ancien djihadiste d’origine strasbourgeoise et frère d’un assaillant du Bataclan, a démontré cet état de fait à ses dépends lors de son procès, appuie le rapport. Poussé par le tribunal à apporter des renseignements sur l’instauration de la Charia sur les terres du « Califat », et le sérieux de celle-ci, il a répété à plusieurs reprises: « Je n’ai pas les connaissances nécessaires pour répondre ».
AP rappelle également l’exemple de deux aspirants djihadistes du Royaume-Uni qui avaient pris soin d’acheter L’islam pour les nuls avant leur grand départ vers la Syrie.
Pas sûr cependant que l’organisation ait été déçue par les piètres résultats de ses recrues. Les plus ignorantes d’entre elles sont aussi les plus malléables, et les plus susceptibles d’en arriver aux extrémités de la violence. L’enquête assure ainsi que les individus ayant intégré la catégorie de ceux ayant une connaissance avancée de l’islam fournissaient proportionnellement le moins de volontaires pour les attentats-suicides.












