USA : Censurés sur Facebook, des islamophobes portent plainte pour continuer à insulter les musulmans

Deux organisations islamophobes américaines dont certains propos ont été censurés sur YouTube, Facebook ou Twitter, estiment qu’une loi leur garantit une « immunité contre les procès […], permettant à ces géants de pratiquer une censure approuvée par le gouvernement. »

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Deux organisations islamophobes américaines, l’Americain Freedom Defense Initiative (AFDI) et Jihad Watch, ont porté plainte contre Loretta Lynch, la procureure générale des Etats-Unis, l’équivalent du ministre de la Justice outre-Atlantique, rapporte le site spécialisé Ars Technica.

Pour les situer, Ars Technica rappelle que l’AFDI est considéré comme un groupe de haine par une association américaine (le SPLC) reconnue pour son suivi de l’extrême droite. L’AFDI était également en première ligne lors de l’opposition à la construction d’un centre islamique près de l’ancien emplacement du World Trade Center. Quant aux fondateurs de ces deux organisations, Pamela Geller et Robert Spencer, ils sont tous deux interdits d’entrée au Royaume-Uni à cause de leurs positions extrémistes.

Censurées, mais aussi menacées sur Facebook, Twitter ou encore YouTube pour leurs propos haineux envers les musulmans, ces deux organisations estiment que leur droit à la liberté d’expression est bafoué. Pour comprendre leur démarche, il faut connaître la conception de la liberté d’expression américaine, qui est totale: il n’est pas interdit par la loi de tenir des propos racistes comme c’est le cas en Europe, tant que ces propos n’appellent pas à la violence. Or les réseaux sociaux ou les sites de vidéo ne sont pas tenus de respecter ce premier amendement sur leurs plateformes privées, et assument clairement de modérer les propos haineux, bien qu’ils ne soient pas forcément illégaux aux Etats-Unis.

Le département de la Justice demande l’annulation du procès

Mais alors, pourquoi ces deux organisations n’ont-elles pas porté plainte directement contre ces sites, plutôt que contre la procureure générale? Ils estiment que le département américain de la Justice fait appliquer une loi anticonstitutionnelle, la section 230. Ce texte, crucial pour les sites internet aux Etats-Unis, affirme qu’un procès ne peut pas être intenté contre eux pour des propos ou des comportements de leurs utilisateurs sur leurs plateformes.

Il faut donc poursuivre directement les auteurs, et pas le moyen de communication qu’ils utilisent. L’AFDI et Jihad Watch estiment que cette loi offre à Facebook, Twitter et YouTube « une immunité contre les procès […], permettant à ces géants de pratiquer une censure approuvée par le gouvernement. »

L’avocat qui défend le département de la Justice estime que l’institution ne fait pas appliquer activement cette loi, mais qu’il s’agit simplement d’un outil de défense qui peut être invoqué par les sites internet durant un procès. Il rappelle également que le gouvernement américain n’a aucun contrôle sur les décisions de modération prises par Facebook, Twitter ou YouTube. Le département de la Justice a donc demandé la semaine dernière l’annulation du procès, estimant que les plaignants se trompent de cible, et devraient plutôt poursuivre les sites qui les censurent. L’AFDI et Jihad Watch préparent déjà leur réponse à cette demande d’annulation, attendue le 12 octobre prochain.

« Il faut une épuration ethnique en france » Extrait du documentaire Arabes, Juifs, Noirs : Pourquoi nous détestent-ils ?

 

Planète+ programme une série documentaire exceptionnelle à partir de lundi, en prime. Un an après les attentats du 13 Novembre, Planète+ propose dès lundi d’interroger la montée de la haine, le repli communautaire et la libération de la parole raciste et antisémite en France.

Trois films, « Pourquoi nous détestent-ils ? », seront programmés en prime (20h55). Amelle Chahbi, comédienne et réalisatrice, Alexandre Amiel, producteur et Lucien Jean-Baptiste, réalisateur (« La première étoile ») confrontent leurs histoires personnelles à la réalité des racismes anti-arabes, des racismes anti-juifs et des racismes anti-noirs.

Initiative inédite, « Pourquoi nous détestent-ils ? » raconte ceux qui, tout en étant fiers de leurs origines, refusent qu’elles constituent leur seule identité. « Comme si ils étaient condamnés à appartenir à des communautés imaginaires, à devoir subir tous les clichés racistes qui vont avec« , note la chaîne. En pleine campagne pour la primaire à droite, où les thématiques identitaires ont pris une part importante dans les débats, « Pourquoi nous détestent-ils ? » tombe à pic.

 

Pure Médias

Des militants d’extrême droite déguisés en musulmans prennent d’assaut une église

Un groupe de militants d’extrême droite s’est livré à une étrange opération de communication en Australie : déguisés en musulmans et scandant des slogans hostiles à l’Islam, ils ont envahi une paroisse, trop favorable aux migrants selon eux. 

La scène s’est déroulée à Gosford, sur la côte est de l’Australie. Ce samedi 14 août, alors que le prêtre Rod Bower célébrait la messe dans sa paroisse anglicane, une dizaine de personnes grimées en musulmans ont interrompu l’office, imitant des prières musulmanes avec un haut-parleur. 

Le «Party of Freedom» (Parti de la Liberté), un parti d’extrême droite australien, a revendiqué ce coup de communication sur sa page Facebook, publiant une vidéo de l’incident, mais aussi des photos de ses militants déguisés et visiblement amusés de leur mise en scène.

Le parti et ses militants auraient choisi cette église pour son positionnement ouvert et favorable à l’islam et à l’immigration. «Bless the burqa» aurait par exemple été diffusé sur le panneau d’affichage de la paroisse, à l’extérieur de l’église. Le jour de cet incident, on pouvait aussi lire sur ce même panneau d’affichage «Bonne chance à l’équipe olympique australienne et à l’équipe de réfugiés».«Nous soutenons la communauté musulmane, nous essayons de bâtir des ponts entre les différentes religions», explique le père Bower, à la tête de la paroisse.

Un positionnement pas franchement du goût de ces militants, qui déclaraient avec ironie dans l’église «Nous voulons partager l’islam avec vous, c’est votre avenir, nous sommes une richesse !»

Le père Bower s’est dit scandalisé et profondément choqué par cet incident : «Venir dans un espace sacré, célébrant l’acte ultime de l’amour, pour y proclamer des messages de haine… c’est profondément choquant.»

RT