Près de la moitié des Américains affirment que les athées (42 %) et les musulmans (45 %) ont des valeurs qui contreviennent à l’idée qu’ils se font des États-Unis, selon une étude menée par la Université du Minnesota.
C’est un bond énorme pour les musulmans, qui recevaient 26 % d’avis négatifs au dernier sondage semblable, en 2003. Les athées se maintiennent au même niveau qu’avant.
Une hausse dans le clash des valeurs
L’étude publiée récemment cherchait à cerner les attitudes qu’ont les Américains envers diverses minorités religieuses, culturelles et ethniques depuis 2003. Les dernières données datent de 2014 .
Malgré l’avancée dans les droits des LGBTQ durant cette période, la proportion des Américains pour qui les homosexuels ne partagent aucunement leurs «valeurs américaines» est passée de 22 % à 29 %.
Les autres groupes les moins populaires sont les chrétiens de droite et les nouveaux arrivants. Leur taux de désaprobation a bondi d’une douzaine de points chacun pour se retrouver à environ 26 %.
Parmi les autres communautés ethniques et religieuses (hispanophones, Afro-américains, juifs, catholiques), elles ont aussi vu leur «impopularité» croitre: alors qu’elles étaient sous la barre des 10 % en 2003, elles ont tous dépassé 15 % depuis.
Les blancs croyants mais non pratiquants sont ceux qui semblent déranger le moins les opinions des Américains. Ils sont tout juste en haut de 10 %, même s’ils étaient à 2 % une dizaine d’années auparavant.
La loi, déjà très restrictive, devrait être modifiée et durcie. Jamais dans le pays le climat n’a été aussi porteur pour les mouvements pro-life.
La journée s’annonce lourde, jeudi, au Parlement polonais, qui doit se prononcer sur une proposition de loi très controversée interdisant de facto l’avortement, dont les conditions sont pourtant déjà particulièrement restrictives depuis 1993. A l’initiative du texte, le comité «Stop Avortement» qui regroupe des organisations pro-vie. Désormais, enceinte à l’âge de 11 ans, une jeune fille violée par son propre père n’aura d’autre choix que de mener sa grossesse à terme. De même, une femme qui risque de mourir en couches ou d’accoucher d’un bébé mort-né, ne pourra pas demander d’IVG.
Un autre projet, «Sauvons les femmes» et allant dans le sens opposé pour libéraliser l’IVG, sera bien débattu lors de la même session. Mais ses chances d’être adopté sont nulles : le parti ultra-conservateur Droit et Justice (PiS), proche de l’Eglise et au pouvoir depuis octobre dernier, détient à lui seul la majorité absolue au Parlement. Un troisième projet, devrait en revanche être adopté. Il vise à limiter de manière radicale la fécondation in vitro que le gouvernement a déjà, dès son arrivée au pouvoir, cessé de rembourser. Concrètement, il s’agit d’interdire la congélation d’embryons, perçue par les promoteurs du projet comme un pas avant leur «sélection», autrement dit des «avortements raffinés».
Un institut de recherche sur le travail a envoyé des fausses candidatures, accompagnées de photos, pour tester la réaction des employeurs. Celles dont la candidate porte un nom turc et le voile reçoivent quatre fois moins de réponses.
C’est une double peine. Sur le marché du travail allemand, les femmes portant un nom turc et le foulard islamique reçoivent quatre fois moins de réponses à leurs candidatures que celles portant un nom allemand, selon une étude menée par l’Institut IZA pour l’étude du travail (PDF en anglais), publiée mardi 20 septembre.
En envoyant 1 474 candidatures factices à des offres d’emploi de secrétaires, comptables et chef comptables, l’institut IZA a démontré que 18,8% des candidates portant un nom allemand étaient invitées à passer un entretien, contre 13,5% pour celles portant un nom turc et 4,2% pour les femmes portant un nom turc et un voile sur la photographie qui accompagnait le CV. « Ce résultat implique que les femmes portant le voile doivent envoyer 4,5 fois plus de candidatures que celles portant un nom allemand et aucun voile, pour recevoir le même nombre d’appels en retour », expliquent les auteurs de l’étude.
La discrimination plus forte à Berlin qu’à Munich
Pour mener cette étude, l’IZA a eu recours à des noms communs en Allemagne (Sandra Bauer) et en Turquie (Meryem Öztürk). Quant aux photographies, elles montrent chaque fois la même femme, cheveux découverts puis cheveux couverts. Toutes les candidatures décrivaient une femme ayant une bonne maîtrise de l’allemand et une formation en Allemagne.
L’étude révèle en outre des disparités selon les villes. A Berlin, 5,4% des femmes portant le voile ont ainsi reçu des invitations à passer un entretien, contre 8,2% à Munich, mais 0% à Stuttgart. A Dresde, 20% des « Sandra Bauer » ont eu l’opportunité de passer un entretien, mais 0% des « Meryem Öztürk », voilées ou non.
Une enquête exclusive révèle de sérieuses préoccupations sur la façon dont les enfants sont traités dans des établissements fondamentalistes chrétiens en Grande-Bretagne.
Les enseignants des écoles fondamentalistes chrétiens auraient exercés des séances d’exorcismes sur les élèves, et ont battu les enfants durant des rituels religieux, quant aux filles, elles étaient «préparées» au mariage, selon les anciens élèves qui disent qu’ils ont décidé de parler maintenant, après des années de souffrance dans le silence.
La région de Valence a obligé mardi 20 septembre un institut de formation à réadmettre une Espagnole musulmane portant le hijab, qui s’en voyait refuser l’accès à cause du voile couvrant sa chevelure, d’après l’agence AFP, qui rappelle que l’ONG SOS Racisme avait récemment rendu public le cas de cette étudiante.
L’association dénonçait le fait que le centre de formation ait refusé à Takwa Rejeb, 23 ans, née de parents tunisiens à Valence (côte est de l’Espagne) l’accès aux cours depuis la rentrée du 8 septembre, parce qu’elle avait « la tête couverte ». Une affaire qui a été largement médiatisée.
Selon un communiqué de la région de Valence, repris par l’agence française, « la délégation régionale à l’éducation a garanti le droit à l’éducation de l’élève et elle pourra assister, avec le hijab, à tous les cours ». Jointe par l’APF, Takwa Rajeb affirme être «très heureuse». « La seule chose que je demandais, c’était d’exercer mon droit à me former », a réagi la jeune élève peu avant son retour en classe mardi. Et d’ajouter qu’elle n’est pas « une bête de foire mais une personne comme une autre, une élève ».
La direction de l’institut public de formation professionnelle Benlliure s’est refusée à tout commentaire, poursuit l’AFP, en rappelant que l’Espagne compte 46,5 millions d’habitants dont 4 % de musulmans. « C’est une victoire pour la reconnaissance des libertés constitutionnelles et des droits fondamentaux : liberté d’expression, liberté religieuse dans la mesure où l’ordre public est respecté, droit à l’éducation, droit à l’égalité », s’est réjoui l’avocat Francisco Solans, président régional de SOS Racisme.
L’affaire remonte le jour de la rentrée scolaire. N.B emmène ses enfants à l’école Carnot située au centre d’Annecy. Elle est musulmane et porte un simple foulard autour de la tête. Ce 1er septembre, les parents peuvent conduire leurs enfants auprès de leur enseignante et donc traverser la cour. C’est à ce moment-là qu’elle est interpellée par un autre parent d’élève qui lui demande de quitter l’établissement sous le prétexte que le port du voile est un signe ostentatoire religieux et que la loi française interdit de le porter à l’école.
L’homme se présente alors comme « un citoyen français ».C’est aussi la nationalité de N.B. Rappelons que la loi n’interdit pas le voile traditionnel (le cas est différent avec un niqab ou une burqa) dans les lieux publics mais que son port n’est pas autorisé pour les agents des services publics en application du principe de laïcité. Enfin, règle de base, il faut être officiellement détenteur d’une autorité pour faire appliquer la loi. C’est ce qu’ont rappelé la police, appelée sur les lieux, et le maire d’Annecy qui effectuait ce jour-là la tournée des écoles.
Une atteinte à la considération et à l’honneur
Si N.B a reçu le soutien du maire, des enseignants et d’autres parents, elle n’a néanmoins pas voulu en rester là et a porté plainte, la semaine dernière, après mûre réflexion. « J’ai été blessée et choquée par cette intervention qui s’est faite devant mes enfants […]. Et j’ai eu peur que quelqu’un de plus violent m’agresse.
Ceux qui me connaissent le savent : je suis une personne ouverte. Je respecte toutes les communautés et toutes les croyances. J’ai déjà été quelquefois victime de réflexions racistes. Je les ai gérées seule et je ne suis pas dans la victimisation. Mais là je me suis vraiment sentie humiliée en public et devant des enfants.
Je ne veux pas laisser passer ça, j’en fais une question de principe. » MeLyonnaz, avocat à Annecy et ancien bâtonnier, a accepté de prendre le dossier en main. « S’il n’y a pas d’injures racistes au départ, je considère que cet homme a porté atteinte à la considération et à l’honneur de cette femme. » Et c’est sous cette qualification que la plainte a été déposée au pénal. N.B a aussi écrit à l’Éducation nationale et au ministère de l’Intérieur.
Diffusé sur une chaîne australienne, un reportage montrant les réactions « des locaux » face au port du burkini par des australiennes sur une plage de Villeneuve-Loubet entend dénoncer le « racisme français » et « l’interdiction du burkini ».
Si la polémique autour du burkini a particulièrement agité la France cet été, elle est aussi partiellement retombée, notamment depuis la décision du Conseil d’État de suspendre son interdiction. Mais elle n’a pas fini d’alimenter les réactions à l’étranger. Ni les critiques. Ni les leçons de morales. En témoigne le reportage, diffusé par chaîne australienne Channel 7, dressant le portrait caricatural d’une France raciste tout en mettant en scène le voyage de Zeynab Alshelh, une jeune australienne musulmane, sous fond de musique dramatique.
Déterminée à « montrer sa solidarité avec les musulmanes françaises » et à défendre « la façon de vivre australienne », cette étudiante en médecine et judokate de 23 ans a décidé de porter son burkini -ce maillot de bain inventé par une couturière australienne- sur une plage de Villeneuve-Loubet. Cette ville du sud de la France, dirigée par Lionnel Luca (Les Républicains), avait été l’une des premières à interdire le port du burkini.
« Forcés de faire demi-tour »
« Juste après avoir posé les pieds sur cette plage française [avec des membres de sa famille, NDLR], ils ont reçu une leçon montrant jusqu’à quel point les locaux peuvent être hostiles envers les musulmans », lance la journaliste qui accompagne la famille, tout en filmant un homme leur demandant de « faire demi-tour » et de « partir » et une femme brandissant son pouce orienté vers le bas.
« On a été forcé de partir, on a été menacé par les locaux qui nous ont dit que si on ne quittait pas la plage ils appelleraient la police« , témoigne ensuite Zeynab Alshelh face caméra, visiblement émue.
Dans un article publié en même temps que la diffusion du reportage, Channel 7 n’hésite pas à déclarer que « le sentiment antimusulman (…) est plus fort en France que dans n’importe quel autre pays ».Une affirmation illustrée par l’interview de Lionel Tivoli, président du groupe FN au Conseil municipal d’Antibes et seul politique français interrogé dans le reportage, qui affirme notamment que « l’islamisme est responsable des attaques terroristes ».
Certains s’indignent que l’on ose comparer les attaques dont les musulmans sont aujourd’hui l’objet à l’antisémitisme d’autrefois. Il ne s’agit bien évidemment pas de la Shoah, auquel cas le parallèle serait effectivement scandaleux.
Mais le discours islamophobe qui gagne chaque jour un plus de terrain ressemble en tous points aux théories antisémites qui fleurissaient en France dans les années 30 : il repose sur une base largement fantasmatique à laquelle une construction savante donne les apparences de la vérité et de l’évidence. Il essentialise et stigmatise une population prise dans son ensemble. Enfin, il est soutenu et développé par des figures majeures du paysage intellectuel et politique.
Au final, l’opinion finit par être persuadée de l’existence d’un « problème musulman » comme on avait réussi naguère à la convaincre de l’existence d’une « question juive ».
GUILLAUME WEILL-RAYNAL : Ancien avocat, essayiste. Il est l’auteur d’Une haine imaginaire (2005) et des Nouveaux Désinformateurs (2007), parus aux éditions Armand Colin.
Une Australienne musulmane portant un burkini a affirmé avoir été forcée de quitter une plage à Villeneuve-Loubet dans le sud-est de la France, mais la mairie s’est défendue en jugeant son attitude provocatrice. Zeynab Alshelh, étudiante en médecine de 23 ans, a affirmé à la chaîne de télévision australienne Channel 7 que son voyage récent en Europe visait à montrer sa solidarité avec les musulmanes françaises en portant à la plage ce maillot de bain intégral avec voile, inventé par une couturière australienne.
Une vidéo diffusée par la télévision a montré d’autres baigneurs faisant des gestes inappropriés envers cette femme, assise sur la plage avec sa mère. « Nous avons été menacées par des gens qui nous ont dit que si on ne quittait pas la plage ils appelleraient la police », a-t-elle déclaré.
« Je suis sincèrement désolé pour cette jeune Australienne », a réagi le maire de la ville, Lionnel Luca, membre du parti de droite Les Républicains. Mais « elle aurait quand même pu peut-être se demander si les gens du coin n’étaient pas encore sous le coup de l’émotion de l’attentat qui a fait 86 victimes » en juillet à Nice, a-t-il ajouté. « Elle ne peut pas venir en toute innocence sur nos plages comme ça avec un habit religieux qui est le signe de l’intégrisme qui nous a meurtri« . « En rajouter, en pointant du doigt telle commune une fois rentrée au pays, je trouve ça aussi assez indécent », a-t-il précisé.
Le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, a suspendu en août un arrêté municipal prohibant le port du burkini sur les plages de Villeneuve-Loubet, y voyant « une violation illégale des libertés fondamentales ». Plusieurs villes, dont Nice, avaient pris cet été des arrêtés similaires, arguant de la nécessité de protéger l’ordre public.
Les salariés dont l’apparence signale une origine étrangère ont davantage d’obstacles à surmonter au cours de leur vie professionnelle que les autres. Comme le souligne une étude du Défenseur des droits publiée lundi, ceux qui sont perçus comme « arabes » doivent plus fréquemment se justifier de leur religion réelle ou supposée, tandis que les personnes identifiées comme « noires » sont, elles, plus souvent réduites à la couleur de leur peau.
Après le sondage « sur les musulmans » du JDD qui a fait grand bruit tout au long du week-end, le Défenseur des droits Jacques Toubon publie, lundi 19 septembre, une étude sur les discriminations liées à l’origine dans l’accès à l’emploi (la lire ici) « Accès à l’emploi et discriminations liées aux origines ». Il est possible qu’elle attire moins l’attention, alors qu’elle est des plus intéressantes.
Ce Juif marocain explique qu’il veut vivre dans son pays d’origine, le Maroc en tant que Juif après qu’on lui ai demandé pourquoi il choisit de rester là et ne pas faire son Alya.
«Je vis dans le Mellah, entouré de plus d’Arabes et de musulmans que tout autre Juif dans le monde, mais je me sens plus à l’aise, plus sûr, ici, que partout ailleurs où j’ai vécu …».
Son interlocuteur lui répond : “…. il y a d’autres pays où vous pourriez vivre … .vous aimerez vous déplacer dans l’un de ces pays?
«Je suis 100% marocain. Mes ancêtres ont vécu au Maroc depuis 2500 ans … et [aussi de] l’expulsion d’Espagne en 1492. Peu importe ce qu’on dit, ceci est une terre juive et ma terre ….
Permettez-moi de vous expliquer, je ne vais pas aller en Israël, je ne vais pas aller en Amérique ou en France. Je dois tout à cet endroit …. Je possède le seul restaurant casher [Restaurant Dar Ima] à Marrakech.
Nous avons une grande synagogue, avec un [service de prière] et le minyan chaque jour …. Dans certaines villes, il y a beaucoup de Juifs, et ils ne sont pas intéressés par le minyan. Pas ici….
A New York, quand je vivais parmi les Hassidim de Satmar , j’ai vu qu’ils avaient une synagogue où ils avaient minyanim directement à partir de six heures du matin jusqu’à minuit …. Mais je ne me sentais pas la bienvenue parmi eux … Ils ne m’ont jamais accepté ….
Ici, tout le monde est le bienvenu, j’ai de la nourriture casher, je fais le Shabbat, j’ai toujours un minyan, et je vis dans un pays qui …. [Mais pas parfait] m’accepte …. J’ai toujours senti la bienvenue à Marrakech …. C’est une ville étonnante. C’est la ville de ma naissance ».
Quelques 200 pèlerins musulmans de retour de leur pèlerinage à La Mecque, en Arabie Saoudite, sont restés coincés vendredi au poste-frontière d’Allenby, entre la Cisjordanie et la Jordanie.
La radio publique israélienne a annoncé que les pèlerins ont dû retourner en Jordanie à cause d’une querelle sur les horaires de travail entre le ministère israélien de l’Intérieur et son Autorité des douanes, de la population et de l’immigration (PIBA).
La radio a déclaré qu’il y avait 250 pèlerins, et pas 200, qui s’étaient vus refuser le passage de la frontière. Ce poste-frontière est le point de passage entrant et sortant principal des Palestiniens de Cisjordanie
Il a été dit aux pèlerins que le moment de leur passage à la frontière était trop proche de l’heure du début du Shabbat, pendant lequel le fonctionnaires ne travaillent pas.
Ils ont été renvoyés à Amman, où ils ont passé les 24 heures suivantes dans un hôtel payé par une ONG, puis sont rentrés en Israël samedi soir. La radio n’a pas cité le nom de l’ONG.
Le vice-ministre à la Coopération régionale, Ayoub Kara, a été impliqué depuis Washington, où il était en visite officielle, pour tenter de résoudre la situation, a annoncé la radio publique israélienne.
71% des musulmans seraient en accord avec « avec la laïcité et les lois de la République ». Mais 28% seraient « rigoristes » et « mal à l’aise » avec la laïcité, selon un sondage Ifop/Institut Montaigne, révélé dimanche par le JDD. Quel chiffre retenir entre les deux ? « Je retiens les deux », affirme François Fillon dimanche, invité du Grand Rendez-vous d’Europe1 – Les Echos – i-Télé.
« Une dynamique en faveur de la radicalisation ». « Je retiens qu’il y a deux tiers de musulmans intégrés. Que l’institut Montaigne nous donne une vision un peu plus sérieuse de ce que sont les musulmans », démarre le candidat à la primaire LR, qui milite en faveur de « statistiques pour pouvoir avoir les moyens de traiter un sujet qui est celui de l’islam radical », poursuit-il. Et de conclure : « Je retiens aussi qu’un tiers de Français musulmans sont tentés par la radicalisation ou sont radicalisés, et que ce chiffre augmente. Il y a une sorte de dynamique en faveur de la radicalisation ».
« Il faut un contrôle administratif ». Quelle solution pour enrayer cette dynamique ? Selon François Fillon, « il y a d’abord un réexamen à faire de notre relation avec l’Arabie saoudite » d’où serait, selon lui, issue une majorité de prédicateurs « à l’origine de la montée de l’islam radical ». « Le deuxième sujet, il est intérieur », poursuit le député de Paris, qui enchaîne : « il faut un contrôle administratif du culte musulman, comme on a exercé pendant des années un contrôle sur la religion catholique, sur la religion juive, pour les forcer à accepter les lois de la République. Il faut la même chose ».
Selon l’ancien Premier ministre, ce contrôle nécessite d’abord « un interlocuteur », une « autorité pour gérer le culte musulman. Une autorité légitime et non contrôlée par l’extérieur. Une organisation du culte musulman qui n’est pas le CFCM ». Et François Fillon d’énumérer les mesures à mettre en place selon lui : « contrôler administrativement les ouvertures de mosquées, vérifier que les prêches sont faits en français, interdire les financements étrangers et dissoudre toutes les associations qui se réclament du salafisme, du wahhabisme ou des Frères musulmans ».
En guise de conclusion, le député de Paris l’assure, il ne veut pas non plus éradiquer les religions de l’espace public : « Je ne veux pas que demain, il soit interdit de se promener dans la rue avec une croix, une kippa ou un turban ».
Absence de communautarisme : 78% des musulmans voteraient pour un président non musulman
4. l’absence d’un communautarisme musulman généralisé : 78 % des enquêtés qui se déclarent musulmans – inscrits sur les listes électorales – disent qu’ils ne votent pas systématiquement pour un candidat musulman aux différentes élections.
Un rapport réalisé par Hakim El Karoui à partir d’une enquête commandée à l’Ifop par l’Institut Montaigne met en évidence la bonne intégration de la population musulmane, mais aussi l’inquiétante rupture des plus jeunes avec les valeurs républicaines.
Comment les musulmans vivent-ils en France? Quels sont leurs rapports à l’islam, à la société, à la politique et aux lois de la République? Un rapport réalisé par Hakim El Karoui à partir d’une enquête commandée à l’Ifop par l’Institut Montaigne – cercle de réflexion privé d’obédience libérale – et publié en exclusivité par le JDD –, apporte à ces questions des réponses d’une précision inédite. Pendant neuf mois, l’Institut Montaigne (qui milite depuis longtemps en faveur des statistiques ethniques et du CV anonyme) a fait interroger la population musulmane sur des dizaines de points, sous le contrôle scientifique d’Antoine Jardin, docteur en science politique et ingénieur de recherche au CNRS. C’est ainsi un autoportrait rigoureux et original des musulmans qui se dégage, avec ses surprises, ses confirmations et ses contradictions.
Moins nombreux qu’on ne le dit, mais des jeunes
Ils seraient entre 3 et 4 millions. L’Institut Montaigne ose un chiffre sur la présence – souvent fantasmée – de musulmans dans notre pays. On est loin des 8% à 10% de la population brandis par les théoriciens catastrophistes du « grand remplacement ». Selon l’Ifop, ils représenteraient 5,6% des plus de 15 ans vivant en France, et 10% des moins de 25 ans. Il s’agit donc d’un groupe social particulièrement jeune : 84% ont moins de 50 ans. L’âge moyen s’établit à 35,8 ans (il est de 53 ans chez ceux qui se déclarent chrétiens et de 43 ans pour les « sans religion »).
Le Halal et le voile, marqueurs d’identité
La consommation de viande halal apparaît centrale dans la vie des musulmans de France : 80 % des pratiquants et 67 % des non-religieux considèrent que les enfants devraient pouvoir manger halaldans les cantines scolaires – avis partagé quels que soient le niveau d’études, la situation professionnelle et l’âge. Les musulmans sont plus divisés sur la question du voile, qui reste cependant un point de convergence identitaire : 60% des sondés estiment que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile à l’école et au collège contre 37% des non-musulmans…
Ils fréquentent peu les lieux de culte et ignorent le CFCM
Un tiers des musulmans ne se rendent jamais à la mosquée, un tiers pour les fêtes religieuses, 29% s’y rendent chaque semaine dont le vendredi et 5 % quotidiennement. Ces chiffres méritent d’être médités, au moment où le gouvernement tente une nouvelle fois d’organiser l’islam de France autour des lieux de culte. La plupart des musulmans (68%) ne connaissent pas le Conseil français du culte musulman (CFCM).
Il faut le regarder, car on entend peu, contrairement à ce qu’affirme l’ex-journaliste Françoise Laborde, de femmes voilées s’exprimer à la télévision. Et parce que ce dialogue va à l’encontre d’un fantasme et d’un amalgame de plus en plus présent dans la société, selon lequel les femmes qui portent le voile intégral seraient des graines de terroristes.
Vendredi, France Télévisions a publié sur son site Internet un reportage où l’on voit une femme en niqab dialoguer avec une autre femme, une Toulousaine, visiblement en colère. Alors que la première vient de déposer une gerbe de fleurs sur la promenade des Anglais, à Nice, en hommage aux victimes de l’attentat de juillet, la deuxième l’accuse de «provocation». La rencontre, précise France Télévisions dans l’article qui accompagne la vidéo, est fortuite.
«Vous n’avez pas l’impression de faire un peu de la provoc’, surtout là?», demande la touriste toulousaine. S’ensuit une conversation où Stéphanie Lécuyer, «une Française qui porte le niqab depuis vingt ans» précise le reportage, prône le dialogue entre femmes voilées et personnes non-voilées. «A un moment donné, il faut s’arrêter, et discuter. Et je pense que la meilleure des choses ça va être le dialogue avec le temps», dit-elle. Elle parle de paix, de respect, des paroles qui visiblement touchent la touriste, qui quelques minutes après déclare, très calme: «Si c’est votre idée, votre vie, il faut la vivre».
Elle commente également ses propres tweets, dans une sorte de drôle de dialogue de Laborde avec elle-même. Car si Françoise Laborde ne veut pas qu’on dialogue avec une femme en niqab, elle ne semble pas non plus vouloir dialoguer avec quiconque ne partage pas son avis:
Une «mise en scène»?
Qu’est-ce qui énerve Françoise Laborde? Plusieurs choses. D’abord, le fait que selon elle le reportage est une«mise en scène». Stéphanie Lécuyer a été contactée via Rachid Nekkaz, homme d’affaires et militant politique algérien qui paie les amendes des femmes en niqab depuis la loi d’interdiction sur la dissimulation du visage dans l’espace public de 2010. On aperçoit d’ailleurs le militant présent à ses côtés au début de la vidéo. Une mise en scène que Françoise Laborde compare à la télé-réalité:
«Il s’agit de faire intervenir un élément extérieur inhabituel pour voir comment les gens réagissent: ici sur la Promenade des Anglais à Nice, il s’agissait d’amener sur place une jeune femme portant la burkha (sic) accompagné (sic) par un militant, et voir comment la population réagissait. Cette démarche est en soi détestable et n’a rien à voir avec le journalisme même si elle est de plus en plus pratiquée dans le cadre de ces émissions qui prétendent faire des enquêtes ou des contre-enquêtes», explique-t-elle sur Facebook.
Accordons-lui un demi-point là-dessus: oui, le sujet de France Télévisions ne dit pas que la femme en niqab n’a pas été croisée par hasard sur la promenade des Anglais. Si la rencontre est bien «fortuite» en un sens, comme le précise France Télévisions dans l’article qui accompagne la vidéo – puisque la touriste, elle, n’a pas été contactée par avance – elle ne l’est qu’à moitié. Il manque aussi sans doute quelques lignes de présentation pour expliquer qui est Stéphanie Lécuyer, régulièrement interviewée par les médias, et qu’Atlantico qualifie de «porteuse officielle de la burqa dans l’Hexagone depuis deux décennies» (sauf que non, il ne s’agit pas d’une burqa, raté, mais d’un niqab: la burqa comporte carrément un grillage à la place des yeux, et elle est portée essentiellement en Afghanistan).
Pour autant, le journalisme ne se limite pas à «prendre sur le vif» des conversations ou des scènes «naturelles», dans une illusion de naturel, d’ailleurs, car on sait depuis que la sociologie étudie les médias que le cadrage, notamment, est un parti-pris. Faire dialoguer des personnes qui ont des opinions différentes est une pratique récurrente, particulièrement quand il s’agit d’intellectuels en désaccord. On voit mal pourquoi, si on permet à Michel Sardou et Guy Bedos de dialoguer ensemble, ou à Marcel Gauchet et Philippe Meirieu, on le refuserait à une femme en niqab et une touriste en colère, toutes les deux venues sur la promenade des Anglais à Nice, quand bien même une de ces personnes aurait été contactée en amont, et l’autre rencontrée par hasard. D’autant que dans ce cas particulier c’est quelque chose que l’on voit rarement, ou plutôt même jamais, ce qui fait son intérêt, et que la vidéo ne véhicule aucun message d’incitation à la haine, au contraire.
«On imagine déjà dans ce contexte les résultats espérés par les initiateurs du reportage!», clame Françoise Laborde, qui insinue que France Télévisions aurait planifié de filmer des insultes. On ne sait pas, en réalité, ce qui s’est passé en dehors des images qu’on nous présente. Mais quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des insultes et de la haine que France Télévisions nous livre, et il y a plutôt de quoi s’en réjouir, dans un contexte fortement marqué par les tensions.
On voit peu de femmes voilées à la télévision
Ce qui semble plus profondément gêner Françoise Laborde, c’est aussi tout simplement qu’on ait donné la parole à une femme en niqab. C’est ce qu’elle explique au HuffPost, affirmant que France Télévisions a selon elle depuis quelque temps «une fâcheuse tendance à faire témoigner des femmes en niqab, alors que de très nombreuses femmes musulmanes ne le portent pas mais ne sont jamais interrogées alors qu’elles ont une opinion intéressante sur leur société.»
On ne sait pas si par musulmanes, Françoise Laborde entend des musulmanes voilées, mais ce qui est absolument certain, c’est que les femmes voilées, de manière générale, sont très peu représentées à la télévision. Elles ne sont jamais invitées dans les émissions, ou alors très rarement, et si c’est le cas, c’est pour jouer le rôle de la «femme voilée». Si quelqu’un peut me citer une femme voilée invitée dans une émission de C’est dans l’air, ou sur le plateau du JT de France 2, pour parler d’autre chose que de son voile, bingo, il aura gagné tout mon respect, car cela ne doit pas être facile à dégotter. Pas étonnant dans ce contexte que des fantasmes et des idées reçues ne se développent autour des femmes voilées.
Hier, alors que je l’interviewais pour un tout autre sujet, ce n’est rien de moins que la présidente de Ni putes ni soumises, cette association qui a pour slogan les trois mots «laïcité», «mixité» et «égalité», qui me le confirmait: «On nous parle du voile à toutes les sauces, mais il n’y a jamais de femmes voilées à la télévision, elles sont invisibles», me confiait-elle. Et il n’y a pas besoin d’enquête du CSA pour s’en rendre compte: à la télévision, les femmes voilées n’ont jamais la parole.
C’est donc pour cela que le document de France Télévisions est important, parce qu’il permet de faire se confronter la vision forcément fantasmée du spectateur, qui s’identifie à la touriste, à la réalité vécue par une femme qui porte le niqab. Ce reportage permet de comprendre que non, le niqab n’est pas synonyme de terrorisme, et qu’on peut porter un voile intégral sans prêter allégeance à Daech, contrairement à un amalgame de plus en plus répandu. Il permet aussi de comprendre que certaines de ces femmes ont un caractère bien trempé, comme j’ai pu moi aussi m’en rendre compte en interviewant certaines d’entre elles, ce qui remet en cause l’idée totalement stéréotypée qu’elles seraient «soumises à leur mari». Il montre aussi qu’on peut se cacher derrière un long voile, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, avoir envie de dialoguer avec quelqu’un, ou avoir en tous cas envie de renvoyer aux spectateurs une image de dialogue. En bref, il ouvre à la complexité.
Oui, on doit interviewer des personnes dans l’illégalité
Un argument également relayé par Céline Pina, ex-élue PS qui s’est fait connaître en dénonçant le salon de «la femme musulmane» de Pontoise:
«Il se trouve que dès le début, on ressent une gêne intense: le niqab est interdit par la loi. Non seulement il est clair que se balader avec est une provocation, mais c’est même un délit»
Rappelons tout de même que ce n’est pas vraiment le niqab qui est interdit, et encore moins la burqa comme Françoise Laborde le dit (elle se trompe, encore une fois, ce n’est pas une burqa), mais la dissimulation du visage. Ce n’est pas l’objet religieux – ou considéré comme religieux – que le législateur sanctionne, mais le fait de se couvrir le visage, et de ne pouvoir être identifié. C’est à ce seul titre que le Conseil constitutionnel a validé la loi, malgré les mises en garde du Conseil d’Etat qui recommandait que les députés abandonnent leur idée de vouloir interdire le voile intégral dans l’espace public. Et c’est à ce seul titre que la Cour européenne des droits de l’homme n’a pas condamné la loi, tout en émettant des réserves.
Si le journaliste n’est pas un «animateur socioculturel» ou un militant, il n’est pas non plus un juge, chargé de l’application des lois, précisément. Oui, il doit interviewer des personnes qui sont dans l’illégalité, pour comprendre leurs motivations. Et il peut interroger le bien-fondé des lois, ou leur efficacité. Il n’a pas à être le bras armé des députés, à moins de tomber dans le pur et simple totalitarisme. Il faut interviewer des consommateurs de drogue, pour comprendre pourquoi et comment ils basculent dans la drogue. Il faut ou faudra, maintenant que la loi pénalise les clients de prostituées, comprendre pourquoi certains continuent à fréquenter des prostituées, pour tout simplement vérifier si cette loi est véritablement dissuasive, ou pas, et si oui, en quel sens. Et on pourrait multiplier les exemples.
On peut penser que Françoise Laborde, qui siège au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui défend l’avortement, n’est pas choquée par le fait que des journalistes aient interviewé, il y a quarante ans, des femmes qui bravaient la loi contre l’avortement. L’argument selon lequel un journaliste ne devrait pas interviewer quelqu’un qui commet quelque chose d’illégal est donc tout simplement irrecevable.
La formation catholique d’extrême droite, qui envisage un rapprochement avec Jean-Marie Le Pen, souhaite peser sur les débats en 2017.
«Les catholiques de France sont des orphelins politiques», estime Alain Escada, président de l’institut Civitas. Cette association militante d’extrême droite, proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, s’est constituée en parti politique depuis le mois de juin dernier. Au cours d’une conférence de presse assez confidentielle ce jeudi, le pourfendeur de l’avortement a annoncé sa volonté de voir sa formation peser dans le débat de l’élection présidentielle. Des candidats seront présentés aux prochaines législatives, aux européennes de 2019 et aux municipales de 2020.
Civitas vise un électorat «national-catholique» insatisfait des positions jugées trop timides du Parti chrétien démocrate (PCD) de Jean-Frédéric Poisson, de Marion Maréchal Le Pen ou encore de Sens Commun, la composante des Républicains issue de la Manif pour tous. Escada, flanqué d’une douzaine de conseillers, entend mettre à bas «la société multiculturaliste des consommateurs nomades», «réintroduire la moralité dans l’ordre public» et provoquer l’avènement du «catholicisme social», présenté comme «la troisième voie entre le socialisme et le libéralisme».
Si son programme n’est pas tout à fait bouclé, la tendance s’annonce poujadiste, anti-mondialiste, anti-immigrés et identitaire. Civitas a dévoilé une trentaine de mesures, parmi lesquelles une très longue liste d’abrogations: loi de séparation de l’Église et de l’État, loi Veil sur l’IVG, loi Taubira sur le mariage pour tous (avec annulation rétroactive des mariages existants), loi Gayssot condamnant l’expression raciste en public… Suppression, encore, des aides à la presse, des aides aux «associations parasites», du financement des centrales syndicales, des droits de succession, du droit du sol, de l’immigration…
Sans oublier la sortie de l’Otan et de l’Union européenne. Préférence nationale, renvoi des migrants, interdiction de la franc-maçonnerie et autres vieilles antiennes de l’extrême droite, que ne renierait pas Jean-Marie Le Pen, sont évidemment au rendez-vous.