Avec la démission de Chauprade l’implosion du FN a commencé

Marine-le-Pen-estime-qu-Aymeric-Chauprade-la-met-en-danger-mediatique

Des contradictions profondes tiraillent le parti lepéniste, notamment entre sa ligne Nord-Est, celle de Marine Le Pen et Florian Philippot d’une part, et la ligne Sud, où Marion Maréchal Le Pen et Jean-Marie Le Pen se retrouvent en connivence.

D’un côté elle accentue, sous l’influence de l’ex-chevènementiste Philippot, des positions « social-étatiques », l’interventionisme étatique étant mis au service d’une sorte de national socialisme qui surfe sur la désespérance des couches populaires ; c’est manifeste dans ses campagnes récentes à Hénin-Beaumont et dans la région Nord-Pas-de-Calais, où elle cherche à siphonner une partie de l’électorat socialiste et communiste de cette région.

C’est le discours sur la retraite à 60 ans, sur l’augmentation sensible du Smic, etc… Georges Marchais n’aurait pas fait mieux ! D’un autre côté, dans le Sud, le FN est, avec sa nièce, sur des postures qui appliquent les vieilles recettes du grand-père, formé à l’école poujadiste, le FN cherchant à racoler les voix des artisans et petits commerçants, qui n’en peuvent plus de l’interventionisme étatique, des impôts, des normes, et rejettent tout discours qui pourrait ressembler à celui de la gauche.

Entre le Nord et le Sud frontiste, il y a bien une incohérence idéologique forte qui va provoquer des fissures et, à l’approche de la présidentielle, provoquer de réelles divisions. Autrement dit, pendant les régionales, chacun au FN chasse sur ses terres avec des armes différentes, en espérant que cela ne se voit pas trop politiquement et médiatiquement.

Mais ensuite, quand il s’agira de la présidentielle, l’incohérence va devoir être traitée, elle créera d’inévitables tensions et peut-être une crise majeure. En cela, Marine Le Pen mange son pain blanc. Car le boulet Jean-Marie Le Pen, si la force physique lui est donnée, ne va pas se taire, bien au contraire. Pas plus que Marion Maréchal-Le Pen ne va, entourée comme elle l’est des « identitaires » théoriciens de l’inégalité des races, « affadir » son propos.

Les positions de la tante et de la nièce sur la Laïcité, les mœurs, l’homosexualité par exemple, sont diamétralement opposées et ne pourront que créer des divisions. Car Marion Maréchal-Le Pen s’appuie sur les catholiques traditionalistes de son parti, comme Bruno Gollnish, qui a toujours été prêt à « pardonner » (et même approuver) les dérapages du vieux compagnon Jean-Marie Le Pen, que ce soit sur les noirs et les arabes, ou les juifs et la seconde guerre mondiale. Ces tensions là, avec la jeune nièce, restera un cauchemar durable pour Marine Le Pen.

Atlantico

Manifestation contre BHL devant le café de Flore à Paris « Milliardaire, Faiseur de guerres »

« A Paris, des militants du Renouveau Français ont organisé une manifestation devant le QG et salon de Bernard-Henri Lévy (le Café de Flore), le très influent « philosophe milliardaire » qui sème la guerre et la mort à travers le monde (en Syrie notamment) en utilisant les forces françaises au service d’intérêts qui ne sont pas les nôtres. »

Entre Ligue du sud et FN, c’est la guerre totale

7775153557_la-deputee-frontiste-marion-marechal-le-pen-lors-d-une-conference-de-presse-dans-la-ville-du-pontet-le-18-octobre-2014Il n’est de pire ennemi qu’un ancien ami. Les deux partis d’extrême-droite sont en train d’en faire la démonstration dans le département, et plus particulièrement dans le Haut-Vaucluse. Le combat y est impitoyable, fait d’appétit de pouvoir, de luttes d’influence, déclarations assassines, transfuges divers et autres coups bas. Comme quoi, on peut dénoncer ce qu’on perçoit comme les pires travers de la vie politique chez les autres et les pratiquer soi-même.

La guerre est donc totale. Et la récente candidature de Jacques Bompard face à Marion Maréchal-Le Pen aux régionales puis l’annulation du scrutin départemental sur le canton d’Orange n’ont fait que la raviver. Dans la foulée de la décision du tribunal administratif de Nîmes, le FN, qui était à l’origine du recours, avait accusé la Ligue du sud d’avoir « volé »les élections. D’où la réaction courroucée du duo invalidé, Yann Bompard et Marie-Thérèse Galmard, lesquels avaient exigé des « excuses publiques », sous peine de procédure en diffamation.

Les excuses ne sont pas venues et la Ligue du sud a remis une pièce dans la machine en publiant ces derniers jours un communiqué cinglant intitulé « Puisque, malgré son jeune âge, il faut lui rafraîchir la mémoire… ». Adressé à Marion Maréchal-Le Pen, le texte pointe « les mensonges » de la députée de la 3e circonscription et juge « abjecte la comparaison vulgaire des méthodes de Jacques Bompard à un communisme attardé. Abjecte quand on connaît le fonctionnement du FN qui, comme tous les gros partis parisiens, place l’intérêt du parti avant l’intérêt des Français. »

La Provence

Colère des élus FN du Valenciennois, ils accusent leur parti de « despotisme »

916086419_B976972888Z.1_20151103173451_000_GLJ5HF0PK.3-0

Ni Jean-Luc François Laurent ni Francis Boudreghien. Les deux élus frontistes du Valenciennois, absents de la liste pour les élections régionales, crient au despotisme. En ligne de mire, Guy Cannie, le patron du FN pour le Hainaut, qui ne s’en laisse pas compter. Règlement de comptes. 

« On est très remontés, à Anzin, Valenciennes et Douai. On s’insurge. Ça va exploser ! » Mais de quel révolutionnaire ces propos viennent-ils ? De Jean-Luc François Laurent, élu FN à Valenciennes. Comme Francis Boudrenghien, élus à Anzin, il ne figure pas sur la liste de Front nationale aux élections régionales de décembre. « Je suis zappé, nous a dit mardi Jean-Luc François Laurent. Mme Valérie Codron, ma colistière, n’est pas en position éligible. Il n’y a personne d’Anzin non plus. Le Valenciennois est ignoré. On n’a pas tenu compte de notre territoire. »

Une quinzaine de candidats ? « Ce ne sont pas des élus !, s’insurge Jean-Luc François Laurent. Je parle d’élus, pas de copains. Nous, on s’est battus, à toutes les élections, municipales, législatives et départementales. Ils ont placé leurs copains, des gens du Pas-de-Calais et de Lille. Il y a pourtant 390 000 habitants dans l’arrondissement. On est méprisés, je trouve cela déplorable. Mais le feuilleton ne fait que commencer. »

L’Anzinois Francis Boudrenghien n’est « pas content de Guy Cannie. Il ne s’occupe pas du Hainaut ! Il n’est jamais là ! »

« Il m’en a toujours voulu, réplique Guy Cannie. C’est un ami de Dominique Slabolepszy (l’ancien patron du FN dans le Valenciennois), il n’a jamais accepté qu’un Lillois s’occupe du Hainaut. »

La Voix du Nord

Nicolas Bay, candidat FN en Normandie, au cœur d’une affaire de fraude au Parlement européen ?

maxnewsworldthree510147

La présidente du FN, Marine Le Pen, a-t-elle fraudé au Parlement européen ? Des eurodéputés, dont Nicolas Bay, candidat aux Régionales en Normandie, auraient voté à sa place.

Mercredi 28 octobre 2015, les eurodéputés accusaient Marine Le Pen d’avoir fraudé durant une session de vote au Parlement européen. La députée européenne, Anna Maria Corazza, a dénoncé publiquement la tricherie : l’élue FN est accusée de s’être fait remplacer pour des votes. En son absence, sa carte de vote aurait été utilisée à au moins huit reprises. Les soupçons se porteraient sur le Néerlandais Marcel de Graaf, co-président du groupe parlementaire Europe des Nations et des Libertés. Selon l’élue du Parti populaire européen (PPE), Nicolas Bay, candidat FN aux Régionales en Normandie, aurait également voté à plusieurs reprises à la place de la présidente de son parti.

Des votes litigieux entre 14h15 et 14h18

Au Parlement européen, chaque vote est nominatif et chaque élu dispose d’une carte de vote personnelle. Selon les dires de la députée européenne, Anna Maria Corazza, quelqu’un aurait voté à la place de Marine Le Pen, alors qu’elle était absente de l’hémicycle. Peu avant, l’élue s’étant absentée, un autre député aurait voté en son nom. C’est Nicolas Bay que la députée européenne, à l’origine du scandale, désigne :

Mercredi dernier donc, un premier vote en assemblée plénière porte sur les émissions de CO2 par les voitures. Or, je vois madame Le Pen quitter son banc ostensiblement pour aller parler à un collègue. C’est le secrétaire général du FN et député européen Nicolas Bay qui vote à sa place. Prudente, j’attends la suite, confie Anna Maria Corazza à Paris Match.

Puis, Marine Le Pen quitte l’hémicycle. Durant son absence, sept votes sont enregistrés. Marcel de Graaf, député néerlandais coprésident du groupe d’extrême-droite Europe des nations et libertés (ENL), se serait exprimé en lieu et place de l’élue FN.

Normandie Actu

Un eurodéputé FN pro-russe met en garde Aymeric Chauparde : des proches de Poutine veulent « phagocyter » Marine Le Pen

Aymeric Chauprade et Konstantin Malofeev fn mafia russie poutine marien le pen« Spécial Investigation » révèle ce lundi soir une conversation édifiante dans laquelle un eurodéputé FN pro-russe met en garde Aymeric Chauprade sur des proches de Poutine qui voudraient « phagocyter » Marine Le Pen. L’élu l’alerte également sur un personnage-clé de la filière russe du FN qu’il juge « mafieux »: son ami Konstantin Malofeev, un oligarque proche du Kremlin.

C’est une séquence qui met à mal la filière russe du Front national. L’émission « Spécial Investigation » (Canal Plus) révèle ce lundi soir une conversation édifiante interceptée au parlement européen entre l’eurodéputé FN Aymeric Chauprade, ancien conseiller « spécial » de Marine Le Pen et pilier de ses réseaux russes, et l’un de ses collègues frontistes.

De retour de Moscou, cet eurodéputé, pro-russe lui aussi, met en garde Aymeric Chauprade sur son ami Konstantin Malofeev, un milliardaire russe proche de Vladimir Poutine. 

Mediapart

Glenn Greenwald, journaliste américain fustige l’hypocrisie de la France sur Israël

Glenn Greenwald

Ancien avocat spécialisé en droit constitutionnel et journaliste autodidacte à l’origine de l’affaire Snowden, Glenn Greenwald a fustigé la France dans une tribune publiée le mardi 27 octobre par le site The Intercept

Le motif ? La condamnation prononcée le 20 octobre par la Cour de Cassation à l’encontre de 12 militants pro-palestiniens du collectif « Boycott-Désinvestissement-Sanctions »

Dans son papier intitulé «Le militantisme anti-israélien criminalisé dans le Pays de Charlie Hebdo et de la « Liberté d’expression »», Greenwald souligne l’incongruité consistant à pouvoir aisément prôner le boycott de l’Iran ou de la Russie mais pas celui d’Israël et dénonce la tendance «autoritariste, et même fasciste» de la France dans le fait «d’abuser du droit pénal pour rendre illégal le militantisme» au sujet «d’un pays et d’un pays seulement»

The Intercept

Pour Gérald Darmanin, les médias «semblent vouloir» la victoire du FN

L-elu-FN-Florian-Philippot-est-le-plus-gros-squatteur-des-matinales-en-aout-2015

Pour Gérald Darmanin, directeur de campagne de Xavier Bertrand et maire LR de Tourcoing, si le FN progresse, ce n’est pas parce que les positions se durcissent ou parce que le centre de gravité du débat politique se déporte toujours plus vers la droite, c’est parce que les journalistes en parlent trop.«C’est ce que vous semblez vouloir, les médias», s’agace Gérald Darmanin

«Si matin, midi et soir on leur demande comment vous vous positionnez par rapport au FN, vous n’aurez que des commentaires sur le parti de Marine Le Pen», balaye le maire de Tourcoing.

Et le député LR du Nord de fustiger «les médias» qui «ne posent que des questions sur le FN» au lieu de se pencher sur «le programme». «Vous m’avez posé 6 fois la question sur le FN», accuse Darmanin qui regrette de n’avoir pas pu parler du canal Seine-Nord. «Je ne sais pas qui court derrière le FN», s’interroge-t-il encore

Le Figaro

Aimé Deléglise, élu FN déchire sa carte et dénonce un parti devenu « le front des opportunistes »

Aimé Deléglise FN demissin rififi louis alliot

Aimé Deléglise, conseiller municipal et communautaire de Pamiers, candidat lors des récentes élections départementales, annonce ainsi avoir retourné sa carte de membre aux instances nationales.

Dans le communiqué de presse qu’il nous a adressé, Aimé Deléglise laisse entendre que «l’investiture par la direction du Front National de Bernard Gondran, un choix non justifiable», serait la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase.

Selon lui, l’ancien maire UMP de Saint-Girons «n’a qu’une ambition, celle de profiter de la vague bleu Marine pour être élu. Il n’a aucune légitimité pour porter les couleurs du Front National dans notre département comme tête de liste pour les prochaines élections régionales 2015 puisqu’il n’est pas membre de ce parti».

Et d’en tirer la conclusion qui s’impose: si le FN investit une personnalité qui ne se revendique pas de ses valeurs, «je ne me reconnais plus dans ce parti devenu le Front des Opportunistes.

Cette investiture démontre le total mépris du Front National à l’égard de ses hommes de terrain, de qualité et de valeurs qui travaillent depuis des années sans relâche bénévolement et avec tous les risques que cela engage, que ce soit sur le plan physique, social ou professionnel».

Élu à Pamiers depuis le scrutin municipal de 2014, Aimé Deléglise en appelle désormais à ses concitoyens-électeurs: «J’espère qu’ils ne tomberont pas dans le piège de cette supercherie et vont bien réfléchir avant de mettre un bulletin dans l’urne.», écrit-il sans ambages.

Une chose est certaine: la liste régionale conduite par Louis Aliot perd avec Aimé Deléglise un de ses porte-parole en Ariège. Et ils n’étaient déjà pas nombreux.

Ariège News

« Marche de la Dignité et contre la racisme » Dimanche 31 octobre à Paris

marche pour la dignité

Un collectif de femmes va organiser samedi à Paris une « Marche de la Dignité » pour « dénoncer le racisme structurel au sein de la société », 32 ans après la Marche pour légalité et dix ans après les émeutes urbaines.

« Le racisme structurel » de la société. « Il faut encore une fois sortir dans la rue, dénoncer la police qui assassine, le racisme structurel au sein de la société. Si nous ne demandons pas justice, personne ne le fera à notre place », a expliqué jeudi Amal Bentounsi, membre du Mafed (Marche des femmes pour la dignité), un collectif autonome composé exclusivement de femmes affirmant subir le « racisme d’Etat ».

« C’est important que cette marche soit organisée par des femmes issues de l’immigration et des quartiers, qui subissent le racisme au quotidien, elles-mêmes et à travers leurs frères, pères, maris« , a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse à Paris.

CSeLwRoWwAAMGcS« Poursuivre la décolonisation ». La « Marche de la Dignité », qui dénonce l’islamophobie, la négrophobie et la romophobie et affirme vouloir « poursuivre la décolonisation » en s’inscrivant dans la lignée des luttes anti-impérialistes du passé, partira samedi de Barbès à 14h pour rejoindre la place de la Bastille, où des prises de parole sont prévues, suivies d’un concert auquel doivent notamment participer Kery James, Médine, Disiz, Tunisiano, Princess Erika.

Des dizaines de milliers de manifestants. Les organisatrices, qui ont reçu le soutien de la militante américaine des droits civiques Angela Davis et de dizaines d’associations, espèrent la présence de dizaines de milliers de participants, avec des délégations venues par cars de province et de l’étranger.

Europe 1

Pierre-Jean Robinot, élu FN « le parti trahi son électorat, le FN n’est pas démocratique »

Pierre-Jean Robinot dictature trahison fn epinal

« Suite aux importants incidents qui ont abouti à l’explosion de la fédération FN des Vosges, ce site est en travaux pour une totale refonte.

Vous retrouverez toutes nos informations au lendemain de notre conférence de presse qui aura lieu dans les jours à venir. »

Cette phrase, postée mercredi matin sur le site du FN Epinal, a de quoi interpeller car il y est fait état de querelles internes au sein de la fédération vosgienne.

Joint par téléphone, Pierre-Jean Robinot, conseiller municipal d’opposition FN à la Ville d’Epinal, revient plus en détail sur le malaise latent qui existe, depuis plusieurs mois, au sein de la structure.

« Depuis un an, la fédération des Vosges va très mal. Tout ça provient du fait qu’on a un secrétaire départemental qui n’est d’ailleurs pas vosgien et qui coupe des têtes dès qu’on n’est pas d’accord avec lui. Aujourd’hui, la fédé a perdu 90 % de ses membres. C’est une catastrophe.

On a essayé de régler nos problèmes en interne mais ce n’est plus possible. On attend le dépôt des listes pour dire toute la vérité. Aujourd’hui, personne ne sait qui est sur la liste. C’est un grand secret. Il n’y a aucune discussion possible. »

L’élu spinalien va même plus loin dans ses accusations : « J’ai réussi à tenir le FN Vosges pendant tout ce temps. J’ai alerté à plusieurs reprises l’instance parisienne mais elle s’en fout complètement. Le problème, c’est que je ne suis pas d’accord avec le programme décidé pour les élections régionales. Les orientations données vont totalement dévaloriser les Vosges. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant.

La seule chose, c’est que le parti a trahi son électorat. C’est très grave. Un parti politique, c’est une structure où on échange, où on doit être écouté. Le FN n’est pas un parti démocratique. Moi, je ne veux pas trahir les gens qui ont voté pour moi. La supercherie a assez duré », explique l’élu, annonçant qu’une réunion des frondeurs est organisée ce soir à huis clos (lire hier soir, NDLR) pour décider du comportement à adopter dans les prochains jours.

La dizaine de conseillers municipaux du Front national pourraient, à en croire notre interlocuteur, adopter une stratégie commune.

Voges Matin

Clémence pour “Air Cocaïne” mais pas de pitié pour les ados Marseillais

Air cocaïne Pascal Fauret Bruno Odos evasion République dominicaine trafic de drogue

« Les quartiers Nord de Marseille, une nouvelle fois le théâtre de la guerre des stupéfiants », annonce BFMTV dimanche dernier. « Un énième règlement de comptes sur fond de trafic de drogue », renchérit Anne-Claire Coudray sur TF1. Après la fusillade qui a causé la mort de trois personnes, dont deux mineurs de 15 ans, les télés unanimes attribuent le massacre aux trafiquants de drogue, encouragées par la déclaration de Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur : « A ce stade, l’hypothèse de meurtres liés au trafic de stupéfiants est privilégiée. »

Manuel Valls confirme par un tweet : « Rien n’arrêtera la détermination de l’Etat à lutter contre le crime organisé. » « La cité des Lauriers a la réputation d’être une plaque tournante dans le trafic de drogue », commencent invariablement les reportages des télés, rappelant que « les trois victimes étaient connues des services de police ». « On peut parler de guerre de territoires, on a affaire à ce que j’appelle le narco-banditisme, une alliance des gangs des cités avec des organisations mafieuses », estime Jean-Michel Verne, « spécialiste du grand banditisme », interrogé sur BFMTV. « Qu’est-ce qui a changé ?, s’enquiert la présentatrice. La multiplication des armes lourdes, le jeune âge des personnes impliquées, la guerre des territoires, les cités : tout ça est une sorte de cocktail… »

Un cocktail frelaté. Le lendemain, lundi, le procureur de la République de Marseille indique que l’enquête sur le triple homicide « ne permet pas à ce jour d’affirmer qu’il y a un lien avec le trafic de stupéfiants. Aucune des trois victimes n’a été condamnée dans des affaires de stupéfiants », précise-t-il. Où l’on apprend que le majeur avait été condamné treize fois, dont une fois à quatre ans de prison ferme pour des violences aggravées ; qu’un des mineurs avait été condamné une fois pour violences aggravées, que le deuxième n’avait aucune mention à son casier. Et qu’une des victimes mineures était en outre revenue à Marseille très récemment, alors qu’elle habitait habituellement à Rennes.

Ces précisions arrivent trop tard. Les victimes, et notamment les deux mineurs, sont présentées comme des trafiquants de drogue en ouverture de tous les JT du dimanche. Et, le lundi, l’affaire est déjà reléguée en brève.

Même morts, les habitants des cités sont donc présumés coupables, comme le regrette Rouguyata Sall, du Bondy Blog, dans un article de Libé paru lundi (« Tuerie à Marseille : les mots devancent l’enquête »). Cette sévérité contraste avec la complaisance dont ont fait preuve toutes les chaînes pour relayer le plaidoyer d’autres personnes soupçonnées de trafic de drogue — d’une toute autre ampleur —, les deux pilotes de l’affaire « Air cocaïne » échappés de République dominicaine.

Conférence de presse en direct et en intégralité sur les chaînes info, avis d’experts (en barbouzerie, pas en trafic de stupéfiants), témoignage de la mère d’un des fuyards (pardon, « exfiltrés »), antennes ouvertes aux soutiens des deux pilotes…

L’un d’eux, l’eurodéputé du Front national Aymeric Chauprade, se multiplie pour passer en direct sur le plateau de BFMTV à 18h et sur celui de C à vous (France 5) à 19h, tout en donnant une interview pour Le 19.45 de M6 et pour le 20 heures de France 2, qui accueille les pilotes Pascal Fauret en plateau et Bruno Odos en duplex.

Tout au long de la journée, les journalistes tendent les micros pour relayer les deux arguments des pilotes arrêtés avec 680 kilos de cocaïne dans leur Falcon : la justice dominicaine est inique, nul pilote au monde n’est responsable des marchandises qu’il transporte. Personne ne prend la peine de les mettre en doute même si le dossier de leurs auteurs (mis en examen par une juge de Marseille) est beaucoup plus fourni que celui des deux mineurs assassinés à Marseille.

Dès décembre 2012, les gendarmes de Saint-Tropez (!) ont été alertés par le déchargement de nombreuses valises sur l’aéroport de La Môle depuis un avion en provenance de Saint-Domingue. Au total, avec celui qui leur a été fatal, ce sont trois vols transatlantiques très douteux qu’a effectués le même équipage à bord d’avions privés.

D’un côté, on déplore l’acharnement judiciaire dont sont victimes deux pilotes transportant 680 kilos de drogue. De l’autre, on assure sans aucune preuve que deux adolescents de 15 ans victimes d’une fusillade sont des trafiquants de drogue. Et au milieu, on commémore les émeutes de 2005… Cherchez l’erreur.

Télérama

Incident islamophobe a la remise du «prix de la laïcité»

prix de la laicité islamophobie voile

Suheda Asik, qui travaille pour l’hebdomadaire franco-turc Zaman France, est venue assister, lundi 26 octobre, à la remise du prix de la laïcité organisée dans un salon de l’Hôtel de ville de Paris. Le Premier ministre, Manuel Valls, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, assistaient à cette cérémonie organisée par le Comité Laïcité République.

Dans un article publié mardi sur le site de son journal, Suheda Asik raconte comment trois personnes, avant le début de la cérémonie, lui ont demandé, avec insistance, de retirer son voile, justement au nom de la laïcité vantée ce soir-là. Elle écrit ainsi :

«Arrivée à la salle municipale, un agent d’accueil se dirige vers moi. […] Continuant à marcher à mes côtés, il se rapproche et me demande en « souriant » : « Vous êtes vraiment obligée de garder ça sur votre tête ? »

Abasourdie, je pense un instant avoir mal entendu. Je lui demande donc de se répéter. « Non mais vous savez, vous êtes à l’Hôtel de ville ici, il faut respecter. Nous vous avons laissé entrer, vous pourriez l’enlever par égard pour nous, dit-il en désignant mon voile, c’est la moindre des choses ».»

Puis :

«Un mal ne venant jamais seul, quelques minutes plus tard, je me rends compte que j’ai oublié mon téléphone à la sécurité, ce qui m’oblige à redescendre.

A mon retour dans la salle, je me dirige vers ma place quand une femme faisant partie de l’organisation m’arrête. « Bonjour ! » me dit-elle en me fusillant du regard, puis sans transition : « Enlevez votre voile ! »»

Cette femme ira ensuite chercher un membre du Comité Laïcité République, qui demandera à la journaliste : «Et vous traitez de la laïcité, vous ?» «A croire que mon voile m’empêche de réfléchir ou de faire mon métier», ironise Suheda Asik.

La mairie de Paris solidaire de la journaliste

Contactée par Libération, la mairie de Paris confirme les faits, en soulignant que son rôle dans la soirée s’est limité à mettre le salon à disposition du Comité Laïcité République (comme cela a déjà été le cas auparavant) et à gérer les relations presse.

«On est en total soutien avec elle», fait savoir le service de presse de la mairie, dont le représentant souligne qu’il se trouvait lui-même sur place lundi soir. «J’ai souligné aux personnes concernées que leurs propos étaient inappropriés», dit-il. Il s’agirait donc de deux membres de l’équipe d’organisation et d’une invitée.

Sur Twitter, Emmanuel Grégoire, adjoint à la maire de Paris, a publié un tweet allant dans le même sens :

Dans son article, Mediapart rappelle que ces dernières années, les prix décernés par le CLR «ont toujours récompensé les tenants d’une approche dure de la laïcité», autrement dit essentiellement concentrée sur l’islam :

«la directrice de la crèche Baby Loup Natalia Baleato (2011), la députée radicale de gauche Françoise Laborde (2012), l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Jeannette Bougrab (2013), les philosophes Henri Pena-Ruiz et Catherine Kintzler l’an dernier».

Charb fut le président du jury en 2012. Lauréat cette année, Samuel Mayol est une personnalité controversée : directeur de l’IUT de Saint-Denis, celui que le CLR distingue pour «son action en faveur de la neutralité dans l’enseignement supérieur face à la montée d’incidents communautaristes» est soupçonné, ces dernières semaines, d’avoir installé lui-même des tapis de prière dans le local d’une association étudiante musulmane pour la discréditer.

Libération