L’ex-FN Chauprade soutient Fillon pour barrer la route à Marine Le Pen

Ancien conseiller de Marine Le Pen sur les affaires internationales, Aymeric Chauprade offre ses services à l’équipe de François Fillon pour démonter l’argumentaire du Front national.

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Ancien cadre du FN qui fut l’un des proches conseillers de Marine Le Pen avant de se voir écarté, l’eurodéputé Aymeric Chauprade connaît bien Marine Le Pen qu’il soutenait jusqu’à l’année dernière. Fâché d’avoir été mis au ban pour ses propos sur l’islam et déçu par la ligne qu’il juge trop «socialiste-nationaliste», ce spécialiste des questions internationales se fait désormais le pourfendeur du programme de Marine Le Pen. Début novembre, dans un entretien accordé à Valeurs Actuelles, Aymeric Chauprade envisageait de rejoindre le Parti populaire européen (PPE) avec en tête l’idée de se rapprocher de Nicolas Sarkozy dans le contexte de la primaire LR.

Interrogé par L’Express ce mardi, il annonce désormais son soutien à François Fillon. «Je suis allé voter au premier tour pour Nicolas Sarkozy parce que je pensais qu’il avait de meilleures chances pour l’emporter. Je me suis trompé sur ce point, mais je ne renie pas du tout mon vote», confie Aymeric Chauprade, qui fait donc partie des 20% de sarkozystes déçus dimanche soir. «Je salue aussi l’incroyable campagne qu’a faite François Fillon, partant d’assez bas et en s’accrochant jusqu’au bout», explique ce géopoliticien favorable, comme François Fillon, à l’axe Paris-Moscou. «Il y a une convergence totale entre mes analyses et ce que dit François Fillon sur la nécessité de travailler avec la Russie et de remettre sur la table nos relations avec les monarchies sunnites du Golfe à cause de leurs ambiguïtés vis-à-vis du totalitarisme islamique», tient-il d’ailleurs à faire valoir.

Le Figaro

Ex-FN et conseiller de Marine Le Pen, Aymeric Chauprade veut rejoindre la droite au Parlement européen

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Aymeric Chauprade veut vraiment changer de camp. L’ancien conseiller de Marine Le Pen sur les questions internationales a quitté le FN en novembre 2015 pour des raisons « morales et idéologiques », mais aussi en raison de son opposition à la ligne incarnée par Florian Philippot. Et aujourd’hui, il essaye de rejoindre les rangs de la droite, que ce soit chez Les Républicains ou du côté de la délégation du Parti Populaire Européen (PPE) au Parlement européen.

En avril, il faisait *subtilement* signe à LR en laissant entendre qu’il pourrait leur balancer des dossiers sur le FN. « Je sais tout sur ce parti, je n’ai pas dévoilé toutes mes cartes, et ça, ils le savent chez Les Républicains », disait-il alors au Monde. Selon Valeurs Actuelles jeudi 3 novembre, l’ancien eurodéputé FN veut désormais « intégrer la délégation française du PPE », parti qui regroupe les droites européennes à Strasbourg. Il bénéficierait dans ce cadre, selon l’hebdomadaire très droitier, « du soutien inconditionnel de Michèle Alliot-Marie, Nadine Morano ou encore Brice Hortefeux », tous eurodéputés LR.

Sans valider cette dernière information, Brice Hortefeux confirme simplement au Labavoir été contacté par Aymeric Chauprade. Le plus fidèle des amis de Nicolas Sarkozy explique :

Il m’a fait part de son souhait d’intégrer la délégation du PPE et à ce stade il n’y a pas eu de suite. Je l’ai écouté mais il n’y a pas d’intégration à ce stade.

Notez la répétition de la précision « à ce stade ». Faut-il entendre qu’il s’agit d’une option pour l’avenir ? Brice Hortefeux élude :

C’est une décision qui ne peut être que collective. Si j’avais été interrogé dans le cadre d’un débat en interne [à la délégation], je vous donnerais mon sentiment, mais ça n’a pas été le cas.

No comment, mais pas d’opposition de principe non plus, donc. Contactée par Le Lab, Nadine Morano n’était pas disponible.

Pour mémoire, il arrive à Aymeric Chauprade de participer à d’étranges opérations commando en République dominicaine, de considérer qu' »une cinquième colonne puissante vit chez nous », de défendre la théorie du « grand remplacement » ou d’affirmer que l’islam « n’est pas » compatible avec la République.

Selon Valeurs Actuelles, l’ancien frontiste voudrait aussi « aider Nicolas Sarkozy à parler à l’électorat tenté par le FN ». Observant « la droitisation des débats » actuelle, il considère, cité par l’hebdomadaire, qu' »il faudra bien que quelqu’un aille parler aux électeurs tentés par le piège du Front national ». Interrogé par Le Lab sur cette volonté de rapprochement avec l’équipe de campagne de l’ancien chef de l’État, Brice Hortefeux ne confirme pas :

À ce stade, il n’a pas formulé de demande [en ce sens].

Le Lab

L’ex-FN Aymeric Chauprade dénonce l’influence d’Alain Soral au Front national

Lorsqu’Aymeric Chauprade a annoncé, début novembre, qu’il quittait le Front national, l’eurodéputé visait surtout un ennemi : Florian Philippot. On apprend ce lundi 18 janvier que le poids du numéro 2 du FN n’est pas la seule raison qui a poussé Aymeric Chauprade à claquer la porte du parti de Marine Le Pen. L’influence d’Alain Soral au sein du parti frontiste a aussi joué.  

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Interrogé par Street Press, l’ancien conseiller sur les questions internationales de Marine Le Pen dit :

L’influence d’Alain Soral sur une partie du Front Nationala été l’une des raisons de fond qui m’ont poussé à quitter ce mouvement.

Alain Soral, anciennement proche de Marine Le Pen, connu pour son antisionisme notoire et son antisémitisme assumé, aurait donc d’après Aymeric Chauprade, une « influence » sur « une partie » du FN. Oui mais laquelle ? L’été dernier, après avoir assisté à l’anniversaire de Jean-Marie Le Pen, il a officiellement créé avec Dieudonné le parti politique « Réconciliation nationale ».

Aymeric Chauprade lui-même reconnait avoir diné une fois avec Alain Soral et… Frédéric Châtillon, proche de Marine Le Pen. À la tête de la société Riwal, Frédéric Châtillon a été mis en examen en janvier 2015 dans le cadre de l’enquête sur le financement  du FN.

Concernant le dîner en question, Aymeric Chauprade raconte avoir eu « l’impression d’être auditionné, comme pour voir si [sa] ligne était compatible ». Il dément en revanche avoir sollicité l’aide de « cet antisémite » d’Alain Soral pour les européennes de 2014.

Comme le rappelle Street Press, dans une vidéo de septembre 2014, Alain Soral explique qu’Aymeric Chauprade a demandé à Égalité & Réconciliation de tracter pour lui lors des européennes.

D’autres membres d’Égalité & Réconciliation seraient proches du FN. C’est le cas par exemple de Stéphane Perez, candidat frontiste lors des municipales à Bagnols-sur-Ceze, dans le Gard, et adhérent de l’association d’Alain Soral. Élu conseiller municipal, il a quitté le FN, estimant que la parti a pris « un virage anti-islam ».

Le Lab

Clémence pour “Air Cocaïne” mais pas de pitié pour les ados Marseillais

Air cocaïne Pascal Fauret Bruno Odos evasion République dominicaine trafic de drogue

« Les quartiers Nord de Marseille, une nouvelle fois le théâtre de la guerre des stupéfiants », annonce BFMTV dimanche dernier. « Un énième règlement de comptes sur fond de trafic de drogue », renchérit Anne-Claire Coudray sur TF1. Après la fusillade qui a causé la mort de trois personnes, dont deux mineurs de 15 ans, les télés unanimes attribuent le massacre aux trafiquants de drogue, encouragées par la déclaration de Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur : « A ce stade, l’hypothèse de meurtres liés au trafic de stupéfiants est privilégiée. »

Manuel Valls confirme par un tweet : « Rien n’arrêtera la détermination de l’Etat à lutter contre le crime organisé. » « La cité des Lauriers a la réputation d’être une plaque tournante dans le trafic de drogue », commencent invariablement les reportages des télés, rappelant que « les trois victimes étaient connues des services de police ». « On peut parler de guerre de territoires, on a affaire à ce que j’appelle le narco-banditisme, une alliance des gangs des cités avec des organisations mafieuses », estime Jean-Michel Verne, « spécialiste du grand banditisme », interrogé sur BFMTV. « Qu’est-ce qui a changé ?, s’enquiert la présentatrice. La multiplication des armes lourdes, le jeune âge des personnes impliquées, la guerre des territoires, les cités : tout ça est une sorte de cocktail… »

Un cocktail frelaté. Le lendemain, lundi, le procureur de la République de Marseille indique que l’enquête sur le triple homicide « ne permet pas à ce jour d’affirmer qu’il y a un lien avec le trafic de stupéfiants. Aucune des trois victimes n’a été condamnée dans des affaires de stupéfiants », précise-t-il. Où l’on apprend que le majeur avait été condamné treize fois, dont une fois à quatre ans de prison ferme pour des violences aggravées ; qu’un des mineurs avait été condamné une fois pour violences aggravées, que le deuxième n’avait aucune mention à son casier. Et qu’une des victimes mineures était en outre revenue à Marseille très récemment, alors qu’elle habitait habituellement à Rennes.

Ces précisions arrivent trop tard. Les victimes, et notamment les deux mineurs, sont présentées comme des trafiquants de drogue en ouverture de tous les JT du dimanche. Et, le lundi, l’affaire est déjà reléguée en brève.

Même morts, les habitants des cités sont donc présumés coupables, comme le regrette Rouguyata Sall, du Bondy Blog, dans un article de Libé paru lundi (« Tuerie à Marseille : les mots devancent l’enquête »). Cette sévérité contraste avec la complaisance dont ont fait preuve toutes les chaînes pour relayer le plaidoyer d’autres personnes soupçonnées de trafic de drogue — d’une toute autre ampleur —, les deux pilotes de l’affaire « Air cocaïne » échappés de République dominicaine.

Conférence de presse en direct et en intégralité sur les chaînes info, avis d’experts (en barbouzerie, pas en trafic de stupéfiants), témoignage de la mère d’un des fuyards (pardon, « exfiltrés »), antennes ouvertes aux soutiens des deux pilotes…

L’un d’eux, l’eurodéputé du Front national Aymeric Chauprade, se multiplie pour passer en direct sur le plateau de BFMTV à 18h et sur celui de C à vous (France 5) à 19h, tout en donnant une interview pour Le 19.45 de M6 et pour le 20 heures de France 2, qui accueille les pilotes Pascal Fauret en plateau et Bruno Odos en duplex.

Tout au long de la journée, les journalistes tendent les micros pour relayer les deux arguments des pilotes arrêtés avec 680 kilos de cocaïne dans leur Falcon : la justice dominicaine est inique, nul pilote au monde n’est responsable des marchandises qu’il transporte. Personne ne prend la peine de les mettre en doute même si le dossier de leurs auteurs (mis en examen par une juge de Marseille) est beaucoup plus fourni que celui des deux mineurs assassinés à Marseille.

Dès décembre 2012, les gendarmes de Saint-Tropez (!) ont été alertés par le déchargement de nombreuses valises sur l’aéroport de La Môle depuis un avion en provenance de Saint-Domingue. Au total, avec celui qui leur a été fatal, ce sont trois vols transatlantiques très douteux qu’a effectués le même équipage à bord d’avions privés.

D’un côté, on déplore l’acharnement judiciaire dont sont victimes deux pilotes transportant 680 kilos de drogue. De l’autre, on assure sans aucune preuve que deux adolescents de 15 ans victimes d’une fusillade sont des trafiquants de drogue. Et au milieu, on commémore les émeutes de 2005… Cherchez l’erreur.

Télérama

Màj Air cocaïne : Aymeric Chauprade, l’eurodéputé FN « au plus près » de l’opération d’exfiltration ?

7780276952_aymeric-chauprade-eurodepute-front-nationalCet eurodéputé Front national aurait été « au plus près » de l’opération d’exfiltration des deux pilotes français condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine.

Selon les informations de BFMTV, « un homme politique français était « au plus près » de cette opération d’exfiltration. Le nom d’un homme se détache dans cette affaire : Aymeric Chauprade. « Cet élu a travaillé durant quatre ans en République dominicaine en tant que conseiller spécial du président de la République, entre 2009 et 2012« , ajoute le site.

L’eurodéputé Front national les soutient « depuis le début », comme il le clame. Il est « convaincu de leur innocence ». Et si tous les regards se tournent vers Aymeric Chauprade, c’est parce que l’eurodéputé a posté une photo, le 21 octobre dernier, avec Pascal Fauret et Bruno OdosIl déclare aussi avoir dîné avec les deux hommes, le samedi 17 octobre, dans un hôtel de la République dominicaine. « Ils avaient retrouvé une forte combativité et j’ai compris alors qu’ils étaient déterminés à rejoindre la France pour pouvoir se défendre. Ils étaient très motivés par la perspective de partir », raconte-t-il à l’AFP. Mais l’un des pilotes a déclaré à son sujet : « Il est dans le comité de soutien à titre personnel. Je ne le connais pas plus que ça ».

RTL


« Air cocaïne » : Pascal Fauret et Bruno Odos condamnés à 20 ans de prison, se sont évadés

Air cocaïne Pascal Fauret Bruno Odos evasion République dominicaine trafic de drogue

Condamnés en août dernier à 20 ans de prison pour trafic de drogue, les deux pilotes français Pascal Fauret et Bruno Odos ont fui la République dominicaine pour rentrer en France. Laissés en liberté dans l’attente de l’examen de leur appel, ils avaient toutefois interdiction de quitter le pays.

Ils auraient été exfiltrés par une équipe composée de copains marins. Les deux pilotes auraient ainsi bénéficié du soutien de leurs amis militaires et marins qui leur auraient trouvé des passeports. Récupérés puis emmenés sur un bateau, ils auraient ensuite rejoint l’île de Saint-Martin avant de prendre un vol pour la France.

Arrivés samedi 24 en fin d’après-midi à Paris, ils auraient regagné la région de Lyon. Le pilote et son co-pilote auraient été aperçus à l’hôtel Embajador, à Saint-Domingue, avec un proche de Marine Le Pen, Aymeric Chauprade. L’eurodéputé aurait d’ailleurs confirmé qu’ils étaient ensemble avant leur fuite.

Pour rappel, ils avaient été arrêtés dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, avec deux autres personnes, alors qu’ils s’apprêtaient à décoller de Punta Cana (République dominicaine) à bord d’un Falcon 50 contenant 680 kilos de cocaïne.

France Soir