Sur France 2, « L’Émission politique » sert la soupe à Marine Le Pen

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Que Marine Le Pen, comme toute candidate ou candidat, cherche à imposer dans l’espace médiatique les thèmes qu’elle privilégie et les solutions qu’elle préconise n’a rien de surprenant : telle est la dure loi de la propagande électorale. En revanche, que des journalistes, quand ils sont réputés sans parti pris, devancent les souhaits des candidats et se mettent au service de cette propagande, cela mérite qu’on s’y arrête.

Servir la soupe : c’est en effet ce que Michel Field (en sa qualité de directeur de l’information), Alix Bouilhaguet (en sa qualité de rédactrice en chef de l’émission), David Pujadas et Léa Salamé (en leurs qualités de concepteurs et de présentateurs) ont brillamment préparé, puis accompli, durant de longues séquences de « L’Émission politique » du 9 février 2017, avec Marine Le Pen. Sans que celle-ci ait à faire le moindre effort en ce sens, il leur aura suffi pour cela de privilégier les questions (voire les réponses) que la candidate considère comme prioritaires et qui résument largement sa vision du monde : les questions liées à la présence en France de personnes nées ailleurs dans le monde et/ou de confession musulmane.

L’émission était découpée en huit séquences, introduites à grand renfort d’effets de caméra et de « jingle » d’ambiance, vraisemblablement gages, aux yeux des organisateurs de l’émission, d’un traitement rythmé et moderne de la politique, d’un spectacle efficace propre à susciter un véritable intérêt des téléspectateurs – et éventuellement d’un score d’audimat satisfaisant.

Dès la première séquence, consacrée aux « questions d’actualité », le ton est donné. Marine Le Pen est longuement interrogée, pendant plus de 11 minutes sur 25, sur l’accès aux soins des personnes non françaises, l’émigration clandestine ou légale et le « Muslim ban » de Donald Trump [1].

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Non les médias publics ne sont pas squattés par des gauchistes, au contraire

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Il faut féliciter la réussite fulgurante de la pétition pour le pluralisme lancée par le Collectif des usagers du service public de l’audiovisuel et soutenue par Valeurs actuelles. Son objet : «Mettre fin à la mainmise de l’idéologie gauchisante sur l’appareil d’audiovisuel d’Etat. Pour le rétablissement du pluralisme de l’information.» Ce n’est pas tant son nombre de signataires qui en fait un succès (ils vont atteindre les 6000) mais ses conséquences quasi immédiates sur les programmes.

(…)

Si l’on essaye de décoller un peu le nez de l’écran, on ne voit pas bien en quoi le pluralisme dans les médias publics serait mis en danger par un gauchisme omniprésent et omnipotent. On serait même plutôt tenté de déplorer un usage un peu trop décomplexé de cette droite qui l’est tout autant. On est typiquement dans le cas Zemmour, invité partout pour dire qu’il ne peut parler nulle part.

Prenons la même Emission politique : lors du passage d’Alain Juppé c’est le maire de Béziers Robert Ménard qui était venu lui apporter la contradiction. Plus généralement, les représentants du FN sont régulièrement conviés par les journaux télé et radio et ils en étaient plutôt à refuser des invitations pour organiser eux-mêmes une raréfaction de leur temps de parole et aller ensuite exiger un rattrapage et squatter tous les écrans et toutes les ondes.

Libération

Le CSA rejette l’exigence du FN de revoir à la hausse son temps de parole dans les médias

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Les temps de parole de tous les candidats à l’élection présidentielle repartiront bien à zéro. Le président du CSA, Olivier Schrameck, a rejeté dans un courrier, diffusé mercredi 1er février, la demande du Front national. Le parti de Marine Le Pen s’estime lésé en termes de temps de parole ces derniers mois, notamment à cause des primaires de la droite et de la gauche. Marine Le Pen a donc envoyé une lettre au CSA pour demander un report du temps de parole du FN, alors que s’ouvre une nouvelle période de décompte.

Le CSA a opposé une fin de non-recevoir. « Les règles applicables au décompte des temps de parole n’autorisent aucun report d’une période sur l’autre« , écrit Olivier Schrameck dans cette lettre, publiée sur le compte Twitter du CSA.

Le CSA explique également que des éditeurs de presse ont fait part des « difficultés » pour « interroger » des membres du FN. Olivier Schrameck rappelle qu’il appartient au Front national « d’indiquer aux médias audiovisuels les personnalités susceptibles de représenter » la formation politique. Par ailleurs, il ajoute que Marine Le Pen aurait dû faire part au CSA des difficultés rencontrées dans l’accès aux médias.

France Info