Archives de Tag: islamophobie
#WTFFrance : Les internautes dénoncent la chasse aux femmes voilées sur les plages

Si le #Burkini vous dérange alors pourquoi ça non ? #WTFFrance pic.twitter.com/9LtYh7MBTe
— ilona tomlinson (@wwwbigbxldhead) 24 août 2016
Lutte contre le terrorisme mode d’emploi
Dans le monde : Arrêter les terroristes
En France : Règlementer les tenues de plage 🤔#WTFFrance
— Antoine Adam (@Ant1Adam) 24 août 2016
Il y a comme un problème #WTFFrance pic.twitter.com/7eFOM6GlEn
— ️️ (@ameobscure) 24 août 2016
« Chez nous, la femme est libre ! » blablabla
Ayez honte.#WTFFrance pic.twitter.com/ZeXlD8bOFq— JOHAN. (@jhnrppz) 24 août 2016
Ce matin, la France est la risée du monde : révolu le temps où elle était un modèle de liberté, d’égalité et de fraternité. #WTFFrance
— Alexis Bonnefoy (@_BonnefoyA) 24 août 2016
Un pays où des hommes armés forcent des femmes à se dévêtir en toute impunité #WTFFrance
— jim dear (@veuvage) 23 août 2016
Forcer les femmes à montrer leur corps contre leur gré et affirmer défendre les droits des femmes #wtfFrance
— Islamogauchips (@Siouz) 23 août 2016
#WtfFrance parce que ça fait des années qu’on alerte sur la montée de l’islamophobie mais personne ne nous écoute
— Comic Sans Inès (@ComicSansInes) 23 août 2016
Penser que faire des comparaisons avec L’ARABIE SAOUDITE genre « eux la bas ils autorisent pas le bikini » ça nous grandit #WTFFrance
— La copine dodue. (@ThisisKiyemis) 23 août 2016
Fucking heinous, France. Who & what are you protecting, exactly? https://t.co/xdMyQfIgD2
— Sarah Silverman (@SarahKSilverman) 23 août 2016
Au nom du climat de paranoïa on voit des policiers obliger des femmes qui n’ont rien fait d’illégal à se dévêtir. J’ai honte 😔 #WTFFrance
— Antoine Adam (@Ant1Adam) 24 août 2016
Le silence assourdissant des mouvements féministes mainstream #WTFFrance
— AM to PM (@MissJingz) 24 août 2016
#WTFFrance En colère contre ce pays qui s’enfonce dans la haine et l’intolérance.
Je me sens impuissante et frustrée de ne pas pvoir aider.— Chatty Lisa (@Lisa8lam) 24 août 2016
#WTFFrance En colère contre ce pays qui s’enfonce dans la haine et l’intolérance.
Je me sens impuissante et frustrée de ne pas pvoir aider.— Chatty Lisa (@Lisa8lam) 24 août 2016
En France, on est beaucoup plus alerte pour sanctionner des tenues de plage que les propos racistes ou la fraude fiscale #WTFFrance
— el andreas (@elandreas) 24 août 2016
On s’y approche de plus en plus j’en ai bien peur #WTFFrance pic.twitter.com/64GuUUIz2k
— 巴黎是魔術 (@theyan_94) 24 août 2016
C’est bon on peut enfin dire que l’islamophobie existe ou c’est encore une hallucination collective ? #WTFFrance
— Elendil-sama (@AfrateMiriam) 24 août 2016
C’est bon on peut enfin dire que l’islamophobie existe ou c’est encore une hallucination collective ? #WTFFrance
— Elendil-sama (@AfrateMiriam) 24 août 2016
#WTFFrance la honte internationale https://t.co/KS70qLYMT7
— Widad.K (@widadk) 24 août 2016
On peut le dire maintenant que la France est islamophobe ou pas ? Non Pck, c’est cautionné par l’état français ce qui s’est passé #WTFFrance
— takeiteasy (@abdel6301) 24 août 2016
Bonjour sauf à celles et ceux qui se taisent quand il se passe ça en France. #WTFFrance https://t.co/NLwlSn5vfz
— श्री Benjamin (@ShriBenjamin) 24 août 2016
essayons de trouver le pays des droits de l’homme
indice: #WTFFrance pic.twitter.com/9OojgN5SLt— Uberstitution (@zaherinho) 24 août 2016
#WTFFrance Il faut AU MOINS 4 mecs armés pour encercler cette dangereuse et ostensible femme voilée https://t.co/TkvajBXv0h
— Marie (@Arakhnee) 24 août 2016
#WTFFrance interdire les plages aux femmes voilées EN 2016? LES PLAGES? Pr ensuite dénoncer le repli communautaire de ces dernières? Honteux
— I am who i am (@girlstwins) 24 août 2016
LIBERTÉ « ça dépend pour qui », ÉGALITÉ « ça dépend pour qui », FRATERNITÉ « ça dépend avec qui » …#WTFFrance
— Fatma M (@Faatmaa95) 24 août 2016
Burkini : une dizaine de femmes verbalisées pour port du voile et… short avec t-shirt
De Cannes à Nice, la verbalisation de plusieurs femmes simplement voilées sur la plage fait polémique
La scène se déroule ce mardi 23 août sur la plage de Nice. Une femme est verbalisée par la police pour un simple port de voile. Dans une vidéo que Le HuffPost a pu se procurer, elle engage une discussion avec un policier qui rapporte les consignes émises dans un arrêté municipal en vigueur depuis le 19 août dernier, comme vous pouvez le voir ci-dessous.
Alors qu’une dizaine de communes françaises ont interdit le burkini sur les plages et que le Conseil d’État va examiner la question ce jeudi 25 août, le tribunal administratif de Nice a validé l’interdiction des tenues de bain islamiques pour éviter des troubles à l’ordre public.
« Je suis toujours venue ici, je n’ai jamais eu de problème », explique calmement la femme voilée au policier. « C’est pour éviter qu’il y ait des problèmes comme en Corse où des gens se sont fait caillasser », répond l’agent qui lui rappelle l’entrée en vigueur à Nice de l’arrêté municipal.
Le texte, qui ne mentionne pas directement le terme « burkini », dispose effectivement que « toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité » est interdite « d’accès aux plages publiques, aux sites de mise à l’eau ainsi qu’à la baignade », et ce jusqu’au 15 septembre prochain.
« On n’a pas le droit d’afficher son appartenance religieuse, continue le policier. Le problème c’est qu’il y a des gens que cela dérange, qui nous appellent. Du coup, ils ont pris un arrêté, les communes du littoral ont fait pareil, comme ça il n’y a pas de problèmes », répète-t-il.
Des femmes voilées verbalisées sur la plage. #Laïcité? Non. Harcèlement des personnes. Persécution antireligieuse. https://t.co/Qsa6YWrDWF
— Esther Benbassa (@EstherBenbassa) 23 août 2016
La veille, une première vidéo de verbalisation de femme voilée sur une plage à Nice est devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence récupérée et diffusée le soir-même elle aussi par Feiza Ben Mohamed, porte-parole et secrétaire générale de la Fédération des Musulmans du Sud, on peut voir une femme voilée et habillée sortir de l’eau devant deux policiers municipaux. La scène, déjà vue plus de 100.000 fois en moins de 24 heures a également été très partagée.
Nice : 2 jeunes filles ne portant pas de Burkini… sorties de l’eau par la police https://t.co/HXSTTxW4yO pic.twitter.com/VnZiZymE4x
— Fdebranche (@F_Debranche) 22 août 2016
« C’était autour de 14 heures, raconte la témoin Sarah à BuzzFeed. Plusieurs policiers municipaux se sont adressés à un maître nageur, qui a pointé un groupe de quatre filles, dont une qui portait le voile. Les policiers leur ont demandé de quitter l’eau, et j’ai vu que le policier écrivait sur un papier. »
« Une fois que l’interpellation était terminée, je me suis rendue vers elles, rajoute Sarah. La fille voilée était en pleurs et pouvait à peine parler. Sa copine, qui n’était pas voilée, mais portait un t-shirt et un short, a aussi eu un PV. Les deux autres filles, qui portaient des maillots deux-pièces, n’ont pas été verbalisées. Elles sont toutes les quatre parties de la plage. Elles n’avaient même pas la vingtaine. »
Des actions en justice à venir?
Ces faits s’ajoutent au témoignage de Siam, une femme voilée verbalisée sur une plage de Cannes le 16 août dernier. Elle a raconté la scène à L’Obs: « La parole raciste s’est totalement libérée. J’étais abasourdie. J’ai entendu des choses que l’on ne m’avait jamais dites en face, comme ‘rentrez chez vous!’ ‘Madame, la loi c’est la loi, on en a marre de ces histoires’, ‘Ici, on est catholiques!' »
Avec la Fédération des Musulmans du Sud, Feiza Ben Mohamed s’est engagée à retrouver ces jeunes femmes verbalisées à Nice pour les accompagner dans leurs démarches dans le but de contester les procès verbaux.
« C’est très humiliant, mais je ne suis pas sûr qu’elles se manifestent, avoue la secrétaire générale de l’association. Il est hors de question, sous prétexte qu’un tribunal administratif a pris une décision politique d’interdire le burkini et a laissé transparaître son idéologie à travers un jugement, que les musulmans se laissent taper dessus comme cela, lance Feiza Ben Mohamed. Si nous parvenons à les retrouver, ces femmes pourront se constituer partie civile et nous opposerons au juge les principes de liberté de culte, la liberté d’aller et venir et la liberté de conscience. »
Nice: une femme portant un bandeau verbalisée et contrainte de se déshabiller par la police

Donc une femme qui porte le voile n’a plus le droit d’être allongée sur une plage francaise ? #Cannes#Nicepic.twitter.com/m5OM5Xi4EK
— sissen (@Coexister75) 23 août 2016
Font tellement mal ces photos #burkini pic.twitter.com/oIYMgF4jF8
— #Houkak (@bygmillion) 23 août 2016
IMAGES CHOCS à Nice : une femme verbalisée et CONTRAINTE de se déshabiller par la police https://t.co/DNIRiHbSZi… pic.twitter.com/cjRdYcbdkn
— Nacéra (@NasNacera) 23 août 2016
French ban on the burkini is threatening to turn into a farce https://t.co/rsuk2iajqO pic.twitter.com/OssfVGrP9Q
— Daily Mail Online (@MailOnline) 23 août 2016
On passe pour des malades. Et vous savez quoi : on EST malades. https://t.co/SpTlIFSVl8
— Padre_Pio (@Padre_Pio) 23 août 2016
France, 2016. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. pic.twitter.com/S92kQwPHp8
— Fabien Marcot (@fabienmarcot) 23 août 2016
Is this laïcité? Is this what being liberal looks like? Men forcing women to take clothes off? https://t.co/NOT4IcvuF5
— Aisha S Gani (@aishagani) 23 août 2016
L’extrême droite appelle à la dissolution du CCIF, et ses adhésions explosent

Merci @GilbertCollard de faire la promo du @ccif. Pic d’adhésions / dons depuis ce matin grâce à vous. Continuez!!! pic.twitter.com/VU1MpPp5k8
— Marwan Muhammad (@Marwan_FX) 23 août 2016
On dépasse les 6000 nouvelles adhésions en 10 jours pour le @ccif et on approche les 10000 en tout. https://t.co/Lb1pThmHRL
— Marwan Muhammad (@Marwan_FX) 23 août 2016
Interdiction du burkini : défense de l’ordre public ou jugement de valeur et politique ?
Saisis en référé, les juges voient dans le burkini « l’expression d’un effacement » de la femme non conforme à son statut « dans une société démocratique ».

C’est un nouveau camouflet pour le Collectif contre l’islamophobie en France(CCIF). Après avoir validé l’arrêté d’interdiction du burkini sur les plages de Cannes, le tribunal administratif de Nice valide ce lundi 22 août en référé sa prohibition sur les plages de Villeneuve-Loubet. Différence notable : l’ordonnance a cette fois-ci été rendue en collégiale, à la différence de celle de la semaine dernière, prise par un seul magistrat. Les juges s’alignent néanmoins sur la position de leur collègue et arguent de « l’ordre public » pour justifier l’interdiction.
Là où, la semaine dernière, le juge voyait dans le burkini l’expression de « signes religieux ostentatoires », le tribunal qui a statué cette semaine en référé y voit « l’expression d’une revendication identitaire ». « Même si certaines femmes de confession musulmane déclarent porter, selon leur bon gré, le vêtement dit “burkini”, pour afficher simplement leur religiosité, ce dernier, qui a pour objet de ne pas exposer le corps de la femme (…) peut également être analysé comme l’expression d’un effacement de celle-ci et un abaissement de sa place qui n’est pas conforme à son statut dans une société démocratique », peut-on lire.
« Un abaissement de la femme » pas conforme avec la démocratie
« Les plages ne constituent pas un lieu adéquat pour exprimer de façon ostentatoire ses convictions religieuses », osent les juges pour qui, « dans un État laïc, elles n’ont pas vocation à être érigées en lieux de culte ». Une nouvelle fois, le tribunal administratif cite les attentats récents, l’assassinat d’un prêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray et le risque « d’exacerber les tensions » pour justifier l’interdiction. Le port du burkini peut être interprété comme relevant du « fanatisme religieux » à même de choquer les croyants ou non-croyants attachés au principe d’égalité des sexes, note le tribunal.
3. Sur le port du Burkini, le TA donne une interprétation sans nuance. pic.twitter.com/LB72LfSKE2
— S. Ibn Salah (@IbnSalah) 22 août 2016
L’interdiction du burkini sur les plages est une « restriction légitime » aux libertés, ajoutent les juristes, « dès lors que l’expression des convictions religieuses est inappropriée ». Un argument qui semble relever plus de la morale que du droit... Le tribunal explique également que les forces de police sont, au vu de la menace terroriste qui pèse sur la France, « très sollicitées », et qu’il n’apparaît « pas envisageable de les mobiliser encore davantage ». En clair : policiers et gendarmes ont autre chose à faire que de créer les conditions d’éventuels affrontements communautaires.
Enfin, pour évacuer toute discrimination alléguée par le CCIF, le tribunal relève que toutes les religions sont concernées par l’arrêté d’interdiction des signes religieux ostentatoires sur la plage, et que le burkini n’est pas le seul concerné. Me Guez Guez, avocat du CCIF, a annoncé déposer un recours devant le Conseil d’État et a tancé une « interprétation sans nuance » de la part des juges.
Il faut vraiment lire la décision du TA de Nice sur #VilleneuveLoubet pour comprendre que le dossier est politique. Il n’y a plus de droit.
— Marwan Muhammad (@Marwan_FX) 22 août 2016
« Un jugement de valeur », selon Serge Slama
Pour Serge Slama, maître de conférences en droit public, Université Paris Nanterre, CREDOF, cette nouvelle ordonnance rendue à trois juges permet des « possibilités très extensives des restrictions à l’expression de la liberté de religion dans un espace public comme une plage publique« . « La façon dont les juges présentent le burkini est troublant.
On a l’impression qu’ils émettent un jugement de valeur sur les lieux où il serait adéquat d’exprimer sa religion et sur ce qui consitue ou non une « expression appropriée des convictions religieuses ». Porter un burkini exprime certes un croyance religieuse mais est-ce la pratique d’un culte comme le serait le fait de pratiquer un rite ou une messe sur une plage publique? », interroge Serge Slama.
« Le burkini, ce sont des femmes qui pensent, à tort ou à raison, qu’elles doivent porter ce type de tenue, ajoute le juriste, tout comme le pape pense qu’il doit porter un vêtement particulier pour exercer son office ou encore un juif orthodoxe estime devoir porter un vêtement particulier non moins fondamentaliste. Avec ce type de raisonnement, on pourrait interdire des nombreux signes ou tenues religieux ostentatoires dans l’espace public. Que leurs détenteurs soient musulmans, catholiques, juifs ou autres. » Et Serge Slama de conclure : « Ce qui me choque, c’est que cet arrêté d’interdiction n’apparaît ni nécessaire, ni adapté, ni proportionné » à la sauvegarde de l’ordre public.
S’il est saisi en appel, le Conseil d’État se prononcera dans les prochains jours.
Nice : 2 jeunes filles ne portant pas de Burkini… sorties de l’eau par la police des moeurs
En direct à #Nice06 3 femmes viennent d’être verbalisées pour s’être baignées avec leurs vêtements dont une en short et T-shirt #BurkiniGate
— Feiza Ben Mohamed (@FeizaK) 22 août 2016
Police des mœurs laïques : une femme verbalisée pour le port d’un simple foulard à Cannes
Femme voilée verbalisée a cannes : « rentrez chez vous » « Ici on est catholiques » Siam a été lynchée par la foule
En France en 2016, une femme se fait verbaliser (humilier) dvt ses enfants parce qu’elle porte un voile sur la plage https://t.co/VEg4HrdNqV
— Sylvain Chazot (@sychazot) 23 août 2016
Mathilde Cusin, journaliste à France 4, est témoin par hasard de ce qui se passe depuis le boulevard du Midi, le long de la plage. Puis elle s’est approchée et a assisté à toute la scène. Notre consœur raconte : « J’ai vu trois policiers en train de regarder la plage. Deux d’entre eux avaient le doigt sur la gâchette de leur bombe lacrymo, sans doute au poivre. Ça m’a interpellée. Puis je les ai vus traverser la plage vers une femme voilée, elle portait un simple hijab sur les cheveux. »
Une policière se baisse à la hauteur de Siam. « Elle m’a dit : ‘Vous êtes au courant qu’il y a un arrêté sur la ville de Cannes ?’ J’ai dit que non, je ne savais pas exactement de quoi il en retournait, je n’avais pas trop suivi la polémique », explique alors la mère de famille.
Siam, sa sœur, sa mère et une amie de cette dernière sont stupéfaites, même si elles commencent à entrevoir que c’est le voile qui est visé : « Qu’est-ce qu’une tenue correcte pour vous ? » demande la jeune femme. Les deux autres policiers, qui ont rejoint leur collègue, lui rétorquent :
Si vous mettez votre foulard sous forme de bandeau autour de la tête, vous pouvez rester sur la plage. »
Dans le climat actuel, vous comprenez, « on est obligés de verbaliser », m’ont-il dit. »
Siam refuse toutefois de se dévêtir ou de quitter la plage.
« Ici, on est catholiques ! »
« Mes enfants étaient en pleurs, témoins de mon humiliation, ainsi que ma famille », raconte Siam. « Moi-même je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Ils nous ont humiliées. »Autour d’elle s’est créé un attroupement. Si certains prennent sa défense, arguant qu’elle ne cause de tort à personne et ne porte pas de « burkini », d’autres se lâchent, les insultent fusent.
« La parole raciste s’est totalement libérée. J’étais abasourdie », raconte-t-elle. « J’ai entendu des choses que l’on ne m’avait jamais dites en face, comme ‘rentrez chez vous !’ ‘Madame, la loi c’est la loi, on en a marre de ces histoires’, ‘Ici, on est catholiques !' »
« Certains ont carrément applaudi les policiers. D’autres ont traversé la route pour se joindre à la mêlée sur la plage. »
« Les gens lui demandaient de partir ou d’enlever son voile, c’était assez violent« , appuie Mathilde Cusin, « J’ai eu l’impression de voir une meute s’acharner sur une femme assise au sol en pleurs avec sa fillette. Ce qui m’a choquée, c’est que c’était surtout des trentenaires, pas des personnes âgées comme on pourrait l’imaginer. »
Les proches de Siam demandent aux policiers : « Si ce sont les signes religieux ostentatoires qui sont visés, comme vous dites, pourquoi n’allez-vous pas chasser les croix ? » « On ne va pas faire la chasse aux croix », leur répond-on. « Allez sur la route, madame, on vous demande de quitter la plage. »
Crier à l’amalgame et à la stigmatisation n’y fera rien : les policiers lui remettent alors une amende de 11 euros, qu’elle accepte à contrecœur de payer pour rester sur la plage.
« Aujourd’hui, on nous interdit la plage. Demain, la rue ? Après-demain, on nous interdira de pratiquer notre culte chez nous ? » s’insurge la Toulousaine. « Dans le pays des droits de l’homme, je ne vois pas de trace des principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Je suis révoltée que cela puisse se passer en France. »
« C’est vraiment du racisme pur et dur »
« C’est la première fois que je subis une discrimination », souffle Siam avec son accent toulousain. Au départ, elle a beaucoup hésité à parler de ce qui s’est passé, par peur de se mettre en avant.
« J’ai bien réfléchi. Je me suis dit que l’on ne pouvait pas laisser passer ça dans notre pays. Le pire, c’est que je suis un peu ‘Française de souche‘ ! Mes parents sont français, mes grands-parents sont français… Quand on me dit ‘rentre chez toi’, ça me fait doucement rigoler, c’est vraiment du racisme pur et dur… »
Passé le choc, elle décide de réagir et contacte le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dont elle a découvert l’existence en même temps que celle de la polémique sur le « burkini » à son retour. Soutenue par une juriste pour monter son dossier, elle pense porter plainte contre la mairie de Cannes et l’Etat français.
Siam, 34 ans, maman de deux enfants, originaire de Toulouse, qui souhaite garder l’anonymat, se souviendra longtemps de sa petite escapade sur la côte d’Azur.

Le 28 juillet dernier, le maire Les Républicains (LR) de Cannes, David Lisnard, avait pris cet arrêté disposant que « l’accès aux plages et à la baignade sont interdits à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime ». En gros, un arrêté « anti-burkini », du nom de ce costume de bain pour femme couvrant le torse, ainsi qu’une partie des membres et de la tête.
Pourtant, ce jour-là, Siam ne portait pas de burkini, assure-t-elle, mais un « simple hijab sur les cheveux ». « Je ne comptais pas me baigner, j’étais tout habillée« , précise encore cette dernière.
Après quelques vaines protestations, les policiers lui remettent une contravention de 11 euros, mais ne l’oblige pas pour autant à quitter la plage. De « nature discrète », sur le coup, elle hésite à en parler.
Ce n’est que vendredi dernier qu’elle décide à faire connaître sa mésaventure, d’abord sur les réseaux sociaux, puis en contactant des associations de lutte contre l’islamophobie, pas question pour elle d’en rester là.
The Guardian : quand des féministes françaises soutiennent des lois racistes
L’attitude française majoritaire à l’égard du « hijab », c’est-à-dire du foulard porté par certaines femmes musulmanes, est incompréhensible pour le reste de la planète. Pas seulement incompréhensible : elle est répréhensible. C’est ce qu’explique Christine Delphy dans une tribune publiée dans The Guardian. Nous publions ici la traduction en français du texte original.

La première mesure ouvertement anti-musulmane a été le passage d’une loi en 2004 qui interdit aux jeunes filles d’aller à l’école en portant un « foulard islamique » – ce qu’il était appelé alors, avant de devenir, dans le patois journalistique, un « voile ».
Cependant, l’islamophobie, la peur et la haine de l’Islam et des Musulmans, n’est pas spécifiquement française : elle est répandue en Europe, en Amérique du Nord, bref dans tout le monde occidental. Bush Jr a décrété l’Islam ennemi du monde occidental, et c’est ainsi que ce monde en est venu à justifier l’invasion et la destruction d’une grande partie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale depuis les années 2000.
En France, cependant, en sus des raisons géopolitiques (l’alliance avec les Etats-Unis), l’islamophobie a des racines proprement françaises. La campagne idéologique contre l’Islam a commencé il y a plus de quarante ans. Thomas Deltombe a montré qu’entre les années 1980 et le milieu des années 2000, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’un ou l’autre des principaux hebdomadaires ne publie un numéro ayant un titre comme : « Devrions-nous avoir peur de l’Islam ? » ou « L’Islam est-il compatible avec la démocratie ? ». Les quotidiens, les radios et les télés faisaient preuve de la même obsession. Cela n’a fait qu’empirer au cours des années, au fur et à mesure que le public est devenu convaincu que la « civilisation occidentale » était menacée par l’Islam, et que ce danger était incarné en France par les cinq millions de descendants d’immigrés d’Afrique du Nord vivant en France – des Musulmans potentiels.
La loi de 2004 interdisant le port du foulard dans les écoles publiques se base sur la croyance que les signes religieux sont contraires à la laïcité, c’est-à-dire au sécularisme politique. La loi de 1905 mit en place une nouvelle règle, qui est de fait celle de tous les Etats modernes : pas de religion d’Etat, toutes les opinions et croyances – religieuses ou non – étant mises sur un pied d’égalité.
Pas d’interférence du clergé dans les affaires de l’Etat, ni de l’Etat dans les affaires religieuses. La liberté de conscience implique la liberté d’expression, et cette liberté signifie que les opinions – sur n’importe quel sujet – peuvent être exprimées en public comme en privé.
Aujourd’hui pourtant, cette loi est utilisée contre les Musulmans, car elle a subi une réinterprétation radicale de la part des politiciens, des journalistes et des lobbies ; elle a été, comme le dit Jean Baubérot, falsifiée. Elle est présentée comme disant le contraire exact de ce que la loi française et les Conventions internationales disent.
Même avant la loi de 2004 excluant les adolescente portant foulard de l’école publique – violant ainsi leur droit fondamental à l’instruction – les groupes féministes établis n’acceptaient pas les femmes portant foulard dans leurs réunions. Elles avaient décidé, assez tôt, que ces femmes ne pouvaient pas être féministes, et même, qu’elles étaient contre tout ce que le féminisme représente. L’une des ironies de leur posture est qu’elle les a menées à essayer physiquement de sortir des femmes portant foulard d’une manifestation… pour le droit à l’avortement (2005) ! En 2003, les féministes blanches décidèrent que le foulard est un « symbole d’oppression », et seulement cela – et pour elles il va sans dire que porter un symbole d’oppression ne peut signifier qu’une chose : que vous êtes pour l’oppression.
Ces féministes blanches n’ont jamais mis en question ce qu’elles portent elles-mêmes.
Si les féministes blanches voyaient vraiment les femmes portant le foulard comme des femmes opprimées, loin d’être une excuse pour les renvoyer de l’école et des mouvements féministes, ce devrait être une raison de les « prendre dans leurs bras ».
Les femmes qui portent le foulard sont pour la plupart les filles ou les petites filles de gens qui ont émigré d’Afrique du Nord, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, c’est-à-dire de territoires qui ont été conquis et colonisés par les Français. Ceux-ci leur ont attribué le statut d’ « Indigènes ». Durant toute la colonisation, qui a duré 130 ans pour l’Algérie, si les « Indigènes » étaient français, ils n’étaient pas des citoyens, mais des « sujets » de l’Empire français. C’est ainsi que les Français les connaissaient, et c’est ainsi qu’ils continuent de les voir : comme « pas vraiment » Français. C’est aussi ainsi qu’ils veulent les garder. Les femmes autant que les hommes subissent les manifestations de ce racisme. Les Blancs, quand on les interroge, expriment des sentiments extrêmement négatifs envers les Noirs et les Arabes. Ils adoptent aussi une posture de déni total vis-à-vis de la discrimination que notre société inflige aux Arabes et aux Noirs. Les femmes sont aussi discriminées que les hommes, et ont une conscience vive de cette communauté de destin.
Dans ces conditions, porter un signe religieux ostensible peut avoir plusieurs sens différents, et tous à la fois : cela peut signifier leur solidarité avec les autres membre du groupe racisé ; cela peut signifier la tentative d’échapper mentalement à leur condition objective en s’échappant dans la spiritualité que la religion leur offre ; ou revendiquer des racines que les Blancs jugent infamantes ; ou encore une protestation muette contre la façon dont les traitent les Blancs. Et bien d’autres sens encore.
Mais les Blancs, et parmi eux, un grand nombre de féministes, refusent de comprendre leur situation, et continuent de demander qu’elles agissent comme si elles n’étaient pas discriminées et humiliées tous les jours de leur vie ; comme si elles étaient « comme tout le monde », c’est-à-dire comme les Blancs ; or elles ne le sont pas. Au contraire elles font partie d’un groupe opprimé et défavorisé dans la société. Les fils et les filles d’immigrés africains, né.e.s en France, sont citoyen.ne.s aujourd’hui. Et cependant elles et ils sont deux fois plus au chômage que la population globale, sont persécutés par la police, et insultés par les Blancs.
Ainsi un sécularisme politique – la laïcité dévoyée de son sens – est utilisé pour priver les Musulmans de leurs droits fondamentaux – car en France les Musulmans sont majoritairement des Arabes. Ceci atteint d’abord les femmes. Les femmes musulmanes portant le foulard sont progressivement privées – loi d’exception après loi d’exception – de la plupart des possibilités d’emplois rémunérés.
Comme Saïd Bouamama l’a écrit en 2004, la version française de l’islamophobie n’est ni plus ni moins qu’une façon de rendre un racisme classique respectable. Que des féministes aident et encouragent une telle série de mesures racistes qui sont à la fois ouvertes et illégales, c’est plus qu’inquiétant.
Les féministes devraient comprendre que les femmes portant le foulard partagent avec les autres l’oppression patriarcale, avec en plus le handicap de la discrimination raciste. Elles devraient comprendre que ces femmes, portant le foulard ou non, aient envie de développer leur propre féminisme, en partant de leur propre situation, et que ce féminisme prendra forcément en compte leur culture islamique d’origine. Les féministes blanches contribuent à aggraver l’une des pires coupures de la société française, alors qu’il est urgent de la réparer.
Ce que la gauche ne pardonne pas aux « maghrébins », c’est d’avoir fait des enfants musulmans
Professeur à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le programme méditerranéen, Olivier Roy est un spécialiste de l’islam. Il y a consacré différents ouvrages comme En quête de l’Orient perdu, en 2014, ou La laïcité face à l’islam, en 2005.

Les polémiques récurrentes sur la viande halal, le port du voile à l’université ou les prières de rue poussent certains à se demander si la pratique de l’islam est compatible avec la laïcité française…
C’est un faux débat. On peut, bien entendu, se poser de nombreuses questions théologiques sur l’islam. Mais le port du foulard à l’université, du burkini, ou le débat sur la viande halal ne sont pas des problématiques propres à l’islam. Elles sont liées à l’évolution de l’acceptation des signes religieux en France, au même titre que la soutane, la kipa ou la viande casher.
La conception de la laïcité française a considérablement évolué depuis la loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cette législation ne dit rien sur les religions. Il n’y a donc pas lieu d’interdire le voile à l’université ou le burkini. Dans son essence, la laïcité ne devait pas chasser le religieux de l’espace public, mais seulement organiser la gestion des lieux de culte. Mais la laïcité est devenue une idéologie politique, qui sert à exclure la religion vers l’espace privé. Il y a désormais une « morale laïque ».
Pourquoi le débat se cristallise-t-il autour de l’islam ?
Si cette religion fait autant parler d’elle, c’est parce qu’il y a une conjonction entre une droite identitaire, qui définit le christianisme comme la religion fondatrice de la société française, et une gauche laïque et anti-cléricale. Quand Manuel Valls déclare qu’il « comprend » les maires qui ont pris l’arrêté anti-burkini, il se place dans la continuité d’une certaine gauche fondamentalement hostile aux religions. Rappelez-vous qu’en 1996, Michel Charrasse, un ancien ministre du Budget socialiste, avait refusé d’entrer dans l’église pour les obsèques de François Mitterrand, par conviction laïque.
Cette alliance hors-nature entre cette droite et cette gauche se concentre sur l’islam, qui est devenu l’ennemi commun, mais pour des raisons complètement différentes. C’est ce qui lui donne autant de résonance dans le débat public.
Pourquoi ce débat sur la compatibilité entre islam et laïcité n’a pas eu lieu avec la même ampleur en 1995, lors de la vague d’attentats terroristes perpétués par le Groupe islamique armé ?
En 1995, on était dans une logique d’intégration, dans la foulée de « la marche des beurs ». Mais dans l’esprit de la gauche, à l’époque, intégration signifiait sécularisation. Aujourd’hui, ce que la gauche ne pardonne pas aux immigrés maghrébins, c’est d’avoir fait des enfants musulmans. Elle s’attendait à ce que la deuxième et la troisième génération soient sécularisées et a été très surprise de découvrir une génération de croyants…
Après une telle polémique sur le burkini, quelles peuvent-être les répercussions dans la société française ?
Cela risque de créer un sentiment de rejet et de dégoût chez les musulmans, qui pourrait se traduire par un repli identitaire. Après, il y a des tensions, mais la France est un pays de tensions permanentes. Les gens ont complétement perdu la mémoire historique. L’identité française est un mythe : relisons Celine et Bagatelle pour un massacre, souvenons-nous de l’OAS ! Les arguments utilisés par les antisémites dans les années 1920 sont aujourd’hui repris à propos de l’islam : incompatibilité culturelle et une loyauté plus grande accordée à la religion qu’à la nation.
France TV
Belgique: une femme refuse de faire don de son sang aux musulmans
Contrainte d’effacer son Tweet après avoir suscité l’ire des internautes, Marion Dekker avait déjà partagé des Tweet anti-turcs.

La Belge, Marion Dekker, a porté à l’actualité la discrimination en Europe contre les musulmans lorsqu’elle a demandé que le sang dont elle fera don ne soit pas utilisé pour des musulmans.
Le Croissant-Rouge a lancé une campagne de don du sang en Belgique.
La ville d’Anvers a publié une infographie, sur Twitter, expliquant à qui peut-on donner notre sang. Le graphique donné sous le titre « A qui pouvez-vous donner votre sang » explique aux internautes la compatibilité entre les groupes sanguins.
Marion Dekker a écrit sur son compte Twitter : « Je veux faire un don de sang mais pas à des musulmans. Pouvez-vous me le garantir? ». De nombreux internautes ont affiché leur réaction au Tweet de Marion Dekker.
« Je veux donner mon sang mais pas à des racistes. Pouvez-vous me le garantir ? » a riposté un internaute.
« Je suis musulman et je donne mon sang. A tous ceux qui en ont besoin. La Croix-Rouge ne fait aucune distinction. Désolé » a renchéri un autre internaute.
Contrainte d’effacer son Tweet après avoir suscité l’ire des internautes, Marion Dekker avait déjà partagé des Tweet anti-turcs.
Burkini à la plage : Nice l’interdit à son tour
Dans une lettre adressée à Manuel Valls mardi, Christian Estrosi, premier adjoint à la mairie LR de Nice, estime que « la dissimulation intégrale du visage ou le port d’une tenue intégrale pour aller à la plage ne correspond pas à notre idéal de la relation sociale ».

Christian Estrosi avait exprimé son soutien aux maires ayant adopté un arrêté municipal prohibant ce vêtement de bain, tout en jugeant qu' »il revient à l’Etat de lutter contre le communautarisme ».
10 arrêtés dans les Alpes-Maritimes
Dans les Alpes-Maritimes, avant Nice, 10 communes ont déjà pris un arrêté anti-burkini, parmi lesquelles Menton, Cannes, Villeneuve-Loubet, Saint-Laurent-du-Var, Beaulieu-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat. Trois femmes ont été verbalisées le week-end dernier à Cannes et ont dû payer une amende de 38 euros.
Selon le Premier ministre Manuel Valls, l’apparition récente des burkinis est « la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme ». Le port du burkini « n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République », a-t-il asséné dans un entretien au journal régional La Provence.
Ces costumes de bain enveloppants sont extrêmement rares sur les plages françaises, noyés parmi les bikinis et maillots une pièce. En revanche, sur la côte méditerranéenne, une minorité de femmes musulmanes restent voilées et couvertes sur la plage.
Marwan Mohammed (CCIF) appelle Manuel Valls à prendre sa carte au FN
«Les arabes dégagés», la Fédération Des Musulmans Du Sud reçoit un courrier raciste
Petit courrier courageux d’un assassin de la langue de Molière! Les lâches agissent masqués #BurkiniGate pic.twitter.com/GqgoDyhDfy
— Feiza Ben Mohamed (@FeizaK) 18 août 2016
En moyenne 7.000 Tweets islamophobes écrits par jour.. depuis l’Europe
Une étude sur « l’islamophobie sur Twitter » montre l’ampleur du fléau dans le monde. En moyenne 7.000 Tweets islamophobes écrits par jour, selon une étude de Demos.

Une étude réalisée en Angleterre a montré qu’il y a eu en moyenne 7.000 partages islamophobes par jour au mois de juillet en langue anglaise dans le monde sur le réseau social Twitter.
Le centre d’analyse des réseaux sociaux de Demos, un think-thank siégeant à Londres, a ainsi mené une étude sur l’islamophobie en se focalisant depuis mars sur 50 mots-clefs et hashtag en anglais qui peuvent être définis comme islamophobes.
Les résultats de l’étude ont montré que le plus de partages islamophobes sur Twitter a été effectué au mois de juillet à l’échelle mondiale, particulièrement après l’attentat terroriste de Nice.
Ainsi, le mois dernier 215.247 messages islamophobes ont été publiés sur Twitter. Parmi ceux-ci, 21.190 ont été partagés le lendemain de l’attentat de Nice tandis que 10.610 ont été diffusés après la tentative de coup d’Etat en Turquie, le 17 juillet.
Selon l’étude, les partages islamophobes en anglais sont faits depuis les pays européens, mais majoritairement depuis le Royaume-Uni.
Demos a mis l’accent sur la hausse des messages islamophobes aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.
Agressions et Meurtres racistes : les USA face à la montée de l’Islamophobie
Le meurtre d’un jeune Américain d’origine libanaise à Tulsa vendredi, et celui d’un imam et de son assistant quelques heures plus tard à New York ont un point commun : l’origine étrangère et musulmane ou supposée telle des victimes.

Les enquêtes dans l’un et l’autre cas ne sont pas encore bouclées. Mais ces faits tragiques surviennent coup sur coup, et dans une ambiance délétère, émaillée par des manifestations anti-racistes et des déclarations publiques de plus en plus islamophobes. Faut-il y voir l’expression d’une société en proie à une augmentation du racisme et de l’islamophobie ?
Pour l’historien Francois Durpaire, ces faits mettent en tous cas la lumière sur une réelle poussée de l’islamophobie aux États-Unis aujourd’hui : « Dans une récente enquête d’opinion, plus de 50% des Américains reconnaissaient avoir une image négative de l’islam« , souligne-t-il.
12 actes islamophobes par mois
Les États-Unis seraient-ils à nouveau confrontés à une augmentation de ce genre d’actes haineux ? François Durpaire en est persuadé : « Lors des dernières années l’islamophobie avait tendance à baisser. Or, on constate, au cours des derniers mois, une nouvelle poussée de l’islamophobie« . L’historien se base sur une étude menée par l’université de Californie, qui analyse des chiffres du FBI. Cette étude montre qu’un peu plus de 12 crimes qualifiés d’islamophobes ont lieu tous les mois aux États-Unis. « C’est évidemment considérable.
Une liberté d’expression très américaine
Le pasteur Terry Jones avait, par exemple, suscité la polémique en 2010 en appelant ses concitoyens à brûler le Coran tous les 11 septembre. Il s’est rétracté peu après, mais ce n’est pas parce qu’il aurait été accusé par la justice d’incitation à la haine, ni d’aucun autre délit.
