« White power », « Reichspartei », et une croix tagués sur un lieu de prière musulman

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Les murs de la salle de prières de l’association musulmane d’Elne, près de Perpignan, ont été tagués et sa porte d’entrée a subi une tentative d’incendie, a-t-on appris ce jeudi 26 novembre auprès d’Abdelkader Zellal, responsable de l’association.

« Islam«  a été écrit sur un mur et « dehort«  (avec la faute d’orthographe) a été inscrit sur un autre mur, alors que le seuil de la porte est noircie par une tentative d’incendie, a constaté un correspondant de l’AFP.

D’autres tags ont été retrouvés non loin de la salle de prières, installé dans un ancien marché au gros, juste derrière la gendarmerie de la commune. « France blanche » a été peint sur un transformateur.

Un sigle avec un cercle et une croix

Les initiales WP qui peuvent faire référence au « White power«  (pouvoir blanc) ou au « Reichspartei«  (le parti du Reich) ont été écrits sur deux fourgons garés non loin de là, des inscriptions accompagnées d’un sigle avec un cercle et une croix, a encore constaté le correspondant de l’AFP.

Midi Libre

Eric faisait pousser des plants de cannabis de 2,5 M dans son jardin

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LE VOISIN d’Eric a l’œil botanique. Il a prévenu les gendarmes que l’habitant de Chaillon avait fait pousser du cannabis dans son jardin. Il faut dire que la plante atteignait 2,50 mètres de haut. Cela attire l’attention, c’est sûr. Il y en avait quatre pieds. Cinq autres ont été retrouvés sur une terrasse.

En garde à vue, Eric, 55 ans, reconnaît que c’était pour « fumer de l’herbe ». Mais devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, ce mardi, il apporte une autre explication : lui a arrêté de fumer depuis des années, mais son frère a continué. « Il n’a pas la place pour faire pousser du cannabis. Je fais ça pour qu’il ne dépense pas tout son argent, il n’en a pas beaucoup. »

Devant les magistrats, Eric ajoute que la notion de drogue n’a pas le même sens d’un pays à l’autre. Pas tout à fait du goût du parquet, ce type de remarque. La magistrate lui rappelle que la production de cannabis relève normalement de la cour d’assises. Mais pour neuf plants, il ne fallait pas exagérer.

« Il dit un peu tout et n’importe quoi », ajoute le procureur de la République qui demande une peine de trois mois de prison, dans le cadre d’une peine aménageable.

Le tribunal a finalement prononcé une peine de quatre mois avec obligation de soins et de réaliser un travail d’intérêt général de 105 heures dans les prochains 18 mois.

Est Republicain

Le candidat FN Wallerand de Saint-Just qualifie la période post attentat de « moments très enthousiasmants »

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Pour se faire connaître, le trésorier du FN (conseiller régional sortant en… Picardie) a rasé ses pointes de moustache vieille France, s’est laissé pousser la barbe et a affiché sa nouvelle tête sur des milliers de murs de la région, « grâce à une campagne de collage intensive »

S’il se vante d’avoir les 84 pages de son programme, l’ex-avocat de Jean-Marie Le Pen se glisse désormais dans les pas de sa fille.

« Nous profitons d’une dynamique nationale. On vit des moments très enthousiasmants. »

Le Parisien

21 hooligans parisiens interpellés pour avoir provoqué une bagarre à Malmö

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Vingt-et-un supporters du Paris SG ont été interpellés par la police dans le centre de Malmö, après avoir provoqué une bagarre, en marge du match de Ligue des champions remporté par le club de la capitale 5-0.

21 supporters, non munis de billets, ont été interpellés par les forces de l’ordre. Il s’agirait essentiellement d’anciens membres de la tribune Boulogne.

Ils ont provoqué une bagarre, près de la place Stortorget au centre-ville où Zlatan Ibrahimovic avait fait installer un écran géant pour que les habitants de sa ville natale puissent assister à ce match et où un concert avait été prévu par la suite.

Sud Ouest

L’élu FN André Murawski condamné pour diffamation

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Fin septembre, le maire d’Ostricourt Bruno Rusinek (PS) s’était retrouvé sur le banc des parties civiles au tribunal correctionnel de Lille après plusieurs plaintes contre son opposant le plus acharné André Murawski (FN) et un habitant, J.N., coupables, selon le premier magistrat, d’avoir largement dépassé les bornes du bon goût dans plusieurs articles publiés sur des blogs et sur les réseaux sociaux.

Des accusations d’alcoolisme et de prétendus échanges d’insultes étaient au centre des cinq plaintes déposées par le maire contre les deux hommes. Le tribunal s’était donné deux mois pour tirer cette affaire au clair, et a donc rendu sa décision mardi.

André Murawski est condamné pour diffamation sur l’un des cinq motifs avancés par le maire, et se voit contraint de verser 2000 euros (frais de justice et préjudice) à ce dernier. Une amende de 2000 euros avec sursis complète la sanction.

La Voix du Nord

Un espagnol jugé pour apologie du terrorisme sur Facebook

Un Espagnol, résidant à Hendaye, est jugé ce jour pour des écrits sur son compte Facebook.

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Vendredi après-midi, un Espagnol de 18 ans, résidant à Hendaye sera jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel pour des propos faisant l’apologie du terrorisme. Le jeune homme a été interpellé mardi à 8 heures après qu’il a été constaté qu’il avait produit, en langue espagnole, des écrits approuvant les attentas ayant eu lieu à Paris, le 13 novembre.

Lors de sa garde à vue au commissariat de Saint-Jean-de-Luz, l’individu n’a pas fourni d’explication,s mais tout de même manifesté des regrets, précise le parquet de Bayonne. Les propos ont été inscrits un matin vers 8 heures. « J’étais énervé, je venais de me lever», a précisé le mis en cause dont le casier judiiaire est vierge.

Sud Ouest

Un ancien officier de la CIA veut bombarder hôpitaux et universités pour vaincre Daech

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Un ancien officier de renseignement de la CIA, Michael Scheuer a déclaré que les Etats-Unis devraient bombarder même les hôpitaux et les universités dans le territoire de l’État islamique pour le vaincre.

«Pour moi, je l’ai écrit cette semaine, serait de cibler chaque infrastructure – les hôpitaux, les universités, les systèmes d’irrigation – qui rendrait impossible pour l’État islamique d’amasser des fonds et de fournir de l’électricité, l’assainissement et l’eau potable… « a déclaré Scheuer. « Faire exactement ce que nous avons fait aux Allemands. »

Huffington Post

Perquisition administrative chez des maraîchers bio « Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? »

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La ferme d’Elodie et Julien, à mi-chemin entre Périgueux et Angoulême, figure dans une plaquette de l’office de tourisme au chapitre « vente directe de fruits et légumes ». Il faut croire qu’on la trouve aussi dans les petits papiers du préfet de Dordogne.

Mardi matin à 7h20, depuis sa chambre avec vue sur l’arrière de la maison, un ami hébergé par le couple entend des claquements de portières et aperçoit la lumière de lampes torches. C’est une perquisition administrative. « Quand on est descendus, les gendarmes étaient déjà dans la cuisine », raconte Elodie, 36 ans. Elle ne sait pas si l’ami «  a ouvert ou s’ils sont entrés tout seuls », de toute façon « la porte était ouverte ». Devant elle et son compagnon Julien, 34 ans, s’alignent « une dizaine » de gendarmes de Nontron, Ribérac et Verteillac.

Comme les maraîchers bio demandent des explications, les forces de l’ordre invoquent l’état d’urgence et leur montrent un ordre de perquisition signé par le préfet Christophe Bay (voir ci-dessous). Selon ce papier, faisant référence aux attentats du 13 novembre et à « la gravité de la menace terroriste sur le territoire national », « il existe des raisons sérieuses de penser » que chez eux « peuvent se trouver des personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste ». « Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? », plaisante Elodie après coup. Installés depuis trois ans et demi en Dordogne, Julien et sa compagne ont une fille de deux ans, vendent des légumes de saison à la Biocoop et le samedi au marché.

« Le G8, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ? »

Pendant deux heures quarante, les gendarmes fouillent chaque pièce en regardant « dans les placards, les coffres, la bibliothèque, les recoins, les boîtes », détaille Elodie. Ils semblent « très intéressés par les petits carnets, les coupures de presse. Les livres moins. » Et demandent quelle surface fait la ferme, s’il y a des appentis. L’un d’eux prend les choses particulièrement au sérieux. « Il nous dit : “le G8, les sommets européens, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ?” et mentionne aussi la Cop21. Visiblement, la perquisition a un rapport avec nos activités militantes. »

« Ils nous parlent d’extrême gauche et sous-entendent qu’on est islamistes ? »

« On parle de quoi là ? Ils nous parlent d’extrême gauche et d’un coup sous-entendent qu’on est islamistes ? On ne sait pas ce qu’ils cherchent. » Pour seule réponse, les habitants récoltent un « voyez ça avec le préfet, nous on exécute les ordres ».

A 10 heures, après avoir fait signer un compte-rendu de perquisition reconnaissant qu’ils n’ont rien trouvé, les gendarmes repartent comme ils sont venus. Les maraîchers pensent quand même « qu’il faut que ça se sache ».

1233 perquisitions, 165 interpellations, 142 gardes à vue, 230 armes saisies

Sur l’ensemble du territoire, on dénombrait mardi 1233 perquisitions administratives, conduisant à 165 interpellations, dont 142 gardes à vue, et la saisie de 230 armes. Un certain nombre d’abus et de bizarreries sont déjà signalés : citons par exemple une fillette de 6 ans blessée à Nice, un TGV évacué pour un film d’action, un trompettiste retenu sans motif Gare du Nord, un restaurant investi par la police en plein service… Au point que les recensions de ces dérapages ont été systématisées par La Quadrature du Net et remplissent les pages des journaux.

Basta Mag

Ils voulaient cibler une mosquée, 2 militants d’extrême droite condamnés pour un attentat islamophobe

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Deux jeunes hommes proches de l’extrême droite ont été condamnés à deux ans de prison dont un ferme pour avoir tiré sur la vitrine d’un kebab à Avranches (Manche) après les attentats du 13 novembre.

« C’est un acte islamophobe, revendiqué comme tel. L’enquête l’a démontré. Ils s’entendaient très bien avec le propriétaire turc de ce kebab, mais ils voulaient s’en prendre à l’islam » après les attentats de Paris, a résumé ce jeudi le procureur de la République de Coutances, Renaud Gaudeul.

« On avait regardé les attentats de Paris sur BFMTV, on a voulu faire quelque chose », a déclaré un des prévenus selon le quotidien « La Presse de la Manche ».

Les prévenus âgés de 22 et 23 ans, l’un carrosseur et l’autre conducteur d’engins, tous deux insérés socialement selon le parquet, ont expliqué durant l’enquête s’en être pris au kebab faute de mosquée à Avranches.

« J’ai souligné qu’ils se faisaient les complices des terroristes qui cherchent à fractionner la société » par la multiplication d’actes racistes, a ajouté le procureur.

L’OBS

Affrontements sanglants entre miliciens Kurdes et Yezidis

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Des affrontements ont éclaté dans la région de Sinjar entre des miliciens Yézidis et Peshmergas kurdes. Dans le sud de la région, près de Qabusiya, les Kurdes ont tenté de faire sortir clandestinement des troupeaux de moutons et ont été arrêtés par des combattants Yézidis sous le commandement du Sheikh Kheri. Ses combattants avaient participé au coté des miliciens peshmergas a l’offensive pour la reconquête de Sinjar.

Des affrontements ont alors éclaté entre Yézidis et Peshmergas kurdes. Un miliciens Yezidi ainsi qu’un chauffeur de camion sont morts dans des affrontements, quatre autres miliciens sont grièvement blessés.

La situation était déjà très tendu ces derniers temps, les Yézidis accuse les Peshmergas de couvrir des kurdes qui ont collaboré avec Daech dans le Sinjar.

Ezidi Press

Fréderic jugé pour tentative de viol dans un jardin public

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Une soirée de paumés qui dégénère en tentative de viol près du jardin public, à Cambrai. Une femme de 36 ans salement amochée. Un accusé récidiviste déjà condamné pour un viol commis alors qu’il était mineur.

Me Faugeroux n’en est pas à sa première affaire de viol. Mais dans la carrière de l’avocat catésien, celle-là est véritablement un cas d’espèce.

Car il a déjà défendu le même client pour des faits similaires devant la cour d’assises des mineurs. « C’est la première fois que je plaide pour la même personne deux fois devant les assises. C’est très rare. » C’est évidemment aussi très délicat. Frédéric, âgé de 28 ans désormais, avait été condamné à sept ans de prison pour viol en décembre 2007. Sorti au bout de cinq ans, il s’est donc retrouvé mis en cause dans une nouvelle affaire de crime sexuel.

Le 18 juin 2013, vers 2 h, un homme appelle la police. Sa compagne, Céline , est rentrée au domicile avec le visage tuméfié et ensanglanté. Elle dit avoir été agressée par un homme qui a tenté de la violer aux abords du jardin public. Elle aurait réussi à s’échapper en lui portant un coup de pied au niveau de l’entrejambe. Prise en charge par les secours, la victime présentait un œdème facial, elle avait le nez et plusieurs dents cassées, ainsi que plusieurs hématomes et griffes sur différentes parties du corps.

Selon ses déclarations, après une dispute avec son concubin, elle a passé l’après-midi à boire chez un ami. Frédéric les a rejoints. Ils ont continué à s’alcooliser ensemble avant que ce dernier ne les invite à une soirée chez sa sœur.

Vers 1 h 30, Céline quitte les lieux pour regagner son domicile, à pied. Malgré son refus, Frédéric lui emboîte le pas pour la raccompagner et passe à l’acte aux abords du jardin public. Il la fait tomber, tente de la déshabiller, elle se débat, alors il cogne. Puis rentre chez sa sœur, où la police le cueille une heure après. Il a encore du sang sur les mains et son t-shirt. Et son ADN sera retrouvé sur les vêtements de la victime.

La Voix Du Nord

Prison ferme pour Nolan, Valentin, Mathieu, les petits trafiquants de cannabis

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Trois individus, dont un Auchellois de 22 ans, étaient jugés pour trafic de cannabis. Ils ont tous écopé de prison ferme.

Tout commence à Lens, par un banal contrôle routier dont V. B. est la cible. À bord du véhicule, les policiers découvrent de la résine de cannabis que le jeune Auchellois de 22 ans dit avoir acheté sur le parking du stade Bollaert. Devant les enquêteurs, il expliquera avoir servi à plusieurs reprises d’intermédiaire entre un fournisseur lensois et une cliente qui habite du côté de Bruay.

La question est de savoir à qui profite le « petit » trafic dont les enquêteurs découvrent vite qu’il n’est pas cantonné à la consommation personnelle de V. B. En clair, s’agit-il d’un trafic organisé et quelles en sont les ramifications ? Il apparaît rapidement que la cliente bruaysienne est en réalité la petite amie d’un détenu de la prison de Béthune, M. J.. Le nom d’un troisième larron, N. D, son compagnon de cellule d’alors, apparaît aussi pour des faits de recel de portable, usage et transports de stupéfiants…

Pas de quoi apitoyer le procureur Roy qui réclame un an de prison ferme pour chacun des trois compères. Le tribunal l’a suivi pour Mathieu Joly et Nolan Danel. Valentin Beck, lui, écope de six mois de prison.

La voix du Nord

« Femmes à la maison, Bloc Identitaire, Islamophobie, et antisémitisme », Le Front national fait des émules jusqu’au Québec

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Les succès électoraux passés et à venir du Front national de Marine Le Pen sont une source d’inspiration par delà l’Atlantique. Dans la province de Québec, un ancien candidat indépendant aux élections fédérales canadiennes ambitionne d’implanter un parti directement inspiré du FN français afin, dit-il, de défendre les Québécois « de souche ».

« Ça fait longtemps que je regarde ce qui se passe en France et j’ai voulu comparer la faune politique. Je ne suis rendu compte que personne ici ne représente les ‘de souche’. Les Français sont mieux défendus que nous autres », estime Ugo Ménard cité par nos confrères du Huffington Post Québec.

Ce dernier a déposé auprès du Directeur général des élections du Québec le nom de « Front national du Québec » jusqu’au 28 décembre en espérant surfer sur la vitalité de son modèle hexagonal.

Femmes à la maison, Bloc Identitaire et antisémitisme

Sur sa page Facebook, le Front national du Québec préconise certes le « rejet de l’immigration massive » à l’image du FN français. Mais Ugo Ménard n’hésite pas à prôner le retour des « femmes à la maison », admet avor participé à une manifestation organisée par la frange québecoise du parti islamophobe Pegida et reprend les éléments de langage des Identitaires française sur la théorie du grand remplacement.

Parmi les idées qu’il met en avant, Ugo Ménard propose d’inciter les femmes québecoise « pure laine » à repeupler le Québec en leur donnant une importante somme d’argent (100.000$ canadiens pour la naissance d’un troisième enfant, soit un peu plus de 70.000 euros…). « J’aimerais changer l’image de la femme à la maison. Ce n’est pas dégueulasse, avoir des enfants en 2015 », assure-t-il.

Son profil Facebook personnel fourmille quant à lui de références au Bloc Identitaire français, mouvance d’extrême droite radicale, et flirte allègrement avec le racisme, l’islamohobie et l’antisémitisme.

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« Nous nous effaçons pour faire place à une nouvelle nation. C’est inacceptable. Il n’y a pas si longtemps, je me sentais chez nous à Saint-Hyacinthe. Là, il y a même une mosquée à Saint-Hyacinthe », assure Ugo Ménard.

 

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Capture d’écran du compte Facebook d’ego Ménard

Huffington Post

La drogue dure, très présente dans les campagnes françaises

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Palais de justice d’Amiens, mi-novembre. Sophie attend fébrilement dans la salle des pas perdus. Cette jeune femme de 24 ans, toxicomane depuis deux ans, est poursuivie pour trafic de stupéfiants. La jeune femme faisait des allers et retours réguliers en Belgique. Là-bas, le gramme se négocie autour des 10 euros. À Roisel, dans l’est de la Somme, Sophie revendait l’unité à 25 euros.

L’histoire de Sophie, dealer de drogue dure au fin fond de la campagne picarde, est loin d’être un cas isolé. Loin des trafics organisés qui sévissent dans les quartiers populaires de nos villes, de petits bourgs sont gangrenés par le phénomène. Du fait du leur isolement, ces territoires, souvent durement frappés par le chômage, sont des terrains propices à la consommation de drogue, toutes les drogues, et aux trafics. «  Moi, je fumais du shit et, dans certains villages, je n’arrivais pas à en trouver. En revanche, il n’y avait aucune difficulté à trouver de l’héro  », témoigne le copain de Sophie.

Le cinq novembre dernier, à Saint-Léger-les-Domart, cinq personnes sont interpellées dans le cadre d’une opération antidrogue. «  Malheureusement, c’est loin d’être la première fois, et cela me désole», se lamente Daniel Laurent, maire de ce bourg de 1 800 habitants qui compte 26 % demandeurs d’emploi.

Thomas, 19 ans, la tête fracassée pour une dose

Comme dans la vallée de la Nièvre, des villes moyennes de l’est de la Somme sont durement touchées par ce fléau. Des petits trafics qui virent parfois au drame, voire au sordide. Ce fut le cas à Eppeville, près de Ham, en 2013, où un jeune homme de 19 ans a été assassiné au terme d’un scénario digne d’un film sur la mafia.

Un matin de novembre, le corps de Thomas Corbelli, jeune dealer d’héroïne, est retrouvé dans un cabanon, les pieds ligotés. Ses deux agresseurs, condamnés en juin dernier à 20 et 30 ans de réclusion, lui ont fracassé la tête à l’aide d’un marteau et d’un démonte-pneu. À l’origine, un simple différend sur le prix de la dose d’héroïne.

Au-delà de ce macabre fait divers, le profond ancrage de ces trafics dans certains bourgs, voire certains villages picards, est un vrai poison contre lequel les pouvoirs publics n’ont pas trouvé l’antidote. «  À la campagne, le problème existe, mais il est moins visible car il y a moins de réseaux d’alerte, tout est souterrain », résume le docteur Jean-Jacques Pic, membre du réseau Sato.

Courrier Picard