La drogue dure, très présente dans les campagnes françaises

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Palais de justice d’Amiens, mi-novembre. Sophie attend fébrilement dans la salle des pas perdus. Cette jeune femme de 24 ans, toxicomane depuis deux ans, est poursuivie pour trafic de stupéfiants. La jeune femme faisait des allers et retours réguliers en Belgique. Là-bas, le gramme se négocie autour des 10 euros. À Roisel, dans l’est de la Somme, Sophie revendait l’unité à 25 euros.

L’histoire de Sophie, dealer de drogue dure au fin fond de la campagne picarde, est loin d’être un cas isolé. Loin des trafics organisés qui sévissent dans les quartiers populaires de nos villes, de petits bourgs sont gangrenés par le phénomène. Du fait du leur isolement, ces territoires, souvent durement frappés par le chômage, sont des terrains propices à la consommation de drogue, toutes les drogues, et aux trafics. «  Moi, je fumais du shit et, dans certains villages, je n’arrivais pas à en trouver. En revanche, il n’y avait aucune difficulté à trouver de l’héro  », témoigne le copain de Sophie.

Le cinq novembre dernier, à Saint-Léger-les-Domart, cinq personnes sont interpellées dans le cadre d’une opération antidrogue. «  Malheureusement, c’est loin d’être la première fois, et cela me désole», se lamente Daniel Laurent, maire de ce bourg de 1 800 habitants qui compte 26 % demandeurs d’emploi.

Thomas, 19 ans, la tête fracassée pour une dose

Comme dans la vallée de la Nièvre, des villes moyennes de l’est de la Somme sont durement touchées par ce fléau. Des petits trafics qui virent parfois au drame, voire au sordide. Ce fut le cas à Eppeville, près de Ham, en 2013, où un jeune homme de 19 ans a été assassiné au terme d’un scénario digne d’un film sur la mafia.

Un matin de novembre, le corps de Thomas Corbelli, jeune dealer d’héroïne, est retrouvé dans un cabanon, les pieds ligotés. Ses deux agresseurs, condamnés en juin dernier à 20 et 30 ans de réclusion, lui ont fracassé la tête à l’aide d’un marteau et d’un démonte-pneu. À l’origine, un simple différend sur le prix de la dose d’héroïne.

Au-delà de ce macabre fait divers, le profond ancrage de ces trafics dans certains bourgs, voire certains villages picards, est un vrai poison contre lequel les pouvoirs publics n’ont pas trouvé l’antidote. «  À la campagne, le problème existe, mais il est moins visible car il y a moins de réseaux d’alerte, tout est souterrain », résume le docteur Jean-Jacques Pic, membre du réseau Sato.

Courrier Picard

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