Ce que la gauche ne pardonne pas aux « maghrébins », c’est d’avoir fait des enfants musulmans

Professeur à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le programme méditerranéen, Olivier Roy est un spécialiste de l’islam. Il y a consacré différents ouvrages comme En quête de l’Orient perdu, en 2014, ou La laïcité face à l’islam, en 2005.

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Les polémiques récurrentes sur la viande halal, le port du voile à l’université ou les prières de rue poussent certains à se demander si la pratique de l’islam est compatible avec la laïcité française… 

C’est un faux débat. On peut, bien entendu, se poser de nombreuses questions théologiques sur l’islam. Mais le port du foulard à l’université, du burkini, ou le débat sur la viande halal ne sont pas des problématiques propres à l’islam. Elles sont liées à l’évolution de l’acceptation des signes religieux en France, au même titre que la soutane, la kipa ou la viande casher.

La conception de la laïcité française a considérablement évolué depuis la loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cette législation ne dit rien sur les religions. Il n’y a donc pas lieu d’interdire le voile à l’université ou le burkini. Dans son essence, la laïcité ne devait pas chasser le religieux de l’espace public, mais seulement organiser la gestion des lieux de culte. Mais la laïcité est devenue une idéologie politique, qui sert à exclure la religion vers l’espace privé. Il y a désormais une « morale laïque ». 

Pourquoi le débat se cristallise-t-il autour de l’islam ? 

Si cette religion fait autant parler d’elle, c’est parce qu’il y a une conjonction entre une droite identitaire, qui définit le christianisme comme la religion fondatrice de la société française, et une gauche laïque et anti-cléricale. Quand Manuel Valls déclare qu’il « comprend » les maires qui ont pris l’arrêté anti-burkini, il se place dans la continuité d’une certaine gauche fondamentalement hostile aux religions. Rappelez-vous qu’en 1996, Michel Charrasse, un ancien ministre du Budget socialiste, avait refusé d’entrer dans l’église pour les obsèques de François Mitterrand, par conviction laïque.

Cette alliance hors-nature entre cette droite et cette gauche se concentre sur l’islam, qui est devenu l’ennemi commun, mais pour des raisons complètement différentes. C’est ce qui lui donne autant de résonance dans le débat public.

Pourquoi ce débat sur la compatibilité entre islam et laïcité n’a pas eu lieu avec la même ampleur en 1995, lors de la vague d’attentats terroristes perpétués par le Groupe islamique armé ?

En 1995, on était dans une logique d’intégration, dans la foulée de « la marche des beurs ». Mais dans l’esprit de la gauche, à l’époque, intégration signifiait sécularisation. Aujourd’hui, ce que la gauche ne pardonne pas aux immigrés maghrébins, c’est d’avoir fait des enfants musulmans. Elle s’attendait à ce que la deuxième et la troisième génération soient sécularisées et a été très surprise de découvrir une génération de croyants…

Après une telle polémique sur le burkini, quelles peuvent-être les répercussions dans la société française ?

Cela risque de créer un sentiment de rejet et de dégoût chez les musulmans, qui pourrait se traduire par un repli identitaire. Après, il y a des tensions, mais la France est un pays de tensions permanentes. Les gens ont complétement perdu la mémoire historique. L’identité française est un mythe : relisons Celine et Bagatelle pour un massacre, souvenons-nous de l’OAS ! Les arguments utilisés par les antisémites dans les années 1920 sont aujourd’hui repris à propos de l’islam : incompatibilité culturelle et une loyauté plus grande accordée à la religion qu’à la nation. 

France TV

Sondage : Seuls 13,6% des français se sentent proches du FN

Leader of the French far-right National Front (FN) party, Marine Le Pen speaks during a press conference focused on regional elections in Nanterre, outside Paris, on February 17, 2015. AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

Le nombre de Français qui affirment n’avoir aucune préférence politique partisane est en forte progression, ce qui traduit une défiance croissante à l’égard du personnel politique et des principaux partis, à l’approche de la présidentielle, selon une étude de l’institut Elabe diffusée ce vendredi 19.

A la question, « sans penser seulement aux élections, de quel parti ou mouvement politique vous sentez-vous le plus proche?« , 31,3% des personnes interrogées se déclaraient « sans préférence partisane » au second trimestre 2016, soit 3,4% de plus qu’au trimestre précédent. A cette question, le total des partis de gauche (sans l’extrême gauche) s’élève à 26,1% (-1,6), le total droite et centre (hors FN) 26,6% (-0,5).

Autre enseignement, les principaux partis de gouvernement sont désormais délaissés par près de 7 Français sur dix. Seules 14,1% (-1,7%) des personnes interrogées se sentent proches du Parti socialiste et à peine plus, 16,4% (-0,4%), du parti Les Républicains. L’érosion touche également le Front national, avec 13,6% (-1,4%) de Français qui se sentent proches de lui.

France Soir

le maire adjoint de Barcelone refuse d’interdire le port du burkini sur ses plages

Alors que débat fait rage en France entre pro- et anti-interdiction, la problématique s’est récemment étendue à la Belgique. Nadia Sminate, une députée du parti nationaliste flamand N-VA, envisage de proposer une interdiction générale de la tenue devant le parlement.

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Côté wallon, le parti conservateur MR s’est dit «prêt à ouvrir au parlement fédéral le sensible dossier d’une interdiction légale du port des burkini», affirme le journal La Libre Belgique.

En Espagne également, le débat s’est invité. Après les mesures prises en France, le maire adjoint de la ville catalane de Barcelone, Gerardo Pisarello, a fait savoir que sa ville refusait d’interdire le port du burkini sur ses plages, parmi les plus fréquentées d’Europe.

Il a en effet indiqué qu’il ne pouvait «pas autoriser la discrimination contre les droits des femmes», ajoutant que celles-ci doivent avoir la liberté de choisir la tenue qu’elles portent en allant se baigner.

RT

Rixe en Corse : SOS Racisme dénonce la réaction «très ethnicisée» des pouvoirs publics et politiques

Rixe en Corse: SOS Racisme dénonce les «lourdes défaillances» des pouvoirs publics. L’association dénonce une vision «très ethnicisée» de cette affaire…

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Les pouvoirs publics ont montré de « lourdes défaillances » dans la gestion de la rixe samedi à Sisco (Haute- Corse) entre des villageois et une famille d’origine maghrébine, qui ont conduit à une vision « très ethnicisée » de cette affaire, a dénoncé mercredi soir SOS Racisme.

Dans un communiqué, le président de SOS Racisme Dominique Sopo « s’interroge sur le rôle des pouvoirs publics qui ont chacun à leur manière montré de lourdes défaillances ». Il met notamment en cause le maire PS de Sisco, qui à la suite des violences, a pris un arrêté interdisant les burkinis sur les plages de sa commune « alors que là n’est pas l’objet de la rixe sur lequel toutes les zones d’ombre devront être levées ».

«Consternation » vis-à-vis « des partis nationalistes»

SOS Racisme fait également part de sa « consternation » vis-à-vis « des partis nationalistes, majoritaires à l’Assemblée de Corse et donc responsables de l’exécutif local » qui ont selon lui appelé à un rassemblement de soutien aux deux villageois de Sisco placés en garde à vue avant d’être remis en liberté.

Les présidents nationalistes du Conseil exécutif territorial, Gilles Simeoni, et de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, ont pris part à un rassemblement de plusieurs centaines de personnes mercredi soir à Borgo où étaient entendus les deux villageois, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’attitude « plus que tendre » des pouvoirs publics

« Il est peu admissible que des partis aujourd’hui en charge de l’exécutif local et donc représentants des pouvoirs publics épousent une logique de défiance vis-à-vis de l’enquête en cours ou, même, laissent penser que certaines personnes n’auraient par nature aucun compte à rendre à la justice et aux forces de l’ordre », juge l’organisation antiraciste.

SOS Racisme dénonce également l’attitude « plus que tendre » des pouvoirs publics lors des « démonstrations de force antimaghrébines qui, dans une logique proche de l’auto-« justice », se sont déroulées dimanche dans le quartier de Lupino de Bastia aux cris notamment de « On est chez nous » ». Au lendemain de la rixe, des manifestants à Bastia avaient menacé de se rendre dans ce quartier populaire et métissé, criant « aux armes, on va monter parce qu’on est chez nous » mais en avaient été empêchés par les gendarmes.

20 Minutes

Valls prend position contre le burkini, le CFCM se dit « surpris »

Les arrêtés municipaux interdisant le port du burkini sur les plages continuent d’alimenter la polémique. Dans une interview au quotidien régional La Provence, le Premier ministre Manuel Valls a estimé que le burkini n’est « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République » et défendu son interdiction, assurant « comprendre » la décision des élus.

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« Les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bain, une mode. C’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme« , a expliqué le Premier ministre, qui juge toutefois que le législateur n’a pas à intervenir en la matière.

Une prise de position qui passe mal auprès des représentants de la communauté musulmane. Abdallah Zekri, le président de l’Observatoire contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM) s’en est pris de manière virulente aux déclarations de Manuel Valls sur BFMTV ce mercredi 17. « Je suis surpris de lire l’intervention de Manuel Valls dans la mesure où il y a des contacts permanents avec le ministre de l’Intérieur en charge des cultes » s’est-il indigné.

Et d’ajouter: « est-ce que 10 ou 12 femmes portant le burkini mettent en danger la République? Je n’y crois pas du tout« , avant d’assurer « ces femmes le (le burkini, NDLR) portent librement, certaines pour se préserver, par pudeur, d’autres par convictions religieuses« .

Abdallah Zekri s’en est également pris à Jean-Pierre Chevènement, pressenti pour prendre la tête de la nouvelle Fondation pour l’islam de France, qui a récemment demandé aux musulmans français de faire preuve de « discrétion« . « Nous nous sommes des citoyens français. Quand j’entends dire que les musulmans doivent être plus discrets, plus discrets sur quoi? Qu’est-ce que nous avons fait pour ne pas être discrets?« , s’interroge le président de l’Observatoire contre l’islamophobie.

Avant de prévenir: « s’il (Jean-Pierre Chevènement, NDLR) veut travailler avec nous, ce n’est pas de cette manière-là, l’islam colonial est terminé depuis très longtemps« .

France Soir

Tout comme Manuel Valls, MLP soutient l’interdiction du Burkini et appelle à le «proscrire»

La présidente du Front national Marine Le Pen a apporté aujourd’hui son soutien aux maires – majoritairement de droite – qui ont interdit le port du burkini sur les plages de leur communes. 40651dec354a7b47551842b6c82e54e5938da1f6

« Bien sûr le burkini doit être proscrit des plages françaises, où il n’a strictement rien à faire. C’est une question de laïcité républicaine, d’ordre public, assurément ; mais bien au-delà, c’est de l’âme de la France dont il est question », a-t-elle écrit sur son blog.

« La France n’enferme pas le corps de la femme, la France ne cache pas la moitié de sa population, sous le prétexte fallacieux et odieux que l’autre moitié craindrait la tentation », a ajouté Marine Le Pen pour qui « les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim, pas celles de lugubres belphégors ».

« Les Françaises, les Français, et je le sais un très grand nombre de Françaises musulmanes qui rejettent de toutes leurs forces l’islamisme, attendent qu’on tienne bon sur cette question de principe et de coeur », a-t-elle encore souligné. Ainsi, selon la présidente du FN, il est « bien » que « quelques maires UMP et PS interdisent le burkini dans leur commune ».

La Provence

Valls soutient les maires ayant interdit le burkini et l’appel de Chevènement aux musulmans à la «discrétion»

De passage à Marseille ce mardi, la Premier ministre Manuel Valls a dit comprendre et soutenir les maires ayant pris des arrêtés pour interdire le port du burkini, dans une interview accordée à La Provence à paraître mercredi. 

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«Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions, d’éviter des troubles à l’ordre public», indique-t-il. Et d’insister: «Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s’ils sont motivés par la volonté d’encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique».

Une mise au point qui intervient en pleine polémique alors que quelques mairies françaises, de Corse jusqu’au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés pour interdire le burkini, une tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes, parfois même sans avoir constaté son usage.

«Ce n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République»

«Les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bain, une mode. C’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme», explique le Premier ministre. Mais il juge toutefois que le législateur n’a pas à intervenir en la matière. Pour lui, «la réglementation générale des prescriptions vestimentaires ne peut être une solution».

Derrière le burkini, «il y a l’idée que, par nature, les femmes seraient impudiques, impures, qu’elles devraient donc être totalement couvertes. Ce n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République. Face aux provocations, la République doit se défendre», argumente-t-il.

Il lance également des appels aux autorités musulmanes qui, d’après lui, doivent «rejeter cette vision mortifère de l’islam».  «Avant de penser à légiférer, nous ferons appliquer la loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public – nous le rappellerons, avec le ministre de l’Intérieur, aux préfets et aux forces de sécurité. Les autorités musulmanes doivent aussi condamner le voile intégral, condamner les actes de provocation qui créent les conditions d’une confrontation.»

Valls soutient l’appel de Chevènement aux musulmans à la «discrétion»

Dans son interview à La Provence, Manuel Valls apporte son soutien à Jean-Pierre Chevènement, pressenti pour prendre la direction de la Fondation pour l’islam de France et qui a conseillé lundi aux musulmans la «discrétion».

«Si nous voulons construire un islam de France compatible avec nos valeurs, nos libertés, l’égalité homme-femme, il faut que l’islam, comme les autres religions l’ont fait, accepte la discrétion dans la manifestation des convictions religieuses», affirme le Premier ministre.

Le Parisien

Aude : au tour du maire de Leucate d’interdire le burkini

Le maire de Leucate (Aude) va interdire le burkini sur les plagesLe maire LR de Leucate (Aude) Michel Py va à son tour interdire le burkini, tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes, afin « d’assurer le bon ordre, la sécurité et la salubrité publics ».

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Cet arrêté doit être signé mardi soir ou mercredi matin et sera en vigueur jusqu’au 31 août. Il concerne les stations de la commune languedocienne, soit Leucate-plage et La Franqui.

Selon le texte transmis à l’AFP, l’accès aux plages de la commune sera « interdit à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades ».

« Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation à ces principes y est également interdit », selon l’arrêté, que l’AFP a pu consulter.

Quelques mairies côtières, de la Corse jusqu’au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés similaires à la suite de la mairie LR de Cannes, la première à avoir signé, le 27 juillet, un arrêté anti-burkini.

Mais des voix s’élèvent aussi pour déplorer un emballement dangereux, notamment chez les musulmans qui redoutent une nouvelle stigmatisation autour d’une pratique minoritaire.

Ouest France

A la télé, non au burkini, oui aux prières de rue

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« FERVEUR POUR L’ASSOMPTION », titre BFMTV. « Une journée du 15 août placée sous le signe du recueillement pour les catholiques, indique le présentateur. A Paris, la procession est en train de s’achever. » « Après une marche de près de deux heures », précise l’envoyé spécial. A l’image, des prêtres parés de leurs vêtements sacerdotaux, dont l’un enfume les passants avec un encensoir, occupent l’espace public pour réciter leurs prières de rue.

Je m’attends à ce que le présentateur, Alain Marshall, reproche cette entorse à la laïcité à son invité, monseigneur Dubost, évêque d’Evry. Mais il fait preuve d’une grande tolérance, et même d’œcuménisme. « On parle beaucoup de l’islam ces temps-ci, on a vu ce qui s’était passé en Corse. Comment vous l’analysez ? Il y a une crispation communautaire aujourd’hui entre les Français catholiques et la religion musulmane ? » En revanche, opposer les « Français catholiques » à la « religion musulmane » n‘est pas du tout le signe d’une vision communautariste ni d’une crispation de la part de BFMTV. Le présentateur s’étonne : « Comment se fait-il qu’on en arrive à parler d’identité en la reliant à la religion ? » Pourtant, BFMTV a tout fait pour l’éviter. « Que pensez-vous de ces maires qui interdisent le burkini ? » Ne devraient-ils pas aussi interdire le port de la soutane sur les plages ?

Alain Marshall questionne encore : « Est-ce que vous dites “attention” à celles et ceux qui auraient l’intention de nous braquer les uns contre les autres ? Et je ne parle pas des terroristes, je parle des salafistes, on en parle beaucoup aujourd’hui dans ce pays. » « On en parle beaucoup », « on en arrive à parler »… Mais qui est ce « on » qui dicte son actualité à BFMTV ? « Est-ce que le mot “salafisme” vous inquiète aujourd’hui dans le pays ? » Ne faudrait-il pas interdire son emploi, comme le port du burkini ?

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Espagne, Italie, USA.. l’interdiction du Burkini vivement critiquée par les médias étrangers

Burkini : la presse étrangère affligée

« Stupide et sexiste », « fanatisme idiot »… La presse anglo-saxonne, qu’elle soit progressiste ou conservatrice, se moque de la polémique française.

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D’autres pays européens se posent également la question. Ainsi, le quotidien El Pais affichait sur sa « une » mardi 16 août : « La polémique du burkini arrive sur les plages espagnoles ».

D’après lui, « la récente interdiction du burkini sur les plages françaises de Cannes et Sisco a rouvert le débat sur le port du voile dans les lieux publics ».

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Une trentaine de municipalités catalanes ont interdit la burqa

Le quotidien explique qu’en Espagne, une trentaine de municipalités catalanes ont voté depuis 2010 l’interdiction du port de la burqa dans les établissements publics. Mais en 2013, la Cour suprême a estimé que les municipalités n’étaient pas compétentes pour restreindre un droit aussi fondamental que la liberté religieuse.

Sur le site d’El Pais, la journaliste et écrivaine Berna Gonzalez Harbour s’en prend aux arguments des maires français qui ont interdit le port de ce vêtement. « Si c’est un problème d’hygiène, comme le justifie si bien le maire (de Villeneuve-Loubet), il faudrait peut-être alors réfléchir à l’interdiction des maillots, des lunettes de plongée et des combinaisons thermiques pour les frileux », ironise-t-elle.

L’écrivaine revient ensuite sur les différents attentats qui ont touché la France. Mais selon elle, « l’inquiétude de la population et les précautions prises par les autorités sont des réactions compréhensibles. Mais de la précaution et des ressources nécessaires à la lutte antiterroriste, à l’intolérance irrationnelle, il y a un pas que la France ne doit pas franchir. »

« Je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée »

En Italie, la Nuova di Venezia revient également sur le sujet. Pour le quotidien local, les édiles de la côte vénitienne, à l’est du pays, « ne semblent pas particulièrement troublés » par le port du burkini sur leurs plages. « Aucun n’a ainsi prévu de prendre des arrêtés », poursuit la Nuova di Venezia.

Interrogé, le maire de Jesolo, Valerio Zoggia, n’estime pas nécessaire d’intervenir sur la question. « Il n’y a pas eu encore de problème, selon lui. Je me soucie de la question de la sécurité dans son ensemble, mais je ne peux pas interdire à une femme de se baigner habillée. »

Plus au nord de l’Europe, certains médias anglo-saxons n’hésitent pas à se moquer de la polémique. Le Guardian dresse ainsi « cinq raisons de porter un burkini – et pas seulement pour embêter les Français ».

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« Une attaque islamophobe contre les musulmans »

De son côté, la BBC prévient avec ironie que les autorités françaises « devront distinguer les nageurs en burkini et ceux en combinaison de plongée ».

La chaîne britannique a également demandé à des femmes de confession musulmane ce qu’elles pensaient de l’interdiction du port du burkini sur certaines plages françaises. Pour Aysha Ziauddin, de Norfolk, à l’est de l’Angleterre, ces arrêtés municipaux « sont une attaque islamophobe contre les musulmans ». « Le burkini me donne la liberté de nager et d’aller à la plage sans avoir l’impression de compromettre mes croyances », poursuit-elle.

Le Telegraph se montre également très virulent contre ces arrêtés municipaux. Pour le quotidien conservateur : « Les vrais ennemis de la liberté ne sont pas les femmes qui portent des burkinis, mais les politiques qui veulent les interdire.»

« Comme un régime théocratique, l’interdiction du burkini à Cannes oblige les femmes musulmanes à choisir entre leur religion et leur identité nationale, et suggère pernicieusement que leur choix du vêtement est une déclaration politique, que ce soit le cas ou non. »
« La France désigne la dernière menace pour sa sécurité : le burkini »

Enfin, la polémique sur le burkini a même traversé l’Atlantique. Dans son édition internationale, samedi, le New York Times affichait en « une » : « La France désigne la dernière menace pour sa sécurité : le burkini. »

Pour le quotidien américain, cette interdiction « peut parfois sembler étrange pour les étrangers ». Ainsi « aux Jeux olympiques de Rio, plusieurs femmes musulmanes ont participé à des épreuves avec des vêtements qui couvrent leurs cheveux et leur cou. Des maillots de bain couvrant le visage, portés par des baigneurs inquiets d’une exposition trop forte au soleil, ont également été repérés en Chine et dans d’autres endroits.

Le Monde

Le maire du Touquet n’a jamais vu un burkini, mais il… l’interdit

Après Cannes, Villeneuve-Loubet et Sisco, un quatrième maire a décidé de bannir le burkini des plages de sa commune selon Le Parisien: Daniel Fasquelle, par ailleurs député Les Républicains du Pas-de-Calais.

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Daniel Fasquelle le reconnaît lui-même: aucun cas de port du burkini n’a pour le moment été constaté sur les plages du Pas-de-Calais.

Pourtant, le maire Les Républicains (LR) du Touquet a décidé de prendre les devants, révèle Le Parisience mardi: il va prendre dans la semaine un arrêté interdisant cette tenue de bain utilisée par certaines femmes musulmanes désireuses de recouvrir leur corps entièrement, à l’exception du visage et des mains.

L’Express

3 femmes verbalisées ce week-end. Un entrepreneur propose de payer les amendes anti-burkini

Suite à la validation de l’arrêté anti burkini, le quadragénaire spécialisé en immobilier a fait savoir qu’il s’acquitterait également des PV dressés à Cannes, où trois jeunes femmes ont déjà été verbalisées ce week-end.

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Rachid Nekkaz se défend de toute polémique: « Bien qu’opposé à titre personnel au port du Niqab, je considère néanmoins que personne n’a le droit en démocratie d’empêcher une personne de porter l’habit de son choix dès lors que cet habit ne représente pas un danger pour la liberté d’autrui ou la sécurité du territoire. »

Nice Matin

Chevènement «donne un conseil de discrétion» aux musulmans de France

L’ancien ministre de l’Intérieur se dit prêt à présider la Fondation pour l’islam sauf si sa nomination devait entraîner «des problèmes insolubles»…

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« Aucun responsable ne peut s’y dérober. » Dans une interview au Parisien, Jean-Pierre Chevènement se dit prêt à présider la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, censé permettre une meilleure intégration de l’islam dans la République.

« Je ne m’y déroberai pas, assure-t-il. Sauf si ma nomination devait entraîner des problèmes insolubles qui me forceraient à me retirer. » Pressenti depuis quelques semaines pour présider cette Fondation, l’ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui âgé de 77 ans, a tout de même posé deux conditions : « que les financements étrangers [des lieux de culte] soient prohibés » et qu’il puisse toujours bénéficier de sa « liberté d’expression en tant qu’homme politique au long cours ».

« Je n’entends nullement m’immiscer dans la sphère du religieux »

Suscitant un début de polémique, sa nomination avait été critiquée par plusieurs personnalités qui estimaient qu’il fallait un musulman pour présider cette fondation. Un point sur lequel l’ancien responsable politique du MRC a répondu dans cette interview. « Le futur président de cette fondation ne sera pas chargé de promouvoir l’islam. Je ne suis pas musulman. Je suis un républicain laïc. Je n’entends nullement m’immiscer dans la sphère du religieux ».

Et Jean-Pierre Chevènement ne compte pas perdre de temps si sa nomination est validée. Evoquant « la formation profane » des imams, il compte demander que leur soit enseignée « la citoyenneté française, le cas échéant la langue française, les principes généraux du droit… »

« L’effort de recourir à la ‘’raison naturelle’’ »

Et surtout, il se permet déjà de donner un conseil de « discrétion » aux musulmans de France, comme l’a fait « le recteur de la mosquée de Bordeaux ». Ce qui risque, avant même sa nomination, de faire grincer des dents.

« Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté. Mais il faut aussi qu’ils comprennent que, dans l’espace public où se définit l’intérêt général, tous les citoyens doivent faire l’effort de recourir à la ‘’raison naturelle’’ ».

20 Minutes

 

L’interdiction et le débat sur le burkini en France consternent la presse anglo-saxonne

Le Burkini est « incompatible avec les valeurs françaises », mais interdire des vêtements si ?


Interdiction du Burkini : « La France est-elle tombée sur la tête ? » titre la presse canadienne

 


Vue de l’étranger, l’interdiction du port du burkini sur des plages françaises (à Cannes et Villeneuve-Loubet plus précisément) suscite ironie et consternation.

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« Les autorités devront distinguer les nageurs en burkini et ceux en combinaison de plongée »écrivent avec une pointe d’humour nos confrères anglais de la BBC.

Idem du côté de The Independent qui titre, en toute ironie : « Le burkini interdit sur les côtes françaises – pour protéger les gens ».

« Stupide et sexiste »

Mais outre les remarques portant sur le caractère dérisoire de ces arrêtés, d’autres critiques ciblent le fond du problème et pointent l’argumentaire des deux maires LR qui ont procédé à ces interdictions.

Pour Hilary Hanson, journaliste au Huffington Post américain, cette mesure est tout simplement « stupide et sexiste ». « C’est absurde et statistiquement faux de confondre musulmans et terroristes.

Et les gens opposés à l’interdiction soulignent que ces arrêtés ne vont pas arrêter l’extrémisme, mais participeront à l’isolement d’une communauté », écrit-elle. Notre consœur rappelle les propos du directeur général des services de la ville de Cannes, qui voit dans ces tenues une « allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».

Selon la journaliste américaine, « toutes les femmes qui choisissent de porter un burkini ne sont pas musulmanes ». « Certaines juives orthodoxes« , ont adopté ce vêtement, argue-t-elle, rappelant que la célèbre cuisinière britannique Nigella Lawson a elle aussi porté ce maillot de bain. « D’autres femmes peuvent tout simplement se sentir plus à l’aise sans avoir à exposer leur corps », ajoute Hilary Hanson. 

La BBC a également collecté de nombreux témoignages de femmes musulmanes, et toutes ne comprennent absolument pas pourquoi ce maillot crispe autant dans l’Hexagone. Mais alors, comment expliquer une telle différence d’approches entre les pays anglo-saxons et la France ? 

« En Grande-Bretagne comme aux États-Unis, cette mode-là ne choque pas autant qu’en France », expliquait au HuffPost Hanna Woodhead, doctorante à la faculté de théologie de Genève qui travaille depuis deux ans sur la mode religieuse et en particulier sur la notion de pudeur, citant en exemple les fonctionnaires musulmanes de la police londonienne dont la tenue comprend un voile, comme celle de leurs confrères sikh, un turban.

Pas étonnant donc que la presse anglo-saxonne soit interloquée par ces arrêtés, d’autant plus à la lecture de certains arguments avancés par les maires de Cannes et Villeneuve-Loubet, tels que « les règles d’hygiène », « la sécurité des baignades », ou « la prévention des troubles à l’ordre public ».

« Si les troubles à l’ordre public sont la principale préoccupation de David Lisnard (le maire de Cannes, ndlr), gageons qu’il saura aussi interdire toute apparition publique de star » dans sa ville, écrit aussi Hilary Hanson…

Huffington

Nadine Morano se radicalise de plus en plus à l’approche de la primaire de la droite

La députée européenne qui avait été écartée des élections régionales de décembre pour des propos polémiques a récidivé ce vendredi en franchissant une nouvelle ligne rouge. Nadine Morano opposée à la burqa a considéré que les femmes intégralement voilées étaient comparables «aux nazis».

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En qualifiant les femmes intégralement voilées de «nazies», Mme Morano a de nouveau franchi une ligne rouge alors que ses principaux rivaux à la primaire des Républicains ont pris quelques jours de congés et diminué leur présence médiatique.

Comme Donald Trump outre-Atlantique, dont elle trouve le discours «plutôt affolant», la députée européenne s’isole encore plus dans sa famille politique qui avait pourtant enchaînée les propositions sécuritaires chocs  après les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet dernier.

Pour la candidate à la primaire de la droite et du centre, les femmes intégralement voilées « s’exhibent en colportant une idéologie terroriste » et sont « une publicité ambulante pour l’islam radical ». Saluant également l’arrêté municipal pris par le maire de Cannes pour interdire le burkini sur les plages publiques de sa commune, Mme Morano a assuré que cela « ne choquait personne quand les maires prennent des arrêtés pour interdire d’être torse nu ».

Sur Europe 1, elle a défendu un proche, inconnu du grand public qui a indigné les réseaux sociaux en suggérant de déporter une femme voilée se prélassant sur une plage et en qualifiant son vêtement de «sac poubelle». Ne trouvant rien à redire alors que même le FN n’a pas surfé sur la polémique, Mme Morano a assuré que Jean-Pierre Arbey (délégué de la 2ème circonscription de Meurthe-et-Moselle et chargé de l’organisation de la primaire à Nancy) « n’a pas parlé de déportation ! », disant bien connaître ce délégué Les Républicains de son département qui est «gaulliste».

Mais en voulant le défendre, Mme Morano a glissé de nouveau dans la polémique en comparant ces femmes portant le voile intégral à des nazis. Une comparaissant lourde de sens, encore plus dans une région où elle a composé sa base électorale marquée par l’occupation nazie. Ce sont « les journalistes qui veulent faire cette interprétation », pas son ami a-t-elle estimé.

Dans une tentative de justification fragile, Nadine Morano va même plus loin. Jean-Pierre Arbey « considère comme moi que cette femme intégralement voilée sur le territoire national est comparable avec les nazis. Ces nazis qui ont exterminé des gens, aujourd’hui, ce sont les terroristes islamistes », a-t-elle insisté.

Loractu