Au moins 24 agressions islamophobes depuis le 13 novembre

RELIGION-ISLAM-PROFANATION-ENQUETE

Vingt-quatre actes antimusulmans, dont deux agressions de femmes voilées, ont été enregistrés depuis les attentats jihadistes du 13 novembre, a annoncé jeudi l’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Ces chiffres, uniquement basés sur les plaintes et mains courantes déposées auprès des services de police ou de gendarmerie et comptabilisées par le ministère de l’Intérieur, se ventilent en six actions (dégradations de mosquées, violences physiques…) et 18 menaces (lettres haineuses, insultes…), a précisé le président de cet observatoire, Abdallah Zekri.

Parmi les six actions enregistrées figurent des dégradations de lieux de culte par des inscriptions haineuses à Créteil (Val-de-Marne), Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) et Pontarlier (Doubs), mais aussi l’agression de deux femmes portant un foulard islamique, l’une à Marseille et l’autre à Toulouse, selon Abdallah Zekri.

«Je condamne ces apprentis nazis qui profitent de ces attentats pour s’en prendre à des lieux de culte et à des femmes: c’est une autre lâcheté, », a-t-il ajouté.

Le Parisien

Des militants d’extrême droite tabassent des jeunes communistes

Cherbourg le 07 avril 2014. Collage contre la venue de Marine Le Pen.

Ce soir, alors qu’ils recollaient par dessus les affiches racistes du Front National dans les rues du 11e arrondissement de Paris, des militant-e-s du Parti Communiste et de la Jeunesse Communiste de Paris se sont faits violemment attaquer par deux membres d’une organisation d’extrême droite.

Dérangés à la seule vue d’un keffieh, les agresseurs ont exigé que celui-ci soit retiré et que nos camarades cessent de recoller les affiches du FN. Nos camarades ayant refusé de céder à ces menaces, les fascistes ont attaqué au taser et frappé trois militantes, dont une conseillère municipale du 11e.

Ces attaques montrent encore une fois le vrai visage de l’extrême droite, qui a recourt à la violence pour imposer son idéologie par la terreur dans nos quartiers.

Nous soutenons nos camarades encore frappés par la violence ce soir dans le 11ème et exigeons que tous les groupuscules d’extrême droite soient dissouts. Quoi qu’il en soit, nous ne laisserons pas les murs de Paris salis par des discours de haine.

Jeunes Communistes

Coran brûlé à Calais par des identitaires, le procureur a ouvert une enquête

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Hier, Jean-Pierre Valensi, procureur de la République, a confirmé avoir ouvert « une enquête préliminaire (jeudi 12 novembre, NDLR) » pour tenter d’identifier le manifestant ayant mis le feu à un Coran, boulevard Jacquard à Calais, lors d’une manifestation le 8 novembre dernier.

« J’ai ordonné une enquête, c’est en cours. Les enquêteurs ne m’ont pas encore rendu compte », a précisé le procureur de Boulogne-sur-Mer hier. « Avec le contexte actuel, les effectifs sont pris par d’autres choses. Ça va mettre un certain temps. »

Deux jours avant l’ouverture de cette enquête, des citoyens ont dénoncé le fait que cet acte a été commis « sous les yeux des forces de l’ordre et sans réaction de leur part », et ont ainsi lancé une pétition en ligne « pour inciter le procureur à ouvrir une enquête ». Hier, elle cumulait 1694 signatures.

Ce 8 novembre, le Coran avait été brûlé dans le cortège d’une manifestation menée par Pegida France et Sauvons Calais et encadrée par de nombreux effectifs policiers. Ce jour-là, seul un contre-manifestant avait été interpellé après avoir pris un drapeau de la Dissidence nationale des mains d’un manifestant.

Sauvons Calais a déjà été visé par des plaintes pour incitation à la haine raciale en septembre 2014 après une manifestation à Calais. A l’époque une enquête avait été ouverte, sans suite à l’heure actuelle.

Nord Littoral

Il y a un risque de dérive terroriste au sein de l’extrême droite

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Dans un ouvrage très documenté, Jacques Leclercq (déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l’extrême droite) réalise une radiographie de cette mouvance.

Pourquoi vous semblait-il important de consacrer un ouvrage aux néo-nazis et à l’ultra droite française en 2015 ?

Jacques Leclercq – Cette sortie m’apparaissait justifiée pour plusieurs raisons. Premièrement, parce qu’il y a de nombreux meurtres et attentats imputables à cette mouvance, dans d’autres pays et sur d’autres continents, et il aurait été dommageable d’oublier que nous avions également “nos” néo-nazis, ou suprémacistes vantant le “White power”.

Quels sont les points communs à cette mouvance ultra-radicale ?

Ce qui réunit cette mouvance réside dans le rejet de l’immigration (sous notamment la forme de “l’ethno-différentialisme”), certains courants évoquant la remigration indispensable à leurs yeux pour faire face au “Grand remplacement”, le tout sous la forme d’un racisme plus ou moins affiché et affirmé pour les plus radicaux, qui veulent que les blancs restent majoritaires en Europe, “maîtres chez nous”.

Cette extrême droite radicale vous paraît-elle présenter un risque terroriste ?

Il y a bien un risque potentiel de dérive terroriste. Pas tant au niveau des groupes disposant d’une vie légale, et pouvant en conséquence être suivis par les services concernés, mais plutôt par des mini-groupuscules agissant semi-clandestinement ou dans la clandestinité tout court. Comme toute addiction, le fait de s’abreuver au quotidien de discours de plus en plus haineux, de s’adonner à la visite de sites où l’on ne parle que de violences, avec des illustrations très fortes, parfois allant jusqu’à représenter des hommes et femmes en armes, avec des (simulacres ?) d’exécutions, d’innombrables scènes de combats, il y aura bien des restes de cette banalisation.

Et des “loups solitaires” sont toujours possibles… ou téléguidés par des groupes qui lâcheront leur ancien “camarade” quand il se fera arrêter. D’ailleurs, l’ex-Œuvre française ne s’y est pas trompée, mettant dans la balance avec leur dissolution le véritable risque qu’ils ne puissent suivre certains de leurs anciens membres éparpillés et ne pouvant ainsi respecter les consignes de leur direction, qui stipulera qu’ils dégagent depuis toute responsabilité en cas de dérapage. Certains esprits malins ne déclarent volontairement pas leur groupe, cela en faisant des “associations de fait” que l’on ne peut attaquer en justice, ni dissoudre.

Les Inrocks

Claude Hermant, l’identitaire qui aurait fourni les armes au jihadiste Amedy Coulibaly

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En prison depuis le 23 janvier, Claude Hermant, 52 ans, figure de l’ultradroite identitaire lilloise, est soupçonné d’être impliqué dans le réseau qui a fourni des armes à Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque contre l’Hyper Cacher en janvier. Mais aussi d’être un informateur de la gendarmerie et des douanes. 

Ex-membre du service d’ordre du FN, ancien para et mercenaire. Via un mail du 21 novembre cité par la Voix du Nord, il informe les gendarmes sur un trafic d’armes franco-belge à Charleroi : «Salut Claude, nous avons vu avec notre hiérarchie, nous sommes partants pour les deux dossiers que tu nous as présentés (armes-Charleroi…).»

Claude Hermant a quitté les parachutistes en 1982 au grade de sergent, a été volontaire auprès des légions croates pendant la guerre de l’ex-Yougoslavie, puis barbouze au Congo à la fin des années 90. Vrai trafiquant, ou juste infiltré abandonné par sa hiérarchie ?

C’est la thèse que l’ex-mercenaire tente de vendre aux enquêteurs. «Je ne serai pas le prochain Marc Fievet», a-t-il lâché aux journalistes de la Voix du Nord entre deux portes du palais de justice. Fievet est cet ancien douanier français infiltré chez les narcotrafiquants, lâché après avoir été arrêté au Canada, incarcéré onze ans.

Indic des gendarmes ? Son avocat ne veut «ni confirmer ni infirmer», mais ajoute : «Si les informations des journaux sont vraies, qu’a fait la gendarmerie ?» Sous-entendu : pourquoi n’a-t-elle pas pu empêcher Coulibaly de nuire ?

Il a été responsable de la sécurité de la controversée Maison du peuple flamand de Lambersart, près de Lille, ouverte entre 2008 et 2012, repaire d’identitaires. Il organisait des «camps Arès», du nom du dieu grec de la guerre, avec réveils la nuit, marches forcées, techniques de survie et «messes, pour ceux qui le souhaitaient», dit son avocat, «des camps scouts un peu virils».

En octobre 2011, il était l’un des organisateurs d’une manif identitaire à Lille, avec Serge Ayoub, le chef de «Troisième Voie», mouvement dissous après l’assassinat du militant antifa Clément Méric.

En 2001, il raconte ses missions de «fantôme» (Libération du 6 juin 2001), démenties par le FN. Il dit avoir été «formé» à «l’infiltration et à la manipulation de foule», au siège du FN en 1997, par d’anciens fonctionnaires du renseignement pour «organiser la déstabilisation de certains quartiers ou des villes qui ne sont pas acquises aux idées du Front. […] Infiltrer. Prendre contact avec des bandes. Inciter à la violence ou à la rébellion. […] Dans un quartier, si vous mettez le feu à une voiture, dans l’heure qui suit, neuf fois sur dix, vous en avez quinze autres qui brûlent. […] En faisant avancer l’insécurité, vous faites progresser l’électorat du Front».


Libération

Un musulman de 17 ans lynché par des identitaires à Lyon

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Un jeune musulman a été agressé violemment dans le centre-ville de Lyon par une dizaine d’individus issus d’un groupuscule radical identitaire.

Le jeune Jassim, à peine 17 ans, a été lynché au sol pendant que les agresseurs se sont mis à lui crier « Islam hors de France », explique Abdelaziz Chaambi de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI).

C’est grâce à l’intervention d’un passant qui a dû lâcher son chien pour faire fuir les agresseurs que la vie de Jassim a été épargnée.

Jassim s’en sort avec des vertèbres brisées, des contusions et des hématomes et s’est vu prescrire 30 jours d’incapacité temporaire de travail par le médecin.

Le CRI a décidé de porter plainte et demandé l’accès aux caméras de surveillance de la Place Belcour (centre de Lyon) pour mettre la main sur les agresseurs et les sanctionner.

Bladi

Un kebab tenu par un couple saccagé et mitraillé aux cris de « sales Arabes » « terroristes »

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Coup de fusil dimanche soir sur la façade du kebab la Médina de Blaye. Vers 21 h 30, alors que le patron et sa femme dînaient tous les deux à l’intérieur après le service, leur restaurant de la rue Saint-Sauveur, situé à deux pas de la mairie, a été attaqué par une bande de six ou sept hommes arrivés en voitures.

Vociférant des menaces de mort et des insultes racistes, traitant le couple de « sales Arabes » et de « terroristes », ils ont tenté dans un premier temps d’entrer dans le restaurant. Le patron est parvenu à refermer la porte.

Munis d’une batte de baseball, d’une barre, d’un couteau et d’une arme de poing, ils ont fracassé la vitre de la porte d’entrée.

Voyant que le couple appelait les secours, ils ont fait mine de partir. Mais après avoir fait le tour du pâté de maisons, ils sont revenus devant le restaurant et ont tiré au fusil sur la façade.

Réfugié dans la cuisine, le couple avait entre-temps appelé les gendarmes. Malgré leur arrivée rapide sur les lieux, la bande avait déjà pris la fuite. Les militaires de la brigade de Blaye ont ouvert une enquête.

Indemne, mais très choqué, le couple s’est rendu à l’hôpital de Blaye dimanche soir. Les médecins ont prescrit deux jours d’ITT.

Sud Ouest

Escroquerie, fausses factures… la fédération FN du Nord devant la justice

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Philippe Bernard était secrétaire départemental du Front national dans le Nord, dans les années 2000. Mais il a été exclu en 2008, quand il a été mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie, après une enquête portant sur les frais de campagne du parti d’extrême droite dans la région.

C’était hier, devant la cour d’appel de Douai. Parce que Philippe Bernard a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, à Lille, en 2013. Il a donc fait appel.

Philippe Bernard, dont l’avocate générale cherche encore, après toutes ces années, à fixer le montant des détournements qu’on lui reproche (elle parle d’un peu plus d’un million d’euros…), il plaide non coupable. « Tous les travaux commandés aux entreprises ont été effectués », se justifie-t-il, contestant les fausses factures.

Ce dont doute la magistrate : elle a demandé quatre ans de prison, dont une partie de sursis.

La Voix du Nord

Des identitaires perturbent un hommage aux victimes des attentats par des « saluts nazis »

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A Reims (Marne), dimanche, alors qu’une centaine de personnes se recueillaient devant l’hôtel de ville, une dizaine de militants d’extrême droite se sont postés devant la cathédrale avec une banderole sur laquelle on pouvait lire « On est chez nous, islamisation hors de notre nation ».

Une vidéo de la manifestation prise par un passant et publiée par L’Union montre des participants faire des saluts nazis.

20 Minutes

Le directeur de campagne de Marion Maréchal Le Pen déjà condamné pour violence avec arme

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Frédéric Boccaletti, directeur de campagne de Marion Maréchal Le Pen en PACA a écopé de sept mois ferme pour avoir fait tirer avec son arme un jeune frontiste de 19 ans sur des opposants.

Le Point a retrouvé une lettre manuscrite de Frédéric Boccaletti rédigée alors qu’il purgeait sa peine de prison à Toulon, en 2000. L’en-tête est explicite : « Maison d’arrêt… Boccaletti Frédéric, écrou 54451 cellule 135, 2 place Léon Blum, BP5503 83097 Toulon cedex ». (Cf ci-dessous.) Dans ce courrier, l’actuel patron du FN du Var réclame la plus grande discrétion à son entourage, et sonde son interlocuteur sur son inéligibilité future.

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De nombreux cadres frontistes locaux ne lui reprochent pas que son lointain passé : il aurait fait parler de lui plus récemment. Ils rappellent au passage, preuves à l’appui, que Boccaletti s’est servi dans les caisses du Mouvement national républicain, le parti fondé par Bruno Mégret après son éviction du Front national – qu’il a réintégré en 2009.

En 2008, Boccaletti, élu de Six-Fours-les Plages, avait convié à s’exprimer dans une salle municipale l’avocat négationniste Éric Delcroix, condamné à plusieurs reprises pour contestation de crime contre l’humanité, comme son client Robert Faurisson.

Le Débat

Un Turc blessé par balle pour sa couleur de peau depuis une voiture arborant un drapeau bleu-blanc-rouge

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Un homme d’origine turque a été blessé par balle à Cambrai (Nord) dans la nuit de samedi à dimanche en raison « de sa couleur de peau » et le tireur présumé s’est ensuite donné la mort, indique le parquet de Cambrai. La victime a été touchée dans le dos et ses jours ne sont pas en danger.

Cet homme d’une trentaine d’année et résident en France a été blessé par balle de petit calibre alors qu’il se trouvait sur un trottoir à proximité d’un établissement « de type kebab », précise Rémi Schwartz, le procureur de Cambrai.

Le coup de feu a été tiré à partir d’une voiture arborant un drapeau tricolore bleu-blanc-rouge sur le capot avec trois personnes à bord, dont le tireur qui s’est donné la mort la même nuit.

Selon les premières auditions des deux autres occupants de la voiture actuellement en garde à vue, une femme née en 1989 et un homme né en 1996, la cible a été choisie « en raison de son apparence civile », a précisé le parquet.

« La victime semble avoir été choisie au hasard, parce qu’elle avait une couleur de peau qui ne convenait pas au tireur », a indiqué Rémi Schwartz. « Apparemment, ils étaient susceptibles de chercher d’autres victimes », a-t-il ajouté.

L’OBS

Le FN présente en Charente un candidat déjà condamné pour trafic de drogue

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Après le directeur de campagne des municipales d’Angoulême qui sortait juste de dix ans de prison pour avoir tué son ex-femme, après le candidat aux départementales déjà condamné à huit reprises pour violences conjugales et délits routiers, réincarcéré depuis pour de nouvelles violences conjugales, le FN 16 présente aux régionales un militant déjà condamné pour trafic de stupéfiants.

Une affaire de voyages en Espagne pour acheter de l’héroïne, de la cocaïne et du cannabis. Le candidat frontiste, placé en position non éligible sur la liste de Jean-Paul Berroyer, n’avait participé qu’à un voyage en Espagne. Il avait aussi été établi, lors de l’audience, qu’il achetait régulièrement du cannabis à l’un de ses amis qui avait reconnu, de son côté, une vingtaine de voyages.

En 2011, le jeune homme avait été condamné à un an de prison ferme avec 210 heures de sursis travail d’intérêt général. Interrogé ce vendredi, Jean-Paul Berroyer a simplement indiqué qu’il n’était «pas au courant». «Je me renseignerai.»

Dans son programme, le FN prône «la tolérance zéro» à l’égard de la consommation et du trafic de cannabis, «pour le bien de la jeunesse française».

Charente Libre

Attentats : « Cris de joie dans le 93 » : encore une intox de l’extrême droite

Cris de joie dans le 93 attentat liesse

« Cris de joie dans le 94 et le 93 », « des drapeaux algériens aux fenêtres », « les cités sont en liesse »...

Plusieurs dizaines de tweets de ce type ont été postés quelques instants seulement après les attaques du 13 novembre. Problème : ils ne citent jamais de lieu précis et aucune photo ne vient accréditer leurs affirmations.

Nous avons contacté certains de leurs auteurs. Tous renvoient vers d’autres prétendues « sources » d’information. « C’est sur le site de Riposte laïque », explique ainsi @Liliane7777777. Ce site violemment anti-musulman a en effet été parmi les premiers à relayer ces rumeurs.

« J’ai vu cela sur un tweet dans mon fil d’informations, j’ai juste relayé l’info », se défend pour sa part @rubtu9, qui justifie ainsi sa démarche : « On en a assez des campagnes anti-amalgames qui prient de ne pas placer de jugements trop hâtifs ». Les « informations » hâtives, en revanche…

« Je n’ai pas de source personnelle, c’est un tweet d’un journaliste de Montpellier », explique de son côté @luciole4064, auteur de messages similaires. Ce journaliste, Alexandre Mendel, qui a notamment collaboré à Valeurs actuelles, a en effet tweeté ce message à 23h46 : « cris de joie dans les banlieues du 94 (Vitry, Ivry…) et du 93 ». A-t-il entendus lui-même ces fameux « cris de joie » ? Peu probable, puisqu’il habite à Montpellier, comme indiqué sur son profil Twitter. Contacté, il n’a pas répondu à nos sollicitations.

En réalité, la « source » de ce « journaliste » est certainement ce tweet formulé de manière identique : « Des amis me téléphonent : cris de joie dans les banlieues du 94 (Vitry, Ivry…) et du 93 ». Il a été posté dès 23h14 par un certain @Sel__fa, qui se définit dans sa description Twitter comme « sioniste pro libéral ». C’est l’un des premiers messages du genre posté ce soir-là. Son auteur n’a, lui non plus, pas répondu à nos demandes de précision.

@_Teobaldo_, lui, a posté ce tweet peu après minuit : « Je peux vous jurer que là où j’habite dans le 93, dans la cité et alentours, y a aucune scène de liesse, aucun cri de joie ». Derrière ce compte, il y a Thibaud, 29 ans, qui habite Le Pré Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis. Dans son quartier bigarré, « les immeubles sont moches, les ascenseurs ne marchent pas et ça vend du shit en bas des tours », explique-t-il à Marianne. « Mais au moment des attaques, il n’y avait pas un chat dehors, c’était un vendredi soir comme les autres. »

C’est un exemple parmi d’autres durant un week-end d’intox. D’autres internautes ont ainsi relayé une photo montrant des habitants de Gaza se réjouir, avec ce commentaire : « Liesse de joie à Gaza au cris de Allah akbar mort à la France ». Il s’agit en réalité d’un cliché pris par l’agence Reuters en 2012, comme l’a relevé Le Monde. Des Gazaouis y célèbrent la signature d’un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël.

Marianne

Manifestation identitaire à Pontivy : « Ils se sont défoulés sur un passant d’origine maghrébine »

©PHOTOPQR/LE TELEGRAMME ; PHOTO FRANCOIS DESTOC / LE TELEGRAMME PONTIVY (56) : Environ 200 personnes du parti d'extrême droite breton ADSAV ont manifesté. Plusieurs personnes ont été prises à partie dont des journalistes, des antifaf et des personnes de couleurs. (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree877914.jpg) [Photo via MaxPPP]

Adsav, l’extrême-droite identitaire bretonne organisait ce samedi, un rassemblement anti-immigrations et anti-réfugiés à Pontivy, dans le Morbihan. Des affrontements ont eu lieu. Un déchaînement de « violence » et de « haine » selon une commerçante, témoin de la scène.

La manifestation était prévue depuis plusieurs semaines.  » Ils voulaient défiler contre les migrants et les étrangers » explique Christine Le Strat, la maire de Pontivy. Le mot d’ordre a changé, beaucoup plus offensif contre les populations étrangères, et la manifestation a basculé dés le début d’après-midi.

Un homme pris à parti, puis tabassé sans raison

Une commerçante raconte la scène :  » non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col. 6 personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. Plus loin c’était exactement pareil. C’était de la violence et de la haine. On voyait qu’on était cerné dans la rue principale. Tous les magasins se sont fermés au fur et à mesure. On avait l’impression qu’on était en état de siège. C’était terrible, terrible… C’est une haine, une haine… Il y avait des jeunes mais aussi des quadragénaires. Ils disaient à la police et à la gendarmerie « on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici « . Vraiment c’est la haine. «  Les gens couraient, les gens criaient, c’était la panique.  » complète un autre habitant.

Des jeunes poursuivis se réfugient chez des habitants

Un autre pontivien, habitant un peu excentré du centre-ville, s’étonne encore du spectacle de la journée du samedi. « J’étais en train de tailler ma haie, un groupe de jeunes, 16-17 ans. Ils m’ont dit qu’ils étaient poursuivis par des manifestants d’extrême-droite et que plusieurs d’entre eux s’étaient faits frapper. Ils se sont réfugiés chez une vieille dame pour leur échapper.  »

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Attentats: Des identitaires venus perturber des rassemblements de recueillement expulsés

Plusieurs rassemblements en hommage aux victimes des attentats à Paris ont été perturbés ce samedi par des manifestants d’extrême droite. A Lille, une quinzaine de militants a perturbé le défilé de 500 personnes, aux alentours de 15 heures, dans le centre de la ville.

Les identitaires, portant des drapeaux tricolores et identifiés par la LDH comme appartenant au FN, ont scandé : « Expulsons les islamistes », allumant des fumigènes et faisant éclater des pétards.

Plusieurs dizaines de manifestants les ont alors repoussés, aux cris de « Dehors les fachos », obligeant les CRS à s’interposer en formant un cordon de sécurité entre les deux groupes.

De la même manière, à Metz, une dizaine de militants identitaires ont perturbé le recueillement d’un demi-millier de personnes devant le monument aux morts. « On a pas peur », lisait-on sur une pancarte et « Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde », sur une feuille déposée sur les lieux, imprimée en blanc sur fond noir.

Selon une journaliste de l’AFP présente sur place, la police a embarqué les identitaires sous les applaudissements de la foule.

A Lyon, le préfet a interdit le rassemblement du Bloc identitaire. Une vingtaine d’individus, malgré tout présente, a été dispersée par la police.

20 Minutes