Un ex militant d’extrême droite arrêté avec une arme et un retraité menace de faire péter une mosquée

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Ce mardi, Stéphane B, 51 ans, cadre dans une société numérique du 6earrondissement, comparaît au tribunal pour détention illicite d’armes. Dimanche, en fin de journée, il a attiré l’attention d’une patrouille de police, avec une bosse suspecte sous son veston alors qu’il traversait le parvis de la primatiale Saint-Jean à Lyon 5e. Il a résisté, hurlé. Il camouflait un pistolet Glock chargé. De quoi provoquer un malentendu catastrophique, évité par le sang-froid des policiers. Les enquêteurs ont trouvé chez lui armes blanches et autres munitions.

Déjà condamné pour port d’armes en 2009, pincé en Croatie en passant des munitions, entendu l’année dernière dans un réseau démantelé à Rouen.

« J’ai commencé à avoir peur, peur pour ma vie, d’être sans défense », dit-il avec la voix un peu pâteuse d’un homme sous anxiolytique. Il a concédé avoir fait partie dans un lointain passé d’un syndicat étudiant d’extrême droite.

Menace anonyme contre la grande mosquée

Jeudi dernier, la grande mosquée de Lyon a reçu un appel inquiétant, sous numéro masqué. « Ça va péter dans cinq minutes », disait en substance l’interlocuteur anonyme. Dès le lendemain, la police a réussi à l’identifier. Un homme de 71 ans, retraité sans histoire, qui a avoué avoir voulu faire peur, dans une façon grossière de répercuter ses propres peurs.

Placé sous contrôle judiciaire, le retraité est prochainement convoqué au tribunal correctionnel pour « menace de commettre un crime en raison de l’appartenance vraie ou supposée de la religion de la victime ».

Le Progrès

 

Au moins 20 actes islamophobes en France depuis le 14 juillet

Comme après les attentats de Paris et Montrouge en janvier 2015 et comme après ceux de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, les attaques de Nice, le 14 juillet, puis plus encore celle de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet, semblent avoir servi de prétexte à de nouveaux actes islamophobes.

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Des propos de Nadine Morano sur RMC à l’agression d’un homme près de Rouen, en passant par de nombreuses dégradations de lieux de cultes, nous avons tenté de les répertorier, sans prétendre à l’exhaustivité, sur cette page. Pour nous signaler un acte qui ne serait pas listé, envoyez un mail à temoignages@libe.fr.

Libe

Anderlecht : une pétition islamophobe appelle les catholiques à brûler des mosquées

Eric Tomas (PS), bourgmestre d’Anderlecht, a demandé à la police d’enquêter sur une pétition appelant les musulmans à « rentrer dans leur pays d’origine ». Le texte fait explicitement référence à l’assassinat du curé de Saint-Étienne-du-Rouvray, nous apprend La Capitale.

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« Aux Belges habitant à Anderlecht et partout ailleurs en Belgique, il nous faut rester vigilants et constater que nous devenons, par la force des choses, islamophobes », lit-on sur cette pétition. « Si vous estimez que nous devons convaincre les musulmans de rentrer dans leur pays d’origine, signez ci-dessous cette pétition« , poursuit le texte.

La pétition appelle ensuite clairement à commettre un acte islamophobe: « Si le petit belge ne se bouge pas le cul, rien ne changera. Si un catholique a le cul de foutre le feux à une mosquée, qu’il réalise son désir » (sic).

Cette pétition islamophobe a notamment été distribuée et placardée dans le quartier Marius Renard, selon la RTBF. « Nos policiers enquêtent sur l’origine de la pétition et les lieux où elle circule », précise Marie Verbeke, porte-parole de la police.

« Notre cellule radicalisme a ouvert une enquête. Nous sommes à la recherche des responsables et des lieux où la pétition a été diffusée », explique encore la porte-parole.

7Sur7

Une tête de porc déposée sur la mosquée de Béthune pour la sixième fois

En janvier 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo, les tôles entourant le chantier de la future mosquée, rue Jean-Baptiste-Lebas, avaient été taguées d’un violent « Dehors les Arabes » agrémenté du dessin d’une tête de cochon. Ce mercredi matin, c’est une vraie tête de porcelet qui a été découverte au même endroit, au lendemain de l’acte terroriste de Saint-Étienne-du-Rouvray.

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« On est encore sous le choc, explique Yassine Brahim de l’Association musulmane de l’agglomération béthunoise (AMAB). On le redoutait, on a déjà eu tête, pieds et queue de cochon. C’est la sixième fois en deux ans. » Si dans le quartier les personnes de confession musulmane ne cachent pas leur tristesse, elles ne veulent pas en dire plus, de peur de tout « amalgame ».

Yassine Brahim voit, lui, « le contrecoup d’un climat extrêmement tendu ». Se disant attristé « de l’acte ignoble, de l’assassinat d’un homme de culte », il défend « l’attachement de la petite communauté béthunoise qui se retrouve sous pression au principe du vivre ensemble de la République » et répète que « le terrorisme n’est pas musulman. Il n’a pas de religion, c’est le contraire : haineux, contre la réflexion et l’humanisme ».

Si aucune plainte n’avait encore été déposée en fin d’après-midi (ce qui devrait être fait ce soir ou demain), le parquet de Béthune a ouvert une enquête pour « provocation publique à la haine raciale », confiée aux policiers béthunois qui ont, dès mercredi matin, effectué les constatations techniques et lancé les investigations.

La voix Du Nord

La mosquée en construction de la vile de Muret victime d’un incendie criminel

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La découverte hier matin d’un début d’incendie criminel devant l’entrée principale de la mosquée en construction de l’association musulmane muretaine (AMM) a provoqué un sentiment d’incompréhension parmi les dirigeants de cette association. Une enquête, confiée à la brigade des recherches a d’ailleurs été ouverte.

Dès les premières heures de la matinée une équipe de TIC (Techniciens en identification criminelle) et du LIPS (laboratoire de police scientifique) de Toulouse étaient sur place. Façade noircie sur toute la hauteur, trois portes endommagées, la toiture de tuiles de l’appentis calcinée. Tel est le bilan de cette tentative incendiaire.

Un ou plusieurs individus ont forcé un grillage entourant le terrain. Vraisemblablement ils ont répandu un produit inflammable au pied de l’entrée principale du bâtiment avant de prendre la fuite. Un peu avant 5 heures, le voisin le plus proche a prévenu Djamal Semaïl le président de l’association qui a alerté les sapeurs-pompiers. Ils ont mis peu de temps à éteindre le sinistre, évitant des dégâts plus importants.

La Dépêche

Des slogans pro-nazis et islamophobes tagués sur la mosquée de Bagnolet

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Dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 juillet, la mosquée de Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, a été vandalisée. Une croix gammée a été taguée sur la porte d’entrée de l’établissement et plusieurs inscriptions islamophobes telles que « Fuck islam » ont été retrouvées sur les murs de la mosquée mais également sur les murs à proximité du lieu de culte, a-t-on appris mercredi.

La municipalité de Bagnolet a exprimé « sa profonde indignation et condamne fermement cet acte de profanation, un acte haineux, reflétant une banalisation de la haine de l’autre ». « S’attaquer ainsi à une partie de nos concitoyens au nom de leur croyance, c’est s’attaquer à la République toute entière », souligne-t-elle dans un communiqué

Abdé, un des fidèles de la mosquée qui a découvert les inscriptions au petit matin, y voit là une conséquence directe de l’assassinat du prêtre Jacques Hamel, la veille à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il se dit « attristé » car les terroristes ont pour objectif « d’arriver à créer des conflits entre les religions ».

Les responsables de la mosquée ont provisoirement recouvert les inscriptions avec du papier. La mairie de Bagnolet en appelle, elle, aux « autorités compétentes pour diligenter une enquête rigoureuse, notamment à l’appui des images de vidéo-surveillance ». Elle appelle également tous les concitoyens « à faire preuve de sang-froid et de résilience en cette période difficile pour notre pays, où les attaques contre les fondements de ce que nous sommes se multiplient. »

SaphirNews

Le Havre : Des slogans racistes et islamophobes tagués sur les murs d’une école

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Que ce soit à l’entrée de ville, près de l’enseigne de fast-food McDonald’s, ou autour de l’école élémentaire Édouard Herriot, des tags à caractère raciste sont apparus. Sur l’un des murs de l’école, ou encore sur un immeuble qui longe le Boulevard François 1er, on peut voir notamment « Islam hors d’Europe. » Ils semblent avoir été réalisés durant la nuit, comme l’indiquent Annick et Claude, un couple habitant le quartier du Perrey depuis 13 ans.

« Ils n’y étaient pas hier, on a vu ça ce matin. Cela ne mène à rien et ne va pas apaiser les choses. On a peur que cela divise les gens, abasourdis par ce qu’il se passe, encore un peu plus. On condamne ces tags, il faut les effacer car cela peut en amener d’autres. »

D’autres Havrais sont révulsés par ces inscriptions condamnables. « C’est la première fois que j’en vois au Havre, c’est écoeurant, s’indigne Véronique, de passage dans le coin. Il n’y a vraiment aucun respect. » « C’est désolant, rajoute un jeune habitant le quartier. Cela va créer des amalgames qu’il ne faut surtout pas faire. Ce n’est pas normal de réaliser ce genre de tags, n’importe où. Surtout avec des propos de ce type, ce n’est pas acceptable. Mais à force, à force… »

Pris Normandie

Un musulman dépose des baguettes dans une église par charité, le parquet exige 1an de prison

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Un homme a été relaxé ce lundi 25 juillet, à Lyon, en comparution immédiate. Le prévenu âgé de 32 ans, était poursuivi « pour violences volontaires avec préméditation, sans ITT », un délit passible de trois ans de prison. Les faits remontent au 17 juillet dans le quartier du Vieux-Lyon (5e arrondissement).

Une scène filmée

Vers 13 h 15, ce trentenaire, fiché « S » pour radicalisation et assigné à résidence depuis le 15 novembre 2015, au surlendemain des attentats de Paris, passe à côté de la cathédrale Saint-Jean lorsqu’il découvre un sac rempli de baguettes de pain paraissant abandonné. Il dit vouloir éviter « un gâchis » et « faire profiter tout le monde du pain ». Il se décide à rentrer à l’intérieur de la cathédrale à la recherche d’un prêtre. A défaut de trouver un homme d’Église pendant la pause méridienne, le prévenu sort les baguettes « pour que tout le monde puisse se servir » et ressort.

La scène qui dure environ une minute, a été enregistrée par la vidéosurveillance de la cathédrale. Trois jours plus tard, elle est signalée à la police. N’a-t-il pas voulu créer « l’angoisse » parmi les fidèles et touristes présents ce jour-là? « On n’est pas dans un contexte normal mais en état d’urgence », souligne la représentante du parquet. Le sac contenant les baguettes était « opaque », sa tenue vestimentaire « particulière »; il porte un qamis, un vêtement long porté par certains musulmans.

Un an de prison requis

Sur la même vidéo, le tribunal a cependant observé des gens peut-être interloqués mais pas de mouvement de panique. « Peut-être que les gens ont trouvé ridicule de céder à la psychose », avance la représentante du parquet. Le parquet, selon qui « la justice ne cède pas à la psychose mais se doit de sanctionner ceux qui la propagent », a requis une peine d’un an d’emprisonnement assorti d’un sursis de mise à l’épreuve de six mois et d’une interdiction d’entrée dans les lieux de culte.

L’avocat du prévenu, Me Benoit Courtin a plaidé la relaxe dans un dossier « étonnant et inquiétant ».

Midi Libre

Italie : Un jeune marocain sauvagement poignardé pour avoir porté secours a une dame âgée

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Regain de violence pour les actes racistes et islamophobes. Alors qu’il a prenait la défense d’une femme âgée agressée par un chien, un jeune Marocain a été poignardé la semaine dernière par le propriétaire de l’animal.

A sa sortie de l’hôpital où il a subi une opération au niveau de l’abdomen, Abdellatif Araid, 21 ans, sera officiellement honoré sera officiellement honoré par le maire de Serravalle Scrivia, Alberto Carbone pour avoir rempli son « devoir civique ». Immobilisé dans son lit d’hôpital, il devra toutefois attendre une dizaine de jours avant de sortir.

Coup de couteau

Sur la place centrale de cette commune du Piémont, la veille femme a été violemment secouée par le chien d’Andrea Verganesi, avant de tomber à terre. Face à l’indifférence du propriétaire de l’animal et des personnes présentes, Abdellatif Araid est intervenu pour défendre la victime en demandant au propriétaire de l’animal de raccourcir sa laisse. Ce dernier est alors parti attacher le chien à un banc avant d’enlever sa chemise, se dirigeant peu après vers le garçon pour lui asséner un coup de couteau.

L’agresseur, interpellé par la police le soir même, s’est ensuite dirigé vers une station comme si de rien n’était, sous le regard silencieux des badauds.

« Le jeune homme originaire du Maroc qui a grandi à Serravalle Scrivia s’est révélé être un citoyen au vrai sens du terme », a estimé le maire de la ville. « Demandez aux gens, Italiens ou étrangers, qui est Abdellatif. Ils savent que c’est un garçon bien qui a toujours travaillé », a pour sa part déclaré Bouchaïb Araid, père d’Abdellatif, ajoutant que « [son] aîné subvient aux besoins de sa famille et [qu’]il vient de décrocher un nouveau job dans une entreprise italienne ».

Une Marocaine agressée à Vintimille

Dimanche, le site d’information Alyaoum24 a également fait état de l’agression verbale d’une ressortissante Marocaine résidant à Vintimille (frontière franco-italienne) commise par trois Italiens à bord d’un bus. Ces derniers lui ont adressé des remarques sur ses origines marocaines. Contactées par un habitant, les autorités policières sont intervenues et les agresseurs ont finalement été déférés devant le tribunal.

Yabiladi

Tentative d’incendie d’une mosquée à Valence

Dans la nuit de samedi à dimanche, les locaux de la mosquée turque de Valence (Drôme) ont été victimes d’un début d’incendie criminel. Les images des caméras de vidéosurveillance montrent que deux hommes en train de provoquer l’incendie vers 3h du matin.

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Fort heureusement, personne n’était à l’intérieur de la mosquée à cette heure tardive de la nuit.

« Cette nuit notre association à été victime d’un incendie criminel de la part des lâches, l’incendie n’a causé que des dégâts matériaux, on remercie ALLAH. On voit par cela que cette association dérange une minorité mal intentionnée, par les actions et activités qu’elle mène. En aucun cas cela affectera notre unité et notre motivation, bien au contraire », écrit la mosquée dans une publication postée sur sa page Facebook.

L’Association Franco-Turque de Valence qui gère le lieu de culte appelle à un rassemblement devant la mosquée à 18h30 (50-52, rue Ferdinand de Lesseps).

D & M

#AttentatNice : The Sun trouve inapproprié qu’une présentatrice voilée soit devant la caméra

Le tabloïde britannique The Sun s’est interrogé sur la présence à l’écran d’une présentatrice portant un hijab pour parler de l’attentat de Nice sur Channel 4.

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Dans un article accompagné d’un tweet, le journaliste de l’édition Kelvin MacKenzie a demandé aux lecteurs s’ils trouvaient approprié « qu’une femme voilée soit devant la caméra alors qu’un autre massacre était commis par un musulman« . Selon lui, un tel choix revient à « confier la couverture du conflit israélo-palestinien à un juif orthodoxe ».

Les propos du journaliste ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, dont de nombreux utilisateurs les ont qualifiés d' »honteux », « haineux » ou « xénophobes ». Face à l’indignation des internautes, The Sun a finalement supprimé le tweet promouvant l’article controversé.

La présentatrice voilée s’appelle Fatima Manji. Elle travaille pour Channel 4 depuis quatre ans et apparaît régulièrement lors des bulletins d’information.

La chaîne d’information a de son côté réagi en estimant que les propos de Kevin MacKenzie « relevaient de l’incitation à la haine religieuse ».

Sputnik News

Une européenne convertie à l’islam et sa fillette menacées de mort par des automobilistes

Après l’attentat de Nice, certaines haines ont ressurgi. Une Saint-Quentinoise d’origine européenne, convertie à l’islam et voilée, en fait l’amère expérience.

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Deux balades à vélo ont tourné court pour cette jeune mère de famille. Elle s’est convertie à l’islam il y a huit ans et porte le voile. Samedi 16 juillet, alors que la Saint-Quentinoise et sa fille de 18 mois arrivent sur le parvis de la gare et attendent de traverser au passage piéton, une voiture s’arrête sur ledit passage. «  Il y avait deux hommes à l’intérieur qui m’ont regardé très méchamment  », déplore la jeune femme qui préfère rester anonyme. «  Dès que je sors, au minimum, on me regarde de travers… Il y a eu les attentats de Paris. Maintenant l’attentat de Nice…  »

Le lendemain, dimanche 17 juillet, la jeune mère est avec son autre fille. Elles viennent de traverser le parc d’Isle, toujours à vélo. À Rouvroy, une voiture s’arrête. Deux hommes pointent leurs doigts en simulant un pistolet. Ils crient «  Pan  ». Une fois vers la mère, une autre vers la fille. « Quand c’est comme ça, on pense au pire. Je fais en sorte que mes filles ne voient pas ce qui se passe… Comme lorsque je me fais insulter sur le chemin de l’école et que je chatouille ma fille pour qu’elle ne se rende compte de rien.  »

La jeune femme de 25 ans sort systématiquement voilée. Un choix qu’elle a fait quelques années après sa conversion en 2008. Installée sur son canapé, dans l’appartement d’un quartier populaire de Saint-Quentin, elle explique sans complexe. « Je ne me suis pas convertie pour faire plaisir à mon mari. Il ne m’a jamais demandé de porter le voile. C’est un choix  », assure-t-elle. La Saint-Quentinoise a rencontré son mari, maghrébin d’origine, quand elle avait 17 ans. «  Il parlait beaucoup de religion avec ses amis. J’ai voulu connaître la religion de l’homme avec qui j’étais. » Elle s’est convertie. Son mari en est le dernier averti. «  Dans l’islam, tel que je le vois et tel qu’il est, j’ai trouvé des valeurs de calme et de paix. J’étais en guerre avec moi-même à cette époque. Ça m’a apporté une paix intérieure et une autre vision du monde.»

Suite à l’attentat de Nice, une nouvelle ambiance pesante s’est installée. «  Nous vivons la double peine. Je suis écœurée de tout ce qui se passe. Autour de moi, il n’y a pas un musulman qui s’en réjouit. Et, dans la rue, nous devons marcher la tête baissée comme si nous étions coupables. »

Pourtant la Saint-Quentinoise ne veut pas se victimiser. «  J’ai l’impression que pour les femmes voilées d’origine européenne, c’est encore pire. Les converties font encore plus peur. » Pour elle, beaucoup de malentendus viennent de la méconnaissance : «  Ce serait mieux de venir discuter plutôt que de lancer des regards méchants. »

Sur la plage, mardi midi, un témoin a entendu les commentaires désobligeants allant bon train sur la femme voilée avec ses enfants qui ne faisaient que se promener. Sur cette même plage, une des filles a reçu un gâteau de la part d’une passante. «  Ça m’a fait tellement plaisir. Ce n’est qu’un petit geste, je ne compte plus moi-même tous les gâteaux que j’ai donné à des enfants mais là, ça m’a vraiment fait chaud au cœur

L’Union

Arielle François, élue LR, poste une citation qui assimile les musulmans a des chiens

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Arielle François fait scandale sur le réseau social Twitter. Vendredi soir, l’élue compiégnoise a publié la photo d’un moine bouddhiste accompagné de cette citation : «Vous pouvez être plein de gentillesse et d’amour, vous ne pouvez pas dormir à côté d’un chien enragé. Si nous sommes faibles, notre pays deviendra musulman». Une citation pleine de «sagesse» selon l’élue. Sauf que le moine bouddhiste auteur de cette phrase est Ashin Wirathu, un homme condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine contre les musulmans et surnommé le «Hitler de Birmanie».

«Je ne connais pas cet homme, je me suis dit que c’était un sage comme beaucoup de bouddhistes, plaide Arielle François. Je ne savais pas qui il était, mais j’ai aimé cette citation». Cette dernière est en tout cas été dénoncée par la Licra qui «déposera une plainte» et par la ministre Laurence Rossignol. La mairie de Compiègne, elle, n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le Parisien

Etats-Unis : un musulman expulsé d’un avion après la remarque raciste d’une hôtesse

Un musulman a été débarqué d’un vol d’American Airlines après qu’une hôtesse de l’air ait annoncé son nom dans les hauts parleur de l’avion, son numéro de siège et déclaré qu’elle le surveillerait.

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Alors que Mohamed Ahmed Radwan avait embarqué sur un vol d’American Airlines à Charlotte, en Caroline du Nord, l’hôtesse a pris le micro et déclaré : «Mohamed Ahmed, siège 25 A : Je vous ai à l’œil

L’employée n’a fait aucune annonce concernant d’autres passagers. Le passager a demandé à l’hôtesse pourquoi elle avait fait cette annonce et elle lui aurait répondu qu’il était «trop sensible».

Mohamed Radwan est alors allé se plaindre auprès de deux autres employés de la compagnie, qui lui ont demandé de quitter l’avion car il mettait l’hôtesse de l’air «mal à l’aise».

Incapable de régler ce contentieux avec la compagnie American Airlines, le conseil des relations islamo-américaines (CAIR) a porté plainte auprès du ministère américain des Transports.

«Au vu de la montée continue des crimes racistes et de la rhétorique anti-musulmans aux Etats-Unis, ce genre de conduite blessante ne devrait pas être tolérée par nos compagnies aériennes nationales, qui doivent transporter toutes les personnes sans discrimination», peut-on lire dans la missive.

En réponse, une porte-parole d’American Airlines a publié un communiqué affirmant que la compagnie avait bien été contactée par le CAIR et, après avoir étudié le dossier, conclu «qu’aucune discrimination n’avait eu lieu». L’entreprise ajoutant «ne pas tolérer les comportements racistes et discriminatoires parmi ses employés».

RT

Plus de 90 % de tweets mentionnant #IslamHorsDEurope dénonçaient ce hashtag

Sur Twitter, les internautes dénonçant les mots-clés haineux sont ceux qui en réalité participent le plus à leur donner de la visibilité. C’est, en substance, la conclusion à laquelle est arrivé le laboratoire belge ReputatioLab, qui a étudié la diffusion des mots-clés islamophobes, notamment #IslamHorsDEurope, après l’attentat de Nice qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés.

Vendredi 15 juillet vers 23 heures, le mot-clé anti-islam était en tête des sujets de conversation sur le réseau social. Il a été lancé dans le cercle des comptes d’extrême droite dans la nuit, mais, remarque ReputatioLab, n’a pas rencontré d’audience au-delà de son cercle d’origine.

En milieu de journée, il n’était déjà plus utilisé dans sa communauté d’origine. « Le hashtag aurait plafonné et serait mort de sa belle mort vers 16 heures s’il n’avait pas été repris par ceux qui s’y opposaient », souligne l’auteur de l’étude, Nicolas Vanderbiest, interrogé par Le Monde.

C’est notamment une série de tweets d’indignation d’un internaute se revendiquant musulman et extrêmement suivi, vers 16 heures, qui lui a donné une large exposition et a relancé son usage.

C’est à partir de 16h que l’utilisation du hashtag se démocratise, surtout pour le condamner.

Dès lors, relève ReputatioLab, ce sont essentiellement les messages de condamnation du mot-clé qui contribuent paradoxalement à le faire monter, à la faveur des algorithmes de Twitter, qui ne distingue pas les contenus positifs des négatifs.

Le cas n’est pas inédit. En janvier 2015, rappelle le laboratoire belge, #JeSuisKouachi, né d’un tweet au second degré, a été repris d’abord par des djihadistes hors de France, puis par l’extrême droite, avant d’être propulsé trending topic (« sujet tendance ») à la suite d’une vague d’indignation.

Plus de 90 % de tweets anti-islamophobie

Sur les vingt tweets mentionnant #IslamHorsDEurope, les plus partagés, tous sont hostiles au mot-clé. Deux des trois les plus retweetés rappellent que certaines victimes de l’attentat étaient musulmanes. Mais comme le souligne Nicolas Vanderbiest, « sur Twitter, il est impossible de lutter contre un hashtag sans le faire monter » dans le classement des sujets de conversations.

L’immense majorité des tweets reprenant #IslamHorsDEurope étaient hostiles au discours islamophobe.

Le réseau social utilise des algorithmes au fonctionnement secret pour établir les trending topics. Plus encore que le nombre de tweets, qui n’est pas pris un compte s’il est élevé mais stable, c’est la variation du nombre de mentions, l’étendue géographique et le nombre des utilisateurs qui en parlent ainsi que le relais de comptes influents qui sont les principaux facteurs de mise en avant des mots-clés, explique l’auteur de l’étude.

Le 15 juillet, faute d’autre sujet de conversation important, il a suffi de 3 000 tweets pour que #IslamHorsDEurope devienne le sujet numéro un à 23 heures.

Le Monde

Ma mère musulmane a été tuée à Nice. Un passant m’a dit « Tant mieux, ça fait un en moins »

Jeudi 14 juillet, Fatima Charrihi était sur la Promenade des Anglais pour admirer les feux d’artifice. Cette Marocaine de 60 ans fait partie des 84 victimes qui ont péri dans l’attaque au camion conduit par Mohamed Lahouiaiej Bouhlel à Nice. Hanane, sa fille, était en banlieue parisienne quand elle a appris la nouvelle. Aujourd’hui, la jeune femme de confession musulmane souhaite rendre hommage à sa mère.

Ma mère était une femme aimante, dévouée, dotée d’une grande gentillesse. C’était aussi une croyante, une vraie. Elle portait le foulard et pratiquait un islam juste. C’est elle qui nous a transmis les vraies valeurs de la religion musulmane.

Avec mes six frères et sœurs, elle a toujours veillé sur nous. Installée à Nice depuis 1983, elle n’a jamais cessé de travailler avec acharnement.

Ma maman était une femme extraordinaire, comme toutes les mamans. Je lui vouais une admiration sans faille.

Jeudi 14 juillet, ma mère est morte parce qu’un fou a décidé de s’en prendre à des innocents, au nom d’un islam qui n’en est pas un.

Aujourd’hui, je ne trouve pas les mots pour exprimer ma peine, mais aussi ma colère.

 

Maman a été la première victime déclarée morte de l’attentat de ce 14-juillet.

 

J’aurais voulu la toucher, l’embrasser, mais ça m’a été interdit.

« Tant mieux, ça fait un en moins »

Aujourd’hui, j’aimerais que tout le monde veille à ne pas faire d’amalgames : ce terroriste n’était pas un musulman. Ma mère, elle, l’était.

Lundi, sur la Promenade des Anglais, j’ai ressenti avec ma famille le besoin de venir déposer des fleurs en hommage à ma mère. Sur le chemin, nous avons été alpagués par un homme qui nous a dit :

« On ne veut plus de vous chez nous. »

Ça m’a fait de la peine, mais j’ai préféré ne pas réagir. Plus tard, un homme assis à la terrasse nous a balancé :

« Maintenant, vous sortez en meute. »

Cette fois-ci, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire que nous étions en deuil, que notre mère faisait partie des victimes. Il nous a rétorqué :

« Tant mieux, ça fait un en moins. »

Je me suis mise à trembler de tous mes membres, mais j’ai réussi à garder mon sang-froid. Ma sœur a commencé à lui crier dessus. Lui s’est levé et nous a menacé de nous frapper. Nous sommes partis en vitesse.

Le FN me donne envie de vomir

C’est terrible de voir ce type de réactions alors que personne parmi les familles des victimes ne s’est permis de nous tenir ce genre de propos.

Je respecte tout le monde, peu importe leurs origines ou leurs religions. Jamais je ne me permettrais de telles remarques.

C’est aux politiciens de réagir. Quand je vois les messages du FN se félicitant de l’afflux d’adhésion après les attentats, j’ai envie de vomir. Ce sont eux qui créent les amalgames, ce sont eux qui nous divisent.

Moi, je n’aspire qu’à une seule chose : qu’on me laisse tranquille, qu’on me laisse faire mon deuil.

L’Obs