Etats-Unis : une chrétienne forcée d’ôter son voile

Yvonne Allen, une jeune femme américaine originaire d’Alabama a été forcée par l’administration de l’état d’ôter son voile pour faire la photo devant figurer sur son permis de conduire. 

religieuses-fraternites-monastiques-de-jerusalem-vie-consacree-soeurs_article_large.jpg

La jeune chrétienne a décidé de porter l’affaire devant un tribunal d’état, aidée par l’ONG ACLU (Union américaine pour les libertés civiles).

«  J’étais atterrée lorsqu’on m’a contraint à enlever mon foulard. Le fait de dévoiler mes cheveux à autrui relève de la désobéissance à Dieu. Je devrais jouir des mêmes droits que les adeptes des autres cultes et ne pas être discriminée pour ma Foi » , a-t-elle souligné, ajoutant dans sa plainte avoir été moquée par le clerc et l’administration du comté de Lee pour être une femme chrétienne voilée. Il lui a été répondu que « seules les musulmanes avaient le droit d’apparaître voilée sur leur document de permis de conduire« .

L’état de l’Alabama, répondant au « lobbyisme » de la communauté sikhs et musulmane, a autorisé le droit d’apparaitre « voilés » sur les documents officiels du type permis de conduire à condition que le visage de la personne apparaisse clairement sur la photographie.

Yvonne Allen et l’ACLU sont donc fondés pour attaquer l’administration de l’état pour discrimination anti-chrétienne.

Washington Times

Avignon : elles défilent voilées contre l’islamophobie

Une trentaine de femmes voilées ont participé samedi à la « marche du foulard » à Avignon.

x870x489_dsc_0467.jpg.pagespeed.ic.54zcpXb7Px.jpg

Plusieurs dizaines de femmes ont répondu à l’appel lancé par le mouvement « Respect, égalité, dignité » samedi à Avignon. Elles ont défilé de la Gare au Pont d’Avignon afin de s’insurger contre l’islamophobie dont elles sont, selon leurs dires, victimes.

L’affaire des arrêtés municipaux anti-burkini est encore dans toutes les têtes. Selon Illam, une des participantes, cette polémique est le signe d’un recul des libertés religieuses mais également une atteinte aux droits des femmes à se vêtir comme elles l’entendent:

Ce sont toujours les femmes que l’on pointe du doigt. […] Mais grâce à la laïcité, on devrait pouvoir s’habiller comme on le veut. »

Du côté de l’organisateur de la manifestation, Abdel Zahiri, le voile ne devrait plus choquer en France:

Quand on voit une femme avec un foulard, on ne doit pas se demander pourquoi. On doit se dire que c’est normal.

Mais autour des manifestants, les avis divergent sur le bien-fondé de ce rassemblement. Fatima Barachi est une militante féministe, tombée par hasard sur cette « marche du foulard »:

Certes il y a parfois des discriminations contre les musulmans mais ces rassemblements participent à créer encore plus de communautarisme. Et en plus, ça énerve les gens.

A noter qu’aucun incident n’est venu émailler le parcours du cortège.

Interdiction des signes religieux : le FN face à la fronde des catholiques d’extrême droite

Face à la colère de certains élus, les cadres du Front national ont diffusé mercredi une note interne rappelant la position officielle du parti sur le sujet épineux de l’interdiction des signes religieux dans l’espace public.

Marion-Marechal-Le-Pen-l-arme-anti-Philippot

Il s’agit d’éteindre les braises. Face à la colère de certains élus d’extrême droite attachés aux racines chrétiennes de la France après la prise de parole de Florian Philippot sur l’interdiction des signes religieux dans l’espace public, le FN clarifie les éléments de langage de ses troupes. Selon Le Monde, une note interne aurait été diffusée mercredi dans l’objectif de préserver une unité essentielle au sein du parti, qui manque régulièrement les divisions de ses adversaires.

Selon le quotidien du soir, le communiqué signé par le directeur de cabinet de Florian Philippot, Joffrey Bollée, définit clairement la position du parti sur la question délicate du port des croix chrétiennes, au cœur du débat. «Seraient concernés les signes religieux ostensibles, tels que définis par la loi du 15 mars 2004, n’empêchant aucunement le port de signes discrets tels que les bijoux et autres pendentifs», précise le texte.

Vendredi dernier, le vice-président du Front national, Florian Philippot, annonçait sur RMC/BFMTV que «le voile, la grande croix, (…) et la kippa», seraient concernés par cette mesure d’interdiction.

Levée de boucliers immédiate à l’extrême droite: Robert Ménard et Jacques Bompard, fervents défenseurs des racines chrétiennes de la France, sont montés au créneau. Le maire de Béziers dénonçant au Scan une «attitude laïcarde», le député et maire d’Orange parlant pour sa part «des petits Robespierre» pour évoquer notamment le vice-président du parti. Selon nos confrères, un conseiller régional FN du sud de la France aurait confié que «la sortie de Philippot chez Bourdin a sidéré tout le monde». Il estime que ce sujet aurait dû être débattu en comité politique.

Le Figaro

Belgique : deux étudiantes musulmanes refusées à leur examen à cause de leur voile

La direction a justifié cet acte par la mise en place d’un nouveau règlement. Les deux femmes ont finalement été autorisées à passer leur examen.

923889051_B974474363Z.1_20150108185028_000_GQQ3OLCB0.1-0

Deux étudiantes musulmanes se sont vues refuser l’entrée à leur examen à cause de leur voile, mardi matin, à l’Institut d’enseignement de promotion sociale de la Communauté française (IEPSCF) d’Uccle. Cette information, divulguée par la RTBF, a été confirmée par Stéphanie Wilmet, porte-parole de la ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) chargée de l’Enseignement de promotion sociale, Isabelle Simonis. La direction a finalement autorisé les deux femmes à passer leur examen, en expliquant qu’un nouveau règlement d’ordre intérieur (ROI) interdira bien les signes convictionnels ostentatoires mais qu’il entrera en vigueur seulement à partir du 1er septembre.

Un nouveau règlement

La ministre a demandé à l’IEPSCF-Uccle que les étudiantes concernées puissent passer leurs examens de seconde session suivant les modalités en vigueur au moment de leur inscription. Elle a également sollicité des informations complémentaires sur les motifs de ce refus.

Pour toute inscription pour l’année scolaire 2016-2017, les étudiants devront toutefois respecter le nouveau règlement de l’établissement.

A la suite de cet incident, la ministre va envoyer, avant le 1er septembre, une circulaire aux différents établissements du réseau de la FWB leur demandant jusqu’à la fin des épreuves de seconde session le strict respect des droits des étudiants, tels que définis dans chaque ROI.

Des mesures transitoires

En cas de modification, elle appelle les écoles à déployer une large communication interne et à mettre en place des mesures transitoires pour les personnes affectées par un tel changement de règle. Si les établissements de promotion sociale sont autonomes pour décider d’autoriser ou d’interdire les signes convictionnels ostentatoires, elle leur rappelle l’obligation de motiver cette décision.

La ministre tient enfin à rappeler que l’enseignement de promotion sociale, destiné aux adultes, joue un rôle fondamental dans l’émancipation des personnes. Elle renouvelle sa confiance dans les équipes pédagogiques pour concrétiser cet objectif et garantir un climat serein.

L’ASBL Justice and Democracy, saisie par une étudiante, avait attaqué début 2015, devant le tribunal de première instance de Verviers, l’IEPSCF de Dison-Waimes et le gouvernement de la FWB en la personne d’Isabelle Simonis pour discrimination, considérant que l’interdiction du voile via le ROI est particulièrement dommageable dans un institut de promotion sociale pour adultes. L’association a été déboutée, mais a fait appel de cette décision. Ce dernier jugement est encore attendu.

Le Soir

« Le marché du halal est une création récente des pays non musulmans »

Pour Florence Bergeaud-Blackler, le halal est devenu en quelques années un marqueur qui touche aussi bien la viande que les relations sexuelles. 

5135429lpw-5135493-article-halal-coran-islam-jpg_3751197_660x281

Qu’est-ce que le halal, au sens stricto sensu ? 

Florence Bergeaud-Blackler : Nous avons pris l’habitude de désigner par halal une « qualité » appliquée à des produits de consommation destinés aux musulmans, mais il s’agit là d’une définition contemporaine et… marchande. Car, en arabe, ce terme veut dire plus généralement « licite ». Il s’oppose à haram, l’interdit, qui peut aussi signifier sacré, de sorte que halal renvoie à la fois à ce qui est permis et à ce qui est profane.

Vous écrivez que le « marché halal » est une création récente. Qui l’a créé ? 

Ce marché n’existait pas dans les pays musulmans avant les années 1980. Il a été institué par les pays non musulmans pour conquérir les marchés musulmans. Ainsi, en France jusqu’aux années 1990, le halal ne concernait que l’abattage rituel. L’élargissement du périmètre du halal à tous les produits consommables a été facilité par l’adoption des directives halal du Codex Alimentarius en 1997. En quelques mots, le Codex est un dispositif international créé en 1963 pour harmoniser les normes alimentaires d’abord pour des raisons sanitaires, puis pour éliminer les barrières techniques aux échanges internationaux. L’idée était d’inciter les pays musulmans à reconnaître une norme unique et éviter que le halal ne serve de prétexte pour protéger leur marché intérieur..

Mais le halal ne peut pas seulement être économique. La volonté de s’y conformer n’est-elle pas liée à une rigueur religieuse accrue ? 

Il y a un effet d’entraînement mutuel entre un phénomène capitalistique et le fondamentalisme religieux. Comme l’a montré Olivier Roy, qu’il soit musulman, chrétien ou juif, le fondamentalisme religieux est parfaitement adapté au capitalisme mondialisé.

À l’instar du Codex, les organismes de normalisation internationale comme l’Organisation internationale de normalisation, le Comité européen de normalisation ou l’Afnor tentent aujourd’hui de mettre au point des normes « halal », qui ne sont pas obligatoires mais cependant plus contraignantes que celles du Codex.

Mais affinité ne veut pas dire accord…

Oui, bien sûr. Si les fondamentalistes ont la même conception que les marchands, leurs objectifs diffèrent. Ils visent à terme le contrôle du marché halal, et s’ils font des concessions, c’est pour y entrer. Les marchands, eux, n’ont qu’une vision à court terme, ils veulent vendre, et donc la stabilité avant tout.

Mais faut-il redouter le développement du halal ? 

S’il faut redouter quelque chose, c’est la surenchère que favorise cette logique marchande. Le halal, ce n’est pas une série d’instructions religieuses – ni le Coran ni la sunna n’en parlent –, c’est un « jeu » dont les règles sont en perpétuelle transformation. L’enjeu pour les fondamentalistes, c’est d’imposer leurs propres règles. Initialement, le halal tel que le pensaient les Malaisiens était davantage conçu comme une marque de qualité : une fois le produit mis en conformité selon un cahier des charges, il obtenait la qualification « halal ». Aujourd’hui, j’observe le développement d’une conception « oummique » du halal : ce qui est licite ne doit pouvoir être produit et contrôlé que par des musulmans. Le produit est placé sous surveillance musulmane permanente jusqu’au consommateur, lui-même invité à adopter une conduite halal.

 

On est loin du temps où les musulmans de France allaient faire leurs achats de viande dans les boucheries casher de Belleville…

En effet, depuis vingt ans, ce que j’appelle l’« espace alimentaire musulman » se referme. Avant les années 1990, les boucheries halal étaient rares. Certains musulmans fréquentaient les boucheries casher dont ils jugeaient la viande licite, d’autres abattaient à la ferme, mais  d’autres encore, et on a tendance à l’oublier, considéraient également comme licite la viande des boucheries conventionnelles.

Ils suivaient le verset 5 de la sourate 5 du Coran : « La nourriture des Gens du Livre vous est licite », qu’avait rappelé la célèbre « fatwa du Transvaal » de l’Égyptien Muhammad Abduh. Dans cet avis religieux datant de 1903, le grand réformateur autorisait les musulmans émigrés hors du monde musulman – ici en Afrique du Sud– à consommer la nourriture des chrétiens. Qui se souvient aujourd’hui de cet avis ?

Le point

Ed Husic, Le premier député musulman d’Australie, prête à nouveau serment sur le Coran

L’instant était solennel mardi, à Canberra, la cité phare de l’Australie métissée et bigarrée, à l’heure de célébrer l’ouverture du 45ème Parlement au son des canons, selon un rituel immuable de la fumée empruntée à la culture arborigène, assorti d’un service religieux complet et de la déclaration traditionnelle de bienvenue prononcée par le Gouverneur-genéral, perpétuant ainsi une vieille tradition de Westminster.

Capture d’écran 2016-09-01 à 21.11.40.png

C’est au cours de ce cérémonial imposant, empreint de majesté et de gravité, que Ed Husic, 46 ans, cet Australien d’origine bosniaque entré par la grande porte dans l’histoire de la politique en 2010, en tant que premier musulman à siéger dans l’enceinte législative, devait à nouveau prêter serment et pas sur n’importe quel livre, mais sur le seul qui s’imposait à ses yeux : le Coran.

Désireux de rester fidèle à sa religion, en toute circonstance, et parfois même contre vents et marées, ce juriste de talent plébiscité par les suffrages il y a six ans de cela, pour la plus grande fierté de ses parents, à qui le costume de député travailliste va depuis comme un gant, a décidé de renouer avec un geste fort qui, en 2013, lui valut certes des compliments d’une large partie de ses pairs, mais aussi des rancoeurs tenaces parmi la  frange nationaliste de la représentation nationale, ainsi que des commentaires désobligeants, voire injurieux sur des réseaux sociaux agités par une effervescence des plus malsaines.

Ed Husic, bravant les foudres du parti anti-islam et anti-immigration, représenté par sa figure de proue fulminante, Pauline Hanson, et trois de ses collègues, ne pouvait décemment choisir que le Coran pour sa promesse solennelle, et notamment  le précieux exemplaire appartenant à Saara Sabbagh, une figure très respectée de la communauté musulmane de Melbourne. Fondatrice de la Bienfaisance islamique australienne, ses contributions furent récompensées en  2013 par le prix prestigieux de la « Personnalité musulmane la plus remarquable de l’année ».

Faisant fi de la réprobation bruyante de la très prévisible Pauline Hanson, laquelle s’est vainement époumonée pour appeler à interdire l’usage de ce « livre de la haine » dans l’hémicycle, Ed Husic, stoïque dans la tempête, a préféré se réjouir de la portée positive et fédératrice du message qu’il a voulu délivrer, à travers une cérémonie de prestation de serment à laquelle le Coran de Saara Sabbagh a apporté une touche de nouveauté hautement symbolique.

« J’ai aussi voulu saisir cette opportunité pour mettre en valeur la richesse des contributions des musulmans australiens, afin de créer des ponts entre nos différentes communautés. Le travail et le dévouement de Saara sont loués unanimement, et j’ai été très heureux qu’elle accède à ma requête et me prête son exemplaire du Noble Coran à cet effet « , a-t-il déclaré avec le sentiment gratifiant du devoir accompli, qui l’a rendu imperméable à la véhémence de Pauline Hanson.

Oumma

Le tribunal administratif de Nice suspend l’arrêté «anti-burkini» de Cannes

L’arrêté anti burkini de Fréjus (FN) a été suspendu


Après Nice, c’est autour de la commune de Roquebrune cap Martin de suspendre son arrêté anti Burkini


L’arrêté anti-burkini pris par la ville de Cannes a été suspendu ce mardi par les juges du tribunal administratif de Nice, selon informations recueillies par le service police-justice de France Info.

burkini

Cette décision intervient quatre jours après que le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative, a suspendu l’arrêté anti-burkini pris par Villeneuve Loubet, dans les Alpes-Maritimes.

Une trentaine de communes côtières avaient pris cet arrêté interdisant le port de ce maillot de bain couvrant le corps et la tête, mais pour le Conseil d’Etat, cet arrêté porte « une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales ».

France Tv

 

Islam : Chevènement multiplie les propos indignes. Le reflet d’une vision post-coloniale

chevenement-bientot-la-tete-de-la-fondation-pour-lislam-de-france

Tout le monde semble rentré de vacances, y compris Jean-Pierre Chevènement qui, ce lundi matin passait chez Patrick Cohen pour défendre sa nomination à la Fondation de l’islam de France. C’est dommage, il a pourtant besoin de beaucoup de repos. Même s’il a toutes les qualités requises : c’est un homme, il a 77 ans et n’est pas musulman.

Il a par ailleurs récemment donné un conseil fort de circonstance aux musulman-e-s de France : la discrétion. Un conseil vivement apprécié si l’on en croit les réactions notamment sur les réseaux sociaux.

Mais revenons à l’émission de ce lundi matin. Même si ce que dit Chevènement n’est pas toujours intelligible, il a nettement dit ceci : « À Saint-Denis, il y a 135 nationalités et il y en a une qui a quasiment disparu« .

Laquelle ? Que fait l’Insee ? On voit bien où veut en venir Chevènement qui, le disant plus ou moins, ne veut pas de société multiculturelle. Tout comme Manuel Valls sur le marché d’Evry, d’une certaine façon, il fustige le fait qu’il n’y ait pas assez de « white », de « blancos » à Saint-Denis.

Une vision post-coloniale des musulmans de France

C’est très grave. Pour Chevènement, la nationalité française est liée à la couleur de peau, blanche de préférence. Or, quelles que soient leurs couleurs, les habitantes et les habitants de Saint-Denis sont français pour les trois quarts d’entre eux.

Oui, noir et français, arabe et français, musulman et français… Pour avoir tenu de tels propos, Nadine Morano a été fort justement privée de son investiture aux dernières régionales.

Le souci dans le cas de Chevènement – en dehors du fait qu’il n’en est pas à sa première abjection verbale – est qu’il est nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France. Une nomination qui ne fait pas du tout l’unanimité et qui traduit pour le moins une vision post-coloniale des musulmanes et des musulmans de France. Réserves que je partage davantage aujourd’hui.

En tant qu’élu de Saint-Denis chargé de la lutte contre discriminations, je suis outré par l’absence de condamnations de ces propos, notamment dans les rangs du gouvernement.

L’Obs Le Plus

«Sein nu de Marianne» : une historienne corrige ce «crétin» de Valls

CrDYd87WgAAXdM6

Hier soir à Colomiers, en banlieue de Toulouse, Manuel Valls, visiblement en sueur, a invoqué Marianne pour parler de burkini sans le citer, déclarant ainsi : «Marianne elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ! C’est ça la République !». Ce qui a fait bondir sur Twitter l’historienne Mathilde Larrere, spécialiste des révolutions et de la citoyenneté et auteure de L’ urne et le fusil – elle a également coordonné le livre Révolutions – Quand les peuples font l’Histoire.

«Marianne a le sein nu parce que c’est une allégorie, crétin», s’est ainsi emporté la maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, avant de détailler sa réflexion dans une série de tweets désormais compilés sur un Storify, dans lequel Larrere rappelle que le sein de Marianne est dénudé «sur le modèle des allégories antiques, sans que ça signifie quoi que ce soit… juste un code artistique». In fine, la représentation au fil des ans de Marianne n’a rien à voir avec celle de la féminité : «tout ce qui se joue là est l’image que l’on veut donner de la République, et pas du tout ce qu’on veut dire des femmes !».

Libération

Burkini : 4 villes dont Nice et Fréjus assignées en justice par le CCIF

Quatre villes de la Côte d’Azur sont assignées en justice par le comité contre l’islamophobie (CCIF) pour obtenir la suspension de leur arrêté anti-burkini.

image

Nouvel épisode judiciaire pour le burkini. Ce lundi, quatre villes ont été assignées en justice par le comité contre l’islamophobie (CCIF) qui demande la suspension de leur arrêté anti-burkini.

« J’ai déposé un référé liberté pour la commune de Nice, Roquebrune-Cap-Martin, Menton et pour Fréjus », a ainsi indiqué l’avocat du CCIF Sefen Guez Guez. L’audience aura lieu devant le tribunal administratif de Toulon mardi à 14h30 dans le cas de Fréjus et mercredi à 10 heures devant le tribunal administratif de Nice pour Menton, Roquebrune et Nice, a-t-il précisé.

L’Express

Nice: malgré la décision du Conseil d’Etat, une femme voilée virée de la plage par la police

Il était 18h30 ce samedi à Nice, quand une vedette de la police municipale est venue enjoindre une femme voilée de quitter la plage de Carras, créant un débat animé parmi les touristes.


Comment la police a-t-elle été prévenue? Personne ne le saura. Une femme musulmane, voilée et habillée des pieds à la tête, a dû quitter la plage après qu’une vedette de la police municipale s’est dirigée vers elle.

« Vous ne pouvez pas rester sur la plage habillée madame, il y a un arrêté municipal«  lance la policière. La femme explique ne pas s’être baignée. Puis elle ramasse ses affaires, son mari sort leur fille de l’eau, et la famille quitte rapidement les lieux.

Après le départ de la police municipale, un débat animé a eu lieu entre les touristes présents sur la plage.

Nice Matin

A Marseille pas d’arrêté anti-burkini mais des femmes voilées Sorties de l’eau par la police

L’histoire se déroule dans un contexte sensible, en plein cœur d’une polémique sur le burkini qui n’en finit plus d’enfler. Sur la plage du prophète à Marseille, jeudi 25 août, deux femmes qui se baignaient voilées et habillées ont été sommées de sortir de l’eau par les forces de l’ordre.

image

Une scène – repérée par le site d’informations locales Mars Actu – qui en rappelle d’autres, à Nice ou encore à Cannes. Sauf que contrairement à ces municipalités, qui s’appuient sur ce tout récent arrêté « anti-burkini » pour verbaliser des femmes vêtues d’un simple voile, la ville de Marseille n’est pas concernée par de telles dispositions.

Alors que s’est-il passé ce jeudi, aux alentours de 14 heures, sur l’une des plages les plus fréquentées de la cité phocéenne ? Une témoin, qui préfère garder l’anonymat, raconte à metronews : « Il y avait beaucoup de monde. Une femme a alerté la police. Au début, quatre policiers sont arrivés sur la plage. Ils ont demandé à deux dames voilées de sortir de l’eau. La première portait une tunique noire et sa tête était recouverte par un tissu noir, la seconde avait une robe en forme de voile intégral. »

Selon les dires de notre témoin, les femmes, d’abord, refusent de sortir de l’eau. « L’une criait ‘pourquoi ? Je n’ai rien fait de mal !’ et l’autre disait ‘je ne suis pas une terroriste !’. Les policiers leur ont expliqué que c’était pour des raisons d’hygiène. Alors la première dame a affirmé que sa tenue était conforme, et qu’elle n’était pas du tout sale. Ensuite, ils ont littéralement sortie de l’eau au moins l’une d’elles.

On a vu arriver une quinzaine de policiers. Ils étaient 21, au total. La situation a créé un attroupement devant le poste de surveillance, mais les femmes ont demandé aux jeunes présents de se calmer. Elles ont fini par surveiller leurs enfants en se tenant près du poste, face à la plage. »

« Mouvement d’hostilité de la part d’une partie des baigneurs »

Du côté de la préfecture de police, contactée par metronews ce vendredi, on confirme l’intervention des effectifs de la police nationale chargés de la surveillance des baignades et de la sécurité des plages, tout en réfutant le terme « d’incident ». « Plusieurs femmes se baignaient en tenue couverte. Cette situation a suscité un mouvement d’hostilité de la part d’une partie des baigneurs », explique-t-on.

Mais sur quelle base légale s’appuyer en l’absence d’un arrêté « anti-burkini » à Marseille ? Réponse de la préfecture : « Un arrêté du 30 mai 2016, pris chaque année en amont de la saison estivale, prévoit que le port d’une tenue de bain est obligatoire pour tous les baigneurs et que cette tenue ne devra pas entraver l’aisance dans l’eau et constituer un frein au sauvetage.

 » Quant au geste des policiers qui auraient sorti manu militari les femmes de l’eau ? Sur ce point, notre interlocuteur précise qu’elles ont davantage « été invitées à sortir », ajoutant qu’une autre scène similaire s’est déroulée une heure plus tard, sur la même plage. Les deux interventions, précise-t-on encore, se sont terminées « dans le calme » et n’ont donné lieu à aucune verbalisation.

Metro

Nice, Fréjus, Sisco.. les maires continueront à verbaliser les femmes voilées et en burkini

Plusieurs maires, dont ceux de Nice (Alpes-Maritimes), Fréjus (Var) et Sisco (Haute Corse), ont annoncé, vendredi 26 août au soir, maintenir leurs arrêtés « anti-burkini », malgré la décision du Conseil d’Etat de suspendre l’arrêté similaire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes).

Capture d’écran 2016-08-27 à 13.37.52.png

Lionnel Luca, le député et maire Les Républicains de cette commune, a pour sa part prévenu qu’il se plierait à la décision mais qu’il se battrait dès la rentrée parlementaire en faveur d’une loi pour interdire le burkini. « Je ne conteste pas la décision du Conseil d’Etat qui a dit le droit sur la base du droit actuel, a-t-il expliqué, mais donc, cela revient à dire qu’il nous faut maintenant légiférer. »

A Nice, la mairie a déclaré qu’elle allait « continuer à verbaliser » les femmes portant un burkini, tant que son arrêté n’est pas invalidé. De même, le maire FN de Fréjus (Var), David Rachline, a estimé que « l’arrêté de Fréjus est toujours valable », dans une interview à l’AFP.

Le maire de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), première commune à avoir adopté un tel arrêté en 2013, maintiendra lui aussi l’application de la mesure. « Cela me rappelle l’affaire du voile à l’école, a considéré l’édile de Leucate (Aude), Michel Py, qui a pris un arrêté similaire. Il a fallu attendre quinze ans pour avoir une loi. J’espère qu’on n’aura pas à attendre quinze ans pour interdire le burkini. »

« Je ne me sens pas concerné »

Le maire socialiste de Sisco (Haute-Corse), Ange-Pierre Vivoni, avait lui aussi annoncé quelques heures plus tôt vouloir maintenir son arrêté, pris au lendemain d’une violente rixe attribuée, à tort comme l’a montré l’enquête, à une dispute sur le port d’un burkini sur une plage de sa commune mi-août. « Je ne me sens pas concerné par la décision du Conseil d’Etat », a déclaré le maire à l’AFP. « Mon arrêté n’était pas de la prévention, je l’ai pris pour la sécurité des biens et personnes de ma commune, je risquais d’avoir des morts ! », a-t-il expliqué.

Arrêtés anti-burkini et procès verbaux

Cette carte représente les 31 villes qui ont pris un arrêté « anti-burkini » et celles dont la police municipale a établi des procès verbaux.

En vert foncé, les villes dans lesquelles la police municipale a établi des procès verbaux ; en vert clair, celles où un arrêté a été pris mais où il n’a donné lieu à aucun procès verbal.

Le Monde

Alerte Info : Le Conseil d’Etat annule les arrêtés anti Burkini

Arrêtés anti Burkini annulés par le Conseil d’Etat : Robert Ménard dénonce l’État de droit


Arrêtés anti Burkini annulés par le Conseil d’Etat : le maire FN de Fréjus refuse de se plier à la loi



burkini

Le Conseil d’Etat s’est prononcé, vendredi 26 août, contre l’arrêté « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet. Un collège de trois juges examinait les requêtes déposées par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) contre une ordonnance en référé rendue le 22 août par des juges du tribunal administratif de Nice. Elle validait l’arrêté de la municipalité, donnant tort aux deux associations qui réclamaient son annulation en urgence.

Selon l’ordonnance du Conseil d’Etat du 26 août 2016, l’ordonnance du tribunal administratif de Nice est annulée et l’exécution de l’arrêté de Villeneuve-Loubet est suspendueDans cette commune, porter des vêtements religieux à la plage est de nouveau autorisé. Dans les 30 autres communes ayant pris des arrêtés similaires, les arrêtés municipaux sont toujours en vigueur jusqu’à ce qu’ils soient contestés en justice.

La décision du Conseil d’Etat concernant l’arrêté de Villeneuve-Loubet se veut un arrêt de principe. Il permet d’affirmer que, en cas de recours, les autres arrêtés seront eux aussi cassés par la plus haute juridiction administrative française.

L’ordonnance du Conseil d’Etat précise que « l’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle. »

Le Monde