Les catholiques pratiquants moins tolérants envers les musulmans

Les catholiques français sont réputés papistes, mais cela n’a pas empêché certains d’entre eux d’être interloqués par les propos récents de François sur l’islam.

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« Je n’aime pas parler de violence islamique. (…) Si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. (…) Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. (…) Il n’est pas juste d’identifier l’islam avec la violence. Ce n’est pas juste et ce n’est pas vrai ! »

Certains catholiques ont été heurtés par ce qu’ils ont perçu comme un déni des motivations djihadistes des deux jeunes assassins du prêtre catholique tué en plein culte. Or, cet attentat à la charge symbolique dévastatrice est survenu dans un contexte marqué, depuis plusieurs mois, par une défiance croissante des catholiques, notamment pratiquants, envers l’islam, indique une étude de l’IFOP, sur la base de sondages effectués ces dernières années, et en particulier depuis les attentats de janvier et de novembre 2015. Controverses incessantes dans le débat public autour des signes visibles de l’islam, crise migratoire et attentats ont tissé une trame qui inquiète plus particulièrement la composante catholique du pays.

Quelques jours après le meurtre du Père Jacques Hamel dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), les propos du pape qui ne trouvait pas  « juste d’identifier l’islam avec la violence » ont choqué des catholiques. 

« L’idée d’une concurrence, d’une asymétrie entre la religion catholique, historique mais en déclin démographique, et un islam perçu comme en pleine dynamique démographique » contribuerait à dégrader l’image de l’islam davantage aux yeux des catholiques pratiquants que pour reste de la population, avance Jérôme Fourquet. Cette sourde inquiétude pourrait favoriser des crispations autour des récents propos du pape François sur l’islam.        

Initialement, pourtant, les catholiques se définissant comme pratiquants étaient légèrement plus tolérants que la moyenne des Français envers les signes de la visibilité de l’islam, comme le port du voile à l’école et, dans une moindre mesure, la construction de mosquéesMais cette relative ouverture aux manifestations de religiosité de la part des adeptes de la confession historiquement majoritaire s’est effacée ces dernières années, au point d’être aujourd’hui inférieure à celle de la moyenne nationale.

Le décrochage entre les catholiques pratiquants et l’ensemble des Français est spectaculairement mis en évidence par la question de l’« amalgame » entre musulmans et « islamistes radicaux ».

En février 2015, après les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, les catholiques pratiquants ne se distinguaient presque pas du reste des Français […] Mesuré immédiatement après l’assassinat du Père Jacques Hamel, après la série d’attentats qui l’ont précédé, l’équilibre n’a pas changé dans l’ensemble de la population. En revanche, la part des catholiques refusant l’amalgame a reculé de 15 points et celle considérant l’islam comme « une menace » a progressé de 12 points.

Ce sont aussi ces catholiques « culturels », éloignés de toute pratique, qui font le plus de différence entre l’accueil de chrétiens d’Orient et celui des migrants en général. «Chez eux, note M. Fourquet, le devoir de miséricorde ne contrebalance pas l’inquiétude sécuritaire et identitaire. » Et ils semblent imperméables aux paroles du chef de l’Eglise catholique.

Le Monde

Pontoise : enquête sur une agression sexuelle sur 2 enfants à l’internat catholique

Que s’est-il passé mi-avril derrière les grandes grilles en fer du collège et lycée Saint-Martin de France à Pontoise ? L’établissement privé catholique, qui accueille des élèves de la 6e à la Terminale en pension et demi-pension, est visé par une enquête judiciaire pour des faits présumés d’agression sexuelle.

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En effet, dans la semaine du 14 au 18 mars, un jeune homme de 19 ans se serait introduit à deux reprises la nuit dans une des douze maisons de l’établissement. Il aurait alors invité deux enfants de 6e et 5e à passer une partie de la nuit dans une salle de l’internat. L’agresseur présumé serait le fils d’un couple de salariés ayant leur logement dans l’enceinte de l’école.

Un scénario confirmé par François Colin, le directeur de Saint-Martin de France. « Suite à la prise de connaissance de ces faits très graves, qui sont tout à fait inacceptables, nous avons déposé une plainte pour intrusion nocturne dans un internat de mineur et effectué un signalement auprès du procureur », précise-t-il.

Les familles des deux enfants auraient également porté plainte. Interrogé sur d’éventuels précédents concernant ce jeune homme, François Colin, en poste depuis septembre dernier seulement, assure qu’« à sa connaissance, il n’a pas jusqu’ici posé de problème particulier ».

Le Parisien

Belgique: L’enseignement catholique flamand veut attirer les musulmans

La proposition a provoqué une levée de boucliers. Le Katholiek Onderwijs Vlaanderen, le secrétariat flamand de l’enseignement catholique a indiqué son intention d’accorder une place entière au culte musulman et aux autres religions dans ses écoles. Mais alors que la proposition venait à peine d’être annoncée, des voix s’élèvent pour critiquer l’initiative faisant ainsi naître une polémique sur une idée qui n’en est qu’au stade de proposition. 

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L’enseignement catholique flamand souhaite compter plus d’élèves musulmans dans ses écoles. Elle étudie déjà le projet d’un modèle scolaire plus ouvert et surtout plus inclusif des autres religions, rapporte ce mercredi, De Morgen repris par la presse belge.

L’approche sera forcément différente pour convaincre des parents musulmans à inscrire leurs enfants dans des écoles catholiques. « Il n’est plus question de chercher à convertir les musulmans ou les personnes ayant une autre confession. Nous n’allons pas mélanger les religions, mais dans une école de dialogue, il y a par exemple de la place à côté d’une chapelle pour une salle de prière pour les musulmans ou le voile. Les musulmans doivent jouir de leur droit, même si la tradition chrétienne ne sera pas perdue de vue », ajoute Didier Pollefeyt, de la KU Leuven.

Proposition critiqué

A peine annoncée que la proposition fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le porte-parole de l’évêque d’Anger, Olivier Lins voit en cette proposition « un ballon d’essai qui provoque une tornade, mais ce n’est vraiment pas nécessaire ». Il explique que « rien de concret n’a encore été décidé concernant l’introduction de mesures relatives à la présence de lieux de prières pour les musulmans, l’autorisation du port du voile ou l’introduction d’un cours libre consacré à l’islam dans les écoles catholiques ».

Le leader du N-VA et bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever s’est dit, quant à lui, catégoriquement opposé à cette proposition. « Je trouve que c’est une très mauvaise décision. Il faut que nous fassions comprendre que la religion est de moins en moins importante dans notre culture publique. La chrétienté a de facto été laïcisée, et cela devrait en fait être pareil pour l’Islam », a-t-il réagi.

Yabiladi