Église Sainte Rita : Une « ZAD » d’extrême droite en plein Paris

Cela fait 2 ans que l’église Sainte Rita est menacée de destruction. Mais depuis octobre, les paroissiens ont laissé place à la crème de l’extrême droite parisienne. L’église squattée accueille catho’ tradis, islamophobes et « dissidents ».

Paris 15e, rue François-Bonvin – Pour entrer dans l’église Sainte Rita, mitoyenne aux bureaux de l’Unesco, il faut passer par une porte de chantier gardée par 2 hommes. L’un d’eux, le visage caché par un masque de V pour Vendetta, tend une pétition contre la démolition de cet édifice religieux néo-gothique.

Bohrt Mignolet, le vigile improvisé à l’accent belge prononcé, fait partie des « irréductibles » du Mouvement du 14 juillet. Dans la nuit du 5 au 6 octobre, une poignée de militants de ce collectif débarque pour « libérer » l’église promise à la démolition. Ils glissent une échelle au-dessus de la palissade et se faufilent par la fenêtre du 1er.

Ils s’ajoutent à la longue liste des défenseurs de l’église, connue par le passé pour ses bénédictions d’animaux. Ainsi, ex-mégrétiste, fondateurs de Riposte laïque, animateurs de Radio Courtoisie, « soralien » ou cathos tradis, se mobilisent au gré des opportunités pour sauver l’édifice. 2 ans déjà que l’église doit être détruite pour laisser place (link is external) à un parking et des logements sociaux.

Samedi 7 novembre, dans Sainte Rita « occupée », c’est « Faf-land ». Sur invitation de Nicolas Stoquer, les islamophobes de Riposte laïque et de Résistance républicaine organisent un hommage à l’avocat Joseph Scipilliti. Une dizaine de jours plus tôt, ce dernier entrait en trombe dans le bureau du bâtonnier de Melun (link is external) pour lui tirer 3 balles dans le buffet avant de retourner l’arme contre lui. Scipilliti est mort sur le coup, la victime gravement blessée.

Les proches de l’avocat d’extrême droite se succèdent à la tribune pour rendre hommage au « héros victime d’une forme de terrorisme ». « L’église Sainte Rita, c’est tout un symbole d’abord parce que c’est une église de la résistance », lance une Christine Tasin en larmes avant de laisser la place à son compagnon Pierre Cassen, ancien client de Scipilliti.

Dans l’assistance, sous tension, un homme d’une soixantaine d’années porte un drapeau français en cape. Certains se cachent le visage pour ne pas apparaître sur les images des quelques caméras de médias de « dissidents » qui filment la bénédiction. Pour clore la cérémonie, une Marseillaise est entonnée et diffusée dans tout le quartier grâce à des haut-parleurs. « Pour une fois qu’on nous entend, nous, les patriotes », murmure à Stoquer, Chritine Tasin, revivifiée.

Street Press

 

Au Mexique, un juge refuse le droit d’avorter à une adolescente de 14 ans violée

Un juge de l’État mexicain de Sonora (nord-est) a empêché, par un biais légal, l’avortement d’une jeune adolescente. Cette dernière est tombée enceinte après avoir été violée. Cette situation a été dénoncée lundi par le Groupe d’information sur le choix reproductif (GIRE). 

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La mineure, âgée de 14 ans et issue d’une famille indigène, avait été sexuellement abusée en mai par un homme de sa famille. « Le procureur avait qualifié cette affaire de viol, mais le juge, par une manoeuvre légale, a transformé ce crime en attentat à la pudeur, ce qui est un délit mineur », a expliqué Alex Alí Méndez, avocat du GIRE. « Cela retire à cette jeune fille le droit à l’avortement, qui est autorisé par le code pénal de Sonora en cas de viol.

Des droits inégaux face au viol au Mexique

L’adolescente qui vient de fêter ses 14 ans est sous la garde de son père, favorable à l’avortement de sa fille. L’association GIRE et leurs avocats examinent la possibilité d’un recours contre le juge. Depuis 2007, seule la capitale fédérale de Mexico autorise l’avortement sans restrictions au cours des douze premières semaines de grossesse, mais l’IVG est autorisée dans certains autres États mexicains en cas de viols ou de danger pour la santé.

En juin, la Cour suprême avait rejeté un projet visant à supprimer les peines de cinq ans prison prévues en cas d’avortement illégal. La Cour avait néanmoins appelé à un débat sur la question de l’avortement, très sensible dans ce pays très catholique.

L’Express

Erci Ciotti s’oppose au financement public des lieux de culte mais le pratique

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Le député des Alpes Maritimes s’est dit dimanche « opposé au financement de tout lieu de culte ». Il finance pourtant la rénovation de quatre chapelles grâce à sa réserve parlementaire.

Eric Ciotti a-t-il changé d’avis ou est-il pris en flagrant délit d’incohérence? Dimanche, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, s’est dit « opposé au financement des mosquées ou de tout lieu de culte », en réponse à la tribune de Manuel Valls dans le Journal du Dimanche

« Je m’inscris en faux et dénonce avec force cette vision culpabilisatrice du Premier ministre qui, évoquant un pacte avec l’islam de France et ouvrant la voie à un financement public des lieux de culte, auquel je suis totalement opposé, renie à demi-mot la loi de 1905« , écrit-il encore sur son blog.

20 000 euros pour la rénovation de chapelles

Mais visiblement ses propos ne correspondent pas vraiment à la réalité. Un journaliste de Nice Matin s’est replongé dans l’utilisation qu’avait fait Eric Ciotti de sa réserve parlementaire en 2015. Un sujet qu’il avait traité il y a plusieurs mois.

Le député a divisé les 130 000 euros qui lui sont alloués chaque année entre différentes associations niçoises. Et il a notamment versé 20 000 euros pour la rénovation de quatre chapelles de la ville. Les Amis des Pénitents rouges, l’Archiconfrérie des la Sainte-Croix, la Confrérie des pénitents bleus et l’Archiconfrérie de la Miséricorde Pénitents Noirs ont ainsi reçu 5000 euros chacune.

L’Express

L’extrême droite s’en prend au Pape avec le hashtag #PasMonPape

L'extrême droite s'en prend au Pape avec le hashtag #PasMonPape  islam

Ces dernières heures, de nombreux internautes qui se disent catholiques ont exprimé leur rejet du pape François à travers le hashtag #PasMonPape sur le réseau social Twitter.

Des tweets qui semblent être essentiellement le fait de personnes issues de la sphère réactionnaire et ultraconservatrice d’extrême droite qui officie régulièrement sur Internet. Ce rejet vient des récentes déclarations du Pape lors de Journées Mondiales de la Jeunesse, en Pologne. Dimanche, le souverain pontife a en effet réfusé de lier « islam » et « terrorisme ».

« Si je dois parler de violences islamiques, je dois aussi parler de violences chrétiennes. Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons nous aussi« , a-t-il insisté. Un discours qui n’a visiblement pas fait l’unanimité.

https://twitter.com/PierrePETRUS1/status/760388249328226304

Pour certains, le pape est un « traître » :

Pour d’autres, les propos de l’Argentin en font carrément un « communiste » :

Mais certains ont également ironisé sur l’attitude de ces internautes qui, selon eux, rejettent au final le message du Christ.

D’autres font un parallèle entre ces catholiques « à géométrie variable » et les islamistes radicaux qui eux aussi mettent à mal le message de paix de leur religion.

Direct Matin

La « fachosphère » s’attaque au pape François suite a son discours de paix aux #JMJ

French Interior minister Manuel Valls is seen as he inaugurates the exhibition "100 years of the judicial police in Paris" on November 08, 2013 in Paris. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Certains ont peu goûté au message de paix du pape après les JMJ, allant jusqu’à se désolidariser du pontife, voire réclamer sa démission. Revue de tweets.

« Si je dois parler de violences islamiques, je dois aussi parler de violences chrétiennes. » Les propos du pape François, à son retour des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie, ont fait couler beaucoup d’encre. S’ils ont été largement salués comme un message de paix, d’autres les ont vus d’un très mauvais œil. À commencer par la fachosphère.

Ils ont beau se dire « catholiques » ou encore « chrétiens » dans leur biographie Twitter, rares sont ceux qui délivrent un discours de « paix et d’amour » comme le voudrait leur souverain pontife ou même la Bible.

« Ils », ce sont les internautes de la sphère réactionnaire et ultraconservatrice d’extrême droite à tendance xénophobe, connue sous le nom de « fachosphère ». Je crois que ce n’est pas juste d’identifier l’islam avec la violence, ce n’est pas juste et ce n’est pas vrai (…). Je crois qu’il y a presque toujours dans toutes les religions un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons.

En délivrant un message où il refuse de faire l’amalgame entre violence et islam, rappelant que les chrétiens ont leur lot de fondamentalistes, le pape François s’est attiré les foudres de la fachosphère. Certains ont déclaré ne pas vouloir être « représentés par le pape François » (sic) tandis qu’un hashtag #PasMonPape a été lancé. D’autres réclament même sa démission.

https://twitter.com/BAmodru/status/760056893633167361

https://twitter.com/MarieCASTELNAU/status/760019281111293953

https://twitter.com/Philde_France/status/759892866474790912

https://twitter.com/DeLogeres/status/759939869569224705

https://twitter.com/isataharmiller/status/759878248474042368

Le Point

Mâcon : des musulmans surveillent symboliquement une église durant la messe

C’est un geste symbolique largement applaudi par les catholiques présents. Ce dimanche matin, quatre habitants du Mâconnais, de confession musulmane, ont surveillé l’église Notre-Dame-de-la-Paix de Mâcon, durant la messe. Un acte qui fait suite à l’attentat de mardi, où un prêtre a été égorgé dans une église, près de Rouen. 

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Le Bien Public

La mosquée en construction de la vile de Muret victime d’un incendie criminel

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La découverte hier matin d’un début d’incendie criminel devant l’entrée principale de la mosquée en construction de l’association musulmane muretaine (AMM) a provoqué un sentiment d’incompréhension parmi les dirigeants de cette association. Une enquête, confiée à la brigade des recherches a d’ailleurs été ouverte.

Dès les premières heures de la matinée une équipe de TIC (Techniciens en identification criminelle) et du LIPS (laboratoire de police scientifique) de Toulouse étaient sur place. Façade noircie sur toute la hauteur, trois portes endommagées, la toiture de tuiles de l’appentis calcinée. Tel est le bilan de cette tentative incendiaire.

Un ou plusieurs individus ont forcé un grillage entourant le terrain. Vraisemblablement ils ont répandu un produit inflammable au pied de l’entrée principale du bâtiment avant de prendre la fuite. Un peu avant 5 heures, le voisin le plus proche a prévenu Djamal Semaïl le président de l’association qui a alerté les sapeurs-pompiers. Ils ont mis peu de temps à éteindre le sinistre, évitant des dégâts plus importants.

La Dépêche

Daech, la stratégie de la guerre civile

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Frapper, sans relâche, pour livrer la France au chaos et la faire sombrer dans la guerre civile. Au-delà de sa sauvagerie, l’assassinat mardi matin du prêtre Jacques Hamel, 86 ans, dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), répond à une stratégie précise de l’Etat islamique (EI). Elle était déjà à l’œuvre le 14 juillet, avec le massacre au camion sur la promenade des Anglais à Nice, ou en novembre à Paris, lors des attentats sur les terrasses et au Bataclan. C’est la même, encore, qui sous-tendait le meurtre d’un couple de policiers le 13 juin dans leur pavillon de Magnanville, en banlieue parisienne.

Chaos

Cette stratégie n’est ni secrète ni même cachée. Dès le début des années 2000, des théoriciens du jihad l’ont formalisée et publiée sur Internet. Leurs textes ont été repris et adaptés dans les publications que l’EI diffuse depuis 2014. L’objectif est de faire imploser ce que Daech décrit comme «la zone grise», celle où «infidèles» et musulmans vivent ensemble sans chercher à s’anéantir. Dans le monde rêvé de l’EI, il n’y a que deux camps : les mécréants et les musulmans. Les deux devront s’affronter jusqu’à la victoire finale des seconds.

C’est ce précepte qui est aujourd’hui à l’œuvre. Tous les moyens sont bons : des attaques à la kalachnikov dans les rues, des prises d’otages dans les boîtes de nuit, des kamikazes dans des aéroports ou devant un restaurant en Allemagne, des meurtres à la hache. Personne ne mérite d’être épargné, pas plus les enfants qui reviennent d’un feu d’artifice qu’un prêtre âgé qui célèbre une messe.

C’était le message d’Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole de l’EI, en septembre 2015 : «Si vous pouvez tuer un incroyant […], alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière.» Dans cette vague d’attentats annoncés, les chrétiens ne sont que des cibles parmi d’autres. A l’été 2015, Daech appelait ses partisans à viser «les églises», mais aussi «les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les permanences des partis politiques…»

Libération

« Grand remplacement » 42% des jeunes se disent catholiques, 4% musulmans, 1% juifs

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Les jeunes Français se seraient-ils réconciliés avec Dieu ? Dans tous les cas, et contrairement à leurs aînés, ils n’y sont plus hostiles. Le portrait des 18-30 ans qui se dessine dans le sondage réalisé par OpinionWay en exclusivité pour La Croix sur les jeunes et la religion montre une génération manifestement plus croyante et plus religieuse que ses aînés.

Certes, les jeunes qui disent croire en l’existence de Dieu (46 %) restent une minorité dans une société française majoritairement agnostique. Pour autant, si l’on met ces chiffres en perspective avec d’autres sondages, il apparaît que les jeunes sont plus croyants que dans l’ensemble de la population française : seuls 38 % des Français disaient croire en l’existence de Dieu selon une enquête réalisée il y a un an pour la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref).

Catholiques (42 %), musulmans (4 %), protestants (3 %)… Au-delà de la croyance, les jeunes Français s’identifient aussi plus fortement à une religion qu’il y a une décennie : seuls 34 % des 18-29 ans se rattachaient à une religion en 2008, selon l’enquête sur les valeurs réalisée la même année à l’échelle européenne, contre 53 % aujourd’hui.

La Croix

Trump: Pointer l’islam du doigt et idéaliser le christianisme est une abjecte hypocrisie

Évoquant les nombreuses félicitations qu’il a reçues après le massacre d’Orlando pour avoir eu raison sur l’islamisme radical, Donald Trump a une nouvelle fois insisté sur le fait que ce qui a tué des gens au Pulse n’était pas un fusil d’assaut, mais l’islamisme radical, parce qu’au dernier étage de la Trump Tower, ça ne peut pas être les deux.

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Le monde de Donald Trump est en effet binaire. C’est tout l’un ou tout l’autre. Soit c’est un fusil d’assaut qui tue, soit l’islamisme radical, mais pas les deux. Dans ce monde, une seule religion peut être mauvaise et par conséquent, le christianisme c’est le bien et l’islam, c’est le mal. Le christianisme est pacifique et l’islam est violent. Le christianisme est tolérant et l’islam intolérant. Tous deux ne peuvent être que tout l’un ou tout l’autre, un schéma immuable et gravé dans le marbre en terme de comportements de leurs fidèles respectifs.

Cette vision du monde est partagée par des gens qui soutiennent Trump comme par d’autres, qui ne le soutiennent pas. En termes religieux, nous pourrions qualifier cette vision de «manichéenne», une vision binaire entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal. Mais il convient de se souvenir que ce terme a été à l’origine utilisé pour décrire une religion dont l’influence s’étendait de la Perse jusqu’à l’Afrique de l’Est et du Nord romaines au IIIe siècle après Jésus-Christ, une religion qui a fortement influencé les premiers chrétiens.

Si «manichéen» a aujourd’hui une connotation négative, c’est parce que le manichéisme a été considéré comme une hérésie par l’Église catholique, et qui devait donc être éradiquée du monde chrétien. Et de la manière la plus brutale qui soit: les adeptes de la vision manichéenne du christianisme virent tous leurs biens confisqués et furent mis à mort, même s’ils s’étaient convertis à la vraie foi chrétienne, pour peu qu’ils aient conservé des liens avec des manichéens. Même Saint-Augustin appela à des persécutions les plus énergiques à leur endroit.

Le christianisme, une religion d’amour?

La raison pour laquelle je vous parle des manichéens, c’est que je suis lasse d’entendre Bill Maher et Donald Trump expliquer que l’islam est intrinsèquement violent. Je suis plus lasse encore d’entendre affirmer que le christianisme est intrinsèquement pacifique. J’ai assisté maintes fois à ce genre de débat, et même lors d’une soirée où Laura Ingraham demandait aux autres participants de lever les mains s’ils pensaient que l’islam était une religion morbide. La plupart des convives (conservateurs sur le plan politique) levèrent les mains avant de m’expliquer en long en large et en travers comment, à l’inverse de l’islam, le christianisme était intrinsèquement une religion d’amour.

L’Église chrétienne s’est montrée impitoyable avec les personnes dont la foi déviait du canon religieux, torturant et immolant les hérétiques par le feu.

Si ces affaires ne sont que des perversions du christianisme, comme certains l’affirment, ou l’effet du hasard, alors pourquoi ne pas étendre ce mode de pensée jusqu’à la conquête du Proche-Orient par les musulmans ou, oserai-je la comparaison, à Daech? Il n’est pas possible d’un côté de s’appuyer sur des exemples historiques pour affirmer qu’une religion est intrinsèquement violente et balayer ensuite d’un revers de la main les exemples équivalents dans l’histoire du christianisme en affirmant qu’ils ne sont que l’exception qui confirme la règle.

Les Croisades sont, aujourd’hui encore, une plaie ouverte au sein du monde musulman, mais il est également facile d’oublier les massacres commis par les croisés contre les Juifs d’Europe. De manière répétée, en traversant l’Europe pour se rendre en Terre sainte, les croisés ont massacré les Juifs sur leur passage. Ils les réunissaient dans des synagogues avant d’y mettre le feu. Les croisés ont tué tant de Juifs au nom de la foi chrétienne que les Croisades ont porté le coup démographique le plus terrible à la communauté juive d’Europe avant l’Holocauste. Un Holocauste qui, rappelons-le gentiment au passage, s’est déroulé il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe chrétienne et civilisée.

Une histoire récente

Si vous ne croyez pas ce que je vous raconte sur la brutale répression des chrétiens manichéens, lisez donc ce passage qui lui est consacré dans l’encyclopédie catholique (une publication qui «chronique les accomplissements des artistes, éducateurs, poètes, scientifiques et hommes d’action catholiques dans leurs différentes provinces»). L’Église chrétienne s’est montrée impitoyable avec les personnes dont la foi déviait du canon religieux, torturant et immolant les hérétiques par le feu.

Lorsque Martin Luther eut l’idée d’afficher ses thèses sur la porte d’une église, donnant involontairement naissance à une nouvelle forme de christianisme, il en résulta des centaines d’années de guerre ouverte ou larvée entre chrétiens, chacun répandant sans compter le sang des autres en étant fermement convaincu d’être les plus fidèles à la parole du Christ. Il ne s’agit pas d’une histoire ancienne: les violences entre protestants et catholiques ont continué d’ensanglanter l’Irlande chrétienne jusqu’à la fin du XXe siècle.

«L’islam radical est anti-femme, anti-gay et anti-Américain, a déclaré Donald Trump le 13 juin dernier. Je refuse de laisser l’Amérique devenir un endroit où les gays, les chrétiens et les juifs sont la cible des persécutions et des intimidations de la part d’islamistes radicaux qui prêchent la haine et la violence.»

Trump tente ainsi de démontrer que les adeptes de l’islam radical (quels qu’ils soient) seraient si mal à l’aise face à ceux qui ne partagent pas leur foi qu’ils ne pourraient pas faire autrement que de se montrer violent contre eux. L’islam radical peut, en effet, ressembler à cela, et même davantage, mais le bilan du christianisme n’est pas meilleur.

Persécutions et intimidiation

Prenons par exemple l’inquiétude formulée par Trump de voir les juifs «devenir la cible de persécutions et d’intimidation». Voilà qui est fort émouvant, mais au cours des 2.000 dernières années, avant que des pays musulmans ne se mettent à expulser leurs populations juives en 1948 après l’occupation de la Palestine, les juifs ont été les cibles constantes de persécutions et intimidations –pour le dire gentiment– de la part des chrétiens.

Dans les pays musulmans, la vie quotidienne des juifs, qui faisaient certes face à de nombreuses restrictions, devaient porter des vêtements particuliers et faisaient face à des flambées sporadiques de violence, était bien moins sanglante que dans l’Occident chrétien civilisé. Il y a tant d’exemples que le pourrais mentionner –des chrétiens massacrant des juifs accusés d’être responsables de la peste; le fait que le mot ghetto vienne des quartiers fermés dans lesquels les juifs étaient contraints de vivre à Venise au Moyen-Âge; les pogroms durant lesquels l’Église Orthodoxe russe encourageait ses ouailles à massacrer les juifs incroyants.

Je pourrais vous parler des phénomènes modernes, comme ce troll pro Trump, qui me désigne régulièrement comme «assassin du Christ»

Et si, à votre goût, nous remontons un peu trop loin dans l’histoire, pensez donc au mois de juillet 1988, millénaire de la conversion de la Russie: Moscou bruissait de rumeurs évoquant la possibilité d’un pogrom pour célébrer l’avènement du christianisme en Russie et que la police donnait les adresses des Juifs. (C’est cette année-là que ma famille a décidé de fuir la Sainte Russie.)

Et si Trump s’inquiète de voir les Juifs victimes de persécutions de la part de «prêcheurs islamistes radicaux», ce n’est pas des musulmans radicaux que j’ai peur aux États-Unis, en tant que juive. Certes, le monde musulman peut déborder de haine et d’antisémitisme, mais la haine et l’antisémitisme que je subis quotidiennement ne vient pas des musulmans. Ils viennent des supporters blancs et chrétiens de Trump.

Je souhaiterais donc plutôt le voir se préoccuper de la persécution de journalistes juifs par ses propres soutiens, dont certains mélangent sans complexes les symboles chrétiens, les références au white power et des menaces violentes dans leurs communications. Mais Trump ne règle pas ce problème, et ne les désavoue certainement pas. Il a même affirmé n’avoir «aucun message» à leur adresser. Il ne s’intéresse qu’aux musulmans radicaux.

Regarder Trump et la droite chrétienne montrer du doigt l’homophobie de l’Islam est proprement renversant. Si une communauté de ce pays a démontré son opposition aux gays, c’est bien celle des chrétiens conservateurs qui, depuis des décennies, diffusent leur haine des gays.

L’appel à la haine

Un pasteur chrétien que l’on a beaucoup vu aux côtés de Bobby Jindal, Mike Huckabee et Ted Cruz a ainsi déclaré récemment que, selon la Bible, les homosexuels «méritent la peine capitale».

Et pourtant, juste après le massacre d’Orlando, certains Chrétiens ont pris soin de nous dire ce qu’ils pensaient de ces gays tués au Pulse. Un prêcheur chrétien a ainsi posté un sermon vidéo dans lequel il s’est réjoui du massacre d’Orlando en déclarant notamment que «la bonne nouvelle, ce que l’on compte désormais 50 pédophiles de moins dans ce monde car, vous savez, ces homosexuels sont une bande de pervers abjects et de pédophiles».

Nous avons également eu droit aux très ardents American Christians qui tracent un lien explicite entre christianisme et armes à feu, qui s’achètent des armes sans compter tout en vouant une immense admiration aux belliqueux sarrasins. Dans les faits, la violence et l’intolérance dont les chrétiens conservateurs font preuve, non seulement à l’égard des éléments les plus radicaux, mais à l’encontre de tous les adeptes d’une religion, ressemble aussi étrangement que fortement au type de violence et d’intolérance dont ils accusent les Musulmans de faire preuve.

Mi-juin, nous avons «fêté» le triste anniversaire du massacre commis par Dylann Roof, qui massacrait neuf personnes au milieu d’un cours d’étude de la Bible à Charleston, en Caroline du Sud. Avant qu’il ne commette son crime, il avait rédigé un manifeste déclarant son allégeance à la cause des suprémacistes blancs et désigné le Council of Conservative Citizens, qui affirme adhérer aux «valeurs et croyances chrétiennes» comme une source majeure d’inspiration et d’information. Selon certains, Roof venait d’une famille qui se rendait régulièrement à l’Église et se rendait dans des camps d’été chrétiens. Roof a-t-il tué ses coreligionnaires parce qu’il était dérangé ou parce que le Christianisme est violent?

 

Un peu de nuance!

Aucune religion n’est intrinsèquement violente. Aucune religion n’est intrinsèquement pacifique. Les religions, toutes les religions, sont avant tout une question d’interprétation et c’est souvent de cette interprétation que peut naitre la beauté ou la laideur – ou, le plus souvent, pour peu que nous soyons assez mûrs pour émettre des pensées nuancées, quelque chose entre les deux?

Slate

Un projet de clause de conscience pour les pharmaciens réjouit les anti-IVG

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L’Ordre des pharmaciens a soumis à ses adhérents un projet de clause de conscience qui stipule que «le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine».

Et si demain les pharmaciens pouvaient refuser de délivrer des moyens de contraception ou la pilule du lendemain à leurs usagers? C’est ce que craignent certains d’entre eux, après la divulgation sur les réseaux sociaux d’un projet de refonte de leur code de déontologie.

L’Ordre des pharmaciens avait invité la profession à un vote en ligne sur l’ensemble du projet de nouveau code de déontologie. Une version presque finalisée du nouveau code de déontologie est aujourd’hui prête, mais l’un des articles pose problème: la façon floue dont il a été rédigé pourrait autoriser les pharmaciens à refuser de délivrer des contraceptifs, expliquent les détracteurs.

Voici l’article:

«Sans préjudice du droit des patients à l’accès ou à la continuité des soins, le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine.

Il doit alors informer le patient et tout mettre en œuvre pour s’assurer que celui-ci sera pris en charge sans délai par un autre pharmacien. Si tel n’est pas le cas, le pharmacien est tenu d’accomplir l’acte pharmaceutique.»

Cet article suscite tant de critiques qu’il a été soumis à un nouveau vote, ouvert jusqu’au 31 août.

Slate

Un prêtre vole 500 000 dollars destinés à des réfugiés syriens

Un prêtre catholique de la ville de London, dans le centre du Canada, a été inculpé pour avoir dérobé plus d’un demi-million de dollars canadiens destinés à l’installation de réfugiés syriens, a-t-on appris vendredi.

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Amer Saka, ecclésiastique de l’église chaldéenne catholique, avait obtenu ces fonds d’une vingtaine de donateurs sous couvert d’un faux programme de parrainage pour l’accueil de réfugiés syriens, a indiqué la police de London (en Ontario).

« Cette enquête a été menée dans toute la province de l’Ontario, aux États-Unis et dans d’autres pays », a ajouté la police.

Contacté vendredi par l’AFP, le chef de l’Église catholique chaldéenne du Canada, Emanuel Shaleta, n’a pas souhaité apporter de précisions à de précédentes déclarations aux médias locaux.

Ce responsable religieux avait raconté au quotidien London Free Press que le père Saka lui avait téléphoné pour lui dire qu’il avait parié et perdu la totalité des fonds destinés aux réfugiés.

Le prêtre était impliqué dans un programme de parrainage aux réfugiés depuis plusieurs années. Il a été suspendu par le diocèse catholique de Hamilton dès que l’enquête policière a débuté en février dernier.

La police de London a arrêté Amer Saka mercredi. Il a été libéré sous conditions après avoir été formellement inculpé.

Dans les conditions du contrôle judiciaire, le tribunal a interdit à l’ecclésiastique de fréquenter les casinos, selon le quotidien local.

Huffington Post

Argentine : Condamnée à 8 ans de prison pour avoir avorté

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a appelé vendredi l’Argentine à libérer une femme condamnée à huit ans de prison pour avoir, selon la justice, subi un avortement, pratique illégale dans ce pays.

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Dans un communiqué, le Comité évoque «l’affaire Belén», une jeune femme aux faibles revenus de 27 ans, emprisonnée depuis deux ans et condamnée en avril dernier à huit années de prison par un tribunal de Tucumán (nord) pour avoir avorté.

L’avortement est interdit en Argentine. Il est uniquement autorisé lorsque la grossesse est le fruit d’un viol ou qu’elle met en danger la vie de la mère.

Appel à la dépénaisation

«L’Etat (argentin) doit revoir ‘l’affaire Belén’ à la lumière des standards internationaux en la matière en vue de la libération immédiate de la jeune femme», a déclaré le Comité dans le texte. Et d’appeler Buenos Aires à «envisager la dépénalisation de l’avortement».

La jeune femme avait été admise le 21 mars 2014 dans un hôpital public du nord du pays avec de fortes douleurs abdominales. Selon son avocate Soledad Deza, Belén était en train de faire une fausse couche.

«A en croire son dossier médical, Belén était enceinte d’environ 20-22 semaines à son entrée à l’hôpital au moment de sa fausse couche», a expliqué l’avocate.

«Mais quelques heures plus tard, un foetus de 32 semaines a été retrouvé dans les toilettes, c’est à elle qu’il a été attribué, sans aucun test ADN», a-t-elle poursuivi.

Arrêtée à l’hôpital

D’après Me Deza, «l’équipe de soin a dénoncé Belén à la police qui l’a arrêtée à l’hôpital».

«Je ne savais même pas que j’étais enceinte», a récemment déclaré Belén dans une lettre ouverte.

Selon les estimations de plusieurs ONG, en Argentine, parmi les 500’000 femmes qui avortent, une centaine meurt chaque année.

24 Heures

Adrien Candiard : «Penser connaître l’islam en ouvrant le Coran est illusoire»

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Si le Coran est la source de toutes les traditions, peut-il être pour autant considéré comme le « vrai visage » de l’islam ? 

La référence à la révélation coranique est classique, mais penser connaître l’islam en ouvrant le Coran est tout à fait illusoire. On peut le lire et l’interpréter de manières très différentes. Ce livre saint est polysémique. On ne connaît pas le sens de tous les mots anciens avec certitude. Quelqu’un doit nous en donner la clé. La tradition musulmane, via ses différentes écoles, compose diverses clés. En tant que non-musulmans, nous ne pouvons pas définir qui a raison. Il serait tentant de considérer que l’approche historico-critique est la vraie interprétation, car c’est le sens que l’Occident veut lui donner. Mais cela ne nous concerne pas. Son sens apparemment littéral n’est pas nécessairement son sens véritable.

Dans l’interprétation du Coran, quelle place occupe le raisonnement logique face au texte révélé ? 

En regardant l’histoire de l’interprétation coranique, on s’aperçoit que tout est possible. Le chiisme a ses propres règles et, au sein du sunnisme, on retrouve une grande diversité. La plupart des musulmans s’attachent aux interprétations de la Tradition, avec une vraie diversité en son sein. On a pu donner des interprétations spirituelles de certains versets très juridiques.

Mais aujourd’hui, une approche plus littéraliste a le vent en poupe. Elle interprète les versets sans raisonnement, essentiellement à partir de la tradition prophétique. Pour aborder la question de la rationalité en islam, il faut néanmoins différencier l’approche occidentale – marquée par les Lumières et une affirmation rationaliste comme sortie possible de la religion – de la civilisation islamique où le rationalisme n’apparaît pas toujours comme la voie vers la tolérance.

Ainsi, au IXesiècle, des mouvements rationalistes ont pu être violents. Le calife abbasside Al-Mamun a décidé de faire de la théologie mutazilite – une version rationnelle du credo musulman – la forme officielle de la religion. Malgré une tentative d’imposition par la force à l’aide de la Mihna, l’inquisition musulmane, il n’y est pas parvenu. Encore aujourd’hui, la raison est très souvent affirmée par certains fondamentalistes comme fondement de leurs certitudes.

Vous affirmez que, si le Coran est la théorie, la pratique de l’islam découle plutôt des hadiths, les propos du Prophète. 

À côté du Coran, un vaste corpus de textes racontant les paroles et actes du Prophète a été rassemblé à partir d’une tradition orale, deux siècles après la mort de Mahomet. Objets de nombreuses discussions sur leur authenticité, ces hadiths ont une importance considérable. Il s’agit de chercher la source du droit concret. Si le Coran affirme qu’il faut prier, il ne dit pas comment. Ce sont les hadiths qui racontent comment le Prophète priait, et enjoignent les musulmans de l’imiter. La vie du Prophète sert ainsi d’interprétation du Coran.

En Occident, le terme de sharia fait peur et est souvent associé à un corpusjuridique. Cette expression, qui désigne « la voie de Dieu », est-elle un véritable ensemble législatif ? 

La sharia, c’est la voie que Dieu trace pour nous, ce qu’il nous demande. Difficile pour un musulman de se prononcer contre la sharia : cela signifierait qu’il est contre la volonté de Dieu. En général, ce terme est employé pour parler de l’Arabie Saoudite, sharia devenant synonyme d’arriération totale et de barbarie. En réalité, ce pays applique des règles traditionnelles de l’école hanbalite, particulièrement rigoriste. Mais cette application n’est qu’une manière d’envisager la sharia. D’autres écoles traditionnelles de droit proposent des règles différentes. Parfois, ces applications ne sont pas forcément juridiques : pour certains groupes soufis, la volonté de Dieu est d’abord du niveau de la spiritualité. Enfin, les juristes rédigeant aujourd’hui les codes civils dans les pays musulmans n’ont pas l’impression de s’éloigner de la volonté de Dieu.

Le Monde Des Religions

La Grande Mosquée de Paris fête ses 90 ans

Ce vendredi 15 juillet, la Grande Mosquée de Paris fête ses 90 ans. Inaugurée en 1926, elle a été construite pour remercier les musulmans d’Afrique du Nord de leur sacrifice pour la France pendant la Première Guerre Mondiale. Tout un symbole à l’époque, qui ne résonne plus pareil en 2016.

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Elle est bien loin des 671 ans de la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais la Grande Mosquée commence à devenir une dame âgée. Elle fête ce vendredi 15 juillet, les 90 ans de son inauguration, en 1926, près du Jardin des Plantes, dans le 5è arrondissement de Paris, pour remercier les « Français d’Afrique du Nord » de leur sacrifice à Verdun particulièrement, lors de la Première Guerre Mondiale.

« Dès la fin de la guerre, dès l’armistice, le gouvernement français a décidé de proposer à l’Assemblée Nationale de voter un budget de construction d’une mosquée à Paris, raconte Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris. Et la proposition a été immédiatement votée à l’unanimité des deux chambres. C’est pour nous un événement exceptionnel d’amour, de confiance et de certitude dans l’avenir d’un destin commun d’une France qui allait devenir en grande partie musulmane. »

Symbole de l’amitié franco-musulmane de l’après-guerre

Le recteur y voit donc, un message et un symbole de paix « pour que l’ensemble de cette population nationale, française, des deux bords de la méditerranée ne forme qu’un ilot d’amitié, de fraternité de coop, tout pour vivre ensemble. » D’ailleurs, le jour de l’inauguration, le Préfet de la Seine aura ces mots : « Les Musulmans sentiront que la France et Paris les accueillent non comme des étrangers, mais comme des frères ! »

Que reste-t-il 90 ans plus tard ?

Mais alors qu’il sort de la Mosquée, 90 ans plus tard, Mohammed ne se sent pas comme un étranger en France, mais pas comme un frère non plus. « Il y a toujours la peur de l’autre parce qu’on ne se connaît pas. Mais pas seulement en France, partout dans le monde ça va mal. » Ce fidèle n’a pas la solution pour vivre ensemble, mais il veut « rester optimiste. »

France bleu

Bayonne : un prêtre soupçonné de pédophilie mis en examen

L’abbé Jean-François Sarramagnan, 53 ans, est soupçonné de pédophilie sur son neveu, mineur au moment des faits présumés.

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Un prêtre du diocèse de Bayonne, soupçonné de faits de pédophilie, a été mis en examen le 7 juin a indiqué jeudi le procureur de la République de Bayonne.

Le neveu du prêtre. « Il a été mis en examen pour des faits de pédophilie sur un mineur », a déclaré Samuel Vuelta Simon, confirmant une information parue dans la presse régionale. « Le juge d’instruction a été également saisi supplétivement d’une autre affaire concernant deux mineures qui avait été classée en 2008.

Le juge poursuivra son enquête sur l’ensemble de ces faits », a-t-il ajouté. Les faits pour lesquels l’abbé Jean-François Sarramagnan a été mis en examen début juin concernent le neveu du prêtre, aujourd’hui âgé de 38 ans, qui réside en Belgique et avait 12 ans au moment des faits. C’est la mère de la victime, ex belle-sœur du prêtre, qui avait déposé plainte en avril dernier.

Sa hiérarchie au courant. Les faits de pédophilie de l’abbé Sarramagnan étaient connus de la hiérarchie ecclésiastique depuis au moins 2008. Suspendu une première fois de ses fonctions en 2008 et placé dans une abbaye dans les Hautes-Pyrénées, à Tournay, il avait été réintégré dans le circuit ecclésiastique en 2010 par l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, auquel le prêtre avait avoué les faits. En 2016, l’abbé Sarramagnan, 53 ans, était encore en contact avec des mineurs comme prêtre à la paroisse de Saint-Pierre-d’Irube, dans les Pyrénées-Atlantiques, et adjoint au directeur diocésain, en charge de l’enseignement catholique.

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