Pas-de-Calais: Un manuel de 5e reprend des extraits publiés sur un site d’extrême droite

Un document proposé aux élèves reprend des extraits d’une interview publiée sur le site de « réinformation » Breizh-info.com, vaisseau de l’extrême droite identitaire.

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« Surprise et stupéfaction. » C’est la réaction qu’a eue David Noël, professeur d’histoire-géographie en classe de cinquième, au collège Paul-Duez, à Leforest (Pas-de-Calais), quand il a ouvert l’édition 2016 du manuel Nathan pour préparer un cours sur le thème de la croissance démographique. Dans une double page « débat », intitulée « Sommes-nous trop nombreux sur la planète ? », le premier document proposé aux élèves reprend des extraits d’une interview d’un essayiste américain aux thèses malthusiennes, Alan Weisman, publiée… sur le site Breizh-info.com.

Peu connu du grand public, ce site de « réinformation » est le vaisseau sur Internet de l’extrême droite identitaire bretonne. Dirigé par Yann Vallerie, ancien chef de file du mouvement identitaire Jeune Bretagne, qui appartenait au Bloc identitaire, Breizh-info.com relaye régulièrement des articles anxyogènes qui mêlent délinquance, immigration et islam.
Le Monde

Essai nucléaire en 1960 : 150 prisonniers algériens utilisés comme cobayes humains par la France

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René Vautier est mort le 4 janvier 2015. Résistant à 15 ans, il fut, avec pour seule arme sa caméra, engagé sa vie durant contre le colonialisme et les injustices ; emprisonné dès son premier film à 21 ans ; censuré comme nul autre réalisateur français ne le fut. Lui qui avait des liens si forts avec l’Algérie s’était fait l’écho d’un témoignage terrible. Il était surtout intervenu auprès d’amis algériens

Cela se passe au Centre saharien d’expérimentation militaire situé à Reggane, à 700 km au sud de Colomb Bechar. Les tirs sont effectués à Hamoudia, à une cinquantaine de km au sud-ouest de Reggane. Le 1er avril 1960 a lieu le second essai nucléaire français, sous le nom de code “Gerboise blanche”. La bombe dégagea environ 4 kilotonnes.

Le tir a été l’occasion d’étudier la résistance des matériels militaires (avions, véhicules, parties de navires…) à une explosion nucléaire. L’armée française a mené des essais sur des rats, des lapins et des chèvres. Des exercices militaires en ambiance «post-explosion» ont été réalisés. Ils commencèrent vingt minutes après les tirs. Mais, environ 150 hommes vivants furent aussi exposés aux effets de la bombe, ligotés à des poteaux, à environ 1 km de l’épicentre.

Nous sommes en pleine guerre d’Algérie, cette guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes algériennes, militaires et surtout civiles. Beaucoup de victimes meurent torturées. Pour le colonialisme français et son armée, la vie des algériens ne vaut pas cher à l’époque…

René Vautier, avait monté son film “Algérie en flammes”, tourné aux côtés des combattants algériens dans les studios de la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft) en RDA. 
C’est là qu’il a appris que Karl Gass, réalisateur documentariste à la D.E.FA. avait recueilli le témoignage d’un légionnaire français d’origine allemande affecté à la base de Reggane. Le témoin affirmait avoir reçu, juste avant l’explosion, l’ordre de récupérer dans des prisons et des camps de concentration, 150 Algériens qui devaient être utilisés comme cobayes à proximité du point zéro. Il déclarait les avoir fait venir, les avoir remis à ses supérieurs hiérarchiques et ne les avoir jamais revus. Ce légionnaire a été affecté ailleurs en 1961.

M. Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach et M. Chennafi, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler, confirment ce témoignage (voir encadré “Ce que disent les Algériens”). En Algérie, la presse et les médias algériens, la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, des juristes, des médecins évoquent ces questions.

Suite sur le Matin d’Algérie

Hommage aux soldats musulmans morts pour la France

Officiels, associations, représentants religieux, militaires et citoyens étaient réunis, ce vendredi 11 novembre, au cimetière de La Mulatière, pour rendre hommage aux 201 soldats musulmans morts pendant la Première Guerre mondiale. 

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La cérémonie a été organisée par le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, ainsi que par le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Michel Delpuech, en collaboration avec le maire de La Mulatière, Guy Barret.

La commémoration a commencé par la lecture et la traduction d’un verset du Coran, suivie des interventions de Bénaïssa Chana, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes, et de Kamel Kabtane. Les deux représentants du culte musulman ont, tour à tour, honoré « les liens profonds qui unissent les musulmans et la France », tout en rendant hommage aux disparus.

Michel Delpuech s’est ensuite exprimé, en insistant sur l’importance du devoir de mémoire. La cérémonie s’est terminée sur des dépôts de gerbes, ainsi que sur une musique de la formation musicale militaire de Lyon.

Le Progrès

Israël : Beaucoup de doutes sur l’authenticité d’un «papyrus ancien mentionnant Jérusalem»

Présenté mercredi par l’Autorité Israélienne des Antiquités, ce papyrus soulève beaucoup d’interrogations…

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Un papyrus d’une valeur inestimanble ou un simple faux ? Il a été présenté comme l’objet portant la plus ancienne mention non religieuse de Jérusalem. Mais le papyrus saisi en 2012 et présenté mercredi par l’Autorité Israélienne des Antiquités (AIA) comme datant du VIIe siècle avant J.-C.a soulevé bien des doute chez plusieurs archéologues.

«Une carte-postale du passé adressée à l’Unesco»

Ce document avait été présenté quelques heures après l’adoption par l’Unesco d’une résolution sur Jérusalem-Est qui, selon des responsables israéliens, ignore « le lien millénaire entre les juifs et la ville sainte », en reconnaissant les sites de Jerusalem par leur appellation arabe.

Netanyahu avait affirmé que ce papyrus constitue «une carte-postale du passé adressée à l’Unesco» et sa ministre de la Culture, Miri Regev, l’avait qualifié de «preuve que Jérusalem a été et restera toujours la capitale éternelle du peuple juif».

Mais «comment peut-on savoir qu’il ne s’agit pas d’un faux destiné au marché des antiquités?», se demandait pourtant vendredi dans le quotidien Haaretz le professeur Aren Maier, spécialiste d’archéologie à l’université de Bar Ilan. Il a critiqué l’AIA pour avoir rendu public ce document «alors qu’il était clair à l’avance qu’il susciterait une controverse».

La datation au carbone insuffisante

Pour lui, la datation au carbone 14 est insuffisante: «Il y a de nombreux exemples d’inscriptions rajoutées sur d’anciens supports». Christopher Rollston, professeur à l’université américaine George Washington, a souligné que l’on pouvait facilement acquérir sur internet d’anciens papyrus et y ajouter une inscription.

20 Minutes

A l’origine, la Statue de la Liberté était égyptienne et voilée

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Dès 1867, Bartholdi réalise l’esquisse d’un projet qui deviendra bien plus tard sa Miss Liberty de New York. Sauf qu’il imagine alors sa statue en Egypte, posée devant l’entrée du nouveau canal de Suez. Le scuplteur alsacien est fasciné par ce pays où il a entrepris un long voyage. Il compte baptiser son oeuvre « L’Egypte apportant la lumière à l’Asie ». Il s’agit d’une femme colossale brandissant une torche à bout de bras, et la tête en partie recouverte d’un voile. Son projet sera refusé par Ismaël Pacha.

Le Parisien

Lynchage de 237 Noirs par des Blancs en 1919 : le souvenir disparu d’une tuerie raciste en Arkansas

À Elaine, peu de traces subsistent du lynchage de 237 Noirs perpétué par des Blancs en 1919. Il s’agit probablement du pire incident racial ayant eu lieu aux États-Unis.

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La rue principale d’Elaine, un minuscule village d’Arkansas, saisit les voyageurs d’effroi. Il semble qu’une catastrophe ait laissé place à l’exode et que la rue soit restée paralysée dans le temps. Des édifices sont en ruines. La quasi-totalité des boutiques est fermée, vitrines et tables sont bien là, gisant aujourd’hui sous une épaisse couche de poussière. Dans un magasin abandonné, une affiche indique le retour du vendeur à 16 h30. Une seule et unique voiture est stationnée dans toute la rue.

Elaine, 550 habitants, meurt lentement, comme tant d’autres villages bordant les rives du fleuve Mississippi, qui perdent leurs bonnes âmes en raison de la mécanisation agricole et de la pauvreté qui gangrène cette région du sud des États-Unis. S’efface également peu à peu l’épisode qui rend le village d’Elaine si particulier: le lynchage faisant suite à des conflits agricoles de 237 personnes noires perpétué par des Blancs en 1919, le pire massacre raciste d’Arkansas et probablement des États-Unis. 

On estime qu’entre 1877 et 1950, après la fin de la Guerre civile et la Seconde Guerre mondiale, ont perdu la vie quelques 4000 Noirs lors de «lynchages raciaux» dans le sud des États-Unis, selon un rapport de 2015 publié par l’organisme Equal Justice Initiative. L’objectif consistait à renforcer le «contrôle racial» des Blancs «en victimisant l’ensemble de la communauté afro-américaine».

Peu de traces subsistent de cette tuerie dans ce village fantôme. Aucune plaque commémorative. Pour les résidents, s’ils s’en souviennent, cet événement reste flou.

Eddie et Linda Johnston, un couple de Blancs de 68 et 65 ans, sont réticents à l’idée d’évoquer ce massacre. Ils s’en souviennent vaguement, rien de plus. «Les personnes de notre génération n’en savent rien. Les préjugés étaient bien ancrés.», commente Linda dans sa maison située au bas de la rue principale. «Tu viens créer des problèmes?», me répond-elle lorsque je la questionne sur les relations actuelles entre Blancs et Noirs, qui représentent respectivement la moitié de la population.

Roy, Afro-Américain de 48 ans, explique qu’il a toujours vécu à Elaine et que, pendant sa scolarité, rien ne lui a été enseigné sur le massacre. À côté de lui, Telma, femme noire de 70 ans, acquiesce d’un signe de tête et m’indique l’endroit où les victimes ont dû être enterrées: non loin des barrages qui séparent la zone noire du village des interminables champs des environs.

Le massacre s’est déroulé le 1er octobre 1919. La veille, des paysans noirs avaient consulté un syndicat après des mois de plaintes concernant les abus de leurs patrons agricoles blancs. Un groupe de Blancs, craignant une révolte noire, tenta de faire échouer la réunion. Des incidents se produisirent à l’extérieur et un agent de sécurité blanc fut tué par balles. Le jour suivant, entre 500 et 1000 hommes blancs armés se rendirent à Elaine pour réprimer «l’insurrection». Ils laissèrent nombre de morts dans leur sillage. Aucun ne fut condamné, 12 Noirs le seront. Certains Blancs prirent des photographies d’eux-mêmes à côté des corps sans vie en arborant un air suffisant.

Le Figaro

Le chef du FN à Lyon juge un mémorial des enfants juifs exterminés «trop politisé»

Le chef de file du FN en région Auvergne-Rhône-Alpes estime que la mémoire de la déportation transmise par le mémorial des enfants juifs d’Ysieu est «trop politisée», car elle porte trop à «la repentance».

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Le chef de file du FN lyonnais Christophe Boudot, ex-tête de liste aux élections régionales, juge que le Mémorial des enfants juifs exterminés, géré par une association à Izieu, mérite de voir réduits ses subsides, car elle serait trop politisée…

Interrogé dans l’émission «Face à Face», sur la chaîne Télé Lyon Métropole, ce proche de Bruno Gollnisch soutient la décision de Laurent Wauquiez de couper la moitié des aides régionales distribuées à l’association par la région. Mais il l’explique d’une manière toute personnelle. «Nous, nous l’aurions fait si nous étions au pouvoir. Parce que nous considérons que toutes ces choses mémorielles ne doivent pas être sur-subventionnées. Laurent Wauquiez est assez équilibré sur le subventionnement de toutes ces maisons mémorielles», salue d’abord Christophe Boudot, avant d’ajouter: «Elle avait un budget très important, trop important à mon avis».

Des ressources trop élevées au goût du frontiste, visiblement désireux de voir défendue une autre lecture de l’histoire de la déportation: «Je crois que nous, nous avons toujours voté contre ce genre de subventions, car ça aboutit toujours à une forme de repentance, toujours la même», lâche-t-il. L’élu régional ajoute: «Je ne suis pas opposé du tout à subventionner la question mémorielle, il en faut. Mais je crois que la Maison d’Izieu était trop politisée, un peu “too much”. On s’en est servie pour faire acte de repentance, toujours».

S’il ne le précise pas explicitement, on comprend que «la repentance» dont il s’agit concerne l’implication de l’État Français du maréchal Pétain dans la déportation massive des juifs de France pendant la seconde guerre mondiale.

Un peu plus tôt dans l’émission, ce lieutenant de Marine Le Pen soutenait la bataille engagée par Fabien Engelmann contre l’antenne de Hayange (Moselle) du Secours populaire, une autre association jugée elle aussi «trop politisée».

Le Figaro

Pourquoi la fachosphère devrait arrêter de nous bassiner avec Charles Martel vainqueur des arabes

C’est ce que vous explique cette semaine Oncle Obs, un homme qui n’hésite jamais à faire tomber son martel sur les lectures délirantes de l’histoire, pour rétablir le seul règne qui vaille, celui des faits.

Longtemps, la pauvre Jeanne d’Arc, qui en voulait aux Anglais, a été leur star absolue. Depuis peu, Florian Philippot, membre d’un parti fondé par d’anciens collabos et des activistes de l’OAS (Organisation armée secrète), ose se réclamer de De Gaulle, preuve qu’il ne recule devant rien. Au tiercé des grands héros de l’extrême droite, Charles Martel est toujours en bonne place.

Il y a peu encore, lors d’un reportage dans un bar d' »identitaires » qui s’est ouvert à Lille, notre amie Doan Buia découvert qu’un de leurs objets fétiches est un porte clé orné du numéro 732, date d’une certaine bataille de Poitiers.

Dans le fantasme que s’en font les nationalistes, le rude guerrier, en effet, à tout pour plaire : ce grand héros ne stoppa-t-il pas l’invasion des hordes d’arabes fanatisés prêts à déferler sur la France ? Non. C’est bien le problème dans cette affaire.

Toute la représentation que ces gens se sont de cet épisode n’a, sur un plan historique, absolument aucun sens.

C’est ce que vous explique cette semaine Oncle Obs, un homme qui n’hésite jamais à faire tomber son martel sur les lectures délirantes de l’histoire, pour rétablir le seul règne qui vaille, celui des faits.

L’Obs

 

Le Musée du Quai Branly apprend aux enfants que certains esclaves avaient une vie « agréable »

Un livret pour enfants du Musée du Quai Branly commence avec plusieurs paragraphes douteux affirmant que certains esclaves avaient des vies « agréables » et que le Civil Rights Act de 1964 a marqué « la fin de la discrimination raciale » aux Etats-Unis. Certains invités du vernissage outrés parlent de révisionnisme. 

La grande institution parisienne Musée du Quai Branly vient d’inaugurer ‘The Color Line’, une exposition très ambitieuse sur l’Histoire des Afro-Américains. Bien que certaines parties du projet puissent paraître trop « timides » et peu menaçantes compte tenu de la gravité des sujets qu’elles abordent, on ne peut nier le travail considérable du commissaire d’exposition et de son équipe.

Des artistes Afro-Americains notables sont inclus, tels que Archibald John Motley, Junior et des artistes plus jeunes comme Hank Willis Thomas, Mickalene Thomas et Ellen Gallagher. L’exposition comprend également de nombreux documents d’archives au sujet de l’esclavage, de la ségrégation, de certaines parties du mouvement des droits civiques, et bien plus.

Cependant, l’élément le plus douteux du projet semble être un livret pédagogique destiné aux enfants, distribué gratuitement à l’événement. Dès les premiers paragraphes, il est question des vies « agréables » de certains esclaves. L’introduction du livret affirme également que le Civil Rights Act de 1964 marque « la fin de la discrimination raciale » aux Etats-Unis (!), ignorant de facto le racisme institutionnel qui sévit toujours aux Etats-Unis.

Le texte fait également appel à un vieil argument selon lequel les esclaves « avaient été vendus par des Africains à des Européens ». Nous savons aujourd’hui qu’un tel argument est anachronique et simpliste: à l’époque il n’était pas question « d’Africains » en Afrique ou de « noirs », et encore moins de « noirs vendant d’autres noirs ».Ces constructions de langage européennes ne s’appliquaient pas en Afrique durant la traite et ceux qui ont vendu des esclaves aux Européens ne se voyaient pas comme « vendant leurs frères et soeurs noirs ».

Ces précisions sont importantes car les affirmations douteuses contenues dans le livret du Musée du Quai Branli font écho à des arguments communément utilisés pour nuancer la responsabilité des Européens dans la traite des esclaves, et pour minimiser les horreurs de l’esclavage, de la ségrégation et du racisme institutionnel. Certains invités du vernissage de l’exposition considèrent qu’il est irresponsable d’enseigner de telles affirmations à des enfants, à plus forte raison dans le cadre d’un projet qui prétend mettre en lumière les combats des Afro-Américains.

Afro Punk

Il y’a 60 ans, l’Europe et l’Amérique accueillaient les migrants Hongrois fuyant la répression

En 1956, près de 200 000 Hongrois fuient la répression. Les pays occidentaux se coordonnent pour accueillir cet afflux soudain de migrants. La dureté de la Hongrie de Victor Orban à l’égard des migrants contraste avec cet épisode de l’histoire, et choque certains Hongrois de Suisse.

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Au fil des semaines, les nouvelles de son pays plongent Aniko dans l’inquiétude. Il y a eu les images de centaines de migrants, refoulés aux portes de la Hongrie. Les barbelés dressés le long de la frontière avec la Serbie et la Croatie, les policiers antiémeutes mobilisés en force. Et les invectives de Viktor Orban, premier ministre conservateur, contre des migrants dépeints en envahisseurs.

Mais ce sont surtout les réactions de sa propre famille qui heurtent cette Suissesse d’origine hongroise. Celle de ce cousin, qui affirme avoir sorti son arme, «au cas où», comme pour se préparer à une attaque. Ou son père, pour qui les migrants sont «le plus grand danger qui menace l’Europe aujourd’hui». «Ont-ils donc perdu la mémoire?», s’interroge Aniko, dans son salon d’un quartier de l’ouest lausannois.

Le rêve suisse

Elle pense aux 200 000 réfugiés hongrois qui, en 1956, quittaient le pays pour l’Europe, les États-Unis ou le Canada, fuyant le régime soviétique pour rejoindre le «monde libre». Ils étaient quelque 12 000 à se rendre en Suisse. Aniko n’a pas connu cet épisode de l’histoire. Elle est arrivée bien plus tard, dans les années 1990, avec sa mère qui rejoignait son mari à Bienne. Mais elle ne comprend pas que cette génération de Hongrois puisse se montrer si hostile aux migrants aujourd’hui.

«Les Hongrois de 1956 ont été extrêmement bien accueillis. Moi-même, qui n’étais pas réfugiée politique, 40 ans plus tard, j’ai pu aller à l’université, m’installer et fonder une famille ici. Il y a un American dream, il y a un Swiss dream aussi».

L’exode des Hongrois de 1956 ressemble bel et bien à une épopée à l’issue miraculeuse, à en croire les témoignages de ceux qui l’ont vécue. «Nous sommes partis dans l’urgence, avec rien d’autre que les vêtements que nous portions. Nous avons été accueillis à bras ouverts. Tout le monde était logé. On a pu continuer nos études ou trouver du travail», se souvient Henri, 82 ans, arrivé à Genève cet hiver où les troupes soviétiques écrasaient l’insurrection de Budapest dans le sang, provoquant la mort de 2500 personnes.

 

Le Temps

Quand le Languedoc était terre sarrasine

Après s’être emparées du royaume espagnol des Wisigoths, les armées arabo-berbères conquièrent l’actuel Languedoc-Roussillon au VIIIe siècle. La région devient pendant des décennies la base arrière de nombreux raids vers Toulouse, Lyon voire, plus au nord, vers le plateau de Langres, ou encore vers Cannes. Sur l’île Saint-Honorat-de Lérins, on a retrouvé des traces d’une occupation dans un des premiers sites monacaux de la chrétienté.

Deuxième épisode d’une série de cinq vidéos consacrées aux traces laissées en France par les civilisations arabo-musulmanes, série proposée par Universcience.tv et extraite du webdoc « Nos ancêtres Sarrasins » visible en intégralité ici.

Le Monde

Comment la civilisation égyptienne a façonné la culture du monde occidental

Malgré les millénaires qui séparent les deux époques, le legs de l’Égypte antique est encore bien présent dans notre société. En voici quelques exemples.

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Plus le temps passe, plus notre société évolue, pourrait-on se dire. Pourtant, il existe des civilisations millénaires plus proches de notre société actuelle que ne l’est l’époque médiévale, par exemple. L’Égypte antique est le meilleur exemple qui soit. Malgré les milliers d’années qui séparent notre époque de cette civilisation, l’héritage que nous en gardons est immense. Qu’il s’agisse de la culture, de la vision de la vie ou de la société dans son ensemble, le legs de l’Égypte antique à notre culture occidentale n’a pas d’égal.

Le temps des pharaons n’est pas si différent de notre XXIème siècle.

Hiérarchie et rapport aux autres

Le premier de ces rapprochements concerne notre rapport à la hiérarchie. Il faut dire que ce n’est pas un modèle de société obligatoire, ni inné que celui de se choisir un chef, qui déléguera son pouvoir à d’autres personnes, qui le délégueront à leur tour, dans une logique de respect et d’obéissance envers les supérieurs hiérarchiques. Le concept de supérieur hiérarchique vient de la vallée du Nil. Il n’y a qu’à prêter attention aux écrits qui figurent sur le célèbre papyrus Prisse pour s’en rendre compte : on y trouve l‘Enseignement de Ptahhotep, un recueil de maximes visant à apprendre l’éthique et les convenances hiérarchiques à respecter. Comme le site Quartz le précise, ces leçons ont été relatées dans un livre publié le 24 août 2016.

Et la sagesse est de rigueur. On y apprend ainsi à montrer des signes de respect envers un supérieur hiérarchique, à ne pas provoquer sa colère mais à demeurer silencieux afin que la sagesse dont on fait preuve égale la richesse matérielle qu’il possède. Pareillement, lorsqu’une dispute éclate avec une personne du même rang, Ptahhotep préconise de garder le silence afin que les juges, s’ils doivent délibérer de l’issue d’un éventuel procès, donnent raison à l’individu le plus sage. Enfin, quand il s’agit d’une querelle avec un subordonné : ne pas s’acharner sur lui parce qu’il est plus pauvre, et encore une fois, se garder des vociférations et injures que la colère nous pousserait à manifester. Un précepte s’impose déjà : quand on doute, on tient sa langue.

Egalité des sexes et recherche du bonheur

Et cet héritage civique ne s’arrête pas là. Alors que la France n’a permis aux femmes de voter la première fois qu’en 1945, les Egyptiens observaient quant à eux une égalité des sexes parfaitement inscrite dans la société. Ainsi, les femmes étaient, par exemple, libres d’utiliser des moyens de contraception, de s’habiller comme elles le souhaitaient – et ce, sans le consentement du mari – de posséder des terres, de faire marcher une entreprise, de présider dans les temples, et même accéder au rang de pharaon, à l’image de Néfertiti ou encore d’Hachepsout. Ainsi, l’Égypte antique constituait la civilisation la plus égalitaire parmi les civilisations anciennes, la moins patriarcale. Aujourd’hui, dans notre société, les femmes jouissent de droits similaires à ceux des hommes, même si des progrès restent à accomplir…

Atlantico

Il y a 80000 ans: une vague de migrants venue d’Afrique à l’origine de la population du monde

La grande majorité des populations actuelles serait issue d’une vague unique de migrants qui auraient quitté l’Afrique il y a environ 80 000 ans selon des études distinctes publiées mercredi dans la revue britannique Nature.

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Actuellement deux théories s’opposent au sein du monde scientifique.

Selon la première, nos ancêtres ont quitté leur berceau africain en une seule grande vague migratoire, il y a environ 80 000 ans. Selon cette théorie, tous les non-Africains du globe ont une seule et même origine.

Un autre scénario évoque des vagues multiples, avec une première migration il y a 120 000 années. Ces premiers hommes modernes à avoir voyagé hors d’Afrique auraient gagné le sud-est du continent asiatique et l’Australie.

Une deuxième vague, plus tardive, aurait peuplé l’Eurasie continentale.

Pour alimenter les conclusions de trois études publiées mercredi, l’ADN de près de 800 individus, reflétant la diversité humaine, a été séquencé.

Pour la première, David Reich de la Harvard Medical School aux États-Unis et son équipe ont étudié le génome de 300 personnes appartenant à 142 populations différentes, dispersées aux quatre coins du monde.

«Nous montrons que les autochtones australiens et néo-guinéens sont originaires de la même migration que les autres non-Africains du globe», précise l’étude.

Conclusion similaire du côté de Eske Willerslev, chercheur de l’Université de Copenhague et ses collègues. Leurs analyses génétiques de 83 aborigènes australiens et de 25 habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée démontrent que toutes les populations sont issues d’une même vague de migrants qui auraient quitté l’Afrique il y a quelque 72 000 ans.

Selon cette deuxième étude, les migrants se seraient séparés immédiatement après avoir quitté le continent africain, empruntant deux routes différentes. Une partie des explorateurs allant peupler l’Asie australe, l’autre l’Eurasie.

La troisième étude apporte toutefois un petit bémol à cette théorie.

Se basant sur des génomes déjà séquencés, enrichis de 379 nouveaux génomes européens, Luca Pagani, du Biocentre estonien, et ses collègues notent qu’au moins 2% du génome des habitants de la Nouvelle-Guinée reflète l’ascendance d’une population distincte qui aurait quitté l’Afrique il y a 120 000 ans, plus tôt que ceux qui ont peuplé l’Eurasie.

Pour Serena Tucci et Joshua Akey de l’Université de Washington dont un commentaire est publié également dans Nature, les résultats des équipes d’Eske Willerslev et de David Reich sont compatibles avec l’existence de migrations antérieures à la grande migration, car ces premiers voyageurs ont génétiquement peu contribué aux populations contemporaines.

La Presse

Pourquoi parler de «prénoms français» comme Éric Zemmour n’a aucun sens

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«Donner un prénom qui n’est pas français à ses enfants, c’est ne pas se détacher de l’islam, c’est vouloir continuer la tradition islamique en France et c’est vouloir transformer la France en un pays de plus en plus musulman», clame le polémiste Eric Zemmour dans l’émission «C à vous» de ce mardi 6 septembre.

Sa sortie sur les prénoms français ne manque pas de faire réagir, d’autant plus que le prénom Éric, porté par le polémiste préféré des plateaux télé, n’est absolument pas d’origine «française», mais tire ses racines du scandinave Eirikr. Et si on veut aller plus loin, il n’a été donné en France qu’à partir des années 1930 et a connu son apogée dans les années 1960 après s’être popularisé dans les pays anglo-saxons et scandinaves.

Les prénoms français n’existent pas

La science des noms propres s’appelle l’onomastique –mot d’origine grecque signifiant le nom. C’est une branche de la linguistique. Pour Stéphane Gendron, chercheur dans ce domaine et membre de la société française d’onomastique, «parler de prénom français n’a aucun sens», et surtout «ne veut pas dire grand chose». Tous les prénoms français sont issus du brassage culturel et des vagues migratoires qu’à connu la France depuis ses débuts –et même bien avant que notre pays ne devienne celui que nous connaissons aujourd’hui. À l’origine, notre pays n’est qu’un ensemble de régions, qui parlent des dialectes différents et ont des cultures différentes, nos prénoms sont donc bien antérieurs à la notion même de France.

«Les prénoms viennent tous un peu de l’extérieur», explique Stéphane Gendron, et ont tous des origines latines, germaniques, grecques, hébraïques, voire même araméennes. Le prénom Louis, porté par plusieurs de nos grands rois, vient du germanique Hlodowig et Emma, l’un des noms les plus données aux petites filles ces dernières années vient de l’hébreu Immanu-el (Dieu est avec nous). D’ailleurs, lorsqu’on parle de modes des prénoms, on parle des prénoms «les plus donnés en France», et pas de prénoms français, ce qui est en soi un indicateur.

Slate