Accusé d’avoir entonné un « chant antisémite », l’élu FN Philippe Vardon perd son procès

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Le conseiller régional Paca Philippe Vardon (FN) a été débouté vendredi par le juge des référés du tribunal de grande instance de Nice de sa demande de suppression d’un passage le concernant dans un ouvrage sur l’homosexualité et le FN, a-t-on appris auprès des avocats des deux parties.

Au cours de l’audience, le conseil de l’auteur, Me Gérard Baudoux, avait indiqué à propos de cette vidéo tournée au cours d’un concert: « C’est vrai, stricto sensu, on ne le (Philippe Vardon) voit pas lever la main droite en signe de salut nazi, mais il braille une chanson néo-nazie au milieu d’une forêt de bras tendus, c’est encore pire, c’est lui qui incitait les autres à faire le salut nazi. »

Le Parisien

https://www.dailymotion.com/video/x2b7a0q_quand-un-petit-nouveau-du-fn-entonnait-un-chant-nazi_news

Russie : un délinquant d’extrême droite force des prostituées à s’exhiber nues dans la rue

Viatcheslav Datsik red tarzan russie prostitué nationaliste extreme droite

La police russe a arrêté mercredi 18 mai un ancien champion d’arts martiaux, néonazi notoire et ennemi déclaré de la prostitution, qui entendait forcer une dizaine de prostituées à marcher, nues, dans les rues de Saint-Pétersbourg jusqu’au commissariat.

Selon l’agence de presse locale Rosbalt, Viatcheslav Datsik, surnommé « le Tarzan rouge », a fait irruption dans un petit hôtel du centre de Saint-Pétersbourg qui faisait office de maison close.

Des photos sur les réseaux sociaux montrent une dizaine de femmes et un homme marcher nus dans le centre-ville sous la surveillance de Viatcheslav Datsik, 35 ans, connu pour avoir déclaré la « guerre à la prostitution ».

Selon l’agence Rosbalt, lors de son interpellation, l’ancien champion d’arts martiaux a dit aux policiers ne pas avoir eu recours à la force pour contraindre les prostituées à le suivre nues. « Je voulais juste qu’elles défilent dans leur uniforme de travail« , a-t-il dit, toujours selon Rosbalt.

Une source au sein de la police a indiqué qu’une enquête était en cours sur les agissements de Viatcheslav Datsik. Arrêté en 2010 en Russie après plusieurs braquages de points de vente de téléphones, il avait été placé dans un établissement psychiatrique, d’où il s’était échappé. Il avait fui à Oslo où sa demande d’asile avait été rejetée. Il avait par ailleurs été condamné à huit mois de prison pour détention d’armes. Extradé vers la Russie en 2011, il a purgé une peine de 5 ans de détention pour le braquage d’une boutique.

RTL

 

La peine de mort requise contre le terroriste d’extrême droite Dylann Roof

Charleston, S.C., shooting suspect Dylann Storm Roof is escorted from the Cleveland County Courthouse in Shelby, N.C., Thursday, June 18, 2015. Roof is a suspect in the shooting of several people Wednesday night at the historic The Emanuel African Methodist Episcopal Church in Charleston. (AP Photo/Chuck Burton)

La justice fédérale américaine a annoncé mardi qu’elle requerrait la peine capitale à l’encontre de Dylann Roof, accusé d’avoir abattu neuf paroissiens d’une église noire de Charleston.

Il s’agit de la pire tuerie raciste de l’histoire récente des Etats-Unis. «Cette décision s’impose étant donné la nature même des crimes reprochés et les dommages qui en ont résulté», a affirmé dans un communiqué la ministre de la Justice, Loretta Lynch, en sa qualité de procureur général.

Dylan Roof, un Blanc qui professe sa haine des Noirs, doit être jugé à une date restant à fixer. Le jeune homme de 22 ans est accusé d’avoir ouvert le feu, le 17 juin 2015, dans l’église Emanuel de Charleston, un édifice emblématique de la lutte contre l’esclavage dans l’Etat de la Caroline du Sud (sud-est).

Il est inculpé de neuf assassinats et de trois tentatives d’assassinats et

» Son animosité à l’encontre des Noirs a pesé dans ses meurtres», a jugé le ministère de la Justice dans un argumentaire rendu public mardi. Il est rare que la justice fédérale décide de requérir la peine de mort lors d’un procès pénal.

Le Parisien

Nancy : pétition pour la fermeture d’un salon de tatouage néonazi

Jérémy Recagno NEO NAZI TATOUAGE

Nous, habitants du quartier Stanislas, Nancéiennes et Nancéiens, soucieux de la sécurité de notre quartier et de notre ville, nous inquiétons de l’ouverture récente du salon de tatouage Sanctus Tattoo, tenu par des néo-nazis, en plein centre-ville de Nancy.

Jérémy Felt et Jérémy Recagno, les deux tatoueurs du salon, entretiennent en effet de nombreux liens avec la mouvance skinhead néo-nazie, et en particulier avec le groupuscule violent et armé « Blood & Honour Hexagone ». Ainsi, plusieurs membres de cette organisation étaient présents lors de l’inauguration du salon le 9 avril dernier, arborant ouvertement tatouages et insignes SS.

Afin de bien situer « Blood & Honour Hexagone », on peut par exemple signaler que, pas plus tard que le 30 mars dernier, une série d’interpellations au sein de ce groupe ont ainsi permis aux enquêteurs de découvrir des armes d’épaule, des armes de poing et des armes blanches (source : Ministère de l’Intérieur).

D’ailleurs, Jérémy Recagno, déjà condamné à de multiples reprises pour violences à caractère raciste, et en lien avec le Ku Klux Klan aux États-Unis, est à nouveau derrière les barreaux depuis novembre dernier pour détention d’armes dans son précédent salon de tatouage (source : La Provence).

La loi interdit l’incitation à la haine raciale portée par ces individus nostalgiques du IIIème Reich. Nous nous inquiétons en particulier des troubles à l’ordre public provoqués par les personnes qui fréquentent ce salon.

Nous demandons donc que des mesures soient prises pour la fermeture de ce salon de tatouage, qui ne peut que nuire à l’image de notre ville et, surtout, à la sécurité de tous nos concitoyens.

La Horde

2 militants néo-nazis condamnés pour avoir saccagé une libraire et tabassé 2 passants

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C’était en octobre 2015, la librairie d’extrême gauche L’Autodidacte à Besançon dégradée en pleine nuit par des présumés néo-nazis. Et bien ce vendredi, le tribunal correctionnel de Besançon a condamné deux bisontins à 120 jours amende à 8 euros. Ils ont été reconnus coupables des dégradations mais aussi des coups portés à deux personnes présentes cette nuit là rue Marulaz.

A la barre, un légionnaire de 25 ans et un intérimaire de 38 ans affiliés au groupuscule d’extrême droite Troisième Voie. Tous deux ont nié en bloc leur implication dans ces faits. Leur avocat a plaidé la relaxe mais le Procureur de la République a requis 6 et 8 mois de prison.

Le Président du Tribunal a finalement coupé la poire en deux en prononçant une condamnation légère: 120 jours amende à 8 euros. Les deux bisontins devront également verser 280 euros à la librairie et payer 200 euros de dommages et intérêts à leurs victimes.

France Bleu

Robert Menard est fier d’inviter a Béziers le sympathisant néo-nazi Oskar Freysinger

Le conseiller d’Etat valaisan fraîchement élu Oskar Freysinger a déployé dans sa cave un drapeau militaire du IIe Reich allemand, utilisé comme emblème néonazi aujourd’hui. Il affirme ne pas s’en être rendu compte.

Le Matin

Concert de Black M annulé, l’extrême droite célèbre une victoire contre « la musique nègre »

FN, Risposte laïque, Boris Le Lay… la fachosphère en pince pour Donald Trump

LAS VEGAS, NV - FEBRUARY 23: Republican presidential candidate Donald Trump speaks at a caucus night watch party at the Treasure Island Hotel & Casino on February 23, 2016 in Las Vegas, Nevada. The New York businessman won his third state victory in a row in the "first in the West" caucuses.   Ethan Miller/Getty Images/AFP

Les photos du milliardaire américain au teint orangé défilent. Bienvenu sur le compte Twitter du comité de soutien français à la candidature de Donald Trump, la France pour Trump, un peu plus de 900 abonnés. Il y a aussi la déclinaison Facebook, «aimée» par près de 700 personnes. Dans une interview au Figaro, Vivien Hoch, ex-porte-parole du mouvement – il assure aujourd’hui ne plus avoir de rôle dans le collectif (…)

Se présentant comme docteur en philosophie, journaliste dans les domaines religieux et politique, et communiquant, Vivien Hoch est aussi, accessoirement, militant anti mariage gay et contributeur pour des sites d’extrême droite tel que Boulevard Voltaire. Dans la suite de l’interview, il ajoutait : «En soutenant Donald Trump, nous revendiquons avant tout notre envie d’avoir un homme politique de cette trempe en France. Nous sommes avant tout des déçus de la politique telle qu’elle est pratiquée en France. On soutient Donald Trump pour changer cela.»(…)

Si le collectif, dont les membres n’ont pas souhaité répondre à nos questions, assure ne soutenir aucun parti, il se situe clairement très à droite de l’échiquier politique français. Sur la liste des abonnés à leur compte Twitter, on trouve des figures du Front national comme Louis Alliot, David Rachline, Gilbert Collard ou encore Paul-Marie Coûteau mais aussi des membres d’une droite plus extrême encore à l’image d’Henry De Lesquen, candidat à la présidentielle qui veut, entre autres, bannir «la musique nègre». Des Anar de droite à Riposte Laïque, les abonnements du collectif offrent un panorama assez complet de l’extrême droite française.(…)

Selon un sondage YouGov pour le Huffington Post, si seulement 11% des Français ont une image positive de Donald Trump, le chiffre grimpe à 29% chez les sympathisants du FN. 39% d’entre eux sont même favorables à «l’émergence d’un Donald Trump à la française».(…)

Un détour sur Internet, dans les sphères de l’extrême droite française, lui donne raison. Premier des bons points accordés au candidat : sa politique anti-immigration, symbolisée par deux propositions phares, l’interdiction de l’entrée des musulmans sur le territoire américain et la construction d’un mur à la frontière mexicaine. «Les questions fondamentales sont posées : immigration, radicalisme islamique, primauté des intérêts américains sur ceux transnationaux de certains oligarques», écrit par exemple Boris Le Lay, blogueur ultranationaliste breton déjà condamné pour racisme. Il oppose au passage Donald Trump aux «élites ouest-européennes, dévirilisées et déjà soumises à l’islam avec lequel elles recherchent un modus vivendi – appelé le « vivre ensemble »»(…)

Photomontage à l’appui, le candidat Henry De Lesquen imagine pour sa part fonder avec Donald Trump «un nouvel ordre international respectueux des nations».

Autant de qualités qui font dire à Albert Nollet, contributeur du site Risposte laïque : «Bref, je ne peux m’empêcher de penser combien il serait rafraîchissant et rassurant d’avoir un homme de ce calibre pour relancer la France. Seul problème : actuellement, je ne vois personne.»

Libération

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram est assassiné par l’extrême droite

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Aux alentours de 11h30, sur le pont du Carrousel, cinq hommes, le look skinhead – crâne rasé, blouson Bombers et rangers – quittent la queue du cortège de la manifestation du Front national et descendent en courant vers les quais. En contrebas, Brahim Bouarram, 29 ans, épicier de son état, flâne sur les berges de la Seine. Lorsque le groupe aperçoit le jeune Marocain, trois d’entre eux se précipitent vers lui. Selon des témoins, tout se passe très vite.

Il n’a pas eu le temps de réagir, raconte l’un d’eux. Deux skinheads l’ont empoigné et précipité dans la Seine. »

A cet endroit, le courant est puissant, Brahim Bouarram coule à pic. Les deux assassins prennent immédiatement la fuite ainsi que leurs trois complices. Selon plusieurs témoins, ils rejoignent la manifestation et se fondent dans un groupe composé d’une centaine de skinheads qui affichent de manière ostentatoire des insignes nazis.

Deux hommes et une femme qui se trouvaient sur les quais à la hauteur du pont du Carrousel ont observé la scène. Ils appellent immédiatement les secours. Mais quand les sauveteurs réussissent à repêcher le corps de Brahim Bouarram, il est trop tard. Le jeune Marocain est mort.

Chez beaucoup de policiers des renseignements généraux affectés à la surveillance des groupes d’extrême-droite et aux « Violences urbaines », on ne cache pas sa colère. Les RG ne comprennent toujours pas pourquoi la queue du cortège a été laissée sans surveillance. Pour ce syndicaliste, ce qui s’est passé est inadmissible:

Des fonctionnaires qui s’occupent habituellement des groupuscules d’extrême-droite ont été envoyés pour surveiller la manif des anars, le matin.
Quant à la section des Violences urbaines, elle a brillé par son absence. Je ne dis pas que nous aurions pu empêcher ce crime, mais les types, nous les aurions coincés si nous avions été là où nous devions être. »

Pour cet autre policier, bon connaisseur de l’extrême-droite, il n’est pas certain que cela soit des skinheads qui aient tué le jeune Marocain.

Beaucoup de groupes nazillons, explique-t-il, gravitent autour du FN. Il y a le GUD, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires qui, à plusieurs reprises, ont assuré le service d’ordre dans des meetings de Jean-Marie Le Pen. »
Mais voilà, dit un autre policier, depuis la restructuration des RG, Pasqua ne s’intéresse plus qu’aux terroristes islamistes. C’est son obsession. Ce qui fait que presque toutes les sections travaillent là-dessus au détriment du reste. »

L’Obs

Des nationalistes célèbrent l’anniversaire du Maréchal Pétain en présence d’un prêtre

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Comme depuis des dizaines d’années, l’Association de défense de la mémoire du Maréchal Pétain est venue à Cauchy-à-la-Tour, vendredi 22 avril, pour célébrer l’anniversaire du militaire et homme d’État français

Ils sont une cinquantaine. Ils défendent bec et ongles la mémoire de Pétain. Héros de la bataille de Verdun, dont on célèbre le 100e anniversaire cette année, le Maréchal est considéré comme le traître de la Seconde Guerre mondiale par certains, comme un sauveur par d’autres.

Ils sont Parisiens pour moitié, débarqués au 6, rue de Camblain à Cauchy, avec le bus affrété par l’Association de défense de la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP). Les autres sont venus du Nord – Pas-de-Calais, de la Somme ou de Belgique, pour fêter l’anniversaire de celui qui est né un 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour.

10h40, la cinquantaine de convives se réunit dans une ancienne étable du corps de ferme, transformée en chapelle. Sous les ordres du Père Chalufour, prêtre parisien, ils vont d’abord répéter quelques chants, avant d’assister à une messe traditionnelle, en latin.

Interdiction est faite aux journalistes de photographier l’autel. On s’abstient aussi durant la communion. C’est sacré. Le père Chalufour ne tarit pas d’éloge au sujet de Philippe Pétain: « Rendons grâce à Dieu de nous avoir donné le Maréchal, qui a évité à la France le sort de la Hollande et de la Pologne, d’avoir évité des morts inutiles. Dans la zone libre, les Français étaient heureux. Il a mené une politique familiale digne de ce nom. Au ciel, il n’a pas besoin d’être réhabilité car il n’a jamais été condamné. La France plus que jamais aurait besoin d’un autre Maréchal.» Plus vraiment de nostalgiques ?

L’Avenir de l’Arthois

PEDIGA : 2 militants d’extrême droite condamnés pour participation a une manif interdite

Extreme droite neo nazi identitaire salut

Trois hommes étaient jugés ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer pour avoir manifesté à Calais le 6 février, à l’appel du mouvement islamophobe PEGIDA, malgré l’interdiction décidée par la préfecture du Pas-de-Calais. Deux d’entre eux ont été condamnés à des amendes, un troisième a été relaxé.

Les trois hommes ont comparu séparément devant le tribunal, ce mardi. Ils étaient poursuivis pour « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser », lors de la manifestation organisée par le mouvement islamophobe PEGIDA, à Calais, le 6 février dernier.

D’autres participants à la manifestation doivent encore être jugés, en particulier le général Piquemal, dont le procès en comparution immédiate avait été reporté en raison de son état de santé : il aura lieu le 12 mai prochain.

La Voix du Nord

En fuite, l’identitaire Boris Le Lay condamné a 2 ans de prison pour incitation à la haine raciale

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Le tribunal correctionnel de Brest a condamné, jeudi soir, Boris Le Lay, l’ultranationaliste breton, à deux ans de prison ferme pour incitation à la haine raciale.

Une nouvelle condamnation au casier judiciaire déjà bien chargé de Boris Le Lay, ce militant ultranationaliste qui multiplie, sur son site Breizh Atao, les provocations à la haine ou la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion des personnes auxquelles il s’attaque.

En septembre 2015, il s’en était pris à une procureure du tribunal de grande instance de Quimper, dont il avait mis en cause l’origine supposée africaine.

Comme d’habitude, Boris Le Lay n’était pas présent ce jeudi à l’audience correctionnelle de Brest. Le dossier avait été « dépaysé » dans cette juridiction, puisqu’il ne pouvait être jugé dans le tribunal de Quimper où est en poste la procureure ciblée par les propos haineux.

La procureure de Brest a requis 8 mois de prison ferme. Après un très court délibéré, les juges ont condamné Boris Le Lay à 1 an de prison ferme et révoqué un suris de 1 an prononcé en 2013 par la cour d’appel de Rennes. Soit deux de prison ferme au total, assortis d’un mandat d’arrêt.

Ce sera le troisième mandat d’arrêt lancé à l’encontre de Boris Le Lay. Sa précédente condamnation à 6 mois de prison ferme pour des motifs identiques, avait précisément été prononcée par le tribunal correctionnel de Quimper, en mai 2015 pour sa diatribe raciste contre le sonneur bigouden Yannick Martin. Âgé de 33 ans, Boris Le Lay, natif de Quimper, est supposé vivre au Japon.

Alain de Benoist, idéologue d’extrême droite, accueilli à bras ouverts à Sciences Po

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Qui le reconnaît, dans la file d’attente soigneusement filtrée de la rue Saint-Guillaume ? Personne. Alain de Benoist a 72 ans, et la nouvelle droite, dont il était la figure de proue à la fin des années 1970, n’est plus de la première fraîcheur. « Ça me rajeunit : la dernière fois que j’étais venu, je n’étais pas à la place du prof », s’est d’ailleurs amusé l’idéologue devant la cinquantaine de personnes qui s’entassaient, mercredi soir 20 avril, dans l’une des salles de Sciences Po Paris, afin de l’écouter plancher deux heures durant sur « Modernité, libéralisme et pensée unique » – trois de ses « fléaux » préférés.(…)

Alain de Benoist dénonce les « génuflexions » imposées devant l’« idéologie des droits de l’homme » (thème de l’un de ses récents livres publié chez Pierre-Guillaume de Roux), fustige l’« expertocratie » et « l’idéologie du même », moque les « pulsions universalistes » qui voudraient que « les hommes soient partout semblables », soupire devant les « bêtises » de Najat Vallaud-Belkacem sur la théorie du genre. « Des femmes qui sont des hommes comme les autres… On verra, l’idéal, quand la majorité des femmes seront des éboueures et que les hommes feront le ménage ! »(…)

Alain de Benoist donne le signal du départ, sous des tonnerres d’applaudissements, en saluant Nuit debout : « Le peuple se lève tôt, il n’a pas les moyens de se transformer en noctambule. » Pas un mot sur le Hidjab Day, qui a occupé les médias à défaut d’avoir conquis « la Péniche » (le hall de l’institution parisienne), et réuni moins de fans que l’idéologue un étage plus haut.

L’orateur s’éclipse pour dîner, encore tout surpris, selon un proche, que son intervention n’ait pas été annulée. « On a besoin de fond », expliquent les étudiants pour justifier l’invitation. « Les associations étudiantes ont une grande liberté dans l’organisation d’événements », note de son côté l’administration de Sciences Po, prévenue en bonne et due forme.

Le Monde