Guerric Launay condamné pour incendies volontaires et dégradations de véhicules

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Jeudi soir, Guerric Launay, qui aura 28 ans lundi, tente d’imposer ses versions à la barre du tribunal correctionnel. « Vous avez réponse à tout mais elles ne sont pas toujours convaincantes », assène l’assesseur Djamila Hachefa.

Guerric Launay est poursuivi pour dix-sept délits, commis entre mai 2012 et le 19 janvier 2015 à Brioude et à Cohade : dix incendies volontaires (ou tentatives) et sept dégradations de véhicules. La plupart ont été accomplis avec la volonté de nuire à son ancienne petite amie et à ses parents.

Après plus de trois heures de débats et trois quarts d’heure de délibéré, Guerric Launay a été condamné à cinq ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt.

Le Progres

 

Converti à l’islam, cet ancien catholique demande le statut d’apatride

Dans le contexte d’opposition entre ceux qui sont en faveur de la déchéance de nationalité et ceux qui y sont opposés, Thomas Marchal a choisi d’ouvrir une troisième voie.

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Ce natif de Rodez, âgé de vingt-trois ans, a en effet pris la décision, il y a deux semaines, de solliciter auprès des pouvoirs publics l’apatridie, afin de rompre avec son pays et, plus globalement, avec un système dans lequel il ne trouve pas sa place, sans que sa démarche trouve son origine dans une quelconque rancœur. «Je suis né en France, j’aime le peuple français mais la francophonie ne constitue pas l’ensemble de mon identité, qui est bien plus grande que ça», explique-t-il.

Ce sentiment, le jeune homme, aux questionnements constants («déjà tout petit, je m’interrogeais sur le but de la vie, sur la mort»), en a réellement pris conscience lors de sa conversion religieuse, qui l’a vu passer d’une «tradition chrétienne mais sans conviction» à l’islam. «Le Coran a pour moi apporté des réponses, il y a plusieurs siècles», explique-t-il. Se sentant aujourd’hui victime d’un «manque de tolérance» et d’une certaine incompréhension, y compris de la part de certains de ses proches, celui qui a passé quatre mois dans les geôles marocaines au début de l’année 2015, après avoir été soupçonné de préparer des attentats terroristes, et avant d’être innocenté, recherche aujourd’hui «le bien-être intérieur», grandement lié, selon lui, à une absence d’appartenance à une nation en particulier. «J’aimerais être un citoyen du monde entier et que l’on puisse tous vivre en paix», lâche-t-il.

«Il faut revenir à des choses plus simples, plus essentielles, et pour moi, les notions de nationalité et de frontière n’ont plus de valeur. C’est pour ça qu’en tant que musulman, j’ai envie de vivre à La Mecque ou à Médine mais que j’aimerais également, par la suite, aller à Jérusalem.»

La Depeche

Franck tabasse et agresse sexuellement sa coiffeuse à domicile, cinq ans ferme

Une coiffeuse à domicile a vécu un véritable calvaire chez l’un de ses clients à Bours, dans le Ternois. Ce dernier l’a violemment agressée et a exigé une relation sexuelle. Il a été condamné à cinq ans de prison ferme ce lundi.

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Johanna (prénom d’emprunt) tremble sur le banc du tribunal, un mouchoir dans les mains. Ses sanglots entrecoupent le récit du calvaire qu’elle a vécu le 10 novembre au domicile de Franck Poiteaux, 49 ans.

Elle ne doit peut-être sa survie qu’à « son sang-froid », dira le vice-procureur Chodkiewiez. À un coup de genou qui lui a permis de se dégager de son agresseur, alors qu’elle était maintenue de force sur un lit. Elle a pu s’enfuir pour se réfugier dans l’école voisine et alerter les gendarmes.

L’homme a tenté de l’embrasser, elle l’a repoussé. Il a glissé une main dans son pantalon, elle s’est débattue. Résultat : il l’a projetée au sol de sa cuisine. « Il m’a vraiment frappée fort, fort, fort. Quand je me suis relevée, il m’a renvoyée dans un mur de briques. »

Il l’a traînée par les cheveux dans le couloir, de nouveau frappée, puis envoyée sur son lit. Il exigeait une relation sexuelle, tout en l’étranglant.

Il écope de cinq ans ferme avec mandat de dépôt et un suivi sociojudiciaire de cinq ans.

La Voix Du Nord

Le Pape : « l’Occident doit faire son autocritique sur la Libye, sur le printemps arabe et sur l’Irak »

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« La Russie peut donner beaucoup » pour la paix mondiale, affirme le pape François dans une interview au quotidien italien Corriere della Sera, publiée lundi, évoquant même certaines « convergences » entre le Saint-Siège et Moscou sur les conflits dans le monde arabe.

Interrogé par le quotidien sur les raisons qui l’ont amené à vouloir rencontrer vendredi prochain à La Havane le patriarche russe orthodoxe Kirill, le pape souligne l’importance de parler avec les Russes pour la paix mondiale et énonce le principe de base de sa diplomatie: « Il faut construire des ponts. Pas à pas. Jusqu’à à réussir à serrer la main de celui qui est de l’autre côté ».

« L’Occident doit faire son autocritique » sur la Libye, ajoute encore le pape. « Sur le printemps arabe et sur l’Irak, on pouvait se représenter auparavant ce qui allait se passer. Et en partie il y a eu une convergence d’analyses entre le Saint-Siège et la Russie. En partie… Car il ne faut pas exagérer: la Russie a ses propres intérêts« , remarque-t-il.

Si l’on « pense à la Libye avant et après l’intervention militaire contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, « il n’y en avait qu’une, désormais il y en a cinquante! », ajoute le pontife argentin.

Sputnik News

 

Merkel impute à la Russie l’augmentation du flux de réfugiés syriens

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La situation actuelle en Syrie rend difficile la poursuite des négociations de paix à Genève, a déclaré la chancelière d’Allemagne Angela Merkel. Dans la foulée, elle a imputé à la Russie l’augmentation du nombre de réfugiés syriens.

Selon Reuters, la chancelière allemande Angela Merkel a accusé la Russie d’être responsable pour l’augmentation du flux de réfugiés depuis la Syrie.

« Ces derniers jours, nous sommes effrayés, pour ne pas dire horrifiés, par les souffrances infligées à des dizaines de milliers de personnes par les bombardements, essentiellement russes », a déclaré la chancelière au cours d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer la tenue de négociations inter-syriennes à Genève, a-t-elle ajouté.

Sputnik News

Mort de Carole : trois ans de prison ferme pour Ulysse, son dealer

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En mars dernier, la jeune Carole, 19 ans, avait perdu la vie lors d’une rave-party à la suite d’une overdose de MDMA. Son dealer a été condamné hier à trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Alès.

L’audience de vendredi dernier devant le tribunal correctionnel d’Alès a débuté dans une atmosphère pesante et s’est achevée dans les cris d’une partie du public, mécontent de la décision du tribunal. Ulysse, 20 ans, habitant Mèze (Hérault), a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à trois ans de prison ferme.

Midi Libre

Fabrice, Christopher, Cindy et Nadège séquestraient et torturaient leur colocataire

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La femme de 40 ans a subi de nombreux sévices pendant plusieurs mois

Le procès de quatre personnes soupçonnées d’avoir torturé, notamment à l’acide, et séquestré leur colocataire entre février et septembre 2012, a commencé lundi devant la cour d’assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer.

En septembre 2012, Carole, 40 ans, se présentait au commissariat de Boulogne sur-mer (Pas-de-Calais) et racontait qu’elle avait réussi à s’échapper d’un appartement où elle était confinée depuis février. 

Brûlures à l’acide, dents arrachées

Elle faisait le récit de mois de sévices administrés par ses colocataires – Fabrice, sa compagne Cindy et une amie, Nadège – ainsi que d’un cousin de Fabrice régulièrement en visite, Christopher.

Se succèdent durant plusieurs mois, relatait Carole, brûlures à l’acide ou à l’aide d’essence, dent arrachée avec une pince, coups de marteau sur la main, coups répétés lui cassant les côtes et lui abîmant l’oreille, obligation de manger des excréments, etc.

Ses colocataires profitaient de la vulnérabilité de Carole, en plein deuil et dont l’enfant venait d‘être placé en foyer. 

Sud Ouest

Cédric Poupard jugé pour viols sur deux enfants

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Un homme de 25 ans était jugé ce lundi par les assises de Charente-Maritime. Il a agressé les enfants de son ex-compagne

Ce lundi à Saintes, Cédric Poupard, un homme de 25 ans était jugé par la cour d’assises de la Charente-Maritime. Il lui est reproché d’avoir violé et agressé sexuellement les enfants de son ex-compagne, entre septembre 2012 et mars 2014. Les victimes étaient alors âgées de 7 et 10 ans.

L’avocat général, Soraya Ahras, a requis dix ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé.

Sud Ouest

Alerte à la bombe dans les lycées : Vincent, un lycéen, a été interpellé près de Dijon

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Un jeune homme de 18 ans, interpellé près de Dijon, à Marsannay-le-Bois (Côte-d’Or) dans l’affaire des alertes à la bombe dans les lycées, ce lundi 8 février au petit matin à 6h05. Il a été placé en garde à vue. Il s’appelle Vincent, il est lycéen à Dijon. Ce sont les services de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris qui ont mené cette opération. Ils ont été assistés par des gendarmes côte-d’oriens de la brigade d’Is-sur-Tille.

Son père a également été arrêté avant d’être relaché. Nous avons pû le rencontrer cet après-midi, il nous déclare  : »être sous le choc, il y a un an il a hacké un serveur, mais je ne crois pas à cette histoire ».

Il est soupçonné d’avoir rendu anonyme des appels téléphoniques vers des lycées selon des sources concordantes. A son domicile, deux ordinateurs et plusieurs clés USB ont été retrouvés. Il serait connu des services de police pour des affaires de stupéfiants. Plusieurs établissements avaient été évacués ces derniers jours à Paris et à Lyon après des appels menacants.

Le jeune homme a été transférés sur Paris pour être auditionné.

France 3

 

Manifestations de Pégida à Calais : l’un des 4 prévenus est déjà condamné pour meurtre

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Après le rassemblement antimigrants de samedi à Calais, quatre personnes étaient poursuivies ce lundi après-midi pour «port illégal d’armes» au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Elles avaient été interpellées lors de ce rassemblement interdit. A l’issue d’une audience qui s’est déroulée dans une grande tension, au point que deux personnes dans le public ont été expulsées de la salle des débats, deux prévenus ont été condamnés à deux et trois mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, ce qui signifie qu’ils restent libres.

«Une personne qui a deux bombes lacrymogènes, on lui met des mois dans sa gueule ! Pour vous si c’est normal, arrivez à dormir avec ça!», s’est écrié Arnaud P. après sa condamnation à trois mois de prison ferme. Le procureur de la République, Jean-Pierre Valensi, avait requis un mois ferme avec mandat de dépôt contre cet homme de 41 ans, originaire de Blois, qui avait déjà été condamné à 25 ans de réclusion pour meurtre et était sorti en 2008 de prison. Il avait été interpellé avec deux bombes lacrymogènes.

Cédric C., originaire de Boulogne, 33 ans, a été condamné quant à lui à deux mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, pour avoir porté un taser, sans être non plus écroué à l’issue de l’audience. Il avait un casier portant trois mentions, notamment pour vol. Le ministère public avait demandé trois mois ferme avec mandat de dépôt.

Le troisième prévenu, Romain D., s’est vu infliger une peine de deux mois avec sursis, comme l’avait requis le procureur. Originaire de Calais, il portait un poing américain lors du rassemblement. Quant au quatrième, qui avait un cutter, il est convoqué en avril, sa garde à vue ayant été entachée de nullité.

Le Parisien

Dublin : la fusillade mortelle revendiquée par une branche du groupe terroriste l’IRA

La fusillade avait semé la panique à Dublin. L’un des deux groupuscules dissidents de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), l’IRA-Continuité, a revendiqué lundi le meurtre commis vendredi lors d’une pesée de boxe à Dublin, annonçant, selon la BBC, d’autres attaques à venir contre «les trafiquants de drogue et les criminels».

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Un homme affirmant parler au nom de la direction du groupuscule a déclaré à la BBC que David Byrne, la victime, avait été visé parce qu’il était impliqué dans le meurtre, en septembre 2012 à Dublin, d’Alan Ryan, un membre important d’un autre groupe dissident de l’IRA, l’IRA-Véritable.

L’IRA-Continuité est née en 1986 d’une scission d’avec le Sinn Féin, ancienne vitrine politique de l’IRA. Le groupe, qui a déjà revendiqué dans le passé le meurtre d’un policier en Irlande du Nord, est hostile à tout processus de paix ou accord qui n’inclurait pas le rattachement de l’Irlande du Nord, province britannique, au reste de l’Irlande. Également appelée CIRA (Continuity IRA), elle est relativement moins connue que l’IRA-Véritable, apparue au grand jour après son attentat à Omagh, le plus meurtrier de l’histoire nord-irlandaise, qui avait fait 29 morts en 1998.

Le Parisien

Des pompes funèbres appartenant à Thierry Morice soupçonnées de dépouiller des cercueils

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Le cimetière d’Etables-sur-Mer, localité des Côtes-d’Armor de 3 100 habitants, a connu une activité particulière mercredi. Le corps d’une femme y a été exhumé sous le contrôle de gendarmes. Les militaires enquêtent sur les pratiques d’une entreprise de pompes funèbres locale, le Choix funéraire, soupçonnée de vols et d’abus de confiance au détriment des familles de défunt.

Cette entreprise aurait retiré les crucifix et les capitonnages garnissant les cercueils juste avant de mettre les corps en terre pour pouvoir les revendre ensuite à d’autres clients. Des housses mortuaires auraient aussi été réutilisées. Mercredi, les gendarmes ont pu constater l’absence d’habillage dans le cercueil exhumé.

Il avait pourtant été facturé une centaine d’euros à la famille. C’est un marbrier du département qui a dénoncé les agissements du professionnel. « J’étais au courant de ce qu’ils faisaient depuis plusieurs années. Les porteurs funéraires qui travaillaient pour la société m’ont dit que c’était courant.

J’ai moi-même vu Thierry Morice, le dirigeant, rouvrir le cercueil scellé d’un jeune de 20 ans », confie le marbrier. Il s’est finalement décidé à contacter les gendarmes après avoir pris connaissance d’une longue lettre manuscrite rédigée par une ancienne salariée corroborant ses soupçons.

Elle se souvient d’avoir assisté, au début de sa carrière en 2011, à l’enlèvement d’un capitonnage dans un cercueil.

Et puis il y a eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : « Un proche d’un défunt m’a dit que M. Morice l’avait menacé d’exhumer le corps et de le mettre dans une fosse commune s’il ne payait pas sa facture. » Elle est partie après ça, écœurée. « Voler les morts, c’est d’une bassesse sans nom et ça porte tort à l’ensemble de la profession », s’indigne-t-elle encore.

Joint hier, Thierry Morice relativisait : « J’attends d’être entendu pour donner ma version des faits, dénoncés dans un certain contexte. » Selon lui, ce sont parfois des familles qui ont demandé le retrait de crucifix.

Le Parisien

Centrafrique : la justice enquête sur de nouvelles accusations de viols par des soldats français

Cette fois, les accusations sont portées par une sœur et un frère centrafricains de 7 et 9 ans. La justice française enquête sur de nouveaux soupçons de viols commis par des soldats de la force française Sangaris en Centrafrique, a indiqué, lundi 8 février, une source judiciaire.

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Cette procédure fait suite aux déclarations des deux enfants, recueillies et révélées, fin janvier, par l’ONU. Elles font état de fellations sur des militaires non identifiés, selon une source proche du dossier. Des viols qui auraient été commis en échange d’eau et de biscuits, selon le récit de l’ONU.

Ces faits se seraient produits en 2014 et auraient pour théâtre le camp de M’Poko, près de l’aéroport de Bangui. Selon les propos des deux enfants, d’autres enfants auraient été abusés de la même manière lors d’incidents répétés impliquant plusieurs soldats français. A la suite de ces témoignages, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a saisi la justice.

Cinq soldats entendus après d’autres accusations

Des investigations sont déjà menées par les gendarmes français après que d’autres enfants ont porté des accusations sur quatorze soldats français. Dans ce premier volet de l’enquête, cinq soldats français de Sangaris ont été entendus en décembre, sans être mis en examen.

Ils ont indiqué avoir donné des rations alimentaires à des enfants, mais ont réfuté avoir demandé quoi que ce soit en retour et nié tout abus sexuel, selon une source proche du dossier.

Les investigations n’ont pour l’instant pas permis de trancher. Les déclarations des enfants ont varié et le nombre de plaignants a augmenté, a par ailleurs indiqué cette source.

France Tv Info

Mohamed Benzizine, le maçon qui rénove des églises depuis 43 ans

Mohamed Benzizine a passé toute sa carrière à rénover des édifices religieux, dans la région lyonnaise. Il est décoré du grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur ce week-end.

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À 65 ans dont près de 43 passés à rénover le riche patrimoine religieux de Lyon et sa région, l’heure de la retraite n’a toujours pas sonné pour Mohamed Benzizine, infatigable chef de chantier.

La basilique d’Ainay du XIIe siècle, l’église Saint-Nizier niché au cœur de la presqu’île ou la primatiale Saint-Jean dans le Vieux-Lyon… Difficile pour lui de choisir un chef-d’œuvre parmi les dizaines d’édifices, églises mais aussi châteaux, où il a travaillé.

«Elles sont toutes belles… même les plus petites», estime ce sexagénaire formé à la maçonnerie sur le tas, qui jonglait encore cette semaine entre les chantiers de rénovation de la cathédrale Saint-Jean et celui d’une église plus modeste en banlieue lyonnaise. Né au début des années 1950 à Saïda, dans le nord-ouest d’une Algérie encore française, rien ne prédestinait «Ahmed» à devenir un intime des clochers hexagonaux.

Un artisan formé sur le terrain

«J’ai eu la chance à l’époque d’être bien épaulé. D’autres ne l’ont pas eue», souffle ce petit homme au physique passe-partout, «bleu» de travail sur les épaules, qui lui aussi a tendu la main à de nombreux jeunes «en les tirant par le haut». Il sera décoré samedi à la cathédrale Saint-Jean, pour l’inauguration de son chœur rénové, du grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. «Une fierté», confie-t-il. «C’est sûrement depuis 30 ans celui qui connaît le mieux la primatiale, relève Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques. Il a une compétence remarquable et connaît les bâtiments de l’intérieur.»

«Il a accumulé une belle expérience et il a été à bonne école en travaillant avec Maximilien Zychla (tailleur de pierre renommé, ndlr)», souligne Nicolas Reveyron, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie du Moyen Âge à l’université Lyon-2. «Il s’est formé sur le terrain, il possède bien la réalité du métier, ce qui n’est jamais très évident. Il est aussi conseil. Chimiquement, mécaniquement, il sait si telle ou telle pierre va se détériorer. Esthétiquement, il sait si elle va accrocher la pollution ou se fondre dans la masse», ajoute l’enseignant-chercheur.

Une gargouille rénovée à son effigie

En 2010, «Ahmed» avait eu droit à son quart d’heure de célébrité lorsqu’il fut découvert qu’une gargouille rénovée de Saint-Jean portraiturait le maçon de confession musulmane.

Réalisée dans la plus pure tradition moyenâgeuse, avec l’accord des Monuments historiques et du recteur de la cathédrale, accompagnée d’un «Dieu est grand» gravé en français et en arabe, cette sculpture avait provoqué l’ire des identitaires lyonnais et offusqué les bonnes âmes. Même la presse internationale s’était déplacée pour se pencher sur celui qui était devenu un symbole de tolérance inter-religieuse.

Pas sûr que Mohamed Benzizine souhaite vraiment quitter ces échafaudages et ces vieilles pierres, lui qui retarde au maximum l’âge de sa retraite et envisage même de faire du «bénévolat», une fois sa carrière professionnelle terminée.

Le Figaro